Essai Honda GoldWing Tour – premier contact pour un essayeur sans à priori
Test longue durée

Essai Honda GoldWing Tour – premier contact pour un essayeur sans à priori

Notre testeur fan de sportives et d’enduros se frotte à la moto qui représente le sommet du confort chez le premier constructeur mondial. Il est étonné de prime abord par la facilité de l’engin, malgré son poids, sa longueur…

Voilà, je viens de recevoir la confirmation de mon rédacteur chef Jérôme Ducret: «C’est bon pour le test longue durée de la Goldwing». Et là un grand doute vient s’emparer de moi avant le tout premier contact avec cette machine très spéciale. Je vais essayer le vaisseau amiral de Honda, la moto grand tourisme par excellence, la moto que Honda met au point depuis plus de 40 ans pour vous emmener du point A au point B avec le plus grand confort possible.

Pourquoi le doute? Ben parce que moi, j’aime les motos de moins de 200 kg avec si possible pas plus de 2 cylindres, de préférence des carbus et le moins d’électronique possible. Du coup je sors de ma zone de «confort» pour entrer dans le confort ultime selon Honda. Cela implique pour moi de revoir tous mes points de repères et d’essayer cette moto avec non pas l’œil critique sur les super GT, mais l’envie de comprendre cette catégorie. Donc cet article sera plus une découverte de cette GoldWing que le vrai test d’un connaisseur (lire à ce propos notre premier essai, et notre reportage dans le cadre d’une rencontre européenne de possesseurs de GoldWing). J’ai pour habitude de ne pas me renseigner avant d’essayer une moto, pour rester objectif et ne pas avoir un avis biaisé avant l’essai. Autrement dit, ma feuille de route est de relater le premier contact d’un essayeur sans à priori.

Le vaisseau amiral de Honda devrait me permettre d’ouvrir de nouveaux horizons.

Je m’attends quand même à trouver une moto lourde, bardée d’électronique, avec 2000 modes de conduite et un écran tactile avec sous-menus en veux-tu en voilà, tout ça assis sur une selle moëlleuse, avec une partie cycle amortie par des suspensions électroniques, le tout propulsé par un moteur coupleux et doux… et bien entendu avec assez de place pour faire les courses de la semaine en une fois. Oui, bon, c’est un peu « basique » comme attente… mais je verrais bien. Je précise que je testerai la version « Tour » de la GL 1800 GoldWing (par opposition à la GoldWing tout court). C’est celle qui a tout, dont le topcase intégré en plus des valises latérales, mais aussi les suspensions pilotées électroniquement, l’airbag pour le pilote, etc.

Premier contact chez le concessionnaire

Me voila donc début décembre chez Moto-Line Yverdon pour chercher le vaisseau amiral, que dis-je, le vaisseau impérial. Après un super accueil par le représentant du concessionnaire, j’essaye d’enregistrer toutes les informations utiles à la conduite de ce mastodonte, grâce aux explications fournies par Daniel. 45 minutes plus tard, il me demande si j’ai tout compris, et par politesse (et pour pas avoir l’air con), je réponds «oui pas de problème». Au premier abord c’est vrai que ça à l’air assez simple: 1 bouton, une fonction.

tableau de bord Honda
Le tableau de bord mêle analogique (les compteurs à aiguilles) et le digital (l’écran central dont on voit ici l’image d’accueil quand on met le contact avec le système par clé sans contact).

Mais du coup, pas d’écran tactile et de sous-menu, deux compteurs analogiques, ce qui me plaît bien mais qui pourrait décevoir les attentes des plus «geeks» que moi. La moto est belle. Tout est bien ajusté, bien réalisé, de la peinture aux plastiques. Ces derniers sont partout, il y a juste les cylindres qui ressortent de chaque coté, tout le reste est capoté. Bon, quand faut y aller…

premier contact
Rencontre du sixième type (à cause du moteur Flat Six) avec le vaisseau amiral de Honda.

Je m’assois dessus et même si j’ai l’habitude de passer d’une moto à l’autre, je suis impressionné par l’engin. Pas par son poids: elle se débéquille facilement et le centre de gravité doit être des plus bas. Non, je suis impressionné par sa longueur: son train avant est là-bas, loin devant, et quand je me retourne, il y a le coffre loin aussi, derrière moi. Voilà enfin le moment qui m’intéresse le plus: j’appuie sur le bouton Start et là, il se passe un truc. Quand le 6-cylindre de 1800 cm3 se met en branle, un bruit puissant vous entoure. A ce moment-là, je me suis littéralement dit: «ouhhaaaa! ça a l’air pas mal ça!».

premier contact
Le moteur six-cylindre en ligne transverse (à plat) de 1800 cm3 de la GoldWing est unique dans l’univers moto. Il y a trois cylindres (et trois échappements) de chaque côté, et une transmission sans chaîne, par cardan.

Je dirais bien que je claque la première et go! mais non. C’est une boite auto 7 vitesses (une variante sophistiquée du désormais célèbre système Honda à double embrayage, le DCT), alors je règle sur le mode auto, je tourne la poignée et voyons ce qui se passe. J’ai un peu d’appréhension, parce quand on ne connaît pas le moteur d’une moto et qu’on effectue un premier contact avec un tel monstre, il est parfois pratique d’avoir un embrayage pour éviter de se faire emmener dans une petite manœuvre. Mais avec la GoldWing, pas le choix il faut y aller. Je suis surpris: ce n’est pas si lourd en fait. Le moteur ronronne et les vitesses passent en-dessous des 3000 tours par minute. Je parcours les premières centaines de mètres et mon appréhension disparaît rapidement. En fait ce qu’il faut gérer, c’est surtout la longueur de la moto, le poids se faisant vite oublier une fois passés les 15 km/h.

premier contact
A chaque fonction, un bouton. Mais il y en beaucoup, de fonctions… le bouton « – » permet de descendre manuellement un rapport. Sa contre-partie, le bouton « + », se trouve tout en haut du même commodo et n’est pas visible sous cet angle. On a même une marche arrière ou avant (à petite vitesse) pour les manœuvres!

Le premier bilan après 3 jours au guidon de cette GoldWing est plutôt positif. Mis à part que je ne peux pas me faufiler entre les voitures (de toute manière c’est interdit), je me sens assez bien. Je garde une réserve au sujet de la boite auto. C’est peut-être une question d’habitude, mais il arrive qu’elle décide de descendre une vitesse par exemple à l’entrée d’un giratoire ce qui a pour effet de légèrement tirer la moto à l’intérieur et je n’aime pas cette sensation. Et puis on ne peut pas avoir la version Tour de la GoldWing sans cette transmission particulière.

Dès les plus bas régimes!

En ce mois de Décembre (2020), j’apprécie tout particulièrement les poignées et la selle chauffante associés au pare-brise réglable en hauteur qui offre une très bonne protection contre le froid.

La protection offerte par le large pare-brise est royale.

Pour ce qui est du moteur je suis toujours impressionné, après le premier contact, par le couple omniprésent des les plus bas régimes, ce qui a pour effet d’avoir une puissance toujours disponible. Au démarrage la Goldwing décolle en un clin d’œil dans le bruit du 6 cylindres qui est plutôt agréable, ce moteur aide beaucoup à la maniabilité malgré le poids de la bête.

Longueur, puissance, 1800 cm3 et tout, ça doit pouvoir tourner: un défi intéressant pour les ingénieurs de chez Honda. Défi qu’ils ont relevé avec brio. En effet, l’ensemble se balance d’une courbe à l’autre plutôt facilement. Bien sûr, il faut rester prudent et bien anticiper les enchaînements. Bon, il y a quand-même plus de 300 kg à emmener, alors du calme sur nos route froides et humides. Mais je peux compter sur un freinage puissant et précis, grâce à des pinces à six pistons (tiens, encore un 6) qui ralentissent la GoldWing avec force et précision.

Honda freins
Les deux étriers flottants conséquents sont mordus par des pinces radiales à six pistons. Et le freinage est combiné avant-arrière.

Après trois jours d’essai et de premier contact je suis plutôt étonné de trouver du plaisir à la rouler au quotidien, chose que je ne pensais pas possible avec ce genre de moto. Voilà pourquoi cet essai m’intéressait. Je commence à jouer avec les modes moteur et me réjouis de tester la GoldWing sur ce pourquoi elle est faite: des grosses journées de roulage, à deux et avec bagage et route qui tourne un peu pour sentir les sensations qu’elle peut m’offrir et tester les suspensions, le châssis, le moteur et les petits plus.

premier contact

La suite de notre test, qui sera publié sous peu sur ActuMoto.ch, permettra justement de parler de ces chapitres.

On ajoute encore que Honda annonce une mise à jour de son vaisseau amiral pour la nouvelle saison 2021 (lire notre présentation). Sans entrer dans tous les détails, elle permet notamment d’avoir la GoldWing Tour en boîte manuelle, ce qui n’était pas possible jusqu’ici en Suisse. On peut aussi visiter le site de Honda Suisse pour en savoir davantage.

Photos: Yannick Marty, Mathias Deshusses

Article mis à jour le 25 janvier 2021 à 23:27

Auteur

Didier Martin

Didier Martin

Motard depuis aussi longtemps que je m’en souviens. J’aime la piste, l’enduro, les voyages sur deux roues, la route et le rallye routier. Du haut de mes 45 ans (à peine sorti de l’adolescence) j’espère pouvoir partager avec vous ma passion.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Created with love by netinfluence agence digitale
Abonnez-vous à notre newsletter mensuelle
Suivez l'actualité du monde de la moto, les nouveautés et l'agenda des événements