Le plus ancien mur de la mort moto en démonstration à Lucerne
Acrobatie à moto

Le plus ancien mur de la mort moto en démonstration à Lucerne

Le « Motodrom » allemand fait escale le temps d’un salon des oldtimers (autos surtout et motos un peu) à Lucerne. Ou comment rouler sur d’anciennes Indian sur les parois verticales d’un cylindre de bois de 6 mètres de haut et 19 de diamètre. C’est la plus ancienne structure de ce type, qui est restée fidèle au modèle original de 1928. Rencontre avec son « captain », Donald Ganslmeier, qui explique pourquoi il roule sans casque.

On appelle ça un mur de la mort. Une paroi cylindrique relativement haute sur laquelle des motocyclistes (ou des autombilistes) roulent, avec leur véhicule à angle droit par rapport au sol, tenu en place par la grâce de la force centrifuge. Et le plus ancien mur encore en fonction, quasi inchangé depuis sa création en 1928, est de passage en Suisse le week-end du 25-26 mai prochains, à Lucerne.

Sous le nom de « Motodrom », ce mur itinérant issu d’Allemagne fait le tour de l’Europe. Sa structure est principalement en bois, et mesure six mètres de haut (le mât qui tient le tout culmine à 12 mètres), pour un diamètre d’environ 16 mètres. Il est démonté, puis remonté à chaque nouvelle escale.

Le Motodrom est animé par trois pilotes qui connaissent les détails de leur show sur le bout des doigts: Donald Ganslmeier, leur leader, surnommé Captain, Clemens Schöne (San Clemens) et Peter Petersen.

Ils utilisent des motos anciennes et roulent sans casque. Dont deux Indian Scout 101 historiques, entretenues au petit poil, l’une des deux ayant à peu près le même âge que le Motodrom, et trois BMW R51/2, anciennes elles aussi.

L’Indian Scout historique, fiable et maniable

« L’Indian est la meilleure moto que j’aie jamais utilisé pour ce spectacle, commente Captain Donald, après une petite démonstration. Elle est absolument fiable, facile à contrôler, notamment parce que son centre de gravité se situe très bas, sous les moyeux des roues. » Il ajoute que lorsque le Motodrom a commencé sa carrière, il n’existait apparemment pas de moto allemande assez fiable pour relever haut la main un tel défi.

« Tout le mur n’est bien sûr pas d’époque, le bois n’est pas éternel, nous avons dû réparer et changer des éléments, continue Donald. Mais nous l’avons fait à chaque fois en respectant les plans du  mur originel. Ici, c’est un peu ma maison, je connais chaque rivet, chaque planche. Et ça vaut aussi pour les motos, bien sûr. »

mur de la mort
L’une des deux Indian Scout 101 utilisée dans le Motodrom. Lorsqu’elle roule, on a enlevé le kick.

Au début du spectacle du  mur de la mort, le Captain avertit le public, situé sur le pourtour du mur tout en haut, de ne pas se tenir trop près du bord de la palissade cylindrique, qui est d’ailleurs protégé par des câbles en métal qui en font le tour. On comprend vite pourquoi, quand on voit arriver à la vitesse de l’éclair les membres de la troupe sur leur machine, tout près du bord supérieur, puis replonger dans les entrailles du cylindre, et ainsi de suite. Au passage, ils exécutent des figures, comme de lâcher le guidon, ou de se mettre debout sur le côté de la moto. L’un d’entre eux va même exécuter des tours à bord d’un genre de go kart à 4 roues.

Motodrom
Toute la troupe réunie pour le début du spectacle.

« Si je devais dire pourquoi je fais ce métier, je pense que je répondrais que c’est pour la liberté qu’il me procure », analyse Donald Ganselmeier. Il a appris les bases en Angleterre, auprès d’un certain Ken Fox, très connu à l’époque. Mais il se souvient de sa première rencontre avec le Motodrom, alors que le jeune Donald n’avait que six ans et était de sortie avec son grand-père. L’émerveillement de l’enfant qu’il était est resté gravé dans sa mémoire.

Un mur de la mort sans casque!

Et quand on lui demande pourquoi lui et ses collègues roulent sans casque, la réponse est d’abord très raisonnablement argumentée: « quand vous roulez sur ce mur, la force centrifuge qui s’applique sur vous peut atteindre plus de 3 G (ndlr: en référence à l’accélération subie par un corps en chute libre en direction de la terre, qui est liée avec son poids et sa masse). Le casque devient donc très lourd et ne facilite pas la liberté de mouvement, nécessaire pour bien évoluer avec nos motos. » « Et puis ça donne un look de merde… » ajoute-t-il très rapidement à la fin d’une phrase. On peut être acrobate star du mur de la mort et ses soucier de son apparence, non?

mur de la mort
Donald Ganselmeier, le « Captain », en interview avec nos confrères lucernois.

« De toute façon, si on sait ce qu’on fait et qu’on peut se fier à son équipe, ce n’est pas dangereux, conclut le Captain. C’est même nettement plus sûr que de rouler à moto sur l’autoroute, en fait! »

Le Motodrom est présent jusqu’au 19 mai au Musée suisse des Transports, puis il ira se produire pour les visiteurs du sixième Swiss Classic World, la plus grande expo suisse d’oldtimers (voiture surtout, mais aussi quelques motos, dont un stand de la marque Indian), les 25 et mai prochains à l’Allmend, toujours à Lucerne.

Si vous voulez en savoir plus (et que vous comprenez l’allemand), le site web du Motodrom n’attend que votre visite.

Photos: jdu
Article à paraître sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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