Le Maxsym TL 500, un maxi sportif et moderne
Sym

Le Maxsym TL 500, un maxi sportif et moderne

Avec ce maxi-scooter doté d’un moteur bicylindre de plus de 400 cm3 et d’un look dans l’air du temps, le constructeur taïwanais Sym offre un engin intéressant à un prix intéressant pour qui veut rouler en ville, sur les voies rapides et en campagne. Le moteur est assez doux dans son caractère, tandis que les suspensions, les freins et le châssis sont capables d’une belle vivacité.

Certains diront que le Maxsym TL 500i, apparu il y a environ une année sur le marché européen, est une tentative de la part du constructeur taïwanais Sym de dérober une part du gâteau des maxi-scooters sportifs au leader incontesté, Yamaha (avec son TMAX, lire notre dernier essai). Nous avons pu tester le Maxsym récemment en Suisse, et ce n’est pas tout à fait la cible visée par Sym avec ce scooter.

Pas tout à fait, parce qu’il est nettement moins cher (9295 frs, contre plus de 13000 pour le Yamaha), mais aussi nettement moins équipé, et moins performant, en termes de puissance et de couple. C’est logique, sa cylindrée, environ 460 cm3, étant significativement inférieure à celle du maxi japonais – qui atteint à présent 560 cm3. A ce titre, le Sym ne se place pas vraiment dans la même cartégorie que le TMAX, on l’a dit, ni que les concurrent directs du TMAX, comme le Kymco AK 550 (lire notre essai).

Mais un peu quand même, parce que quand on voit le TL 500 pour la première fois, on ne peut s’empêcher d’avoir une légère impression de déjà vu. Cela dit, il a quand même son style propre, avec des optiques de phare avant à LED bien dessinés, et un air effilé et compact à la fois qui tend vers le monde sportif. On peut ne pas apprécier au passage la taille du silencieux d’échappement, qui est bien intégré visuellement mais qui n’est pas des plus discrets.

Maxsym
Le Maxsym TL 500i est le premier scooter bycilindre de Sym.

L’ergonomie est faite pour accueillir des pilotes de différentes tailles. On pose ainsi le devant des deux pieds à terre une fois en selle, et pas seulement les pointes. Le guidon est facile à prendre en main. Le poids (223 kg en ordre de marche) n’est pas un obstacle pour effectuer des manoeuvres, avec ou sans l’aide du moteur, et la machine braque bien, sans toutefois avoir l’agilité d’un petit scooter de type Vespa (par exemple).

La béquille centrale est très facile à manier. Il y a aussi une petite béquille latérale, qui lorsqu’elle est déployée immobilise la roue arrière. Un bon point qui fait office de frein de parking automatique, utile pour un deux-roues sur lequel on ne peut pas « mettre une vitesse » pour l’empêcher de partir dans le sens de la pente quand il est arrêté et qu’on ne le tient plus.

Maxsym
Le coffre du TL 500, qui peut accueillir un casque intégral et deux ou trois choses. Ou deux petits casques Jet.

Le coffre sous la selle s’ouvre d’une pression sur un bouton, ce qui veut dire qu’il faut que le contact soit mis. On a droit à une lumière de courtoisie, à une petite trousse à outils, et à un espace suffisant pour caser un casque intégral ou deux petits casques Jet (sans mentonnière). Plus quelques menues bricoles. Mais on doit trouver la position exacte dans laquelle ranger ce ou ces casques, sous peine de ne pouvoir reverrouiller la selle. Pour l’intégral, ce sera avec l’ouverture sur le haut, et pour les deux Jet, prière de suivre le dessin fourni par le manuel d’utilisateur du Maxsym!

Au pire, on a aussi deux crochets ou arrimer des casques, un de chaque côté de la selle. Il y a encore deux petits vide-poches, qui ne sont pas verrouillables. Mais celui de droite a une prise USB!

selle Sym
L’assise réservée au passager est correcte et on peut facilement se tenir avec ces poignées.

Une fois assis, on remarque que la selle est confortable. Une impression qui se confirme par la suite en roulant. Un éventuel passager aura le même sentiment, et pourra se tenir à deux poignées de maintien bien conçues, tout en posant ses chaussures sur des repose-pieds escamotables situés à la bonne hauteur.

Maxsym
Les marche-pieds sont nantis d’un revêtement anti-dérapant, ce qui est bien. Mais ils ne sont pas très larges.

Le premier contact avec le bicylindre à plat est intéressant. Il émet peu de vibrations désagréables. Un effet certainement du gros arbre d’équilibrage posté à contre-sens des deux cylindres. Par contre, il est un peu léthargique sur les premiers mètres, et cale carrément parfois à froid. La mise en température est heureusement très rapide. Mais pour avoir une bonne poussée, il faut atteindre le milieu du compte-tours. Soit environ 40-50 km/h. Ensuite les reprises sont excellentes et l’on peut accélérer jusqu’à des vitesses peu recommandables sur des routes suisses.

Le twin n’a pas l’air pour autant de cracher ses poumons à haute vitesse. A 120 km/h compteur, il tourne à environ 6500-7000 tr/min et semble pouvoir le faire indéterminément. A cette vitesse-là, sur l’autoroute, on cruiser confortablement, le pare-brise enlevant les turbulences et une bonne partie de la pression de l’air. Mais les épaules sont encore un peu exposées, et les chaussures aussi, car les marche-pieds sont assez étroits. Et si l’on n’a pas de grandes jambes et que l’on s’assied relax, en arrière de la selle, l’angle formé par les chevilles ne sera pas très agréable car les pieds seront repliés vers le bas par rapport aux mollets. Rien à redire sur les rétroviseurs, qui offrent une bonne vision, qui ne vibrent pas et que l’on peut facilement replier si on doit se glisser dans des petits coins. Ni sur l’éclairage, à la hauteur la nuit ou sous la pluie.

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La fourche télescopique inversée (!) absorbe correctement les irrégularités de la route et digère avec aise les freinages les plus appuyés.

En fait, le plus agréable, sur ce Maxsym, avec mon mètre 70, c’est de se positionner vers l’avant de la selle. Cela a aussi l’avantage de faciliter une conduite sportive quand on quitte la voie rapide et que l’on attaque des séries de petits et grands virages. Et là, le TL 500 se retrouve dans son élément. Son châssis est rigide, ses suspensions absorbent les irrégularités du bitume avec une grande précision et vous permettent de piloter du bout des doigts en jouissant d’une belle stabilité, qui provient aussi des roues de grande taille (15 pouces avant et arrière).

Maxsym
Curieusement, pour un scooter, la transmission finale est confiée à une chaîne. Notez l’amortisseur monté sur biellette, plutôt costaud.

Le maxi-scooter est très réactif et il suit avec agilité et facilité toutes vos impulsions, aussi légères soient-elles. Il n’est pas pour autant nerveux. On doit juste faire preuve de précision dans le guidon, car on peut moins s’aider du reste du corps que sur une moto.

Si les suspensions font un job plus que correct, les pneus, des Maxxis, sont par contre un peu durs. Leur adhérence est bonne, sur route sèche comme sur route mouillée, mais dans notre ressenti, cela pèche par contre un peu côté confort. Et si l’on a cette sensation, c’est bien sûr aussi parce que le réglage de base de la fourche (surtout) et de l’amortisseur sont assez rigides et sportifs. On n’aura pas ici le confort de roulage et le côté sofa d’un Burgman, par exemple. Mais ce n’est pas non plus une torture, loin de là. Il est probable qu’avec des pneus moins durs les passages en ville sur les pavés et dans les ruelles cahoteuses deviendraient tout de suite plus agréables.

Ce côté sportif a à l’inverse plein d’avantages quand on veut rouler à un bon rythme. Le scooter est très homogène, l’avant et l’arrière forment un tout, et c’est solide. On peut freiner fort jusque dans un virage sans provoquer de crise de la partie-cycle. Comme sur beaucoup de scooters, le frein arrière est plus mordant que l’avant. En conséquence, l’ABS se déclenche très facilement derrière. Mais il y a pas mal de force qui passe dans les étriers, et c’est bien progressif devant. Et quand on « choppe » le levier, la fourche encaisse avec une facilité presque déconcertante. On est ici très proche du célèbre TMAX de Yamaha.

freins Sym
On peut régler l’écartement des deux leviers de frein.

Il est rare que l’on « frotte » l’asphalte avec la béquille centrale, mais cela peut arriver dans des virages très resserrés et à deux sur le scooter. On aura alors intérêt à augmenter la précharge arrière, grâce à la clé à ergot fournie dans la trousse de bord. Une manipulation relativement facile à effectuer, du fait que le combiné amortisseur sur le côté est facilement accessible.

On peut se demander s’il n’aurait pas fallu proposer un antipatinage. A dire la vérité, il faut déjà pas mal insister pour faire déraper la roue arrière. Et le côté progressif du moteur à l’accélération permet d’éviter cela la plupart du temps.

écran Sym
Le double tableau de bord digital du Maxsym TL 500. Ceci (sur l’écran central) n’est que l’une des quatre représentations graphiques que l’on peut sélectionner. A droite, on a les trips, la vitesse et une jauge d’essence. L’indicateur de consommation instantanée d’essence, lui, est au milieu, sur l’écran central.

Un mot sur le tableau de bord et les commandes. Si l’on veut passer d’une information à l’autre sur l’écran de droite, qui imite le design d’un tableau à cristaux liquides mais est de technique TFT, il faut utiliser les deux petits boutons sur le tableau de bord, pas très commodes pour les gants. C’est pourtant là qu’on peut choisir entre par exemple le totalisateur et le partiel. Le commutateur au guidon sert seulement à passer d’un affichage à l’autre (et d’un design graphique à l’autre) sur le grand écran rond central. Une pure question de préférence personnelle, si l’on veut avoir par exemple l’horloge en grand, ou le compte-tours… l’affichage du Maxsym est joli, mais un peu de simplicité serait peut-être bienvenu. Et on a heureusement une jauge à essence digitale ainsi qu’une indication de la consommation instantanée, mais pas de consommation moyenne. Ni d’affichage de la température externe de l’air. Ni d’ailleurs de connectivité possible avec un smartphone (dont on peut évidemment débattre de l’utilité réelle).

La bulle protectrice peut être placée plus bas sur une seconde position. Mais il faut un outil. Et la fourche n’est pas réglable. On voit que l’équipement général de ce Maxsym est correct, mais pas luxueux. C’est logique, au vu du prix, inférieur à 10000 francs en Suisse, et au vu du positionnement de la concurrence. Mais on ne peut reprocher à ce Sym une qualité de fabrication moindre. Les plastiques sont solides et bien ajustés, il n’y a pas de faute dans les couleurs, le cadre métallique est de bonne façon, tout comme le bras oscillant, les jantes, la selle…

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La trappe donnant accès au bouchon du réservoir d’essence s’ouvre en tournant la clé de contact vers la gauche. Pour dévisser le bouchon, il faut impérativement soulever la petite plaque amovible, puis tourner celle-ci dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. La première fois, on peut s’énerver…

Enfin la consommation d’essence est raisonnable et oscille selon notre expérience entre 4,7 et 5,3 l/100 km. Avec les 12,5 litres du réservoir (dont l’ouverture demande un peu d’habitude), on peut régulièrement parcourir entre 230 et 260 km.

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Le Maxsym TL 500 prend la pose sur la place du Château, à Echallens.
Photos: Sylvain Muller

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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