Harley-Davidson sort de son chapeau la Sprint 440, pour les jeunes permis
La marque américaine tente une offre qui cible les nouveaux venus et venues dans le monde de la moto, les personnes tendanciellement plus jeunes que sa clientèle actuelle, et ceux ou celles pour qui le prix est un obstacle. La Sprint 440, à partir de 5720 francs, est un cruiser urbain avec un moteur monocylindre refroidi par air et huile, et il a été développé en partenariat avec un géant indien du motocyclisme.
Elle s’appelle Sprint 440 et c’est une petite moto. Petite en comparaison avec les géants d’acier aux énormes moteurs que Harley-Davidson nous a habitués à produire ces vingt ou trente dernières années.
Il y a bien eu une tentative qui allait dans le même sens, en 2014, avec l’introduction des Street 500 et Street 750 bicylindres refroidies par liquide, qui étaient censées représenter l’entrée de gamme de la Motor Company, mais elles ont peiné à trouver leur public, et leur fabrication a été définitivement abandonnée en 2020-2021.
Et si l’on remonte encore plus loin dans le temps, dans les années 1960′, Harley-Davidson avait pris des parts dans le constructeur italien Aermacchi et a de ce fait produit durant plusieurs années des Harley de petite cylindrée. L’une d’entre elles s’appelait justement Sprint.
Mais à part le nom et petit volume cubique du moteur, la nouvelle Sprint 440 n’a pas grand chose en commun avec sa prédécessrice. C’est un cruiser urbain, accessible aux jeunes permis, et qui reprend les codes esthétiques des Harley-Davidson traditionnelles.
Mais au lieu d’un V Twin, la nouvelle Sprint est mue par un monocylindre, qui est refroidi par ai et huile, et dont la cylindrée est précisément de 440 cm3.

Nous avons découvert ce nouveau modèle lors d’une présentation à Barcelone, suivie d’un test ( tout prochainement publié). Björn Shuster, le chef du Design chez Harley-Davidson, nous a expliqué que l’un des buts était que l’on reconnaisse tout de suite cette moto comme une Harley. Et donc, dans l’imaginaire collectif, et malgré la Pan America et les Sportster et Nightster modernes refroidis par liquide, comme un cruiser.
Cela commence par la silhouette générale, haute devant (grâce à une roue de 19 pouces de diamètre), plus basse derrière, et cela se poursuit avec le réservoir d’essence en forme de goutte d’eau, avec le petit capot en métal sur le phare inséré au milieu du train avant, entre les jambes de la fourche, et les jantes à bâtons en alu fraisé.
Et en regardant bien, il y a d’autres détails icôniques, tels que la forme du cylindre, plus large en haut qu’en bas, et les ailettes de refroidissement rendues visibles par un traitement de surface fait par fraisage. On peut encore citer le pot d’échappement long et bas muni d’une grille de protection anti-chaleur. Et il y a bien sûr le siège baquet pour le ou la pilote, et le siège passager surélevé et plus étroit.

Mais l’échelle est différente, la moto étant nettement plus compacte (empattement de 1450 mm) que ses grandes soeurs, et la position de conduite est moins déroutante pour les néophytes. Pas de repose-pieds « lancés » en avant, donc. Il sont situés juste un peu plus en avant que la verticale du bout de la selle.
L’accessibilité est d’ailleurs un leitmotiv pour ce nouveau modèle, avec une selle pilote à seulement 679 mm du sol, et un centre de gravité placé en bas de la moto, qui pèse tout de même 189 kilos. En comparaison avec d’autres Harley-Davidson, c’est une véritable poids plume. Mais si on la compare par exemple à une Kawasaki Eliminator 500, qui est un cruiser bicylindre (en ligne) d’une cylindrée à peu près équivalente, elle est plus lourde d’en gros dix kilos.

Cette petite Harley a une autre particularité, et c’est d’avoir été développée en partenariat avec un constructeur indien, qui n’est autre que Hero. Soit l’un des trois géants du marché indien, avec Bajaj et TVS. La marque de Milwaukee (Wisconsin) propose d’ailleurs sur le marché indien depuis plus de deux années une X 440 T qui est aussi un cruiser urbain monocylindre, développé avec Hero lui aussi.
« Mais ce n’est pas du tout la même moto, précise Björn Shuster. La Sprint est un modèle global, sur lequel le cadre, le système électrique et les composants externes sont différents, plus travaillés, avec un standard de finition plus élevé. La phrase a son importance, si l’on se souvient que les premières Street souffraient de malfaçons qui ont contribué à leur manque de succès sur les marchés premium (Europe, Suisse…).

Une manière simple de distinguer la X 440 T et la Sprint 440 est de regarder où se place le tableau de bord. Le modèle indien le porte sur le phare, tandis que le modèle global le situe plus en arrière, sur le té de fourche. Cela permet d’une certaine manière de cacher ce composant et de ne pas interrompre la ligne qui part du phare avant et se poursuit au sommet du réservoir d’essence.
Les collègues ingénieurs et techniciens de Björn Shuster présents à Barcelone pour répondre à nos questions affirment que le moteur a été conçu pour délivrer des sensations typique des Harley, malgré l’architecture monocylindre et la petite cylindrée. Sur papier, on peut en tout cas constater que c’est un course longue, et que le couple maximum de 38 Nm arrive relativement bas, à 4000 tr/min.

La puissance, elle, est tout sauf impressionnante, toujours en lisant le dossier, puisqu’elle culmine à 27,6 chevaux, atteints à 6000 tr/min. Le tableau de bord monte jusqu’à plus ou moins 9000 révolutions, mais entre 8000 et 9000 on se trouve dans la zone rouge. Et ça, ce n’est pas si éloigné de ce qu’on peut voir, par exemple, sur un Street Bob avec un gros v2 117 (pour 117 « cubic inches », une mesure américaine correspondant à bien 1923 cm3).
Les suspensions et les freins sont adaptées à un cruiser « léger », avec une fourche inversée non réglable arborant des tubes de 43 mm de diamètre, un disque avant de 320 mm (toujours de diamètre) et un étrier axial à 2 pistons. Et à l’arrière c’est 240 mm et un étrier monopiston. L’amortissement est laissé aux bons soins de deux amortisseurs jumeaux réglables en précharge et qui se targuent de réservoirs séparés.

On a juste l’ABS, qu’on ne peut pas désactiver, et ce qui semble être un accélérateur semi-électronique, ou plus exactement un contrôle électronique des papillons. Pas de contrôle de traction, car cette moto n’en a pas besoin, selon ses créateurs.
Et si la Sprint 440 est livrée avec un tableau de bord rond en couleurs adoptant la technologie TFT, la connectivité n’est pas au menu pour l’instant, malgré le fait que ce modèle vis au moins en partie une clientèle jeune. « Nous préférons qu’ils se concentrent sur la conduite », commente non sans humour Björn Schuster.

Les indications auxquelles on a droit sont bien sûr la vitesse, le régime du moteur, le rapport de vitesses engagé, mai aussi une jauge d’essence, et à choix un totalisateur kilométrique, avec deux partiels, un indicateur d’autonomie restante, en kilomètres, ou l’heure. On change d’affichage en utilisant un bouton sur la partie gauche du guidon.
Harley-Davidson annonce un prix suisse de 5720 francs pour cette Sprint 440, dans le coloris « Billiard Grey » (gris), avec des décos de type drapeau à damiers stylisé sur les flancs du réservoir, et des têtes de lapin sur les flancs sous la selle…

On peut aussi l’avoir en « Vivid Black » (noir brillant) ou en « Teal Thunder » (bleu) pour quelques centaines de francs de plus (240 frs). Parmi les premiers accessoires figurent un pare-brise touring, un porte-bagage, des sacoches latérales semi-rigides , un Sissybar (appui pour le dos du passager) et des barres latérales de protection en cas de chute.
Tout aussi important, une selle haute (prestement baptisée « Tallboy ») sera disponible, pour ceux qui ont des jambes longues, et on pourra aussi commander une selle encore plus basse.

D’autres pourraient suivre. Et il n’est pas exclu non plus que Harley-Davidson propose encore un autre modèle entre cette Sprint 440 et la Nightster refroidie par liquide (lire notre présentation), avec son V Twin 975 et son prix d’un plus de 10000 francs.
Selon Björn Schuster, ce pourrait être également un V Twin, peut-être dans une cylindrée de 750 cm3… mais c’est de la musique d’avenir.
En attendant, pour en savoir plus sur la gamme Harley-Davidson, vous pouvez consulter le site suisse de la marque.
