Le 44ème Dakar est sur le départ
Rallye-raid

Le 44ème Dakar est sur le départ

C’est demain – samedi 1er janvier 2022 – que sera lancée la 44ème édition du Dakar, course de rallye-raid réputée la plus dure au monde. Petit tour d’horizon du parcours, des nouveautés, des forces en présence et des pilotes helvétiques en lice.

Pour cette édition 2022, c’est un parcours de plus de 8000 kilomètres qui attend les concurrents en Arabie saoudite. 8375, pour être précis, traçant une boucle au départ et à l’arrivée de Djeddah. Dont 4258 kilomètres de spéciales chronométrées. Une course de longue haleine qui n’empêche pas des écarts très serrés. Victorieux l’an dernier, l’argentin Kevin Benavides ne comptait ainsi, après 14 jours de course, que 4 minutes et 56 secondes d’avance sur son poursuivant, l’américain Ricky Brabec (vainqueur de l’édition 2020). Autant dire que tout peut se jouer, à chaque étape.

Il y aura donc 13 étapes, dont le kilométrage total (comprenant chaque jour un parcours de liaison et une spéciale chronométrée) oscillera entre 590 et 834 kilomètres quotidiens. Avec une étape marathon dès le 2ème jour, qui mettra d’emblée les concurrents en difficulté, le principe même de ce type d’épreuve étant de ne pas disposer d’assistance à l’arrivée de l’étape. Il conviendra donc pour les pilotes de ménager leur moto (et leurs pneus) afin de pouvoir se présenter au départ de la troisième étape dans de bonnes conditions.

Dakar 2022

En réalité, les étapes sont numérotées de 1 à 12 seulement. L’étape «1a», qui remplace le prologue, sera en effet une forme d’échauffement pour les participants. Avec une liaison de 815 kilomètres, pour une spéciale de seulement 19 kilomètres, elle permettra de déterminer l’ordre de départ des concurrents le lendemain (pour l’étape «1b», qui lancera véritablement la course le dimanche 2 janvier), mais aussi de mettre à l’épreuve les véhicules et de corriger ce qui pourrait encore l’être.

Règlement 2022

Cette 44ème édition reconduit les dispositions déjà en place sur le Dakar 2021. A savoir l’équipement obligatoire, pour chaque pilote, d’un airbag moto. Et la présence, tout au long de l’épreuve, de «zones de ralentissement», avec une limitation de vitesse à respecter. ASO, la société organisatrice de l’épreuve, tient comme priorité absolue la sécurité des concurrents, et espère faire baisser la vitesse moyenne dans une catégorie où les machines, d’une cylindrée de 450 cm3, peuvent dépasser les 170 km/h en pointe. Le parcours est donc volontairement technique (et sablonneux) pour ralentir le rythme des hommes de tête.

Dakar 2021 - Les plus belles images de la première semaine, course, retour, concurrents, cette, de, repos, Aujourd'hui

Comme l’an dernier, les roadbooks seront également distribués quelques minutes avant le départ, une mesure qui met l’accent sur les compétences en navigation brutes, sans préparation possible en amont. Certaines usines utilisaient en effet ces derniers années des «mapmen», chargés d’optimiser les traces des top-pilotes en leur indiquant, notamment, des «coupes» possibles entre deux waypoints (les points de passages à valider impérativement) pour optimiser leur temps. Désormais, tout le monde est sur un pied d’égalité. A noter que les roadbooks sont, cette année encore, sur papier. Mais qu’ils devraient, dans un avenir relativement proche, être distribués au format digital (sur une tablette embarquée), comme c’est déjà le cas des catégories Auto et Camion depuis l’an passé.

Du côté des pilotes

Chez les prétendants à la victoire, il y a pas mal de changements. A commencer par le tenant du titre, Kevin Benavides, qui a quitté Honda pour rejoindre le clan KTM. Pour l’argentin, le challenge est essentiel : «Même si je me sentais à l’aise chez Honda, et je les remercie pour les opportunités qu’ils m’ont données, j’ai changé pour une question d’objectifs.» explique le pilote argentin. «J’ai eu la chance d’être pilote d’usine pour les deux premiers constructeurs en rallye-raid. Je me suis fixé comme objectif de gagner un autre Dakar avec une équipe différente, ce que personne n’a encore fait.»

Pour 2021, Kevin Benavides
Victorieux avec une Honda en 2021, Kevin Benavides roule cette année pour KTM.

On lui souhaite de réussir, d’autant que du côté orange de la force, on fait un peu grise mine. Après presque deux décennies de règne (les KTM ont dominé le rallye durant 19 ans, de 2001 à 2019), cela fait deux années consécutives que le titre échappe au constructeur autrichien. Et pour cette 44ème édition, plusieurs pilotes de haut niveau ont changé de couleur. Kevin Benavides, donc. Mais également Sam Sunderland (vainqueur en 2017 et 3ème au classement général en 2021), qui portera les couleurs de la marque espagnole GAS GAS, tout comme Daniel Sanders, qui avait réussi l’exploit de se classer 4ème au classement général l’an dernier, pour son premier Dakar!

L’américain Skyler Howes, qui avait mené sa KTM privée à la 5ème place du classement général sur la dernière édition, a pour sa part décroché une place de pilote d’usine dans l’équipe officielle Husqvarna. Ce sont donc trois pilotes à suivre, mais qui ne feront pas tous briller la marque orange cette année. Enfin, pas directement… puisque GAS GAS et Husqvarna appartiennent au groupe KTM.

Du côté de l’équipe KTM officielle, on peut donc compter sur la présence indéboulonnable de Toby Price (vainqueur en 2019, avec un poignet fracturé!) et de Matthias Walkner (victorieux en 2018). Sur une KTM toujours, le slovaque Stefan Svitko, 8ème l’an dernier, pourrait également nous surprendre cette année.

Toby Price Dakar 2021 ActuMoto

L’ex-pilote de MotoGP, Danilo Petrucci, devait également faire ses premières armes sur le Dakar cette année, au guidon d’une KTM 450 Rally Factory Replica. Mais il a été testé positif à son arrivée sur le bivouac, ce mardi 28 décembre. Sans symptômes et à l’isolement depuis, il devrait pouvoir faire un second test ce vendredi matin, en espérant que le PCR du 28 décembre soit un faux positif. En cas de résultat négatif, il pourrait prendre le départ samedi. Mais si le test devait s’avérer une seconde fois positif, il serait contraint de jeter l’éponge et de rentrer chez lui, après une quarantaine de sept jours.

Danilo Petrucci, du MotoGP au Dakar… s’il peut prendre le départ!

Chez Honda, on peut compter sur l’américain Ricky Brabec, fidèle à la marque qui lui a permis de mettre fin au règne autrichien en 2020, ainsi que sur le rapide – mais explosif – Joan Barreda. Pour le pilote espagnol, c’est un peu du on-off. Lors de ses six dernières participations, il a connu quatre abandons. Mais aussi, sur chaque édition, entre une et quatre victoires d’étapes. Avec, certainement, un peu plus de retenue, il pourrait sûrement faire des étincelles cette année. Plus discret, le chilien Jose Ignacio Cornejo Florimo est également à suivre. Quatrième du classement général en 2020, le pilote chilien a régulièrement joué des victoires d’étapes ces dernières années. Enfin, du côté des rouges, on a recruté un Pablo Quintanilla qui, après cinq années passées chez Husqvarna, a soif d’une victoire qui lui a échappé pour 16 petites minutes en 2020 (2ème au classement général, derrière Ricky Brabec).

09 Brabec Ricky Dakar 2020 ActuMoto
L’américain Ricky Brabec, vainqueur en 2020, compte bien réitérer l’exploit sur ce 44ème Dakar.

Du côté de Yamaha, on espère bien effacer une édition 2021 qui aura tourné au fiasco, avec aucune moto dans le top 10 à l’arrivée. Adrien Van Beveren, qui a abandonné (sur panne ou sur chute) ces quatre dernières années, à répondu présent. Comme Ross Branch, prodige botswanais qui avait bluffé le monde du rallye-raid en gagnant une spéciale pour sa deuxième participation en 2020. L’américain Andrew Short complète une équipe Yamaha qui espère jouer la gagne cette année.

Pour cette édition 2022, la Yamaha 450 Rally de Ross Branch (ici vue à l’EICMA 2021) portera le numéro 16.

Chez Husqvarna, l’équipe officielle est composée de Skyler Howes (comme mentionné plus haut) ainsi que de Luciano Benavides. Le français Xavier de Soultrait, capable de faire bien des étincelles (et des wheelings !), pilotera également une Husqvarna, mais ne disposera toujours pas d’une place de pilote d’usine. Étonnant au vu de ses capacités (il avait notamment pris la tête de la course l’an dernier, lors de la 4ème étape).

Lorenzo Santolino, enfin (sixième l’an passé) pourrait bien nous réserver quelques surprise cette année, sur sa Sherco d’usine.

Deux pilotes suisses dans la course

Cette année, nous avons la chance d’avoir deux pilotes locaux inscrits. Nicolas Monnin s’élancera pour la seconde fois sur le mythique rallye-raid. Mais ce sera sa première participation en Arabie saoudite. Le Neuchâtelois compte en effet une première participation, en 2016, sur sol argentin. Une participation qui s’est soldée par un abandon, suite à une chute et à plusieurs fractures. «Ce Dakar, j’ai envie de le terminer coûte que coûte», explique Nicolas Monnin. «Mais je sais que mon seul adversaire, c’est moi.»

Nicolas Monnin se réjouit d’attaquer le 10ème rallye-raid de sa carrière.

A chacun sa course. Finir ce rallye, réputé comme le plus dur au monde, est en effet, en soi, une sacrée victoire. Mais le pilote romand est préparé, motivé et serein. Il s’est confié à ActuMoto.ch, à quelques jours du départ :

«J’ai récupéré ma moto mercredi et j’ai pu faire une quarantaine de kilomètres avec. Cela m’a permis de vérifier que tout est en place et de reprendre mes marques. Et surtout, le plaisir était là! J’ai l’esprit tranquille et je suis confiant. L’organisation sur place est énorme, mais je sais ce que j’ai à faire et je me mets «un peu dans ma bulle» pour me préparer. Je n’ai qu’une hâte, dévorer de grands espaces! Et valider que je suis dans le bon rythme, dès la première étape.»

Nicolas Monnin roulera sur une Honda CRF 450 RX préparée par le spécialiste italien RS Moto. Il profitera d’ailleurs de la structure mise en place par ledit spécialiste et bénéficiera donc d’une assistance sur place. Il n’a – du reste – pas encore totalement bouclé son budget et vous pouvez le soutenir, même avec un petit montant, via le site Edelweiss Racing.

La Honda de Nicolas Monnin a passé le contrôle technique ce jeudi 30 décembre, et est désormais parée au départ.

Jonathan Chotard est quant à lui notre «Suisse de cœur» sur cette épreuve. Résident français, il travaille comme mécanicien moto au Pôle Mécanique, à Vich (dans le canton de Vaud). Et s’est inscrit en catégorie «Original by Motul». Autrement dit, sans assistance aucune sur le bivouac. Le Dakar comme à l’époque. Pour sa première participation, le jeune père de famille de 33 ans roulera sur une KTM 450 Rally achetée d’occasion, mais qu’il connaît par cœur.

Contacté ce mercredi, il s’est montré, lui aussi, plutôt serein. Mais non sans une certaine impatience d’en découdre :

«Je suis arrivé à Jeddah un peu malade. Un coup de froid dans l’avion, peut-être ? Ou alors simplement le stress. En tous les cas, cela commence à aller mieux et j’ai pu rouler avec ma moto sur une dizaine de kilomètres aujourd’hui lors du «Shakedown». Cela m’a permis de reprendre mes repères et de gagner en confiance. J’ai aussi détecté un petit souci de pompe à essence sur la moto et j’ai donc pu le régler avant le départ. Le moral va très bien et j’ai vraiment hâte que la course commence!»

Pour Jonathan Chotard, la prise en main sur place est réussie.

Jonathan Chotard court également pour la bonne cause. Il reversera à chaque étape une petite somme à l’association «Un souffle pour Nina», afin de lutter contre la mucoviscidose. Un motard amateur au grand cœur !

Nicolas Monnin est inscrit sous le numéro 116 et Jonathan Chotard sous le numéro 139. Les deux pilotes sont en contact étroit avec la rédaction d’ActuMoto.ch et nous vous tiendrons informés au jour le jour de leur progression respective, via un compte-rendu quotidien ici-même.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les pages Facebook de Nicolas Monnin et de Jonathan Chotard.

Photos: ASO - Rally Zone - M. Deshusses - N. Monnin - J. Chotard

Article mis à jour le 9 janvier 2022 à 12:30

Auteur

Mathias Deshusses

Mathias Deshusses

Photographe et journaliste RP. Roule sur une Triumph Rocket 3 et une KTM 390 Adventure. Aime par conséquent les machines à grosses sensations, mais aussi s’aventurer hors des sentiers battus. Est autant à l’aise avec un guidon qu’avec un appareil photo entre les mains.

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