Le Schallenberg Classic, une course de côte rétro
Course sur route

Le Schallenberg Classic, une course de côte rétro

L’édition 2020 de cette course sur route avait dû être annulée en raison de la pandémie de coronavirus, et les organisateurs ont tout reporté au mois de septembre 2021. Nous avons assisté à l’événement, qui a réuni quelque 4000 personnes sur deux jours, public, pilotes et bénévoles compris, et plus de 300 véchicules à deux (surtout), trois et même quatre roues.

Le Schallenberg offre environ 3 kilomètres d’une route en parfait état qui mène au col du même nom, où se trouve le restaurant Gabelspitz, bien connu des motocyclistes des cantons de Berne et Lucerne, et au-delà. Mais c’est aussi le nom d’une course de motos anciennes (le Schallenberg Classic), qui a lieu tous les deux ans. Et qui a été annulée l’an dernier pour cause de Covid-19.

Elle a heureusement pu avoir lieu cette année, en guise de rattrapage de 2020, avec un concept de protection sanitaire anti-Covid, et une jauge de fréquentation fixant un maximum de 5000 personnes sur place, spectateurs et spectatrices compris.

Il se trouve que cette course était aussi la dernière manche, et la seule en Suisse cette année, du Swiss Moto Legend Trophy (SMLT). Un championnat qui oppose des motos construites entre les années 1977 et 1999. Des « Youngtimers », autrement dit.

Schallenberg
Beaucoup de belles machines dans le paddock, et de propriétaires passionnés. Comme Markus Fusco, qui prend la pose devant sa Norton Model 21 en parfait état.

Le reste du plateau en lice était majoritairement plus ancien et se répartissait selon les différentes « classes d’âge » du championnat suisse Vintage. Certaines motos dataient même des années ’20 et ’30, telle la Norton Model 21 de Markus Fusco (1927, la moto, pas Markus), la très rare Koehler-Escoffier (OHV) française (1936) appartenant à Wolfi Müller. Ou encore l’O.E.C. (pour Osborne Engineering Corporation, une marque américaine) Temple (1926) de René Trottmann.

Les gagnants

Dans ce genre de compétition, c’est la régularité qui compte, pas la vitesse. Ceux ou celles qui réussissent à avoir le plus petit écart de temps entre leurs deux montées sont ceux ou celles qui gagnent la course. Les essais avaient lieu le samedi, et les montées chronométrées comptant pour le classement, le dimanche. A l’exception du SMLT, les classements établis au Schallenberg ne comptent… que pour le Schallenberg. Un peu comme à Verbois en terres romandes. Et il y a une véritable jungle de catégories historiques, reflet du nombre de participants et de la variété des machines et des époques représentées.

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On fait la queue pour le départ, dans l’ordre…

En catégorie « Veteran/Vintage », Marco Blumer a réussi à faire deux montées qui n’étaient séparées que par un peu plus de 3 dixièmes de seconde, sur une Motosacoche 414 datant de 1930. Il devance ainsi René Trottmann, deuxième, et Theo Müller, troisième sur sa Scott TT de 1929.

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Et on donne un bon coup de gaz et d’embrayage avant d’affronter les quelque 15 virages (dont quatre magnifiques épingles) du Schallenberg Classic.

En « Post Vintage » (1931-1945), pour les cylindrées comprises entre 250 et 350 cm3, Wolfi Müller a été le plus régulier. Et pour les « gros cubes » (500-750 cm3), c’est Peter Hager, sur sa Motosacoche 500 Jubilé, qui emporte la palme.

En « Post War » ( ), pour les les cylindrées – cm3, Beat Buholzer a été le plus régulier (0,14 seconde d’écart) avec son AJS 7R Boy Racer (sic) 350.

En « Classic », soit les motos construites entre 1961 et 1971, pour les 80 à 250 cm3, Tony Zurfluh a été le plus régulier sur sa Ducati Mark 3 (250) de 1968. Pour les 251 à 450 cm3, encore une Ducati, la Desmo 450 de Nik Hofer, puis pour les 451 à 650 cm3, c’est Andreas Müller sur son Egli Honda 450R de 1970 qui l’emporte. Enfin, de 745 à 1000 cm3, la victoire revient à Daniel Kaderli sur une Laverda SFC de 1971.

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Drapeau bleu agité: laissez passer s’il-vous-plaît un concurrent plus rapide. Voire deux. Et souvenez-vous aussi que cette course est une course de régularité! Ce ne sont pas les plus rapides qui gagnent, mais les plus réguliers.

En Post Classic (1972-1984), là aussi, il y a plusieurs sous-catégories. De 125 à 250 cm3, la première place échoit à Robert Frei sur une Honda CB 250 de 1975. De 251 à 500 cm3, c’est Fritz Riesen qui s’impose sur sa Honda 400 Four de 1975. Et enfin de 501 à 1100 cm3, la palme revient à Walter Frei avec sa Honda 750 Four de 1975.

Dans la masse des pilotes alémaniques, il y avait quelques romands, dont Paul Verchère, le patron du garage genevois Motosecours, spécialiste des vieilles anglaises et concessionnaire Royal Enfield. Il a fait le Schallenberg Classic sur une Kawasaki Kawasaki de 1975 – et s’est classé 8ème sur 16 concurrents, avec un écart de 6,587 s.

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Il y avait bien sûr aussi des side-cars, de tous genres et de tous âges. Et même des vélomoteurs, lourdement modifiés, ceux de la « Mofacup » suisse, qui participaient pour la première fois à une course de côte, sur route ouverte (mais fermée au trafic, bien sûr, pour le Schallenberg Classic). Quelques voitures très spéciales étaient aussi là, juste pour la démonstration.

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Pour accéder aux classements complets (en allemand), vous pouvez consulter le site web de l’événement, par ici.

En SMLT, catégorie qui alignait la bagatelle de 51 machines, c’est Beat Muff (Yamaha RD 350 de 1983) qui a été le plus régulier, devant Martin Messerli et Andreas Flück. Ses deux runs sont séparés de seulement 0,319 seconde! Au championnat (trois rounds), Olivier Audétat (Suzuki RGV 250, 1991) l’emporte devant Jean-Luc Ronchi (Suzuki GSX-R, 1988) et Cédric Meylan (Yamaha YZF-R 750, 1993).

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Du monde dans le virage « SOS » pour admirer (entre autres) l’Egli Kawasaki 900 (1974) du Tessinois Mario Grassi.

L’événement a presque été complètement épargné par la pluie. Selon Max Marti, président du comité d’organisation, quelque 4000 personnes étaient présentes, public compris. Le seul incident notoire a été un problème cardiaque… d’un spectateur, qui a été promptement secouru, puis emmené en hélico à l’hôpital. Selon les organisateurs, il va bien. Pour la prochaine montée, il ne sera nul besoin d’attendre deux ans, puisqu’elle aura déjà lieu en 2022!

Photos: Jean-Baptiste Rozain/ @madpik_photographie
Article paru sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Article mis à jour le 14 octobre 2021 à 20:51

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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