Dakar 2022 – Jonathan Chotard, interview à mi-parcours
Dakar 2022

Dakar 2022 – Jonathan Chotard, interview à mi-parcours

Il y a deux Suisses sur ce Dakar 2022. Ou presque. Jonathan Chotard, père de famille de 33 ans, est français mais travaille comme chef d’atelier au garage Pôle Mécanique, à Vich (VD). Il est notre « Suisse de cœur » sur ce rallye et, pour sa toute première participation, semble particulièrement à son aise dans les dunes. ActuMoto.ch a profité de la journée de repos, à Riyadh (Arabie saoudite), pour aller à sa rencontre et faire le point, à mi-course.

Salut Jonathan. C’est ton tout premier Dakar cette année. Comment vas-tu après une semaine de course ?

Salut Mathias. Ben franchement, ça va bien. Je n’espérais pas être aussi en forme après une semaine de course ! Il y a quelques bobos par-ci par-là mais physiquement,ça va très bien. Moralement aussi, je suis hyper motivé, même si je suis un peu déçu de ces deux derniers jours, qui ont été raccourcis. Je trouvais mon rythme, je commençais à bien me caler niveau navigation, et ça m’a un peu coupé dans mon élan. Mais sinon, ça va vraiment bien !

Le podium de départ est un toujours un moment magique.
Qu’est-ce qui est le plus dur pour toi sur ce rallye ?

Le froid est rude. Surtout pendant les liaisons, car je ne suis pas en mouvement sur la moto. C’était assez dur cette semaine, surtout pour rentrer après une spéciale. Et la matin, pas facile de démarrer à froid, justement. Ah, et le bruit la nuit. Le bivouac est bruyant, ce n’est pas facile pour dormir.

Tu as déjà fait six étapes, en plus du prologue. Comment va ta moto après une semaine de course ?

Écoute, la moto va bien, elle n’a pas trop souffert, à part quelques mini-chutes. Du coup, j’ai juste de l’entretien à faire, chaque soir au bivouac. De toute façon, il n’y a pas de secret, si tu prépares comme il faut ta moto en amont, et que pendant la course, tu ne tombes pas, c’est de l’entretien basique : vidange, filtres, graissage, tension de chaîne, etc… Si tu as bien fait le job avant de partir, rien ne se desserre, rien ne bouge. Mais c’est aussi grâce aux conseils de Benji (NDLR : Benjamin Melot, concurrent mais surtout ami de Jonathan, qui court avec lui en malle moto) que la moto est nickel.

Chaque soir, le même rituel. Jonathan est pilote, mais aussi mécano.
Quel regard portes-tu cette première semaine de course, en termes de rythme et de difficultés ?

C’est plutôt costaud. Mais c’est un peu ce à quoi je m’attendais. Le rythme, il faut se mettre dedans. C’est mon deuxième rallye, ça faisait trois ans que je n’avais plus fait de navigation, donc il m’a fallu un peu de temps. Mais c’est revenu assez vite. Il faut juste trouver le bon compromis entre navigation et vitesse, mais ça va de mieux en mieux.

Les terrains ont été assez très variés cette semaine. Tu passes de plateaux hyper-rapides à des zones rocailleuses et trialisantes, puis à des cordeaux de dunes sans fin. Ils avaient promis du sable, il y en a ! Le terrain de jeu est top, et c’est très plaisant. Après, c’est clair que quand il y a beaucoup de cailloux, ça devient très physique mais bon, c’est le Dakar, quoi. [Il rigole]

Tu as surpris tout le monde avec un très bon rythme depuis le début du rallye. Tu sembles dans ton élément.

J’ai un rythme plutôt bon, c’est vrai. Je gagne chaque jour un peu de terrain. C’est que je me sens de mieux en mieux sur la moto. Je ne m’épuise pas, je garde une marge de sécurité, et je progresse petit à petit. J’ai repris mes marques, ça faisait longtemps que je n’avais plus fait de rallye et c’est une discipline d’expérience : plus tu pratiques et plus tu es à l’aise. Donc j’y vais tranquillement.

La progression de Jonathan est impressionnante. A mi-course, il pointe en 86ème position, sur 137 concurrents encore en course.
Quel est ton objectif pour cette deuxième semaine ?

Continuer comme cette semaine, et surtout continuer à prendre du plaisir. Je ne vais pas essayer d’aller plus vite, ça ne servirait à rien à par gagner des places, mais je sais que je peux perdre gros, donc je ne vais pas prendre de risques. De toute façon, si tu ne fais pas trop d’erreurs en navigation, tu gagnes quelques places. Je vais continuer à mon rythme, et si je ne fais pas trop d’erreurs, ça fera peut-être une bonne place à la fin. On verra.

C’est ton premier Dakar et tu as l’air de prendre ton pied. Tu rempile l’an prochain ?

Alors là, comme ça, j’ai envie de te dire oui, c’est clair. Ça me plaît vraiment. Mais ça ne dépend pas que de moi. J’ai mon troisième enfant qui débarque fin février, et ça va être un « nouveau Dakar » qui démarre. [Rires] Non, sérieusement, l’envie est là. Il faudra trouver le temps et la motivation pour chercher le budget. C’est sûr que ça coûterait bien moins cher, car j’ai déjà la moto, les pièces, etc… Mais faire le Dakar, ça demande beaucoup de temps, d’énergie et de sacrifices. On verra cela, mais il faut aussi que je pense à ma famille.

Jonathan court également pour la bonne cause. A chaque étape réussie, il reverse une petite somme d’argent à l’association « Un Souffle Pour Nina », afin de lutter contre la mucoviscidose. Un motard amateur au grand cœur ! Vous pouvez suivre son avancée sur ActuMoto.ch, bien sûr, mais également sur sa page Facebook.

Rendez-vous dimanche, pour la 7ème étape!

Photos: ASO - Rally Zone - DPPI - J. Chotard

Article mis à jour le 9 janvier 2022 à 14:34

Auteur

Mathias Deshusses

Mathias Deshusses

39 ans, genevois et sur deux-roues depuis toujours. Roule sur une Triumph Rocket 3 et une KTM 390 Adventure. Aime par conséquent les machines à grosses sensations, mais aussi s’aventurer hors des sentiers battus. Est autant à l’aise avec un guidon qu’avec un appareil photo entre les mains.

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