Le Fribourgeois Noan Vasta est champion français de Superbike Production!
Il l’a fait! Pour sa première année en catégorie Superbike Production du championnat français de vitesse, le Suisse Noan Vasta a pris le titre à Magny-Cours, lors de la grande finale qui réunissait tant les pilotes et teams de ce championnat que ceux des coupes de France Promosport.
Noan, qui avait réalisé une première saison en Superbike (FSBK), avant que la catégorie Production soit introduite, était en tête d’un peu plus de 30 points au classement général sur son équipier Benjamin Colliard en arrivant sur le circuit de Nevers Magny-Cours, le dernier week-end du moins de septembre.
Au nombre de victoires et sur ses résultats en piste, il aurait pu être sacré champion déjà au round précédent, mais malheureusement pour lui, les représentants de la Fédération française avaient décidé d’annuler tous ses points de la manche d’encore avant, à Pau-Arnos. Noan et son équipe avaient en effet procédé à des opération d’entretien impliquant une ouverture du moteur de leur Honda Fireblade, sans la précsence d’ofifciels pour le contrôle.

Comme le tout nouveau règlement n’était pas très précis sur ce point et prêtait à des interprétations diverses, et surtout que Noan était de bonne foi, un compromis a été décidé: au lieu d’enlever au Suisse les points de toutes les courses de la saison déjà disputées (!), on s’est limité à celles de Pau…
Mais comme il a bien fait le job et s’est imposé juste après au Vigeant (lire notre article), il était en bonne position pour viser le titre à Magny-Cours.
Il n’empêche que le pilote de Châtel-St-Denis (numéro 42, Honda) n’était pas complètement à son affaire en arrivant le jeudi pour les premiers essais. « C’était un petit peu dur de se remettre dans le bain, après l’endurance, il me fallait un peu de temps, et j’étais aussi un peu tendu. » Juste un week-end auparavant, Noan avait en effet participé à une autre finale, celle du championnat mondial d’endurance, lors de la célèbre course de 24 heures du Bol d’Or (lire notre article).
Il a donc retroussé ses manches et a cherché pour trouver les bons réglages sur sa moto. Cela a au final payé, puisqu’il s’est qualifié en deuxième position parmi les Superbike Production, et 14ème au scratch.

Il a pas mal reculé après le départ de la course 1 le samedi, perdant trois positions, puis il est remonté, probablement toujours aussi tendu. Mais Noan savait qu’il lui suffisait de finir quatrième, avec moins de deux places d’écart par rapport à Benjamin Colliaux, pour obtenir le titre.
Vers la fin de la course, il s’est fait dépasser par le Suisse Grégory Monaya (Yamaha R1, catégorie Production 1000), nouveau champion en Promosport 1000 et Production 1000, qui était un des invités des coupes de France dans ces dernières courses Superbike de la saison.
Colliaux a également réussi à passer Noan dans les derniers tours, et le Fribourgeois s’est dit qu’il ne servait à rien de plus attaquer et de risquer une chute. Il a franchi la ligne d’arrivée 15ème, 4ème Production, derrière Tony Guerrero (Yamaha), Grégory Monaya et Benjamin Colliaux. Et c’était donc tout ce qu’il fallait!

« On était hyper contents, c’était fait, ça fait vraiment du bien à la tête et au moral », commente-t-il.
« Dimanche, du coup, j’avais la tête libre, et j’ai attaqué sur la course, tout ce que je pouvais, pour gagner… j’ai eu une belle bagarre avec Guerrero (ndlr: Tony Guerrero, issu du Promosport 2026 et inscrit comme Noan en Superbike Production). »
Et Noan Vasta a remporté cette seconde et dernière course de la saison, finissant même neuvième au scratch. « C’est une magnifique not pour finnir cette saison, où on a eu 8 victoires sur 12 courses et 11 podiums, une huitième place au classement scratch du Superbike, tu veux quoi de mieux? franchement, une saison de rêve! »
Au final, le Châtelois a pu amasser 46 points de plus que son équipier, et 57 de plus que le troisième, Tony Guerrero.

Et donc, après la fête, « un peu de repos, et place à 2027, faut pas traîner pour préparer la saison prochaine! » Une saison qui, pour Noan, sera à nouveau consacrée au FSBK et à l’endurance.
Premiers pas de Grégory Monaya en FSBK
Outre Noan Vasta, on l’a dit plus haut, il y avait un autre pilote suisse qui a pris part aux deux dernières courses du Superbike français à Magny-Cours: Grégory Monaya (Yamaha, numéro 12, catégorie Production).
Le nouveau champion du Promosport 1000 et du Promosport Production 1000 (lire notre article), en plus des courses du Promosport était en effet exceptionnellement aussi présent dans les courses Superbike, tout comme comme le français Tony Guerrero (Yamaha, numéro 36), qui lui était cette saison uniquement en Promosport 1000.
Greg Monaya voulait ainsi effectuer un coup de sonde sur le championnat dans lequel il évoluera l’an prochain. Il a fait sa première séance d’essai en FSBK le jeudi matin, sans avoir changé le moindre réglage à sa moto. Et il s’est retrouvé « étonnamment en excellente posture pour une première avec un chrono en 12ème position sur 26. »
L’après-midi, il a voulu s’élancer, toujours pour les essais FSBK, mais les commissaires l’on renvoyé au paddock parce qu’il n’avait pas les stickers appropriés sur ses pneus. Si ces autocollants sont obligatoires en Promosport dès le samedi, il le sont en FSBK à partir du vendredi. Le Suisse est donc allé voir un officiel qui lui a donné le feu vert et l’a renvoyé en piste.

Seulement durant tout ce temps, ses pneus avaient eu le temps de refroidir… il faut savoir que par rapport au Promosport, où l’on utilise des gommes certes sportives mais homologuées pour la route, en Superbike, on passe aux pneus slick (sur piste sèche), et de plus grandes tailles.
« Je savais d’avance que j’allais péjorer ma course Promosport et ne pas faire de gros coup d’éclat en SBK », commente le Genevois. Il ajoute que trois modifications sont permises en Superbike Production et pas en Promosport: la fourche, le faisceau électrique/électronique et le boîtier ECU, et pour finir le maître-cylindre de frein avant.

« Je partais donc logiquement avec la moins bonne moto du plateau. » Dernier point, les pneus du Promosport ont par contre une plus grande fenêtre d’adhérence au niveau des variations de températures.
Et « Greg », en revenant en piste pour sa deuxième séance d’essais jeudi, avait un peu oublié ce dernier paramètre. Le résultat fut spectaculaire, avec des pneus slick qui avaient refroidi et avaient perdu du grip, et une perte de l’avant à près de 200 km/h. Ce fut la chute, et une moto bien détruite.
« Mon équipe et d autres pilotes et équipes du Promosport m’ont aidé à reconstruire la moto, raconte le Suisse. Il nous a fallu 14h de travail. Durant ce temps nous avons raté des séances , et très peu dormi. »
Lors des tests préqualification du vendredi après-midi, il constate que sa Yamaha était encore trop tordue, et « inconduisible ». Il est rentré dans les stands et tout le monde s’est remis au travail pour mieux la réparer.

Il a ensuite pu participer à la séance qualificative du Promosport, avec une R1 encore un peu tordue, mais qui était utilisable. Et à celle du Superbike, où il a fait le choix de n’effectuer que deux tours afin de préserver les pneus pour la course numéro 2. « J’avais un seul jeu de pneus offert par Pirelli, qu eje remerci au passage, et pas le budget pour mettre des montes neuves à chaque session », explique le pilote suisse
Il s’est donc qualifié assez loin, au 22ème rang, ce qui était logiquement pénalisant pour ses deux courses Superbike.
Le samedi, lors de la première course, il a réalisé un bon départ mais s’est fait « enfermer » dans son groupe. Et il s’est vite rendu compte qu’il était « rapide aux freinages » mais que sa moto peinait « énormément en ligne droite ». Il a passé une bonne partie de la course à se battre avec le pilote au guidon de la Suzuki officielle du Junior Team Le Mans Sud, qui n’est pourtant pas une des machines les plus puissantes du plateau Superbike, revenant au freinage mais reperdant du terrain lors des accélérations.

A quatre tours de la fin, il a enfin réussi à la passer et a pu entamer une remontée, dépassant ses concurrents en Superbike Production Colliaux et Vasta et finissant devant eux, 2ème Production derrière Guerrero, et 13ème au général. « Un résultat inespéré pour une première course à ce niveau! »
En course 2 Superbike, il a réussi un « très bon départ », doublant beaucoup de pilotes. « Je connais mon potentiel et c’était la dernière de la saison, je pouvais donc pousser un peu plus. » Au deuxième tour, il était déjà 10ème. »
Mais il s’est fait surprendre lors du freinage dans la grande ligne droite, se faisant « aspirer » par la moto devant lui. « J’avais beau freiner de toutes mes forces – merci au frein avant d origine -, je n arrivais pas à m’arrêter à temps pour passer l’épingle « Adélaïde « .
Il a pu passer de justesse entre deux autres motos, écartant sa trajectoire jusqu’à la limite de la piste, et repartant en 15ème position. Il a malgré tout réussi à recoller au groupe de Colliaux, Guerrero et Vasta.

« Malheureusement, j’ai trop sollicité les pneus qui sont montés en pression, analyse-t-il. Je patinais aux accélérations et l’avant de la moto dribblait aux freins. J’étais frustré car je voyais que j’avais la vitesse pour remonter jusqu’à la 9eme place, mais il me manquait un tout petit peu de grip pour pouvoir le faire. »
Il a alors terminé cette 13ème au général et 4ème des Production. « Un second résultat inattendu et exceptionnel pour un début en Superbike, très prometteur! »
Sinon, le nouveau champion français FSBK se nomme Christophe Ponsson, sur BMW M 1000 RR. Il a gagné les deux courses, malgré les efforts d’un pilote invité bienconnu du mondial d’endurance, Kaito Toba, et ceux du multiple champion de France Kenny Foray (BMW) et des autres hommes forts du championnat, Alan Techer (Honda), Gregory Leblanc (BMW) et Hugo Clere (Honda).
Et pour les résultats complets de cette finale du championnat de France de vitesse à Magny-Cours, c’est par ici.
Promosport: Greg Monaya rapide malgré une grosse chute
On l’a compris, à Magny-Cours, Grégory Monaya participait aussi, logiquement, aux courses des coupes de France Promosport, après avoir déjà obtenu le titre fin août au Lédenon en Promosport 1000 et en Promosport Production 1000.
Le Genevois avait à coeur de non seulement de faire se spremiers tours de roue en Superbike, mais aussi de rouler en « Promosport pour clôturer 10ans dans cette catégorie avec les copains ».
Sa première séance d’essai jeudi, par beau temps assez froid, a livré un résultat qu’il qualifie de « très bon ». Il était « presque » dans ses chronos de l’année précédente, alors que sa Yamaha R1, prête pour les deux catégories (Promosport et FSBK) mais bien réglée pour aucune des deux, n’était pas dans sa meilleure forme sur cette piste.
Puis est venue la grosse chute, et l’intense travail de réparation. Après un premier test le vendredi, et une décision de continuer à réparer, ce fut la séance qualificative en Promosport, le samedi.

« C’est là que j’ai testé une seconde fois la moto. Elle était toujours tordue au niveau du té de fourche, mais roulable et peu pénalisante. et elle est restée ainsi tout le week-end. » Il réalise un bon chrono qui le place deuxième, derrière Guerrero.
Il est aussi bien parti au départ de la première course, toujours samedi. Et il est resté deuxième jusqu’au bout. « J ai roulé avec de la retenue, sachant que je n’avais plus le droit à l’erreur. »
Greg s’est classé troisième de cette course au scratch, derrière Guerrero, premier, et Valentin Roedel (189, Honda), deuxième, et deuxième Production, derrière Roedel.

Le dimanche, il a encore réussi un excellent départ et a pris la tête de la course. Mais au cinquième tour, Guerrero l’a redépassé, et le Genevois l’a suivi de près.
« Sa moto mieux équipée lui permettait d’avoir plus de support sur certaines phases importantes, explique Monaya. Je l’ai dépassé (ndlr: au 10ème tour) et mené jusqu’au dernier tour, l’emmenant dans ma roue avec Valentin Roedel. »

Au dernier tour, Guerrero a effectué « une manœuvre suicidaire au S Imola, arrivant une vingtaine de km/h trop vite, à l’intérieur, ne pouvant pas lui même prendre le virage sans sortir de la piste, et il m’a emmené dehors avec lui. »
Les deux pilotes sont fort heureusement restés sur leurs roues et ont rejoint la piste au Château d eau, manquant de percuter Roedel.
« Guerrero aurait dû rendre sa place à Roedel, mais il a continué comme si de rien n’était et, à notre étonnement, il n’a pas été sanctionné mais déclaré vainqueur pour 0.1 seconde devant moi, puis Roedel a 0.1 seconde de plus. »

Et pour les résultats complets de cette finale du Promosport 1000 et Master à Magny-Cours, c’est par ici.
Les autres pilotes suisses à Magny-Cours
En plus de Noan Vasta et de Grégory Monaya, plusieurs autres pilotes à croix blanche étaient de la partie dans cette double finale de Magny-Cours.
On relève en particulier les bonnes performances finales de Loïc Roy-Clerc, en Promosport 600 (Yamaha, numéro 121). Qualifié en 15ème position, il a fait des étincelles dans la première course, remontant jusqu’à la 9ème place (sur 34 pilotes).

Une vitesse bloquée dans la course 2 l’a par contre fait chuter, alors qu’il était à nouveau neuvième.
Voici son commentaire: « Je remercie tous ceux qui ont été là pour moi cette saison et ce week-end. Nous reviendrons plus forts la saison prochaine, mais avant tout on se retrouve la semaine prochaine pour l’Ultimate Cup Moto au Castellet. »
En Promosport Découverte, la Suissesse Elise Voirol s’est classée 16ème des 600 en qualifications (les 1000 courent en même temps que les 600), 27ème au scratch et 4ème féminine.
Elle a terminé la première course 23ème, 14ème des 600 et 4ème féminine. Et la seconde course 17ème, 8ème des 600 et 3ème féminine.
Sur l’ensemble du championnat, elle est 15ème des 600 et 7ème des féminine.
Pour les résultats complets de cette finale du Promosport 600 à Magny-Cours, c’est par ici.
Et pour les résultats complets de cette finale du Promosport Découverte et féminin à Magny-Cours, c’est par ici.


