Le coronavirus, ça change quoi pour la pratique de la moto?
Confinement

Le coronavirus, ça change quoi pour la pratique de la moto?

Depuis que le Conseil fédéral a décrété le confinement partiel de tout le pays jusqu’au 19 avril, les règles changent, pour les achats et les déplacements. Les ateliers de réparation et de service peuvent s’ils le veulent rester ouverts. Voici quelques informations pratiques.

Oui, le coronavirus causant le syndrome dit Covid-19, est un risque sérieux. Et évidemment, l’épidémie mondiale qui sévit en ce moment, et les mesures prises par de nombreux Etats, dont la Suisse, pour tenter de la contenir et d’éviter des morts a des conséquences sur tous les aspects de la vie quotidienne, y compris bien sûr sur les déplacements et les loisirs.

Depuis que le Conseil fédéral a décrété le confinement partiel de tout le pays jusqu’au 27 avril, les règles changent. Les boutiques sont fermées, les restaurants et bars aussi, tout comme les lieux culturels et sportifs. Seules exceptions admises, les commerces alimentaires (y compris les boulageries et boucheries) et d’objets de première nécessité (le papier toilette vient forcément à l’esprit de tout le monde), les banques, les postes, et les guichets des administrations (mais ils sont peu dans ce dernier cas à en saisir la possibilité). Au moment où nous écrivons ces lignes, le Service des automobiles et de la navigation du canton de Vaud (le SAN) est par exemple fermé.

Bien sûr, les cours pratiques pour préparer le permis de conduire, moto ou autre, sont suspendus jusqu’à nouvel avis. Et les services des autos cantonaux, qui ont tous annoncé qu’ils supprimaient pour l’instant les examens pratiques, sont soit complètement fermés, comme à Genève ou sur Vaud, soit en mode très réduit, comme par exemple à Fribourg et Neuchâtel. Ils accordent des délais pour que les dates d’échéance des permis provisoires soient prolongées – apparemment il faudrait envoyer les permis en question par poste pour que ce soit confirmé. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

Les quelque 700 garages moto du pays sont eux aussi fermés, à deux grosses nuance près. Ils peuvent encore effectuer des réparations et des services. Chaque commerçant-technicien est libre de décider de ce qui est une urgence ou de ce qui ne l’est pas. Et le bon sens doit être de mise. Mais, si tant est que le garage a décidé de garder ouverte cette partie-là de son activité, le contact avec la clientèle doit s’effectuer au compte-gouttes et à bonne distance.

Et au début du mois d’avril, les quelque 700 garages du pays ont reçu des informations officielles provenant de l’Office suisse moto et scooter, leur disant qu’il est possible de faire essayer une moto à un client, ce qui est nouveau. Cette circulaire donne en fait la réponse de la Confédération à la question de savoir si ce genre d’activité est permise. Mais cela n’est autorisé que si les consignes de l’Office fédéral de la santé publique sont respectées: pas de contact direct entre le client et le représentant du garage. La clé doit être désinfectée et prise dans une boîte à clé. Il faut aussi une pièce ou un endroit dédié où se fait la prise en charge de la moto, sans que le garagiste ne soit présent. Et toutes les parties de la moto qui peuvent être touchées par le garagiste et par le client doivent être désinfectées avant et après l’essai. Enfin les lieux d’exposition et de vente, à savoir le show-room et le guichet d’accueil, ne doivent pas être accessibles. Autant dire que les ventes ne vont pas exploser et les tests se multiplier en cette période de semi-confinement.

Chez Competition Park, représentant des deux marques Triumph et Ducati à Neuchâtel, Bruno Ienzer, le patron, ajoute qu’il est dit au client potentiel d’être « extrêmement prudent ». Les routes désertées ne doivent pas être associées à une permission de rouler n’importe comment. Un accident à moto en ce moment ne ferait que surcharger encore plus les services de soin.

Interrogé par téléphone, notre partenaire Moto Bolle Yamaha à Morges explique la marche à suivre autorisée et préconisée pour acheter voire essayer  un véhicule en ces temps de crise «Covid-19».

« Les clients, après avoir pris rendez-vous, peuvent venir voir le véhicule à l’intérieur de notre showroom, accompagné du vendeur qui respecte toutes les mesures de distanciation sociale et de sécurité sanitaire établies. « L’importateur Yamaha Hostettler livre toujours les véhicules ».

« Une fois le contrat défini et signé nous recevons, quelques jours après, la carte grise et les plaques de la part de la « Blécherette », le Service des automobile et de la navigation (SAN). Le véhicule est alors à disposition du client après avoir reçu les explications du fonctionnement à distance et avec toutes les précautions imposées ».

« Et,  s’il le désire, le client peut faire un essai (lire l’encadré du test Ducati qui définit notre point de vue sur les essais) de son véhicule. Nous lui remettons une plaque de garage (U) après qu’il a signé  un document qui décharge le marchand de toute responsabilité en cas d’accident ou de non-respect des règles de circulation…

« Pour les réparations ou les services notre atelier fonctionne. Tout se fait aussi sur rendez-vous avec un protocole strict à respecter ».

Les choses devraient changer à partir du 11 mai, si le Conseil fédéral décide de poursuivre le timide déconfinement décidé à partir du 27 avril (services à la personne à nouveau autorisés, jardineries et grandes surface brico à nouveau ouvertes, si respect des protections sanitaires garanti). La suite, ce sera l’ouverture de tous les commerces de détail, y compris donc les espaces de vente des garages moto, et y compris les boutiques d’équipement moto.

Pour les moto-écoles, la situation est encore un peu nébuleuse. L’ouverture devrait être pour un peu plus tard encore.

A priori, on peut toujours rouler à moto, si c’est pour aller au boulot et si c’est indispensable. Mais le passage d’une frontière n’est pas conseillé. La plupart des petits postes frontières avec l’Allemagne, l’Autriche, la France et l’Italie viennent d’être fermés (pour voir la liste complète, lien ici), le trafic étant canalisé sur les postes les plus grands. Là, les contrôles, rétablis quant à ce qui du passage des personnes (pas des marchandises, pour lesquelles rien de fondamental ne change) se font rigoureux. Les autorités nationales peuvent refouler les personnes qui ne sont pas des ressortissants rentrant au pays ou n’ont pas une raison impérative de passer. Il y a des variations pratiques dans l’application de ces mesures selon les pays et la provenance des voyageurs, et les règles évoluent très vite.

Certains internautes nous signalent qu’il y a déjà des assurances qui se refusent à proposer des polices couvrant la pratique du sport moto, voire même la pratique de la moto sur un circuit. Cet état de fait est probablement temporaire.

Enfin légalement, personne n’est empêché d’aller faire une balade solitaire. Mais attention à ne pas être impliqué dans un accident qui donnerait encore plus de travail aux services de secours et d’urgence, déjà bien sollicités. De nombreux appels ont déjà retentis, surtout sur les réseaux sociaux, exhortant à rester chez soi et à éviter de prendre la route. On a notamment entendu sur ce sujet l’ancien champion et légende du tout-terrain français Jean-Michel Bayle – il a d’ailleurs du être hospitalisé, mais heureusement pu s’en sortir. Il y a aussi plein de motocyclistes italiens ou établis en Italie qui ont lancé le même appel. Il faut dire que la situation sur le front de la lutte contre l’épidémie est plus dramatique chez nos voisins transalpins, foyer européen principal des contaminations et champion bien malgré lui (jusqu’ici) du nombre de morts en Europe.

On rappelle que selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la santé publique, il y a environ 29400 cas en Suisse, dont 1408 se sont conclus par des décès, des chiffres probablement inférieurs à la situation réelle. Et que notre corps n’a pas pu développer d’anti-corps pour se défendre contre ce virus, puisque ce dernier est nouveau. Il est particulièrement dangereux, d’après la communauté médicale et scientifique, pour les personnes fragilisées, à partir de 65 ans, si leur système immunitaire est peu costaud (si elles souffrent d’une maladie chronique). Pour obtenir des informations à jour, ce lien de la Confédération est utile.

Photos: DR
Sources Confédération, Motosuisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

Commentaires2 commentaires

2 commentaires

  • Rosen

    On peut se casser le col du femure en tombant du lit ou d’un escabot….à ce rythme autant rester assis durant 2 mois…non vraiment infirmier et motard, je n’adhère absolument pas à ce  » texte « .

    • Jérôme Ducret

      Bonjour,

      Manifestement vous n’avez pas « lu » notre article correctement ou jusqu’au bout. Rouler à moto implique un certain risque, plus élevé que d’autres activités quotidiennes. Et pour la plupart d’entre nous, rouler à moto n’est pas une obligation mais un plaisir. Contrairement à l’acte de se lever du lit, pour reprendre votre exemple. Nous ne nous permettons par contre pas de donner des leçons et n’incitons personne à ne pas rouler. A chacun ses responsabilités. Mais nous incitons à encore plus de prudence que d’habitude.

      En vous souhaitant une bonne journée et, si vous roulez, en espérant que rien ne vous arrive

      Jérôme Ducret, rédacteur responsable

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