Mat Rebeaud a retrouvé le « grand » public, au Supercross de Paris
FMX-SX 2021

Mat Rebeaud a retrouvé le « grand » public, au Supercross de Paris

Le Suisse, qui fut le premier champion du monde de motocross freestyle (ou FMX) a participé au show proposé au mois de novembre dernier à la Défense, le FMX venant compléter le spectacle des courses des catégories SX1 et SX2. Mat a l’espoir que 2022 soit riche en événements freestyle grands ou petits, en Suisse comme à l’étranger.

Il y avait pas loin de 20000 personnes dans les gradins du Supercross de Paris 2021, le 27 novembre dernier, dans l’Arena du quartier de la Défense. L’édition 2020 n’avait pas pu avoir lieu, en raison bien sûr des restrictions imposées par la pandémie de Covid-19. Cette année, au lieu des deux journées habituelles, le show n’était prévu que sur une seule, le samedi. Et à titre de comparaison, en 2019, les organisateurs avaient comptabilisé 35000 spectateurs et spectatrices.

Mais pour Mat Rebeaud, le pilote suisse qui a été le premier champion du monde de motocross freestyle, le Supercross de Paris, auquel il a pu participer cette année, était une occasion bienvenue de retrouver les foules et l’atmosphère unique qui règne dans ce genre de manifestation. On rappelle en effet que son pendant suisse, le Supercross international de Genève, dont Mat est d’habitude l’un des fers de lance, a été annulé l’an passé, et n’a pas non plus lieu en 2021.

Les conditions d’entrée étaient strictes, évidemment: avoir un passe sanitaire, y compris en se soumettant à un test rapide à l’entrée de la manifestation, porter le masque en dehors de l’arène de terre et de sable, et ainsi de suite.

« Mais on voyait que les gens étaient vraiment contents qu’un événement comme celui-ci puisse avoir lieu, commente Mat. Tout le monde était de bonne humeur, à ce que j’ai pu voir. J’ai suivi les courses SX dans les gradins, c’était un spectacle magnifique. L’ambiance était très bonne. »

Il faut dire que le plateau de pilotes avait de quoi mettre l’eau à la bouche, avec plusieurs pointures issues du championnat américain, comme le Français Marvin Musquin, grand spécialiste de la discipline et pilote membre de l’équipe d’usine KTM aux USA. Comme aussi l’Américain Justin Brayton (Honda), un autre grand spécialiste que l’on a vu souvent à Genève, comme Musquin d’ailleurs. Il y avait aussi un certain Josh Hill (Yamaha), un concurrent sérieux, et l’une des légendes de ce sport, l’Australien Chad Reed (KTM). En SX2 (250 cm3), le pilote américain Kyle Peters (Honda) n’était pas non plus un inconnu. Et dans ces deux catégories, les concurrents du SX Tour français étaient là pour prouver leur valeur face à leur public.

Il y avait même deux « intrus », échappés du mondial de motocross, et pas des moindres: le vice-champion 2021 Romain Febvre (Kawasaki) et le nonuple champion Antonio Cairoli (KTM), qui a mis un terme à sa carrière de pilote. Apparemment sauf pour le Supercross de Paris. Le pilote privé (KTM) italien Alessandro Lupino (MXGP) était aussi de la partie.

Supercross de Paris
Marvin Musquin (numéro 25) a remporté toutes les courses. La dernière avec plus de 6 secondes d’avance sur Cédric Soubeyras (numéro 85) et Justin Brayton (numéro 10). On voit aussi le 22 de Chad Reed et le 222 d’Antonio Cairoli. Deux numéros de légende qui ne sont et ne seront plus portés par d’autres pilotes!

Pour faire court, c’est Marvin Musquin (numéro 25) qui a remporté toutes les courses et a été couronné « King » (roi) de Paris, pour la troisième fois. La lutte pour les deux autres places sur le podium a été plus serrée, mais a été remportée dans l’ordre par le Français Cédric Soubeyras (Husqvarna) et Justin Brayton. Avec Cairoli finissant troisième de la Finale! Romain Febvre n’a pas eu de chance. Il est tombé lors de la course numéro 2 et s’est fracturé tibia et péroné. Ce qui a bien évidemment scellé l’abandon pour lui.

Supercross de Paris
L’Américain Kyle Peters a dominé la catégorie SX2.

Et en SX2, Kyle Peters est devenu pour la première fois Prince de Paris, devant le champion du monde MX2 2021, le Français Maxime Renaux (Yamaha), et Kevin Moranz (KTM). Pour avoir les classements complets, c’est par ici.

Supercross de Paris
Petite leçon de langage Freestyle: ceci est un Indian Air (ou Indie). Exécuté par Mat Rebeaud.

Côté FMX, Mat Rebeaud a retrouvé une belle brochette de pilotes là aussi. Ce n’était pas une compétition, mais un show, avec des grands professionnels de leur discipline: l’Australien Josh Sheehan, le seul au monde à pouvoir exécuter un triple backflip (saut périlleux arrière avec la moto), le Belge Julien Vanstippen, les Français Nicolas Texier et Julien Mannon, et l’Espagnol Maikel Melero, déjà cinq fois champion du monde FMX.

Supercross de Paris
Un « petit train » de figures. Mat tout à gauche, Sheehan (alias Sheeny) au centre sur la moto rouge, Vanstippen et Mannon à droite.

« C’est cool de revenir à Paris, continue à commenter Mat Rebeaud. La dernière fois, j’avais 17 ans, et maintenant j’en ai 39! » Il a bien bossé sa partition pour offrir un beau spectacle, avec tout l’éventail des figures qu’il maîtriser. Et Sheehan n’a pas manqué de réaliser un double backflip. Comme celui qu’il avait exécuté à la perfection en première suisse au Supercross de Genève, en 2015. Le Supercross de Paris a aussi vu des « petits trains » de figure, les pilotes s’élançant en groupe et proposant des tricks variés.

Ce n’est pas le seul événement en dehors des frontières suisses auquel Mat Rebeaud a pu participer. Il a été de la partie à Marseille pour le salon de la moto régional. Et c’est tout! La pandémie ne facilite en effet pas les déplacements, et surtout les manifestations et les événements. « Mais le concept du Drive-In Freestyle, qu’on a déjà organisé une fois en 2020, et deux fois cette année-ci, à Payerne et Cossonay, permet de proposer un événement qui peut avoir lieu même avec des restrictions sur les événements publics », rappelle le Suisse, qui a sais l’occasion d’un agenda relativement vide en 2020 et 2021 pour se perfectionner dans l’organisation de ce genre de manifestation-spectacle sportive. Pour lui c’est clair, il y aura d’autres shows freestyle en Suisse sur ce modèle en 2022, auxquels non seulement il participera, mais qu’il organisera ou co-organisera.

« J’ai aussi pas mal de demandes déjà pour l’an prochain, continue-t-il. A la fois en Suisse et en Europe. En janvier prochain, il y a quelque chose de prévu en Italie. » Mais là, l’évolution de la pandémie dictera le pas et dira si les choses prévues peuvent effectivement avoir lieu.

« En fait, 2022 devrait être une année où les choses vont bouger », déclare encore le Broyard, qui fut l’un des tout premiers à rouler sur une moto de cross freestyle à propulsion électrique. Une Alta américaine, marque aujourd’hui disparue, malheureusement. Sans vouloir « spoiler », il se peut justement que cela bouge de ce côté-là, et tout prochainement. Nous vous tiendrons bien sûr informés, chers lecteurs et chères lectrices!

Photos: Jey Crunch, DR
Source (notamment) supercrossparis.com

Article mis à jour le 6 décembre 2021 à 08:20

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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