Après une première semaine de course, Nicolas Brabeck parle de son Dakar
Rallye-Raid 2019

Après une première semaine de course, Nicolas Brabeck parle de son Dakar

Le Vaudois d’adoption a survécu à la première moitié de l’édition 2019 du plus dur des rallyes-raid à moto. Il nous parle de l’intensité des étapes cette années, des obstacles naturels, des conditions météo, et des Péruviens…

Nicolas Brabeck parle de sa première semaine de Dakar 2019 au Pérou. Le coureur numéro 74, Vaudois d’adoption né au Chili et dont c’est le quatrième Dakar, a signé jusqu’ici une belle 57ème place au classement général.

Comment s’est passée cette première semaine, fatigante?

Oui, bien sûr. Certains pensaient que ce Dakar 2019, étant plus court, serait un Dakar au rabais. Mais la nature des terrains choisis pour les spéciales fait que c’est tout aussi dur que les autres années. C’est plus court, mais plus intense. Il faut être concentré tout le temps, et il y a des difficultés techniques un peu partout.

Quels genres de difficultés?

Il y a la navigation, qui n’est pas évidente. Et puis les dunes, avec un sable souvent très mou qui n’est pas très porteur. Certaines dunes sont très, très hautes, ça peut dépasser les 150 mètres, leurs côtes sont très raides, il faut parfois s’y reprendre à plusieurs fois pour les franchir. J’ai déjà roulé en Afrique, je crois pouvoir dire qu’on ne trouve nulle part ailleurs l’équivalent des dunes péruviennes. Il faut bien choisir ses trajectoires. Et il y a aussi les passages dans le fesh fesh…

Expliquez-nous?

C’est de la poussière de roc, très très fine, on s’enfonce tout de suite avec la moto. Parfois jusqu’à plus de 30-40 centimètres. On n’a aucun moyen de savoir s’il y a un obstacle là-dessous, et les passages peuvent être longs. Cela met les machines à rude épreuve, les motos peuvent surchauffer car cela demande pas mal d’effort d’avance à travers ça. La poussière peut aussi entrer dans les organes internes. Là aussi, il faut bien choisir sa trajectoire.

Nicolas Brabeck parle
Etape 4, Nicolas passant dans du fesh fesh.

Côté température, comment c’est?

Perso, je dirais que ce sont des conditions idéales, il fait entre 25 et 35 degrés, c’est tout à fait supportable, il y a peu d’humidité. Ce qui fait la différence, ce ne sont pas des facteurs externes, mais la technique de pilotage, les compétences en navigation et la condition physique.

Il y a eu beaucoup d’abandons, déjà

Oui, comme à chaque Dakar. Je suis vraiment désolé pour Hugo Lopes (ndlr: le pilote suisse, qui a dû abandonner dans l’étape 4). C’était son premier Dakar. J’espère de tout coeur qu’il na va pas se décourager, qu’il va conserver les points positifs de cette expérience, et même qu’il va revenir. Ce qu’il a a accompli, c’est déjà bien. Et puis il y a de très bons pilotes qui ont dû jeter l’éponge, Gonçalves, Barreda, même mon ami indien Santosh. Et à ce propos, je suis soulagé d’apprendre qu’il n’a rien de grave. J’ai eu de ses nouvelles depuis l’hôpital. Il a chuté pendant la cinquième étape.

Ce Dakar semble plus féminin que les précédents, vous confirmez?

Oui. Même s’il y a eu des figures féminines fortes depuis les débuts du Paris-Dakar. Mais c’est vrai qu’il y avait un peu plus de femmes inscrites cette année. En moto, on a bien sûr l’incroyable Laia Sanz. C’est juste une formidable pilote, sans même parler du fait qu’elle soit une femme ou un homme. Et c’est aussi une bonne ambassadrice pour ce Dakar. Et il y a aussi une Hollandaise, Mirjam Pol, qui est très rapide.

Comment est l’accueil de la population locale?

Extraordinaire. Les Péruviens sont des gens géniaux. Ils nous encouragent, nous regardent passer, veulent nous parler, prendre des photos. On a presque l’impression d’être une rockstar! On mesure mal, en Europe, à quel point le Dakar suscite l’engouement populaire en Amérique du Sud.

Vous avez beaucoup de fans?

Quelques-uns, aussi en Europe. On a créé un groupe WhatsApp, des amis, la famille, ils suivent mon aventure. Ils sont super enthousiastes. Ca n’a pas de sens de vivre une telle aventure si on ne peut pas la partager.

Vous vous faites plaisir?

Oui, bien sûr. Je prends un jour après l’autre, avec modestie. Je profite aussi de chaque journée de course. C’est fatigant, mais on passe dans des paysages magnifiques, on roule dans des conditions spéciales. On va chercher les limites quand il le faut. Et à l’arrivée, on laisse éclater sa joie d’avoir réussi une étape de plus…

Je crois qu’il y a aussi une bonne nouvelle pour l’association humanitaire Leon, que vous soutenez et que vous avez créée avec votre épouse et quelques amis…

Oui, nous avons pu soutenir un gros projet éducatif au Pérou. C’est génial. Mais maintenant les caisses de l’association sont vides, il va falloir les remplumer!

Voici donc une nouvelle fois le site de l’Association Leon.

Photos: Vinicius Branca

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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