Voyage – Immersion au cœur de l’Atlas marocain [Partie 2]
Découverte

Voyage – Immersion au cœur de l’Atlas marocain [Partie 2]

Cela fait 24 heures que l’Atlas a largué ses amarres. 24 heures que je flotte au milieu de la Méditerranée sur cette imposante masse métallique. 24 heures que je fais connaissance avec les participants à ce voyage autour d’un verre, d’un bon repas ou simplement accoudé à la balustrade du ferry. Et plus le temps passe, plus je m’impatiente d’enfin poser le pied en terre marocaine.


Lien vers la première partie


Mercredi 14 septembre. 4h45 du matin. L’Atlas est immobilisé, non loin du port de Nador. L’arrivée était prévue à 8h, mais il faut croire que le capitaine du navire s’est montré optimiste. En tout les cas, impossible de débarquer pour le moment, il semble que les douaniers marocains ne soient tout simplement… pas encore arrivés. Pour autant, le personnel de la compagnie GNV me pousse chaleureusement à prendre congé de ma cabine. Le réveil n’est pas des plus agréables, mais il veut dire une chose : nous sommes arrivés et je vais bientôt pouvoir rouler !

Ces dernières 36 heures passées sur l’eau m’ont appris une chose essentielle. Il faut prendre le temps d’attendre. Le rythme n’est pas le même en Afrique qu’en Europe et la notion de temporalité est complètement différente ici.

Une prise de conscience progressive qui aura commencé avec le passage au bureau de douane du ferry, durant la traversée. Il faut d’ailleurs connaître l’astuce : un bureau de douane est présent sur le bateau, avec un douanier à bord, pour gagner du temps au débarquement en évitant de repasser par la douane en terres marocaines. Il s’agit en réalité du «Cinéma» du navire (un mot fort pour évoquer un écran LCD de 102cm et une vingtaine de chaises). Objectif de ce lieu savamment réapproprié: gagner du temps lors du débarquement en ayant déjà été contrôlé. Horaire d’ouverture ? A partir de 10h du matin.

Évidemment, la porte restera verrouillée jusqu’à midi. Évidemment, les papiers fournis ne suffisent pas et il faudra repasser au bureau de douane une fois à terre. Cela ne pouvait pas être simple. Mais est-ce si grave ? Cette traversée de la Méditerranée semble avoir valeur de parcours initiatique pour le citoyen helvétique que je suis.

Jour 1 : débarquement

Mercredi 14 septembre. 6h du matin. Le ferry accoste et les douaniers montent à bord, avec les chiens, afin de vérifier les véhicules en cale. A 7h, nous avons le droit de débarquer.

Et après de multiples contrôles, nous voilà finalement hors de la zone portuaire.

Il est 8h30, et je découvre enfin la terre promise. Bon, le port de Nador n’est pas la meilleure «première» vision que l’on puisse espérer du Maroc. Mais ça y est – enfin. Un café, un jus d’orange et un retrait de 2000 dirhams au distributeur plus tard (le maximum possible ici), je peux prendre la route, non sans une petite appréhension.

Premiers tours de roue

Pierre Friderici, mon guide d’Atlas Moto Tour, m’avait mis en garde sur les règles de circulation locales. «Ici, être engagé dans un rond-point ne te rend pas prioritaire. Et attention à l’extérieur, qui est glissant. Mieux vaut couper des voies et prendre les points de corde.»

Il me faut donc réapprendre à piloter, et surtout intégrer – rapidement – les codes de la conduite marocaine. Cela consiste principalement à emprunter des trajectoire de type «Mario Kart» et à ne surtout pas laisser son ego prendre le dessus sur son instinct de survie.

Il convient également de se méfier des taxis, car ils peuvent transporter plusieurs personnes qui se rendent à différents endroits. Il n’est donc pas rare de se faire dépasser à contresens par une voiture surchargée, laquelle se rabattra ensuite sur vous car quelqu’un l’a hélée depuis le bord de la route.

Mon passé de conducteur ferroviaire (savoir «regarder loin» pour anticiper les dangers présents dans le champ visuel) me permet néanmoins de mettre rapidement à jour mon cortex cérébral et de me sentir assez vite en sécurité.

Je m’extirpe donc en douceur d’un centre-ville qui n’a d’urbain que le nom. Nador est en réalité à une dizaine de kilomètres de là et la périphérie portuaire de Beni Ensar est une ville décharnée, alternant entre bâtiments fatigués et terrains vagues.

Un tableau désarmant, avec de nombreux animaux errants et un parc automobile oscillant entre Dacia flambant neuves et Mercedes démodées. Beni Ensar semble porter avec difficulté la présence toute proche de l’enclave espagnole de Melila, qui subit une forte pression migratoire.

On ze road again

La météo n’est pas avec moi et c’est sous un voile nuageux que débute l’étape du jour, qui doit me mener jusqu’à Fès après 400 kilomètres de route. Très vite, je bifurque sur la N16, en direction de Al Hoceïma. Une route creusée entre des falaises passant du rouge à l’orangé qui – après avoir contourné Melila – me guidera vers la mer, pour ne plus lâcher ensuite le littoral.

Il n’y a aucune circulation, le bitume est impeccable, le six-cylindres ronronne entre mes jambes et la journée commence bien !

Un premier arrêt dans une cabane en bord de route, après 1h30 de route, me permet de goûter à mon premier thé à la menthe. Tout un symbole! Pierre prévoit des arrêts réguliers au fil de la journée, pour se dégourdir les jambes, profiter d’un point de vue, ou simplement prendre un café.

Je reprends la route et me heurte à mon premier contrôle de police. Il y en aura entre 5 et 10 par jour, mais cela ne posera jamais le moindre problème.

Premier contrôle de police. Mais pas le dernier.

La Gendarmerie Royale a semble-t-il ordre de ne pas embêter les touristes que nous sommes et nous laissent systématiquement passer. Il suffit de ralentir à l’approche d’un poste de contrôle, d’attendre un petit signe de la main et de poursuivre sa route.

Au détour d’un virage, je me retrouve face à des collines semblant avoir traversé le temps. Difficile de dire si elles sont composées d’argile ou de sable, mais leur érosion est visible et leur empreinte dans le paysage me coupe le souffle. Arrêt photo indispensable.

Arrivée d’un soleil qui ne me quittera plus

Je profite de la pause de midi (et de mes premières brochettes de kefta) pour changer de tenue. Depuis le départ, je roule avec mon ensemble «Laminat ST-Plus», un nom barbare pour un ensemble qui apporte protection et chaleur. Mais cet après-midi, le ciel se découvre et le soleil fait grimper la température jusqu’à 35°.

A partir de ce moment précis, ce sera crème solaire obligatoire – et indice 50 svp. J’opte donc pour la nouvelle veste «Trigonis-Air» que m’a fournie iXS pour ce voyage, et qui me permettra de rouler de façon plus aérée.

Le principal défaut de ma BMW K1600GT commence à apparaître: elle offre une trop bonne protection, de telle sorte que l’air ne circule pas, ou presque. Un comble! Heureusement, des petits déflecteurs latéraux peuvent dévier un peu d’air (chaud) en direction des poignets. C’est déjà ça !

Les déflecteurs, ici en position ouverte, sont situés de part et d’autre du phare.

La deuxième partie de journée est donc plus chaleureuse et les routes se font larges et rapides. Il y a bien quelques itinéraires bis possibles mais dans un voyage de groupe, tout est affaire de compromis et 400 kilomètres représentent déjà une belle distance pour une première journée.

Je me satisfais donc des quelques virages présents sur la fin du parcours. Et puis, il y a de l’animation sur la route.

Entre les camions surchargés (jusqu’à deux fois leur hauteur !), les autocars roulant avec la climatisation manuelle (portes ouvertes) et les divers marchands en bord de route (fruits, épices, poteries ou encore… sièges de voitures), le dépaysement pour cette première journée est garanti !

Les occasions de s’arrêter ne manquent pas!

Fès

L’arrivée à Fès, première grande ville traversée, est un rien chaotique. Ça klaxonne, ça force, ça pousse. Un vrai bonheur. Pourtant, d’après Pierre, la circulation est «assez calme» comparé à d’autres étapes à venir. Vivement Marrakech !

Bienvenue à Fès.

Pour ma première «vraie» nuit du voyage, je suis choyé. L’hôtel Palais Médina & Spa Fès est un superbe cinq étoiles, avec tout le confort moderne attendu par l’occidental que je suis.

Les hébergements seront de niveau variable durant le séjour (les standards ne sont pas les même ici qu’en Europe) mais tous auront – m’a-t-on garanti – une piscine à l’arrivée. Après avoir déchargé mes cartes mémoire et pris une douche express, je m’octroie donc un «plouf» des plus rafraîchissants.

J’ai beau être au travail, il faut bien que je teste «l’expérience client» offerte par Atlas Moto Tour, non ?

La soirée se poursuit agréablement, au frais sur la terrasse de l’hôtel avec une Casablanca (la bière locale par excellence) à la main.

Jour 2: retour en Suisse

Jeudi 15 septembre, 9h du matin. Je retrouve mes compagnons de route devant l’hôtel, pour l’étape du jour qui nous mènera jusqu’à Errachidia en passant par les gorges du Ziz. Pas loin de 400 kilomètres nous attendent, avec quelques belles surprises à la clé.

Je prends la route en direction d’Ifrane, par la N8. L’air se rafraîchit et la végétation change d’aspect. Je suis de retour en terres helvétiques, avec une température qui redescend sous les 18°.

Surnommée «la petite Suisse», la ville d’Ifrane se démarque par ses maisons au plus pur style alpin, ses forêts et ses… pistes de ski ! Il s’agit de la ville la plus froide du continent Africain, avec de nombreuses chutes de neige en hiver et un record de -23,9° en février 1935. Dépaysant !

En quittant cette station au charme certain, je tombe d’ailleurs sur ma première «barrière de neige», une signalisation surprenante qui permet de fermer la route en cas d’intempéries hivernales. Un contraste saisissant au vu de la sécheresse actuelle.

La montagne des singes

Juste avant Azrou, je bifurque sur la N13 en direction de Midelt. Cette route qui serpente au cœur d’une forêt de cèdres est connue pour ses nombreux singes, appelés «magots», qui vivent en bordure de route.

Les touristes qui s’arrêtent pour les prendre en photo se font immédiatement accoster par des vendeurs à la sauvette essayant de leur vendre des bananes, dans le but d’attirer les singes. Les bords de route sont jonchés d’ordures et je ne peux retenir une larme intérieure à la vue de ce qui s’apparente finalement plus à un zoo à ciel ouvert qu’à une réserve naturelle.

Le ciel est toujours un peu voilé, mais la température commence à remonter. Ce n’est que le début. Je roule à travers des plaines désertiques sur une route inlassablement rectiligne qui me rappelle certaines «US Roads» étasuniennes.

Mais rapidement, j’arrive sur le village de Timahdite, son marché et sa rue centrale fumante. Le parcours et les arrêts de ce road-trip ne sont pas figés, pour laisser place à une certaine spontanéité. Et Pierre m’a prévenu : «Si tu vois que ça fume dans un village, c’est qu’il y a manger.» Et cela tombe bien, c’est justement midi.

Je gare ma moto sur le côté de la route, juste en face d’un camion local, reconnaissable à ses… moutons sur le toit? Au Maroc, tant qu’il y a de l’espace libre, les camions sont chargés.

Quelques délicieuses brochettes plus tard, je repars en direction de Midelt. Le ciel est dégagé et laisse place à une écrasante chaleur solaire. Les paysages se désertifient davantage et se rapprochent de ceux qu’on pourrait attendre du Nevada. Ce n’est pas encore un désert de sable, mais quelle sécheresse !

Canyons et plateaux arides se succèdent avant le retour de la végétation en arrivant sur Midelt, une ville connue pour sa production fruitière. Près de 370000 tonnes de pommes sont produites dans la région chaque année, ce qui vaut à Midelt le surnom de «Cité de la pomme».

Une pomme géante trône d’ailleurs au centre du rond-point qui marque l’entrée de la ville. Un rond-point dont le revêtement, constitué de briques rouge vif, ferait transpirer n’importe quel motard par jour de pluie. Heureusement, il n’y a pas un nuage à l’horizon.

La pause-café (ou plutôt thé à la menthe) se fait un peu plus loin, à l’hôtel Kasbah Asmaa. L’accueil est si chaleureux que je peux même parquer ma moto à l’intérieur de la cour, le temps d’une photo.

Leur thé est un délice mais qu’il fait chaud! Le mercure grimpera jusqu’à 39° au plus fort de la journée. Un peu d’ombre ne me fait donc pas de mal avant d’attaquer le gros morceau de la journée.

Les gorges du Ziz se dressent face à moi, tels des colosses millénaires. Les impressionnantes parois rocheuses entrent en résonance avec l’oued rocailleux qui garnit le fond de la vallée.

La lumière rasante de fin de journée confère à cette route vertigineuse une ambiance totalement hors du temps. La route serpente entre les blocs de granit avant de déboucher sur le lac de retenue du barrage Al-Hassan Addakhil, offrant à mes yeux un panorama époustouflant.

Arrive enfin Errachidia, après 335 kilomètres parcourus. Les villes de taille moyenne sont étrangement conçues au Maroc. La petite route empruntée jusqu’ici se transforme d’un coup en une immense avenue en 2×3 voies, avec allée piétonne de 10 mètres de large en son centre et rangées de lampadaires sur les extérieurs. Le tout sans le moindre immeuble aux alentours.

Un gigantesque boulevard tracé à la règle au travers du désert, comme si la grandeur d’une ville se mesurait, au sens propre, à son premier kilomètre traversé.

L’hôtel du jour tranche radicalement avec celui de la veille.  Par malchance, il est en travaux. Et la piscine également. Pas de «plouf» pour ce soir, malgré les 8 heures passées sur la route, sans compter les multiples arrêts photo.

38° à 18h30. Et encore, nous sommes alors au mois de septembre.

Je prends possession de ma minuscule chambre (climatisée) avec en arrière-fond un bruit continu de perceuse. On ne peut pas toujours bien tomber. Mais au vu de la densité de cette deuxième journée, le sommeil ne se fera – de toute manière – pas prier.

Jour 3: direction Ouarzazate

Cela aurait pu être une journée tranquille. Mais Pierre a évoqué, la veille, une variante pour se rendre d’Errachidia à Ouarzazate. Une option «route dégradée» qui rallonge le parcours d’une centaine de kilomètres et semble réjouir mes compagnons en GS. Avec ma K1600GT, cela risque d’être plus compliqué.

La BMW K1600GT n’est clairement pas faite pour rouler hors-bitume.

Le journaliste en moi n’a pas envie de casser une moto mise à disposition par BMW Suisse, mais le photographe que je suis rêve de mettre en image les contrées les plus reculées du Maroc. Et puis, emprunter un «itinérairebis» pour se rendre à Ouarzazate – ou a été tourné le film «Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre» – ça me fait marrer. Et tant pis si ça fait «malococsis».

Pour commencer cette troisième journée, j’attaque toutefois par une soixantaine de kilomètres de pure ligne droite, façon « Route 66 ». Mais cela ne me dérange pas. Je ne suis pas pressé. Je prends le temps. Et je commence à adopter le rythme marocain.

A l’embranchement qui va m’envoyer en hors-piste, je m’arrête prendre un café et faire le plein de la moto. Les prix sont très abordables ici: comptez 10 dirhams pour un café (soit 1 franc suisse) et 15 dirhams par litre d’essence (1 franc 50).

A noter que dans les stations du pays, en dehors des grandes villes, il y aura toujours un pompiste pour vous servir. Les cartes de crédit n’étant pas acceptées, il faudra donc le payer en cash, et ne pas espérer obtenir en retour un quelconque ticket.

La première «K16» d’enduro

La fameuse route «dégradée» est en fait parfaitement praticable. Le revêtement n’est pas en bon état mais la GT y est parfaitement à son aise. Même dans les sections caillouteuses, l’absence de grosses ornières rend la conduite plutôt sûre.

Il faut juste faire attention au poids de la bête, lors des manœuvres à l’arrêt.

C’est surtout la présence de nombreux oueds qui rend l’itinéraire délicat. En cas de gros orages, les ponts qui permettent de traverser peuvent être submergés et rendre le passage délicat, voire impossible. Mais le ciel est d’un bleu monochrome et la température est déjà, à 10h du matin, de 28°. Il n’y a donc pas de risques.

Sans crier gare, la route se transforme en chemin et se jette entre deux parois rocheuses d’une vertigineuse hauteur. On se sent parfois minuscule face à ce que la nature a sculpté.

Les parois rocheuses qui se dressent à la verticale portent les stigmates d’une érosion millénaire. Dire que l’eau coulait ici à flot, il y a très longtemps.

Chez Ali

Progressivement, les gorges s’évasent pour laisser place à de la végétation. Cet univers est contrasté. Rocailleux, mais verdoyant. Le fond de la vallée est cultivé, garni de champs colorés.

Et puis arrive un hôtel. Arrêt obligatoire pour se rafraîchir, sans se douter du petit coin de paradis sur lequel je viens de tomber. Le gérant, Ali, est d’une gentillesse sans égale. Avec un grand sourire, il installe notre groupe dans le patio de son hôtel et nous sert du café.

Il nous explique avoir mis 9 ans à construire cet endroit, point de départ idéal pour des circuits moto, routières comme enduros. Mais depuis la crise du COVID, son hôtel est vide. Ou presque.

On pourrait culpabiliser de venir au Maroc avec nos grosses motos, symbole de la richesse occidentale par excellence. Mais les gens sont globalement heureux de voir les touristes revenir après cette période difficile. N’hésitez pas, si vous êtes dans le coin, à passer faire un tour à l’Auberge Amellagou. Les routes du secteur méritent le détour et Ali saura vous conseiller les meilleurs itinéraires de la région.

Bienvenue sur la planète Mars

Je reprends la route et sort des gorges dans un univers rocailleux à souhait. Durant plusieurs dizaines de kilomètres, on se croirait sur Mars. Et puis, là-bas, on distingue des maisons. Je me rapproche et remarque de nombreuses fumées blanches.

Il est 13h et mon estomac crie famine. Je suis à Aït Hani, un petit village de la province de Tinghir perché à 2000 mètres d’altitude. Et malgré cette élévation, la température est encore de 30°.

Nous sommes 6 et commandons deux bouteilles d’eau, du pain, deux tajines de légumes et 12 brochettes de poulet. Coût du repas  200 dirhams, soit un peu moins de 3 francs suisses par personne. Et c’est un régal!

L’itinéraire de l’après-midi me fera passer par des paysages désertiques d’une beauté absolue. Puis me mènera aux majestueuses gorges du Todra, une route plus touristique que celle empruntée ce matin, mais qui semble sortie d’un autre monde.

Les marchands et alpagueurs en tous genres étant légion ici, je ne m’attarde pas mais reste impressionné par ces falaises qui surplombent de manière insolente une chaussée cimentée à l’adhérence douteuse.

La route se poursuit en direction de l’ouest par des vallées luxuriantes qui offrent toujours ce contraste saisissant entre la sécheresse des montagnes avoisinantes et un sol verdoyant, avec une végétation foisonnante et de fourmillantes cultures.

Je croise beaucoup de femmes qui transportent du foin à dos d’âne et de nombreux enfants qui nous font des grands signes. Je suis au cœur d’un Maroc authentique et l’ambiance est magique.

L’arrivée à Ouarzazate se fera sous un ciel excessivement monotone: du bleu, toujours du bleu, et pas le moindre nuage à l’horizon. Déprimant. Tout comme l’hôtel du soir, d’ailleurs.

Le Riad Dar Charmaa est un hébergement de charme qui me plonge dès l’entrée dans un conte des 1001 nuits. Son patio intérieur à ciel ouvert, avec son bassin en faïence bordé de lanternes, fait son petit effet. Et sa chambre aux couleurs chaleureuses me laisse augurer une bonne nuit de sommeil.

Seule la cour qui me sert de parking – recouverte d’une épaisse couche de gravier – pourrait rebuter les motards les moins téméraires (ou ceux qui pilotent une moto de 334 kilos). Mais c’est un détail anecdotique face à la superbe piscine qui m’attend pour mon «plouf» désormais quotidien. La chaleur m’a littéralement écrasé aujourd’hui, et un peu de fraîcheur est la bienvenue.

Un peu de repos me fera du bien car l’étape de demain, pour rallier Marrakech, promet d’être l’une des plus belles de cette première semaine. Rendez-vous ici, pour le 3ème épisode de ce périple marocain.


Galerie photo:


Plus d’informations à propos de ce voyage sur atlasmototour.ch ou auprès de Michael Dekeuwer au 076/312.14.32.

Photos: Mathias Deshusses

Article mis à jour le 11 janvier 2023 à 14:50

Auteur

Mathias Deshusses

Mathias Deshusses

Photographe et journaliste RP. Roule sur une Triumph Rocket 3 et une KTM 390 Adventure. Aime par conséquent les machines à grosses sensations, mais aussi s’aventurer hors des sentiers battus. Est autant à l’aise avec un guidon qu’avec un appareil photo entre les mains.

Commentaires5 commentaires

5 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Created with love by netinfluence agence digitale
Abonnez-vous à notre newsletter mensuelle
Suivez l'actualité du monde de la moto, les nouveautés et l'agenda des événements