Le Suisse Robin Mulhauser et 3ART sur le podium du Bol d’OR en Superstock

Publié le 22 septembre 2026 par Jérôme Ducret.

Photos: Sébastien Le Renard, Phoukham Phothirath, DR.

Mondial d'endurance

Le Suisse Robin Mulhauser et 3ART sur le podium du Bol d’OR en Superstock

Le Fribourgeois est le seul pilote à croix blanche à avoir réussi à aller jusqu’au bout de la course de 24 heures, finale du championnat mondial d’endurance, qui se tenait comme de coutume sur le circuit français du Castellet. Son équipe s’est classée 10ème du scratch, remporté par le team BMW Motorrad World Endurance, devanbt le SERT et le YART. Une première absolue pour une équipe européenne, qui est aussi sacrée championne.

Le Suisse Robin Mulhauser n’est pas n’importe qui en endurance. Avec le team français Moto Ain (Yamaha), il a obtenu par deux fois le titre mondial de cette discipline, dans la catégorie Superstock. C’était en 2019 et 2020. Et ce n’est pas tout. Devenu pilote remplaçant au YART, l’équipe Yamaha soutenue par le constructeur japonais, dans la catégorie supérieure (EWC), il a ensuite à nouveau touché à la couronne, le YART s’étant imposé en 2023 et 2025.

Robin a quitté le YART pour le début de cette saison 2026, et il a été engagé par le team privé Superstock 3ART Best of Bike, toujours sur une Yamaha (numéro 36). Une équipe avec un bon niveau, mais naturellement moins de moyens que le team officiel, et ce n’est pas la même catégorie, et donc pas le même niveau de performance de la moto, tant en vitesse pure qu’en rapidité de manutention aux stands.

Après un zéro à la première course de 24 heures, celle du Mans, 3ART et le Suisse Robin Mulhauser ont pu marquer des points en Belgique, lors des 8 heures de Spa, puis au Japon, lors de celles de Suzuka (lire notre article).

Et là, pour la finale du championnat en France, cette équipe est non seulement arrivée au bout des 24 heures du Bol d’Or, sur le circuit du Castellet, mais elle s’est hissée au 10ème rang, et surtout sur la deuxième marche du podium Superstock, derrière le team polonais Wojcik (Honda, 77).

Le pilote suisse Robin Mulhauser (tout à gauche) sur le podium Superstock du Bol d’Or cette année, avec le team français 3ART Best of Bike (Yamaha), aux côtés de Loic Arbel et Luca De Vleeschauwer.

C’est un bel exploit sur cette piste connue pour mettre pilotes et surtout machines à rude épreuve du fait notamment de sa très longue ligne droite dite du Mistral, où les Honda et les BMW mettent facilement 10 à 15 km/h à une Yamaha Superstock, selon les dires de Robin Mulhauser lui-même.

Or, contrairement à plusieurs équipages sur Honda ou BMW dans leur catégorie, les membres du 3ART Best of Bike ont réussi à ne subir aucune avarie mécanique, aucune panne électronique ou électrique, et aucune chute de la part des pilotes Loic Arbel, Luca De Vleeschauwer et Robin Mulhauser.

La Yamaha numéro 36 s’est qualifiée assez loin, à la 24ème position, 10ème de sa catégorie. Derrière donc le seul team suisse du paddock, le Bolliger (catégorie EWC, Kawasaki, numéro 8), qui pour cette finale avait fait appel à son nouveau pilote remplaçant, le Suisse Kylian Nestola.

Le Fribourgeois Kylian Nestola au guidon de la Kawasaki du team suisse Bolliger (catégorie EWC, numéro 8) lors des qualifications. Ici, juste devant la Yamaha numéro 1 du team champion en titre EWC, le YART.

Mais aussi derrière deux autres équipes au sein desquelles des pilotes helvétiques se trouvaient: le team Maco (EWC, Yamaha, 14, 21ème), avec pour la première fois comme remplaçant le Vaudois Yann Damond

Et bien sûr le National Motos (Superstock, Honda, 55, 22ème), qui a déjà remporté le titre de sa catégorie par deux fois et qui se targue de compter sur un talent reconnu, le Vaudois Valentin Suchet. Valentin est par ailleurs l’un des quelques pilotes soutenus activement par ActuMoto.ch

Il y avait encore un quatrième team qui « cachait » un Helvète en son sein: le VIP Moto, numéro 113 (Superstock, Honda, 27ème), avec parmi ses quatre pilotes le Fribourgeois Noan Vasta, dont c’est la deuxième année en endurance. Noan a par ailleurs déjà un joli palmarès en vitesse, avec le titre Promosport 600 français, celui du Promosport 1000, et, avec un peu de chance, celui de la nouvelle catégorie Superbike Production en championnat français, cette saison.

Le Vaudois Yann Damond a été engagé en tant que pilote remplaçant au sein du team EWC Maco Racing (Yamaha, numéro 14) pour cette finale de saison mondiale d’endurance.

Mais c’est le team EWC BMW Motorrad World Endurance (numéro 37) qui a obtenu la meilleure moyenne pour les temps de ses pilotes, et donc la pole position.

Ils devançaient dans l’ordre le team privé Autorace Ube (EWC, BMW, numéro 76), le team Suzuki officiel (SERT, EWC, numéro 12), l’ERC Endurance (EWC, BMW, 6), le F.C.C. TSR (EWC, Honda, 5), le Tati AVA6 Racing (EWC, Honda, 4), et l’équipe leader du championnat et championne en titre, le YART (EWC, Yamaha, 1).

Le team pricé Autorace Ube (EWC, BMW, numéro 76) s’est classé deuxième des qualifications, derrière l’équipe BMW officielle numéro 37.

Suivaient sur la ligne de départ (façon endurance, les motos d’un côté, les pilotes de l’autre) le team Kawasaki Webike Trickster (EWC, 11), le team Elf Marc VDS Racing/KM99 (EWC, Yamaha, 99), et la première équipe Superstock, le Team Etoile (BMW, 25).

Le team polonais Wojcik (Superstock, Honda, 77) avait obtenu le 11ème rang, et à la 13ème position, on trouvait la troisième équipe Superstock, le Champion-Hert by MRP (BMW, 38).

Au départ de la course, samedi à 15h, le pilote du SERT a été le plus rapide et il a pris les commandes. Mais au bout de quelques tours, la BMW numéro 37 avait repris la tête, et elle était suivie de près par la numéro 76.

Le départ du Bol d’Or 2026, comme il se doit en endurance.

La Honda numéro 5, qui est celle qui reçoit le plus gros soutien du constructeur japonais, et qui a vécu une saison difficile jusque là, leur tenait compagnie. Quant à la Yamaha du YART, malmenée dans le premier tour et retombée au 15ème rang, elle avait profité de chaque enfilade de petits virages et de son agilité supérieure pour progresser, et au bout d’une heure de course elle était déjà 4ème.

La Kawasaki du team suisse Bolliger, quant à elle, avait pris un excellent départ avec l’Espagnol Alex Toledo à son guidon, sur un excellent rythme, et, sixième au premier tour, elle se trouvait à la dixième position dans les premières heures.

Alex Toledo a réalisé un bon départ pour le team Bolliger, il était sixième à l’issue du premier tour. Ici, devant la Kawasaki officielle du team Webike (EWC, numéro 11), qui finira 5ème de la course.

La lutte à trois entre les deux BMW et la Honda numéro 5 s’est réduite à deux lorsque la numéro 76, au bout de six heures de course, a pris feu (littéralement) et a fini par abandonner.

La Honda numéro 5 a plusieurs fois dépassé son adversaire, notamment grâce à la vitesse de son pilote français Corenti Perolari, qui a signé le meilleur tour absolu de ces 24 heures du Bold d’Or.

Pendant une bonne partie de la course, le F.C.C. TSR Honda a disputé la première place au team BMW numéro 37. Une chute dimanche les a fait rétrograder à la 4ème position finale.

Mais la machine numéro 37 a fait la différence, en plus de la rapidité et de la constance de ses trois pilotes Markus Reiterberger, Steven Odendaal et Michael Van Der Mark, sur le nombre de ses passages au stand, inférieur à celui de la numéro 5. La BMW a en effet consommé un chouïa moins d’essence.

John McPhee, un des pilotes du team F.C.C. TSR, a de plus commis une erreur dimanche matin, chutant et devant ramener la Firebalde au box. Cela a définitivement décroché son équipe de la bataille pour la victoire, et même pour le podium, puisque la Suzuki numéro 12 en a profité pour se hisser à la deuxième position.

Le YART, handicapé lui aussi par sa consommation d’essence plus importante, est remonté à la troisième place, mais il avait deux tours de retard sur la machine numéro 37, qui elle en avait un d’avance sur la numéro 12.

Le YART (Yamaha), troisième de la course derrière le SERT, n’a pas pu conserver son titre, mais il monte sur le podium de ce Bol d’Or et finit vice-champion.

L’équipe BMW a tremblé jusqu’à la dernière seconde, car elle avait encore en mémoire le malheur qui l’avait frappée une année auparavant, sou sla forme d’une casse moteur à moins de trente minutes de la fin, alors qu’elle était en tête. Mais cela n’est pas arrivé cette fois-ci, et la numéro 37 a pu franchir la ligne de finish sans encombre et offrir à BMW la première victoire d’une équipe européenne au Bol d’Or.

Tout comme la Yamaha du 3ART Best of Bike, la BMW numéro 37 n’a pas connu le moindre problème durant cette course. Mais on ne peut pas en dire autant des autres machines du constructeur allemand inscrites à ce Bol d’Or 2026, que ce soit en EWC ou en Superstock. On a déjà parlé de la 76 du team Autorace Ube.

Une arrivée en forme de soulagement pour la BMW officielle, numéro 37. L’an dernier, la BMW était en têtre de la course mais elle a dû abandonner pour un problème moteur à moins de 30 minutes de la fin.

La numéro 25 du team Etoile (Superstock) n’a quant à elle pas survécu à un accrochage avec l’Aprilia Superstock du team Revo dans les premières heures de la course. La numéro 6 (ERC Endurance, WC) a abandonné elle aussi, tout comme la numéro 9 du Minerva Oil Tecmas  la numéro 90 (LRP Poland, EWC).

Seule est restée en lice la numéro 38, qui a cependant dû passer plus de deux heures au box durant la nuit, et qui a logiquement perdu le leader de la catégorie Superstock.

La Suzuki du SERT (EWC, numéro 12) a pris la deuxième place sur le podium de la course, et finit troisième du championnat.

Avec sa victoire et la troisième place du YART, le team BMW a de plus accumulé assez de points pour devenir le nouveau champion du monde d’endurance en EWC, devançant le YART et le SERT. Et là aussi c’est une première pour une équipe européenne, belge pour être précis.

Deuxième et troisième de la course, c’est une raison pour célébrer la fin des 24 heures!

Pour revenir aux Suisses, le team Bolliger a subi la cruelle loi de l’endurance. Après quelque 12 heures depuis le départ, leur Kawasaki a été victime d’un dégât à un coussinet de bielle et cette panne a marqué l’arrêt de l’aventure pour eux. Grâce à leur constance tout au long du championnat, et au fait aussi qu’ils ont pu passer la barre des huit heures de course, synonyme de points, ils finissent 9èmes de la catégorie EWC dans ce mondial d’endurance. Une place plus qu’honorable.

Sans pilote suisse en course, le team EWC Maco a fini 8ème, 6ème de sa catégorie.

La malchance s’est acharnée sur National Motos et Valentin Suchet à ce Bol d’Or. Leur nouveau quatrième pilote (les teams Superstock ont le droit d’en avoir quatre lors des courses de 24 heures), le Français Bartholomé Perrin, a chuté lors des essais et a dû quitter le circuit en raison de fractures.

La malchance s’est acharnée cette saison sur le team National Motos, qui avait gagné deux fois le titre mondial en catégorie Superstock, en 2024 et 2025.

Le team numéro 55 a alors fait appel à un remplaçant, Pedro Romero, venu exprès d’Espagne. Mais Valentin a lui aussi été pris dans un accrochage, avec pour résultat une cheville « froissée » (ce sont ses mots). Il s’est donc abstenu de prendre part aux qualifications, se réservant pour la course.

Et si les premières heures se sont bien passées, le team livrant des chronos constants et restant dans le top 15, une mystérieuse panne de nature électrique les a forcés à rentrer au stand après 4 heures, d’où la moto n’est plus sortie. Et ce fut un nouvel abandon (comme au Mans et à Spa) forcé, un peu plus tard. Ce résultat ne reflète pas la valeur de cette équipe, qui est l’une des plus anciennes du paddock d’endurance mondiale. ON leur souhaite de retrouver un peu de chance la saison prochaine!

Quant à Noan Vasta et à la Honda Superstock numéro 113, au bout de 18 heures de course, le matin venu, ils avaient pu remonter à la 14ème place scratch, 4èmes de leur catégorie. Un bel exploit. Mais c’est là que le moteur a cassé et que le team a dû abandonner…

En Superstock, le team polonais Wojcik (Honda, numéro 77) a livré un excellente course et remporte la victoire dans sa catégorie, avec une 6ème place finale au scratch.

En Superstock, le team Wojcik, 6ème au bout de 24 heures, arrache la victoire, et il l’a fêtée avec un magnifique burn à l’arrivée. Deuxième place, on l’a dit, pour 3ART Best of Bike, et troisième (9ème scratch) pour No Limits (Honda, 44).

Le Fribourgeois Robin Mulhauser au guidon de la Yamaha Superstock du team 3ART Best of Bike – Hamaguchi.

En catégorie Production (des machines très proches de celles que l’on peut acheter de série), la palme revient à Audemar Motoclub Gemenos (Yamaha, numéro 26), un team affirmativement local. Avec parmi ses pilotes un certain Tony Guerrero, adversaire non déméritant cette saison du Suisse et nouveau champion Promosport 1000 et 1000 Production Grégory Monaya…

Pour le classement complet de ces 24 heures du Bol d’Or 2026, c’est par ici.

Source: fimewc.com, pilotes

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