Ma Rétro Moto Internationale à St-Cergue, au guidon d’une Honda RC30
On l'a vécu pour vous

Ma Rétro Moto Internationale à St-Cergue, au guidon d’une Honda RC30

Non contents de vous faire lire un compte-rendu de la onzième édition de cette manifestation unique en Suisse, nous avons voulu vous la faire vivre de l’intérieur. Ce qui fut possible grâce à l’aimable prêt d’un des membres du comité d’organisation. Bilan: des dizaines de litres d’eau sortis du corps du pilote, mais surtout une banane absolument incomparable durant toute la journée. Et longtemps après!

Disposer d’une Honda RC30 en version course pour effectuer sept montées sur la célèbre Route Blanche entre Trélex et St-Cergue, avec la route fermée à la circulation et dans une ambiance de (presque) course moto? Pas besoin de réfléchir plus qu’un quart de seconde pour dire oui!

Non contents de vous proposer un compte-rendu le plus complet possible de la onzième édition de la Rétro Moto Internationale (RMI) de St-Cergue, qui s’est tenue le samedi 18 juin dernier (lire notre article), nous avons voulu vous faire vivre cet événement unique en Suisse de l’intérieur.

Pour cela, il n’y avait pas trente-six solutions: il fallait s’inscrire en tant que pilote à cette journée composée d’au moins quatre montées sur des motos et side-cars historiques, dans une ambiance très particulière.

de St-Cergue
La Retro Moto Internationale de St-Cergue, c’est une ambiance particulière…

Mais n’ayant pas de moto de tourisme construite avant 1980, ni de moto de course construite avant 1992, et ne voulant pas bénéficier d’une exception, nous devions trouver une machine qui remplisse ces critères, et persuader son propriétaire de nous la confier l’espace d’un samedi.

La réponse est venue très vite. Une question posée innocemment lors d’une séance du comité d’organisation de la RMI 2022 a eu pour conséquence la réception d’un numéro de téléphone. Celui de Bernard Bally, ancien pilote suisse en championnat français, encore bien actif dans la course de côte de Verbois, notamment, et chef de course à St-Cergue.

Enfin, lui, il préfère que l’on dise chef de manifestation, « parce que la Rétro Moto, ce n’est pas une course ».

Ce qui est la pure vérité: il n’y a pas l’ombre d’un chronométrage, et il est dit et redit aux participants de faire attention à leur vitesse, pour éviter tout accident aux conséquences fâcheuses sur ce tronçon de route de 7 km.

Avec un dénivelé de 358 mètres, une pente moyenne de 5,61%, et une bonne septantaine de virages, presque tous entre les arbres, le talus, le ravin et quelques pierres peu sympathiques quand on leur rentre dedans. Vous l’avez compris, nous ne sommes pas ici au Tourist Trophy. Et c’est mieux ainsi.

RC30
« J’aimerais celle-ci, s’il-vous-plaît, c’est pour demain matin… » La Honda RC30 de Bernard Bally, vendredi soir, exposée avec ses conseurs dans la Salle du Vallon à St-Cergue, la veille de la onzième Rétro Moto Internationale.

Je reverrai la RC30, ornée du numéro 71 en hommage historique et fière dans sa livrée tricolore, le vendredi, la veille de la onzième Rétro Moto Internationale. La machine est exposée dans la salle du Vallon à St-Cergue, parmi tout une série d’autres motos de course spéciales rassemblées pour l’occasion!

Un cordon rouge et un écriteau demandant de ne pas toucher les machines exposées me sépare de mon destrier. J’ai à nouveau l’occasion d’admirer son magnifique monobras oscillant, un des premiers du genre, ainsi que ses carénages élégants et son cadre en aluminium qui a l’air à toute épreuve.

La RC30 arbore un moteur V4 à refroidissement liquide, avec deux radiateurs déplacés sur les flancs, pour laisser de la place à la roue avant quand la fourche est sous contrainte. Pas d’injection sur cette machine.

Honda bras oscillant
Une réussite visuelle!

Pas non plus de compteur de vitesse, juste un indicateur à aiguille pour le régime moteur, et un indicateur de température. Il va de soi que cette RC30 est dépourvue de phare, de clignotants, de poignées chauffantes (là, je déconne…). C’est une machine de course. Point.

Honda compteur
Un tableau de bord réduit à sa plus simple expression. Normal, c’est une moto de course.

La puissance de pointe officielle doit tourner autour des 110 chevaux. Mais on sait que les exemplaires préparés pour la course en délivrent bien plus. Pas loins de 140 canassons.

Le Jour J à St-Cergue

Après une nuit un rien agitée, c’est la course le matin suivant pour arriver à temps, avant le briefing obligatoire pour tous les pilotes. Et avec la mission d’encore sortir la RC30 de la salle d’exposition pour la déplacer jusqu’à l’aire VIP, sur le stand Honda dans le village des exposants. A côté d’autres petits bijoux historiques. Il faut aussi encore vite aller chercher son numéro du jour, le 24, et le coller là où il sera vu, mais où il ne dénaturera pas les belles lignes de cette machine.

Je porte déjà ma combi de cuir une pièce sur moi, et je gare ma Multistrada 950 dans le paddock, un peu au hasard. Vite, le briefing va commencer. Et il fait déjà chaud. Ne pas oublier de glisser mon smartphone et la clé de ma moto dans la petite poche à l’intérieur de la combi, pendant que je tente d’écouter attentivement les explications et les exortations de Bernard… qui rappelle que ce n’est pas une course, que ceux ou celles qui tenteraient un burn ou un wheelie intempestif risquent de se voir exclus, et qui rappelle la signification des drapeaux.

Quand le drapeau jaune est en mouvement, il faut s’arrêter immédiatement, et quand il est immobile on peut rouler mais avec attention parce qu’il y a un obstacle (un side en panne?). En fait non, c’est exactement le contraire!

RC30

Plus le temps de tergiverser, il faut aller démarrer la RC30, qui est sur sa béquille d’atelier. Parce qu’il va aussi de soi qu’elle n’a pas de béquille latérale.

Florian, chef d’atelier moto chez Honda Suisse, me donne un petit coup de main amical. Il va lui aussi faire les montées, aux guidons de différentes machines historiques. Mais rien, lorsque l’on appuie sur le démarreur électrique, le V4 de la RC30 ne veut pas se mettre en branle. Nous avons peur de l’avoir noyé. Nous attendons quelques minutes, et rebelote. Toujours rien.

Bernard m’avait prévenu: pour démarrer, il faut que le basculeur sur le commodo gauche soit en position « Off ». C’est le cas, pourtant! Et avec ou sans le « Choke », rien n’y fait.

Un instant de panique pure… et nous voyons enfin le robinet d’essence, qui est en position fermée. Pour qu’il soit ouvert, il faut avoir la pointe avec la petite tache blanche, faite par Bernard, vers le haut. Tout va bien. On va pouvoir les faire, ces montées!

Le principe est simple, mais demande une organisation sans faille: on encolonne toutes les motos et tous les side-cars un peu plus haut que l’arrivée, sur le côté droite de la route. Le côté gauche est séparé par des barrières et du « rubalise » (des rubans de couleur du genre de ceux dont la police use et abuse) et est laissé libre. Pour par exemple laisser passer le bus navette qui transporte les spectateurs du haut en bas de la « course » (pardon Bernard), et réciproquement.

Ou pour laisser passer notre héroïque ami paraplégique Alain Petter, qui fait cette montée au guidon de sa Triumph Street Triple aux commandes modifiées, et qui plus est pourvue de petites roulettes à l’arrière, pour assurer tant bien que mal son équilibre quand il ne roule pas.

Il faut donc attendre un certain nombre de minutes que tout le monde soit là, que les commissaires de route (je ne peux pas dire « de piste ») aient vérifié que tout le tracé est sécurisé, sans intrus, qu’il n’y pas de flaque d’huile, etc. Et si tout va bien, à l’heure dite, soit 9h du matin, on descend tous en direction du bas de la Route Blanche. Ce sera finalement vers 9h15, ce qui n’est pas mal du tout au vu de la complexité de la chose…

de St-Cergue
La première descente. En troupeaux.

Dans le sens de la descente, on peut dépasser librement, mais avec toute la prudence nécessaire. C’est celui qui est derrière le pilote qu’il veut dépasser qui a la responsabilité de choisir une trajectoire qui ne mette en danger personne. Un peu comme sur circuit.

Mais là, la diversité des machines est assez incroyable: cela va de la vénérable Motosacoche à la vrombissante S 1000 RR (celle du pilote français Loris Baz, engagé cette année en mondial Superbike, et invité régulier de la Retro Moto). Heureusement, les sides sont derrière nous.

St-Cergue
La Rétro Moto Internationale de St-Cergue, c’est aussi une belle collection de sides historiques.

Une fois en bas, il faut à nouveau attendre que tout le monde soit là. Ce qui est assez logique. On ne va pas risquer des croisements! Cela dure de 15 à 20 minutes en fonction de l’efficacité de chacun et chacune. Et il commence à faire chaud dans les cuirs. Pas d’autre ombre sur la place d’attente que celle projetée par les motos et les pilotes. Le plus chanceux d’entre nous ont une béquille centrale ou latérale qui leur permet de descendre de selle et d’aller se réfugier dans les taillis…

Pour les autres, il y a fort heureusement les bénévoles de la RMI qui passent dans les rangs avec des bouteilles d’eau! On leur dit un grand merci. Et ils ramassent aussi les bouteilles vides. C’est dans des petits détails comme cela que l’on voit si une manifestation est bien organisée.

Pendant l’attente, je laisse la Honda éteinte. Pour éviter de trop faire chauffer le moteur V4. Au-delà des 100 degrés, ce n’est pas très bon pour la moto. Et je m’en voudrais de causer du tort à cette machine extraordinaire et à son gentil propriétaire.

Première montée avec la RC30

Ma patience est récompensée, enfin, lorsque j’arrive devant le marshall (ça fait plus course, non?) qui abaisse son drapeau suisse en me disant du doigt – nous sommes trois à pouvoir partir – de passer le premier, direction l’arche de départ. Une construction gonflable, et gonflée en permanence via un dispositif électrique, qui connaîtra quelques déboires plus tard dans la journée.

RC30

Mais pour le moment j’explore la poignée des gaz de la RC30, qui réagit avec précision et progressivité à mes impulsions. Le premier enchaînement de virages est assez doux, gauche, droite, on lit bien la trajectoire. Il faut juste se mettre dans la tête que toute la route est disponible. Pas seulement la partie de droite!

RC30

Après la première épingle, viennent les premières difficultés de trajectoire. Il y a plusieurs virages sur cette route, si on ne les mémorise pas, qui réservent des surprises. Soit ils ont l’air très serrés alors qu’en réalité ils sont très courts, et donc on ralentit trop… soit ils sont plus serrés que ce que l’on pourrait penser, et on arrive avec trop de vitesse et on perd la trajectoire idéale. C’est exactement ce qui m’arrive pendant cette première montée.

RC30

Heureusement, la RC30 est dotée d’un châssis qui permet de tout corriger, même en plein virage. Il suffit de regarder un point, et la moto se déplace comme par magie et sans effort dans sa direction. Cette machine très compacte jouit d’un empattement court et d’une géométrie qui lui donne une bonne agilité.

Mais elle n’est jamais instable et peut suivre la ligne choisie avec beaucoup de rigueur. Ses freins sont puissants et facilement dosables, y compris à l’arrière, et ses suspensions donnent là aussi une tenue de route rigoureuse. Ni trop, ni pas assez!

Il y a juste le moteur qui, comme tout quatre-cylindre, même en V, demande un peu de tours pour exprimer tout son couple. Je me retrouve donc à taper dans la boîte de vitesses pour ne pas trop perdre en accélération, à chaque « erreur » de ma part. Ce qui n’est pas très compliqué, la RC30 est de ce point de vue-là, une machine moderne. Avec un levier d’embrayage très facile à utiliser, une sélection fluide et précise, bref, tout ce qu’il faut dans ce genre de situation.

Une RC30 jouissive

Au fil de la montée et des virages et des – courts – bouts droits, je m’essaie à choisir les trajectoires les plus directes dans les enchaînements de virage, en essayant de ne pas passer trop près de l’intérieur du virage quand il n’y a pas de visibilité. Comme sur la route, mais là, je le répète, j’ai toute la largeur de la route à ma disposition, et un V4 qui ne demande qu’à rugir, au-delà des 6000 tours par minute! C’est jouissif!

Au passage, il me faut dépasser quelques autres participants, qui ont des motos nettement moins rapides, et le faire avec toute la marge de prudence nécessaire. J’apprendrai un peu plus tard que certains sont tombés en panne dans cette première montée.

RC30

Et puis arrive la fameuse épingle à gauche en montée, et le premier genou à terre! La Honda le fait naturellement, sans forcer, et en plein contrôle. Et à la réaccélération, pas le moindre dérapage du pneu arrière, tout est progressif, sans pour autant être lent.

Mais me voici bientôt dans la dernière ligne droite avant le virage final, et la ligne d’arrivée. J’en veux encore! Mais il faut couper les gaz. Par mesure de sécurité, et pour éviter de faire du bruit inutile. Il est vrai que certaines machines, notamment une Paton bicylindre rare, font un boucan de tous les diables, même en roulant doucement…

RC30
Deuxième descente de la matinée… devant une authentique Paton!

Quelques dizaines de minutes plus tard, nouvelle descente, cette fois-ci en tentant de gagner des places pour le départ, afin d’avoir plus d’espace dégagé lors de la montée. En bas, sur la place d’attente, il fait de plus en plus chaud. La RC30, moteur éteint, ne dégage par contre pas pour l’instant trop de chaleur contre mes cuisses.

Deuxième montée de la matinée, et tout de suite moi et la Honda nous montrons plus efficaces. Etonnant à quel point cette machine datant de plus de trente ans est performante et m’aide à m’améliorer en si peu de temps! A nouveau, le genou par terre à la troisième épingle… et des trajectoires plus directes et plus assurées.

RC30

J’entends soudainement à ma gauche, derrière moi, un bruit de moteur. Je m’écarte un peu sur l’extérieur, pour laisser passer le confrère, qui me salue du pied. Et je mets à le suivre. Ma moto a encore beaucoup de réserve pour ce qui est de la vitesse d’entrée en courbe. Mais je ne veux pas non plus tenter le diable. Il suffit de profiter de la vie avec une marge de sécurité.

On se déhanche très facilement sur cette machine, dont le siège pilote est comme glissé dans la moto. Il y a même un peu de place pour se déplacer d’avant en arrière ou vice-versa! Et les repose-pieds sont placés sportivement, mais ils ne me forcent pas à me transformer en grenouille prête à bondir.

Même remarque pour les guidons bracelets, qui sont parfaitement disposés. Et le réservoir d’essence est plat dans sa partie haute, ce qui permet de bien se placer avec l’avant du corps.

RC30
Toujours sympa de suivre un collègue.

C’est seulement dans les épingles à droite que mes flancs me « tirent » un peu. L’effet sans doute de la fracture de la clavicule gauche, subie il y a un peu plus de deux mois lors d’un entraînement sur une piste de motocross – pas très original. Et de la structure métallique qui m’a été implantée pour aider les os à se ressouder. Et je ne suis pas non plus un sportif de haut niveau, loin s’en faut!

Nous aurons encore le temps de faire une montée avant la pause de midi, grâce à la bonne organisation des responsables de la manifestation. Le temps d’apprendre, en attendant la dernière descente, qu’un pilote parmi mes amis est tombé. Ca tombe bien, je me retrouve par hasard à ses côtés. Il n’a pas l’air blessé, et sa moto semble intacte. Il m’explique qu’il a dû planter sur les freins pour éviter de rouler sur un autre pilote qui a glissé, semble-t-il, sur une flaque d’huile. Plus de peur que de mal, et un levier d’embrayage vite réparé…

Attention, traînée d’huile!

En descendant, je repère en effet une traînée claire dans un virage. De l’essence a déjà été versée sur ce point précis. Mais il faudra faire gaffe en remontant, ne pas se retrouver plein angle à cet endroit avec la poignée des gaz vissée à fond! On rappelle que les motos historiques, RC30 comprise, n’ont pas d’assistance électronique au pilotage, que ce soit l’ABS ou le contrôle de traction. Ma monture du jour est par contre équipée d’un anti-dribble pour son embrayage, donc à moins d’avoir des pneus rincés, on risque peu de se coucher en rétrogradant rapidement.

Après une pause repas bien méritée, et encore plus de litres d’eau ré-ingurgités, c’est reparti pour au moins deux montées l’après-midi. Sur l’aire d’attente avant la descente, il y a heureusement deux ou trois zones qui sont maintenant à l’ombre. Parce que la chaleur est sinon devenue étouffante.

En bas, en attendant de pouvoir remonter, cela devient par contre plus délicat. Je ne bois plus l’entier des bouteilles d’eau qu’on me donne, j’en verse au moins la moitié du contenu sur ma tête, pour me raffraîchir.

Devant moi, j’aperçois deux légendes suisses du sport moto: Jacques Cornu, ancien champion du monde d’endurance (notamment), et Philippe Coulon, ancien pilote de Grand Prix lui aussi. Ils sont parfaitement abordables. Tout comme le sont d’autres stars venues encore une fois à St-Cergue pour cette Rétro Moto Internationale: Raymond Roche, ancien champion du monde de vitesse et d’endurance avec Ducati, et Christian Sarron, ancien champion du monde de vitesse et vainqueur du Bol d’Or avec Yamaha…

Sans oublier le tandem Rolf Biland-Kurt Waltisperg, sept titres de champions du monde de side-car à leur actif. Ou, plus jeunes, Loris Baz, engagé dans le mondial Superbike sur une BMW satellite, et le Vaudois Sébastien Suchet, un des deux patrons de la concession Triumph du canton de Vaud, et pilote bien connu en mondial d’endurance.

RC30
Bientôt le dernier virage! Et les spectateurs enthousiastes…

En montant, je ne fais plus d’erreurs de trajectoires grossières. Mais je découvre par contre qu’il y a plein de solutions possibles pour enchaîner les innombrables virages de cette Route de St-Cergue de manière efficace au guidon de ma RC30 (oui, Bernard, je sais que ce n’est que pour un jour).

St-Cergue
L’arrivée. Notez le mur de bottes de paille.

Je ne ferai au final que deux des quatre (!) montées de l’après-midi. Parce que je me suis montré têtu et n’ai pas voulu suivre la suggestion de Florian, qui me suggérait de remettre un peu d’essence dans le réservoir. Pour continuer l’esprit serein. Et lors de la deuxième descente, voici que ma moto se met à avoir des ratés, et que le moteur refuse de repartir. Plutôt que de tourner le robinet sur la position réserve, comme le ferait tout motard sensé, je continue ma descente en roue libre… la chaleur a fait son oeuvre sur mon esprit déjà un peu trop excité.

Il reste encore deux virages presque à plat, et je n’ai plus d’inertie. Je dois me mettre sur le côté extérieur, en dehors de la route, pour éviter tout accident. Florian finit par arriver à ma hauteur, et avec son bon sens contumier, il passe le guidon de sa CB de collection à la marshall présente dans ce virage et vient tourner le robinet d’essence de la RC30… qui repart sans la moindre hésitation.

Comme il n’a pas de démarreur sur sa machine 4-cylindres, il lui faudra user de la « poussette » pour la redémarrer et parcourir les quelques centaines de mètres qui restent. Un grand merci à lui de s’être arrêté pour aider l’idiot que je suis devenu par plus de 35 degrés durant plus de trois heures!

Je fais encore une dernière montée, bien plus tranquille, et peut-être du coup plus efficace, et après l’arrivée je me dirige droit sur le stand Honda. Pour refaire le plein, il faut la clé du bouchon de réservoir. Que je n’ai pas. Je m’affale sur une chaise de camping avec la combi ouverte, et un verre d’eau à la main. Je croiserai Bernard un peu plus tard, mais je lui dis que pas de problème, j’arrête là. Je n’ai plus beaucoup d’énergie physique après toute cette chaleur.

Mais j’ai l’âme qui vibre encore au souvenir (déjà) de ces montées fabuleuses au guidon de cette moto géniale. Il va falloir que je trouve une solution pour dans deux ans! Pour la prochaine Rétro Moto Internationale de St-Cergue.

Pour en savoir un peu plus sur la Honda RC30, vous pouvez notamment consulter le site du club RC30 de France.

Pour en savoir plus sur la Rétro Moto Internationale de St-Cergue, vous pouvez allez consulter leur site web.

Photos: DR, Dragana Lehmann

Article mis à jour le 24 juin 2022 à 20:36

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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