MV Agusta veut rebondir, en Suisse aussi
Industrie motocycliste

MV Agusta veut rebondir, en Suisse aussi

La marque italienne emblématique MV Agusta, désormais entièrement détenue par l’investisseur russe Timur Sardarov, affiche de grands objectifs. Au bord de la faillite il y a quelques années, le constructeur de Varese veut se relancer à l’international, avec un partenariat avec le chinois Loncin, mais également en Suisse.

La marque, qui célèbre cette année son 75ème anniversaire, envisage de doubler ses ventes dans la Confédération. Cela doit essentiellement s’effectuer par le renforcement du réseau de concessionnaires dans le pays. Mais MV Agusta, qui ne s’appuie pas sur un importateur officiel, ne veut pas changer sa manière de fonctionner en Suisse, a confié à ActuMoto le responsable des ventes Carlo Preda en marge du salon Swiss-Moto 2020.

Alors qu’en 2015, MV Agusta affichait encore des ventes de 368 unités, se plaçant dans le top 20 des meilleures ventes de l’année, la marque a périclité ces quatre dernières années au fil des déboires financiers de la société. En 2019, le constructeur transalpin a à peine vendu 73 bécanes, sombrant au 39ème rang du classement établi chaque année par l’association Motosuisse.

MV Agusta
Carlo Preda, responsable de MV Agusta pour la Suisse, affiche de grandes ambitions.

Mais fort des injections de capitaux réalisées par son nouveau propriétaire, Timur Sardarov, fils du milliardaire russe Rashid Sardarov, MV Agusta veut rebondir en Suisse aussi. « Nous voulons doubler les ventes en 2020 », a confié M. Preda à ActuMoto.

Selon le responsable des ventes pour la Suisse, la marque veut conserver son fonctionnement atypique dans le pays. Au contraire d’autres constructeurs, le fabricant de Varese ne s’appuie pas sur un importateur officiel, sa dizaine de concessionnaires passant directement commande au siège social en Italie. En se passant de la marge prise par l’importateur, MV Agusta peut se targuer d’afficher des prix hors TVA inférieurs à l’Italie, souligne M. Preda, pour lequel l’absence de structure officielle en Suisse représente un avantage compétitif.

Les pièces de rechange sous garantie sont désormais envoyées gratuitement aux concessionnaires helvétiques, les soulageant de procédures coûteuses et complexes de dédouanement, dans un effort de renforcer le service après-vente sérieusement écorné ces dernières années par les turpitudes financières de la maison-mère.

Brutale 1000
La Brutale 1000 Serie Oro, Naked Bike haut de gamme de la firme de Varese.

MV Agusta compte actuellement dix concessionnaires en Suisse. M. Preda veut en gagner quatre de plus cette année, notamment à Zurich où la marque ne dispose pas de représentant officiel. Le responsable veut s’appuyer sur un réseau de vente remotivé pour réaliser ses objectifs de vente. Même si, du côté de la maison-mère, rien de plus précis ne filtre sur la stratégie qui doit être adoptée pour redresser le prestige de la marque. A part bien sûr l’effort consenti à l’usine mère pour fiabiliser ses produits.

Alors que MV Agusta célèbre cette année son 75ème anniversaire, la société a vécu une houleuse histoire. Fondée en 1945 par le comte Domenico Agusta – qui décède en 1971 – la marque est rachetée en 1991 par Cagiva. Cette dernière se restructure en 1996 sous le nom MV Agusta et relance trois ans plus tard la production de motos avec la célèbre sportive F4 750.

En 2004, le constructeur malaisien Proton prend une participation majoritaire dans MV Agusta qu’il revend un an plus tard à la société d’investissement italienne Gevi. En 2008, c’est au tour de Harley-Davidson de s’emparer de MV Agusta pour 109 millions de dollars. Le groupe de Milwaukee reprend aussi à son compte 69 millions de dollars de dette.

Seulement deux ans plus tard, Harley-Davidson revend pour 1 euro à Claudio Castiglioni MV Agusta, qu’il dote de 20 millions de dollars de trésorerie. Après le décès de Claudio Castiglioni en 2011, son fils Giovanni Castiglioni devient président et directeur général de la société.

En 2014, Mercedes-AMG prend une participation de 25% dans MV Agusta. Douze mois plus tard, l’entreprise se déclare en dépôt de bilan auprès des autorités italiennes, mais en 2016 un groupe d’investisseurs – Black Ocean d’Oliver Ripley et Timur Sardarov ainsi que MV Agusta Holding détenu par la famille Castiglioni – injectent du capital dans le constructeur transalpin et le sauvent de la faillite.

Superveloce
La Superveloce 800 fait partie des nouveautés avec lesquelles MV Agusta veut reconquérir ses clients.

Après le feu vert des autorités italiennes en 2017, les deux actionnaires reprennent la totalité du capital en rachetant les parts détenues par Mercedes-AMG. Ils reçoivent également des fonds de la société d’investissement luxembourgeoise Comsar Invest.

En 2018, Timur Sardarov devient directeur général de MV Agusta et Giovanni Castiglioni président. L’année suivante, le Russe prend le contrôle de la totalité de la société et prend également la casquette de président. Il injecte 50 millions d’euros dans le constructeur.

En 2019, MV Agusta signe un partenariat avec le chinois Loncin Motor pour produire une gamme de moyenne cylindrée 350-500 cm3.

La société de Varese, également propriétaire de la marque Cagiva, est maintenant entièrement détenue par la société d’investissement Black Ocean, contrôlée par le Russe Timur Sardarov, domicilié à Londres.

Photos: André Lehmann, DR

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André Lehmann

André Lehmann

Journaliste depuis 20 ans, motard depuis plus longtemps. Exilé Toulousain à Zurich, qui aime traîner ses pneus en Suisse et dans la proche banlieue.

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