Essai de la Triumph Speed Triple 1200 RS au quotidien (et sous la pluie)
Test Triumph

Essai de la Triumph Speed Triple 1200 RS au quotidien (et sous la pluie)

Chez Actumoto, on aime les choses bien faites. L’occasion de compléter l’essai de la dernière pépite anglaise s’est offerte à nous via notre photographe Mathias, qui l’avait récupérée pour une séance photo. Impossible de résister à un week-end de roulage sur cet attachant roadster. Au menu du jour: analyse de la Speed Triple RS au quotidien, sous la pluie, de nuit, et même… en duo.

La météo est encore capricieuse en ce début du mois de juin, à croire que le dieu du climat s’est allié avec le Covid pour tronquer notre saison de jeu. Mon téléphone sonne, et j’apprends que j’ai la possibilité de tester la dernière Triumph Speed Triple RS (lire notre premier essai en France) l’espace de quelques jours. Ne me reste plus qu’à foncer chez mon photographe préféré pour la récupérer…

Prise en main orageuse pour les premiers tours de roues de la Speed Triple RS.

Découverte de la machine

Il fait déjà nuit lorsque je débarque dans le secteur du Mandement (canton de G’nève), l’émission de radio Fond2six à laquelle ActuMoto.ch participe ayant accaparé le début de ma soirée. Quoi qu’il en soit, je croise enfin la belle Triumph en chair et en os. Esthétiquement, la recette qui fait le succès de l’Anglaise reste inchangée: un roadster trapu, très court, mais très bien équipé et à la finition soignée, sa robe noire accentuant la sobriété de l’ensemble.

La classe à l’anglaise…

J’écoute l’analyse de mon acolyte, en profitant pour comprendre l’utilisation du tableau de bord et de ses différents réglages. On m’informe que le confort n’est pas au rendez-vous au niveau de l’assise, information que je réfute dès que mon fessier est accueilli par la selle. Je la trouve personnellement confortable à souhait, mais le fait que je roule principalement en hypersport doit légèrement fausser mes sensations (note du photographe: par rapport à une Ducati 916, tu m’étonnes).

En plus d’être confortable, la selle arbore des coutures très soignées.

La clé de la moto au fond de la poche (ah, les joies des systèmes keyless), je réveille la Speed. L’écran en couleur offre une animation très soignée, dommage qu’il mette autant de temps à s’allumer! La Triumph démarre, dans un grognement sourd accompagné d’un sifflement aigu particulier et propre aux « trois-pattes » anglais. Je passe la première et laisse la moto filer en direction du canton de Vaud, sa première étape nocturne. Lors des premiers tours de roue, je suis frappé par la sensation de poids que me fait ressentir la moto, qui n’est qu’une sensation, car la nouvelle Triple ne pèse réellement que 198 kg tout pleins faits.

Néanmoins, les premiers instants en sa compagnie sont agréables, aidés en grande partie par une position de conduite bien adaptée au quotidien. Les mains sont bien éloignées l’une de l’autre grâce à l’énorme guidon à cintre plat, et mon buste est légèrement basculé en avant. Les jambes ne sont pas trop repliées, et la compacité du moteur fait que vous n’avez pas besoin de faire le grand écart pour serrer le réservoir.

Le sélecteur de vitesse lui aussi est « made in Triumph », avec cette sensation typique d’être monté sur silentblock. C’est agréable, mais cela demande une certaine habitude pour les débutants en matière de roadsters anglais.

Le tableau de bord est très lisible, mais assez long à démarrer.

Les lumières de la cité de Calvin disparaissent dans les rétroviseurs, situés en bout de guidon, et je m’élance dans la pénombre sur le ruban autoroutier. Calé à 120km/h, le moteur ronronne docilement sur le dernier rapport, et la protection, pourtant quasi-inexistante sur ce type de machine, rend l’exercice agréable. A cette allure, je n’ai que très peu de remous au niveau du casque. L’éclairage, confié aux fameux double optique cher à la lignée, offre une vision tout juste satisfaisante en feu standard.

L’éclairage en feux de croisement n’est pas le point fort de la Speed Triple.

J’attends de quitter l’autoroute pour tester la moto sur les cinquante lacets qui me séparent de mon domicile montagnard. Le dernier rond-point à peine dépassé, je me retrouve sur un bitume luisant, l’averse ayant sévi sur le Jura et laissé une chaussée détrempée. Les premières courbes ne laissent présager que du bon, la Speed Triple 1200 RS me met en confiance.

Le train avant se place tout seul, me voici seulement bridé par l’humidité présente, mais aussi par les feux qui, malheureusement ne sont, pour moi, pas assez puissants, conjugués à un faisceau un peu étroit à mon goût. Cependant, les commodos rétro-éclairé allient la beauté et la pratique, un régal à l’utilisation.

On hausse le rythme

Le week-end est enfin à ma portée ! Après une séance photo pour illustrer cet essai m’attend une belle boucle de balade sur deux jours, avec madame sur la selle arrière. Je retrouve mon photographe Mathias (légèrement humide) au pied du col de la Faucille. La route est bien mouillée et les Metzeler Racetec ne semblent pas être dédiés à cette utilisation, au vu du manque d’évacuation sur les bords.

Je tente quand même quelques passages scabreux devant l’objectif, mais chaque prise d’angle me fait comprendre que la chute n’est pas loin. Il est temps de changer de spot pour un bitume plus adapté à nos besoins. De beaux lacets et un bitume sec se profilent devant nous: c’est l’endroit parfait! Je commence mes passages face à l’objectif, et la Speed Triple 1200 RS me redonne confiance avec son comportement rassurant.

Facile, et bien suspendu, le roadster anglais est une référence en courbe, ou même en rythme dit d’attaque, jamais son comportement ne m’a surpris. La mise sur l’angle est facile, alliant précision et bon retour d’informations. Le moteur, le cœur de cette moto, est un régal sur les routes sinueuses: le couple disponible très tôt permet de s’extirper de n’importe quel virage avec force et vigueur.

la Triumph Speed Triple

La partie la plus sulfureuse du moteur reste la puissance du trois cylindres en ligne: les 180 chevaux du bloc déboulent au trois quarts du compte-tours, et allongent vos bras jusqu’au rupteur (que j’aurais souhaité voir placé un petit peu plus haut, personnellement). Le tout accompagné d’une mélodie entraînante, distillée par l’échappement d’origine de la Triumph Speed Triple 1200 RS.

Ce bloc est une réussite! Et on le verrait assez bien sur une sportive…

L’après-midi étant déjà entamé, je quitte mon acolyte et fonce retrouver ma passagère d’élite pour le périple du week-end en direction de la Bresse (F). L’installation de la selle passager nécessite le démontage du capot arrière, qui est lui-même vissé sur la moto. Pas besoin de courir chercher votre caisse à outils pour cette opération, la marque anglaise vous fournit le matériel, savamment dissimulé sous un cache situé sur le côté gauche de la moto.

La voilà fin prête pour son run en duo, malgré la météo qui, comme vous pouvez vous en rendre compte cette saison, n’est pas décidée à être du côté des motards que nous sommes. Il me faudra passer entre les gouttes…

la Triumph Speed Triple

L’anglaise est-elle faite pour rouler à deux ?

Les premiers tours de roue en duo se font très naturellement. La moto n’étant pas déstabilisée par son nouvel embonpoint, les deux clics de précharge effectués sur l’amortisseur Öhlins gomment parfaitement la nouvelle composition à bord.

Je commence comme à mon habitude par quelques kilomètres à allure modérée, mais je sens que la passagère ne partage pas mon envie de nonchalance. Une sortie de rond-point menant à un enchaînement de courbes serrées, la magie du roadster anglais continue d’agir sur moi. Je manie la Speed Triple 1200 RS du bout des doigts, à un rythme assez proche de mon roulage solo.

la Triumph Speed Triple
Plus d’excuse pour partir en solo, la Speed est un régal à deux !

J’enchaîne alors les kilomètres, sans grandes appréhensions, et les pauses se succèdent. Surtout à cause de l’appétit du moteur, la réserve s’allumant dans une fourchette comprise entre 140 et 160 kilomètres. La consommation quelque peu gloutonne du tri-cylindre, accentuée par mon cravachage sportif, se situe aux alentours de 9 litres pour 100 km, l’autonomie étant faussée par une réserve de très grande capacité.

Nous repartons sur des gorges magnifiques, agrémentées d’une route aux virages bien serrés. Dans cette configuration, les freins couplés de l’anglaise offrent un gain de stabilité certain, mais l’ABS, sur les trois modes de conduite standard, est beaucoup trop intrusif pour moi.

La moto n’ayant pas effectué le premier service, les modes « User » et « Track » sont malheureusement indisponibles à l’usage. De plus, je trouve que la mise en action de l’ABS sur le train arrière est assez brutale, allant même jusqu’à faire dandiner la machine sur les plus gros freinages. J’espère que ces légers points noirs disparaîtront une fois le rodage terminé.

la Triumph Speed Triple
Son moteur est un vrai bonheur, et le couple permet toutes les fantaisies.

Pour en finir avec les choses que j’ai moins appréciées sur la Triumph Speed Triple 2021, l’anti-wheeling m’a abandonné à deux reprises lors de ce test. J’avoue sans honte que c’est arrivé dans des conditions extrêmes d’utilisation, mais il me semble important de partager ce détail.

Enfin arrivé à bon port, j’en profite pour entendre la réaction à chaud de ma passagère, après une belle boucle d’environ 250 kilomètres. L’assise est vraiment moëlleuse (selon elle). Et située presque à la même hauteur que la selle pilote, ce qui procure une position du corps assez droite. Un gage de confort pour les poignets du compagnon de route.

Seul bémol ici (suite à une petite averse sur le trajet), le manque d’habillage au niveau de la roue arrière (Ah ! Ce magnifique monobras !) laisse néanmoins le passager sans protection. Lequel se fait crépir par les projections. La beauté de cette moto se paye ici.

la Triumph Speed Triple
Le passager est bien assis et peut se tenir au réservoir sans trop de difficultés.

Sur un autre sujet, j’ai été impressionné par la garde au sol de la machine. Même en duo, il faut vraiment aller chercher pour approcher les cale-pieds du sol. Nous rentrons de ce périple de deux jours le sourire aux lèvres grâce à une Triumph Speed Triple 1200 RS qui, malgré la mise au niveau de la concurrence, reste très agréable à vivre au quotidien.

Pour conclure

Tout le monde connaît la Triumph Speed Triple, cette moto mise sur le devant de la scène par Tom Cruise pour le film Mission Impossible (2000). Cette face avant inimitable, associée à une finition quasiment irréprochable.

la Triumph Speed Triple

Triumph signe ici son retour dans la course, pour la catégorie des gros roadsters sportifs. Sportif oui, mais agréable également au quotidien. J’ai pu, lors de cet essai, le confronter à quasiment toutes les conditions que pourraient rencontrer son futur acquéreur, et je peux vous dire qu’il est bien né.

On n’a décidément pas fini d’en entendre parler de la Triumph Speed Triple RS 2021. Proposée à partir de 18500 frs, il ne faudra à mon avis que peu de temps à la belle anglaise pour conquérir nos routes!

la Triumph Speed Triple
Prête à enfumer la concurrence!

Plus d’infos sur le site de Triumph Suisse. Vous pouvez aussi vous adresser à nos partenaires de l’Annuaire des professionnels de la moto, Triumph Lausanne (by Moto Evasion, à Crissier), et Triumph Fribourg (Motos Vionnet, à Sâles).

Photos: Mathias Deshusses

Article mis à jour le 19 juillet 2021 à 09:33

Auteur

Sébastien

Sébastien

Cebb, vaudois, la trentaine, dont la moitié passée sur deux roues! Addict aux sensations et grand passionné de technique, je me fais un devoir de vous faire rêver lors de mes essais.

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