Triumph Suisse ne participera pas à Swiss-Moto 2020
Marché moto

Triumph Suisse ne participera pas à Swiss-Moto 2020

La marque anglaise a décidé de concentrer son marketing pour la prochaine saison sur d’autres activités que le salon suisse de la moto et du scooter. C’est la deuxième à annoncer ainsi sa défection, après BMW Motorrad. Et il se pourrait que Ducati Suisse suive le mouvement. Pour l’instant, Yamaha, Kawasaki, Honda et Indian ont déclaré qu’ils seraient présents en février dans les halles de la Messe Zürich.

Il n’y a pas de communiqué, mais la news est officielle. Triumph Suisse ne figurera pas parmi les exposants qui prendront part l’an prochain au salon national de la moto et du scooter, Swiss-Moto 2020. Celui-ci se tiendra du 20 au 23 février prochain à Zürich, dans les halles de la « Messe ». L’édition 2019 a attiré plus de 70000 visiteurs et visiteuses, en très grande majorité venus de Suisse allemande.

Triumph n’est pas la seule marque qui a annoncé sa défection pour l’édition 2020 de ce salon national. BMW Motorrad a déjà dit non, pour des raisons budgétaires, et parce que selon les responsables de cette marque en Suisse et en Allemagne, les objectifs fixés n’ont pas pu être atteints jusqu’ici. Tout en précisant que cette décision ne concerne que 2020 et que tout est encore ouvert pour 2021. Et d’autres marques ont par contre dit qu’elles seraient là (lire notre article).

Pour expliquer sa décision, Yannick Freymond, le manager de Triumph Suisse, déclare que « sans remettre en caus ele côté qualitatif de ce salon, la stratégie marketing va se concentrer sur d’autres voies, plus proches de nos clients actuels et potentiels. J’entends par là, par exemple, les journées d’essais multimarques Töff Testtage à Derendingen, et d’autres actions de ce genre et d’autres types. » Ce qui veut dire en d’autres mots que Swiss-Moto, qui absorbe une bonne partie du budget marketing des petites marques, ne permet pas à ces marques de soutenir de manière importante leurs concessionnaires dans leurs actions plus locales. Swiss-Moto a proposé, pour faire baisser les coûts, de louer aux exposants du matériel d’exposition standard et unifié. « Cela n’aurait pas de sens de faire cela, pour nous, parce que nous tenons à notre identité et à tout ce que nous transmettons par elle à nos clients actuels et futurs », rétorque Yannick Freymond, qui promet qu’il y aura plus d’événements en plusieurs endroits de Suisse liés à la marque anglaise, et que le réseau de concessionnaires va s’étendre.

Triumph Suisse, Ouverture salon
L’ouverture du salon à Zürich attire toujours les foules, venues surtout de Suisse allemande.

Yannick Freymond précise que cette décision, qui vaut pour 2020, pourrait être reconsidérée l’an prochain pour l’édition 2021 de Swiss-Moto. Comme BMW Motorrad Suisse, en fait.

Il se murmure aussi sur la planète des professionnels de la moto en Suisse que Ducati aurait déjà décidé d’être absente elle aussi de l’édition 2020 de Swiss-Moto, pour les mêmes raisons que Triumph Suisse.

Par contre, les trois « grandes » marques japonaises, à savoir Kawasaki, Yamaha (qui a déjà connu une absence de dix années) et Honda, ont fait savoir publiquement qu’elles seraient présentes dans les halles de Swiss-Moto en février prochain. Et récemment, Indian a aussi annoncé sa présence.

Il reste donc encore des points d’interrogation sur les participations, parmi les constructeurs de motos et de scooters principaux, de Harley-Davidson, de Suzuki, de KTM et des marques de l’importateur Ofrag: Vespa, Piaggio, Aprilia et Moto Guzzi.

Photos: DR
Article à paraître sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

Commentaires5 commentaires

5 commentaires

  • Robert Gilliard

    Je trouve ce genre de pratique détestable, c’est le marketing d’aujourd’hui, créé des événements monomarque pour prétendument faire une ambiance élitiste. C’est les effets de la mondialisation et de la prise de pouvoir des marques par des actionnaires ou des multinationales. On n’est bien loin de l’esprit premier de la moto. En tout cas je note les marques et je me ferais un plaisir des les éviter (dommage j’envisageais une Bonneville).

    • Jérôme Ducret

      Bonjour,

      Merci pour votre commentaire. Vous êtes bien sûr libre de penser ce que vous voulez de la décision de Triumph Suisse. Je me permets d’ajouter ce commentaire: le fait de n’avoir qu’une marque dans une expo moto ne veut pas forcément dire qu’on y pratique un esprit élitiste. Les deux n’ont à mon avis rien à voir. J’en veux pour preuve que le directeur de Triumph Suisse va continuer à faire participer sa marque aux Töff Testtage de Derendingen, qui sont les premiers à avoir vu le jour en Suisse, avant les Acid Days.

      Aves nos cordiales salutations

      Jérôme Ducret
      Rédacteur responsable

      • Robert Gilliard

        Ce n’est pas parce qu’il y a une ou deux exceptions à la règle que les faits ne sont pas là et c’est d’ailleurs la raison de la fin des Acid’days, les marques et concessions préfèrent désormais faire de l’événementiel par eux-même car la moto d’aujourd’hui n’est plus vraiment une passion mais un produit de grande consommation. Ils ne parlent plus de relation au client mais « d’expérience-client », On ne vend plus une moto mais un concept où il faut fourgué au client le maximum d’accessoires, de t-shirt et autres goodies….. Par contre la qualité générale des motos et la conception de motos qui plaisent aux motards, on n’en parle plus, on en rajoute avec le marketing pour faire croire que ça plait ou que c’est bien mais on n’est bien loin des mécaniciens amoureux de leur métiers et qui savaient de quoi ils parlent. C’est bien triste.

    • Yves Oppliger

      Bonjour Robert, malheureusement la réalité est bien différente et ne se résume pas simplement une « pratique détestable » comme vous le mentionnez. Nous avons longuement pesé les pour et les contre vous imaginez bien. En temps que marque nous avons fait le choix d’investir, cette année en tout cas, notre budget marketing de manière différente, de proposer d’autre événements de proximité aux enthousiaste de la marque et à nos futurs clients. Remettre le motard au centre de l’équation nous semble en totale adéquation avec l’esprit motard que vous mentionnez et non une démarche élitiste ou encore arrogante.

      Libre à vous de boycotter une marque qui souhaite mettre le focus sur vous, nos clients. D’autres part, et pour mémoire, Triumph n’appartient pas à une multinationale et encore moins à une kyrielle d’actionnaires, mais bien à la famille Bloor. Pour information l’entier du bénéfice de l’entreprise est ré-investit dans l’entreprise, en marketing évidement mais également et surtout en recherche & développement, ce qui nous permet de vous proposer des motos faites par de vrais passionnés pour des vrais passionnés, n’hésitez pas à lire l’article concernant l’essai de la Street Triple de ce week-end par exemple.

      #ForeTheRide
      #ByridersForRiders

      Yves Oppliger
      Marketing Manager
      Triumph Switzerland

  • Robert Gilliard

    Bonjour Yves, merci d’avoir pris le temps de me répondre. Malheureusement votre propos confirme ce que je disais, vous faites un amalgame entre vos clients et futurs clients, vos clients sont certainement prévenus via réseaux sociaux « d’événements » propres à Triumph mais pour ce qui est des futurs clients ils sont mit de côté. J’habite près d’une concession Triumph et je n’ai jamais entendu parler « d’événements » organisés. C’est donc un système réservé aux personnes déjà possesseurs d’une Triumph et en cela c’est une démarche élitiste. Après, bien qu’il faut vivre avec son temps et les réseaux sociaux, attendre que les personnes qui ne connaissent pas Triumph vous suivent sur ces réseaux pour être informés est contre productif à mon avis. Aujourd’hui nous sommes submergés par les mailling lists et autres posts intempestifs et les marques le faisant passent dans une catégorie négative de publicité qui sont au mieux ignorées au pire détestées comme les appels téléphoniques des caisses maladies ou les pubs Trivago. Nous vivons dans un monde compliqué ou les valeurs se perdent, la moto était une façon de penser et un art de vivre, au lieu de vouloir suivre un modèle économique mondiale détestable faite vous une réputation positive en proposant à vos futurs clients une expérience d’accompagnement et de retour aux valeurs humaines…..

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