La Moto Guzzi V100 signe le renouveau de Mandello
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La Moto Guzzi V100 signe le renouveau de Mandello

Ce tout nouveau modèle amène un nouveau souffle esthétique, et une nouvelle motorisation, refroidie par liquide. Une première pour la marque historique. Le moteur V2 développe 115 chevaux et est plus compact que les bicylindres de la gamme Moto Guzzi refroidie par air. Autre grande première, l’adoption de structures aérodynamiques non seulement mobiles, mais actives!

Nous avons déjà parlé de la Moto Guzzi V100 Mandello, le groupe italien Piaggio, propriétaire de la marque de Mandello del Lario (au bord du lac de Côme), ayant diffusé quelques images au début de cet automne 2021. Mais il a fallu attendre la fin novembre, et le traditionnel salon de la moto EICMA à Milan, pour en savoir plus sur ce tout nouveau modèle, qui fait passer Moto Guzzi à l’ère des moteurs refroidis par liquide.

Ce moteur reste cependant fidèle aux codes historiques de Moto Guzzi, à savoir que c’est un bicylindre en V transverse à 90 degrés, qui est par ailleurs longitudinal (pour la position du vilebrequin). Mais il est plus compact que tous les moteurs à air existants dans la gamme (qui sont aujourd’hui tous une variation à partir de celui qui équipe la V 85 TT, lire notre essai du modèle 2020 en Sardaigne, puis en Suisse, et notre présentation de la version 2021, qui change très peu).

Ce nouveau moteur déclare une cylindrée de 1042 centimètres cubes. On voit que les têtes des cylindres, et donc les tubes d’échappement, sont tournées à à 90 degrés par rapport aux moteurs Guzzi précédents. Autrement dit, au lieu d’avoir ces tubes qui sortent vers l’avant et font un demi-tour pour aller se joindre au système catalyseur, ils descendent directement, avec juste un petit S, avant de partir vers l’arrière. Selon le communiqué du groupe Piaggio, cela a permis de libérer de l’espace pour placer d’autres composants du propulseur de manière plus favorable.

L’embrayage est à bain d’huile, et la commande est hydraulique. Il y a six vitesses, et bien sûr un cardan pour transmettre la puissance à la roue arrière. Cette puissance, à sa valeur maximale, est de « plus de 115 chevaux ». Bien plus que ce qu’on a eu l’habitude de voir sur des motos de la marque. Et le couple maximal est annoncé à 105 Nm, le 90% de cette valeur étant déjà disponible à partir de 3500 tr/min. Des valeurs encore un peu imprécises, mais dont on peut déjà dire qu’elles sont importantes et qui font que cette moto ne devrait pas avoir de problème pour accélérer et dépasser sur tout type de route, tout en délivrant de bonnes sensations, depuis les bas régimes. Le twin peut monter jusqu’à 9500 tr/min.

Le cardan est logé dans un mono-bras sur le côté gauche, et les responsables du développement de cette nouvelle Moto Guzzi V100 ont fait en sorte qu’il ne soit plus nécessaire d’ajouter un contre-bras au bras cardanique, pour en neutraliser les mouvements de couple parasites tendant à soulever l’arrière de la moto. Ce qui selon le communiqué toujours fait qu’on à la fois a les avantages de la chaîne, une transmission d’une grande fluidité, et ceux du cardan, un entretien réduit.

Moto Guzzi V100
La transmission cardanique est intégrée dans un mono-bras oscillant placé sur le côté gauche de la moto. La selle et la selle passager semblent plutôt confortables et bien rembourrées. Il faudra essayer.

Le communiqué est encore plus avare d’informations en ce qui concerne la partie-cycle de la Moto Guzzi V100: on nous dit juste qu’elle est faite pour exalter la sportivité de la moto. et on voit bien qu’il y a une fourche inversée qui a l’air plutôt costaude, et deux disques de frein avec des étriers radiaux à l’avant. Les roues sont des roues de routières, dans des diamètres correspondant (17 pouces). Le cadre, lui, est composé de tubes d’acier, et l’empattement est relativement court: 1485 mm.

La dotation de série de la Moto Guzzi V100 prévoit une centrale de mesures inertielles sur six axes qui alimente en données un ABS de virage, un contrôle de traction sensible à l’angle, ajustable sur 4 niveaux d’intervention, et un contrôle de frein moteur réglable sur trois niveaux. Ajoutez encore trois cartographies moteur à choix, et cinq modes de pilotage: « Viaggio » (touring), « Sport », « Pioggia » (pluie) et « Strada » (route), tous personnalisables selon Moto Guzzi.

Moto Guzzi V100
Notez la forme d’aigle dans le feu de jour, à l’avant. Un clin d’oeil évident à l’emblème de Moto Guzzi, qui est un aigle.

Une telle sophistication est déjà présente sur les motos Aprilia, l’autre marque de motos qui fait partie du groupe Piaggio, mais jusqu’ici on a eu que des assistances bien plus simples sur les Moto Guzzi à savoir un ABS simple et un contrôle de traction simple aussi.

Il y a une autre nouveauté sur ce modèle, et elle devrait faire beaucoup parler d’elle. C’est la présence de deux déflecteurs aérodynamiques sur les épaules et les flancs du réservoir d’essence (de 17 l), déflecteurs qui peuvent adopter différentes positions, plus ou moins écartées, et donc plus ou moins protectrices du ou de la pilote, de manière « active ». Comprenez: automatique, en fonction notamment du mode de pilotage choisi. C’est une première absolue sur une moto de série! Et ce n’est manifestement pas un simple gadget, puisque dans leur position la plus protectrice, ces appendices sont censés réduire la pression de l’air de 22%…

Moto Guzzi V100
Un des deux déflecteurs d’air mobiles, ici sur le côté droite. Sur ce modèle, ils sont pilotés électroniquement de façon plus ou moins automatique. Une première sur une moto de série.

Tous les éclairages de cette moto sont à LED, et il y a même deux phares supplémentaires qui assurent la fonction de feux de virage, s’illuminant lorsque l’on tourne de leur côté et éclairant du même coup l’intérieur dudit virage.

L’interface est constituée de commandes au guidon et d’un écran couleur de technologie TFT, riche en informations.

On apprend aussi qu’il y aura deux variantes à cette Moto Guzzi V100: une variante standard, et une variante premium, qui a droit à des suspensions électroniques semi-actives pilotées par le système Smart EC 2.0 d’Öhlins, à un quickshifter bidirectionnel, à des poignées chauffantes et au système Moto Guzzi MIA qui assure la connectivité avec les smartphones (et les intercoms de casque) pour disposer au guidon des fonctions de téléphone, d’écoute de musique, de réception de messages et de navigation, en passant par le smartphone, les commandes au guidon et les commandes vocales et les haut-parleurs dans le casque.

La connectivité devrait faire partie des options, tout comme les poignées chauffantes et le quickshifter. Mais, on l’imagine bien, pas les suspensions semi-actives. Il y aura aussi des valises, pour lesquelles il ne sera pas nécessaire d’acheter un support à rajouter à la moto. Les encoches sont déjà prévues.

Piaggio, et donc Moto Guzzi, n’annonce pas encore quand ce nouveau modèle sera disponible en Suisse, ni à quel prix. Ni dans quels coloris.

Photos: DR
Source comm. groupe Piaggio

Article mis à jour le 21 novembre 2021 à 16:48

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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