Une nouvelle norme plus stricte arrive pour les casques de moto
Protection

Une nouvelle norme plus stricte arrive pour les casques de moto

En Europe, la norme ECE 22.06 est censée entrer en vigueur à l’été 2020. Elle prévoit de réaliser des tests d’impact non plus seulement à plat, mais à un angle différent, et à des vitesses à la fois plus élevées et plus basses qu’actuellement. Les casques modulaires seront quant à eux testés avec la mentonnière relevée. Les constructeurs, qui respectent actuellement la norme ECE 22.05, ont jusqu’en 2023 pour s’adapter.

On se demande parfois pourquoi on devrait payer plus cher pour un casque d’une marque réputée, alors que des casques nettement moins chers existent et qu’ils sont homologués de la même manière pour ce qui est de la sécurité offerte en cas d’impact. Or justement, une norme plus stricte est en train de se profiler en Europe et dans le reste du monde, et elle fait réfléchir à cette question dans l’autre sens: pourquoi vouloir à tout prix payer moins cher si cela se traduit par une moins bonne protection en cas de chute?

norme plus stricte, Roof
Il s’en tire avec quelques fissures. Mais c’est la xième fois que cet exemplaire est soumis à ce test. Photo prise au siège de la marque française Roof, lors d’un reportage sur cette marque paru dans Moto Sport Suisse.

Actuellement, la norme européenne et suisse en vigueur (définie par les Nations Unies) dit de quelle manière doivent être réalisés les crash tests par les constructeurs de heaumes moto. Pour l’essentiel, on fait tomber le casque à une certaine vitesse sur une surface plate et dure, et la forme « humaine » que l’on place à l’intérieur du casque nous dit quel pourcentage de la force d’impact est encore transmis par le casque sur la « tête » du mannequin.

Ce qui laisse de côté en tout cas deux risques qui sont souvent avérés en cas de chute: les mouvements de rotation du casque, et les impacts survenus à des angles et des vitesses différents. On comprend assez facilement que les deux premiers points puissent être dangereux pour les têtes des motocyclistes lors de chutes. On le comprend moins intuitivement pour ce qui est de la vitesse des corps concernés lors de l’impact. On pense que plus le bitume nous arrive vite sur la tête, plus graves seront les dommages, et on a raison. Mais pour rendre un casque résistant à des impacts à grande vitesse, on peut choisir par exemple de rendre sa coque plus rigide. Avec pour résultat, si aucune mesure corrective n’est ajoutée dans le processus de fabrication, qu’il sera trop rigide en cas d’impact à basse vélocité. Et occasionnera donc des dommages à la tête du pilote!

La nouvelle norme plus stricte qui va s’imposer porte le nom de code ECE 22.06. Elle définit de nouvelles manières de tester les casques. Et prévoit des tests d’impacts à différents angles et différentes vitesses, toujours selon l améthode de faire tomber le casque sur un obstacle fixe. Il est aussi prévu que les casques modulaires, de plus en plus fréquents, soient testés aussi bien avec la mentonnière fermée qu’ouverte.

On ne sait pas exactement à partir de quand la norme plus stricte sera appliquée dans nos pays. C’était prévu pour l’été 2020, mais la crise sanitaire (et bientôt probablement aussi économique) va faire revoir un certain nombre de calendriers, pas seulement sportifs. Les constructeurs ont quant à eux jusqu’en 2023 pour mettre en conformité leurs produits. De toute façon, il est conseillé de changer de casque tous les 5, 7 ou 10 ans, en fonction de son degré de sécurité. Pour trouver ce degré de sécurité, vous pouvez vous faire conseiller par un vendeur compétent (mais oui, ça existe), ou aller faire un tour sur un site anglais (en anglais, donc) relatif à leur norme non contraignante (on dit aussi une évaluation), SHARP. Les responsables de ce programme d’évaluation ont déjà testé plus de 400 modèles.

Pour parer aux phénomènes de rotation du casque, et donc de tortion de la tête, une entreprise d’origine suédoise a inventé le « MIPS », ou une sorte de couche intermédiaire amortissant ces mouvements. On en trouve dans certains casques, mais peu de marques ont adopté cette technique.

Chez Arai, une maison qui prend la sécurité très au sérieux, on construit des casques ronds, et dont les appendices (tirettes d’ouverture des ventilations, spoilers…) cassent plus vite que le reste du casque en cas de choc, ce qui réduit fortement les risques de torsion subie par la tête du pilote.

Et il est un constructeur américain, 6D (distribué en Suisse par Fun Car), qui a déjà mis au point une technique qui est très efficace non seulement contre les risques de torsion, mais aussi contre les impacts à différentes vélocités.

On précise encore que le prix d’un casque ne dépend bien sûr pas uniquement de sa protectivité, mais aussi de sa qualité de fabrication, des équipements présents, etc. Ce qui a aussi une influence sur le confort et la praticité.

Photos: DR
Source UN

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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