Des montées magnifiques sous un soleil de plomb pour la 11ème Rétro Moto Internationale de St-Cergue
Evénement

Des montées magnifiques sous un soleil de plomb pour la 11ème Rétro Moto Internationale de St-Cergue

Samedi 18 juin dernier, pas moins de 270 véhicules (motos surtout, mais aussi des side-cars) étaient inscrits à l’édition 2022 de l’événement, qui attire tous les deux ans les possesseurs de bécanes historiques au pied du Jura vaudois. Avec la célèbre Route Blanche, ses 72 virages et ses 7 kilomètres fermés à la circulation toute la journée, sous la surveillance bienveillante du comité d’organisation et des bénévoles de la manifestation. Et avec la présence de pilotes « historiques » eux aussi, tels Raymond Roche, Christian Sarron, Jacques Cornu, Rolf Biland et Kurt Waltisperg. Entre autres choses.

La route reliant Trélex à St-Cergue a été fermée durant toute la journée du samedi 18 juin 2022, pour que le trafic habituel laisse la place à ce qui est une véritable fête de la moto ayant lieu en principe tous les deux ans: la Rétro Moto Internationale (RMI) de St-Cergue.

Cet événement n’a pas pu avoir lieu l’an passé en raison de la pandémie. La dernière édition date donc de 2019 – il avait plu (lire notre article). La RMI consiste à réunir de nombreuses motos et plusieurs side-cars rétro ou vintage, et de leur faire faire plusieurs montées de démonstration durant la journée, pour le bonheur bien sûr des participants inscrits avec leur véhicule, mais aussi pour celui du public, qui peut admirer la chose à quelques endroits.

de St-Cergue
La Rétro Moto Internationale de St-Cergue est ouverte aux pilotes s’inscrivant avec des machines de plus de trente ans.

En principe, pour pouvoir participer, il faut venir avec une machine qui a au moins trente ans: ce qui veut dire construite avant 1980 pour une moto ou un side-car de tourisme, et avant 1992 pour une moto ou un side-car de course. Des exceptions sont concédées au cas par cas.

Pas de chrono, donc, chacun allant à son rythme, et les pilotes sont « lâchés » par petits groupes en bas de la montée, pour éviter les concentrations et les risques d’incident. Nous vous narrerons cette expérience dans un second article, expérience que nous avons pu vivre de l’intérieur sur une machine que l’on nous a gentiment prêtée pour l’occasion (une Honda RC30).

Cette année, pas moins de 270 motos ou side-cars étaient inscrits à l’événement pour faire la montée. Selon Leo Di Crollalanza, vice-président du comité d’organisation (devenu président à l’issue de la manifestation samedi).

Plus précisément environ 240 pilotes avaient acquitté la finance d’inscription pour pouvoir participer aux quatre montées (au moins) prévues, avoir une place pour leur machine dans le paddock provisoire de la manifestation, avoir droit au repas en commun le samedi soir, etc.

La diversité était le mot-clé dans le paddock cette année, avec des machines de tous âges, de la Motosacoche à la GSXR 750 en passant par des tribus de CB compé-client et des Moto Guzzi historiques.

Voici un petit aperçu croqué par notre photographe Dragana Lehmann.

Et une trentaine de places étaient destinées à des pilotes invités.

Parce qu’un autre ingrédient essentiel à cette manifestation est la présence et la participation de pilotes « historiques » de renom, qui se prêtent au jeu. Cette année, on comptait ainsi l’ancien champion du monde Superbike chez Ducati, le Français Raymond Roche, mais aussi l’ancien champion du monde d’endurance (entre autres choses) avec Yamaha, un autre Français bien connu, Christian Sarron.

St-Cergue
De gauche à droite: Christian Sarron, ancien champion du monde de vitesse (250, 1984), sur une moderne Yamaha XSR900 de 2022, qui reprend les couleurs de la moto d’endurance du pilote français, et Raymond Roche, ancien champion du monde Superbike (1990) et d’endurance (1981), sur une Ducati 851 qui ressemble à celle sur laquelle il a gagné son titre Superbike. Et tout à droite, Leo Di Crollalanza, vice-président du comité de la Rétro Moto Internationale de St-Cergue, sur une Ducati 748 en version Corse.

Le premier s’était fait prêter une Ducati 851 de course (moteur de 888) appartenant à un collectionneur. Une machine assez semblable à celle sur laquelle il a remporté son titre.

Le second était en selle d’une très moderne Yamaha XSR900 tricylindre en robe rétro, qui arborait un coloris censé justement faire référence à celui de la machine de course d’antant de Sarron!

Et du côté des Suisses, il y avait notamment Jacques Cornu et Philippe Coulon, deux ex-pilotes de Grand Prix bien connus dans notre pays. Mais aussi le tandem Rolf Biland-Kurt Waltisperg, qui furent plusieurs fois champions du monde de vitesse en side-car.

La Yamaha de Jacques Cornu à St-Cergue

Cornu, qui fut lui aussi champion mondial d’endurance (en 1982), a ressorti pour l’occasion une des Yamaha 2-temps (TZR 250) avec laquelle il avait couru. Une moto trouvée un peu par hasard, à l’état d’épave, rachetée, puis patiemment restaurée. Et qui fonctionnait correctement sur la montée de St-Cergue!

« Quand je l’ai découverte dans l’état dans lequel elle était, cela m’a fait tellement de peine que le soir même, elle était en pièces dans mon atelier pour être réparée, boulon après boulon, commente Jacques Cornu. C’est avec cette moto que j’ai réalisé le meilleur temps des essais à Hockenheim. Et aussi que j’ai pu avoir mon premier podium en Grand Prix en 1983, avec une deuxième place. Mais pour moi ce résultat a tout de suite été annulé par un événement survenu dans ce Grand Prix, la mort du pilote suisse Michel Frutschi. »

« On a une relation spéciale avec sa moto de course, on ne peut pas l’expliquer, continue le champion. Quand Valentino Rossi donne un bec à sa Yamaha après la course, il ne fait pas semblant. »

« Rouler sur ma petite Yamaha ici, à St-Cergue, c’était un peu comme si j’étais allé promener une grand-mère qui m’est chère, sans forcer. En la félicitant de réussir la montée. Mais pour moi, St-Cergue, c’est aussi et surtout retrouver tout ce monde de la moto, cette famille. Ces pilotes avec qui je me suis battu ou avec qui j’ai couru, en endurance. C’est un vrai plaisir. »

Loris Baz
Le pilote français Loris Baz, un habitué de la Rétro Moto de St-Cergue. Actuellement engagé en mondial Superbike dans un team satellite BMW. Ici sur une S 1000 RR mise à disposition par Facchinetti Motos. Et avec « son » numéro, le 76!

Sans donner toute la liste des pilotes VIP, on peut relever encore la participation, sur des motos modernes, du Français Loris Baz, un voisin – il réside en Haute-Savoie! – qui est actuellement engagé dans le championnat du monde Superbike, et du Suisse Sébastien Suchet, qui participe depuis de nombreuses années au championnat mondial d’endurance.

Le premier, présent notamment sur le stand du concessionnaire BMW de Genève (Meyrin), Facchinetti Motos, avait à disposition une BMW S 1000 RR.

Et le second, présent sur son propre stand puisqu’il est l’un des responsables de la concession Triumph de Lausanne (Crissier), était au guidon, l’après-midi, d’une Triumph Speed Triple 1200 RR, une machine moderne en habits néo-rétros.

Contrairement à  l’édition 2019, il n’est pas tombé une goutte de pluie durant l’événement. Ce fut tout le contraire, avec le mercure qui a grimpé bien au-dessus de la barre des trente degrés Celsius!

de St-Cergue
Avant de monter, il faut que tout le monde descende!

Au moins deux montées étaient au programme le matin, et au moins deux l’après-midi. Mais les participants ont pu en faire trois le matin et trois l’après-midi. Et ce malgré les inévitables retards occasionnés par (notamment) des machines en panne ou des accidents sur le tracé. Accidents qui semblent, heureusement, n’avoir fait que de la casse matérielle.

de St-Cergue
Une Honda 400 Four de 1976.

Il faut dire que l’affaire était rondement menée, sous la houlette du directeur de course, pardon, du directeur de la manifestation – puisqu’il ne s’agit pas d’une course – Bernard Bally, et avec le concours de nombreux et nombreuses bénévoles – plus de 250 en tout et pour tout!

Ils avaient pour tâches de sécuriser la route, distribuer des bouteilles d’eau aux pilotes en train de littéralement cuire sous le soleil, orienter les participants, effectuer le contrôle technique, distribuer les bons et les souvenirs, officier lors des repas, etc.

Un village d’exposants était là pour prolonger l’expérience du public et des participants à la montée, avec plusieurs marques présentes: Honda, Ducati, Yamaha, BMW, Kawasaki, Suzuki, notamment. Sans oublier la société FVP, grand spécialiste suisse pour ce qui est d’organiser des sorties sur circuit.

Ducati
Ducati 750 S de 1974. Magnifique, non?

Et une exposition de motos d’exception dans la salle du Vallon, grâce notamment à l’Amical Spirit of Speed, était aussi là pour que tout un chacun puisse faire connaissance avec des engins uniques ayant un passé glorieux.

Il faut savoir encore que, depuis cette année, la RMI de St-Cergue fait partie des « Historic Events » reconnus comme tels par la Fédération Internationale de Motocyclisme, la FIM. QUi a son siège dans le canton de Vaud. Et qui a lancé ce nouveau concept en 2021.

La démonstration de St-Cergue est le premier événement du genre qui se tienne sur une route. Sans doute pas le dernier, si l’on en croit les déclarations de Damiano Zamana, directeur général adjoint de la FIM, qui était présent vendredi soir à St-Cergue.

« A l’heure où je parle, les décomptes ne sont pas encore tous faits, mais l’édition 2022 devrait être à l’équilibre, financièrement, note Leo Di Crollalanza. Une part du bénéfice sera attribuée, comme à chaque édition, à une oeuvre digne de soutien. Pour 2022, notre choix s’est porté sur l’association Templiers, qui a pour but en Suisse de venir en aide aux enfants souffrant de harcèlement. » Il ajoute que le public était un peu moins nombreux que lors de la dernière édition.

Pour plus d’infos, voici le lien sur le site de cette association. Et pour être complet, le lien sur le site de la Rétro Moto Internationale de St-Cergue. Sachez enfin que le comité de la RMI, en partenariat avec ActuMoto.ch, organise cette année un concours photos/vidéos. Toutes les infos sur ce lien.

Photos: Dragana Lehmann

Article mis à jour le 22 juin 2022 à 08:54

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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