Rideshaper, un garage participatif où l’on peut aussi préparer ses voyages
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Rideshaper, un garage participatif où l’on peut aussi préparer ses voyages

A Lausanne, Robin Brugerolle a créé un lieu unique pour la Suisse romande. Les mécanos amateurs peuvent y louer outils et espace de travail et profiter des conseils du maître des lieux. Ou imaginer leur prochain tour. Fléchettes et lounge inclus.

Rideshaper, c’est l’enseigne un peu mystérieuse qui s’affiche sur les portes d’un monte-charge au fond d’une impasse dans le quartier de Chailly à Lausanne. Avec comme symbole une longue clé double de mécanicien.

Rideshaper
Oui, c’est bien là!

Si vous ouvrez les portes et que vous descendez au troisième sous-sol, vous y êtes, à Rideshaper. C’est un tout nouveau garage participatif créé par Robin Brugerolle.

Un peu comme ce qui s’est fait à Zürich sous le nom du Motorradhangar (lire notre article), Rideshaper, surnommé aussi « Le Bercail », offre aux motards et motardes de l’espace, des outils et des plans de travail. Pour s’en servir, il faut s’acquitter d’une centaine de francs par jour, si c’est une journée unique. Mais on peut aussi payer 150 francs pour tout le week-end, 200 francs pour un mois… ou même seulement 600 francs pour toute l’année.

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Robin, devant sa création, une Kawasaki W 650 Bobber. Carrément.

Robin Brugerolle, l’animateur des lieux, était administrateur de clinique dans son ancienne vie. Il a longtemps vécu de l’autre côté de la planète. En Australie, pour être précis. Et lui qui n’était pas du tout mécanicien, il s’est mis là-bas à cette activité de manière un peu improvisée, dans un garage participatif. Concept qu’il a ramené dans ses bagages et qu’il a fini par concrétiser au 22 du chemin de Champ-Soleil, dans la capitale vaudoise.

Le local qu’il loue est grand, 400 mètres carrés. Il l’a entièrement repeint et remis en état. Et il y a investi de l’argent, aussi. Il voit son projet comme un moyen de répondre à une demande jusqu’ici insatisfaite: « Combien d’entre nous se disent qu’ils ne peuvent pas faire l’entretien courant de leur moto, parce qu’ils n’ont pas les outils ni le lieu pour cela, et qu’ils pensent que c’est trop compliqué? Mais tout le monde ne doit pas forcément aller chez un concessionnaire pour changer une roue, ou une plaquette de frein, pour retendre une chaîne… ou pour adapter l’ergonomie de sa moto. »

Robin est là pour donner des conseils. Et il est là tout court pour que le local soit accessible, du mercredi au dimanche. Son premier abonné, Cyril, n’est pas venu avec une demande simple. Nous l’avons rencontré un mardi après-midi. « Je veux transformer cette vieille Suzuki GSX 250, et je ne connaissais rien à la mécanique avant de venir ici, explique-t-il. Je suis enseignant. »

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Cyril, un des tout premiers abonnés du Bercail, en plein dialogue avec l’arrière du châssis de la Suzuki GS 250 X.

La moto que Cyril a amené, la « vieille Suzuki », date de 1981, elle a été achetée en Suisse allemande. Et là, elle est en morceaux, le châssis sur un plateau, le réservoir, les roues et les garde-boues sur des étagères, le moteur sur un plan de travail. Ou plutôt les moteurs. « On s’est aperçu qu’il s’était détérioré et avait des fuites, détaille Cyril. Nous avons dû le démonter complètement pour remplacer les pièces qui étaient abîmées. On a eu des problèmes au moment où l’on a voulu dévisser les vis qui tenaient le carter, elles étaient figées. » Pas vraiment la petite opération facile, donc.

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Le moteur de la « vieille Suzuki », encore en chantier.

« J’ai le temps, je ne suis pas pressé, conclut Cyril. Je voulais raccourcir et simplifier le cadre, notamment l’arrière. J’ai dû passer par le DTC, près de Bienne, qui donne son expertise pour faire homologuer les transformations subies par les différentes parties d’une moto. Ils m’ont donné des indications très précises, au centimètre près, sur ce que j’avais le droit de couper dans le cadre. » Indications payantes. Et suivies à la lettre.

Aussi un salon, des fléchettes, un bar…

Rideshaper, ce n’est pas seulement un atelier de mécanique, c’est aussi un lieu de vie. On y trouve un salon avec des revues, un projecteur, un bar, des jeux de fléchette…

Rideshaper
Rideshaper vu du coin lounge.

Même les toilettes sont décorées dans le style moto. Un réservoir de Honda Monkey y trône.

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Comment bien décorer ses toilettes.

Un coin bureau avec des cartes au mur se trouve au fond. Robin envisage d’y donner un jour des cours de mécanique accélérés.

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Cyril, Robin, et le châssis dénudé de la Suzuki GSX 250.

Et il y a de quoi parquer plusieurs motos. Des logos de marques ornent d’ailleurs les murs, ainsi que celui du magazine français Moto Revue, fort habilement reproduit. « C’est l’oeuvre de ma compagne, qui est mon épouse depuis peu, précise Robin. J’ai la chance d’avoir trouvé quelqu’un qui partage ma passion. »

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C’est au fond de cette impasse.

Si vous voulez en savoir plus, le plus simple est d’aller faire un tour virtuel sur son site. Ou un tour réel au 22, chemin de Champ-Soleil. « J’ai choisi un endroit à Lausanne, pas trop loin du centre et accessible en bus, note Robin. Comme cela, on peut venir ici en une heure de toutes les villes romandes. »

Photos: Emmanuel Martin/Jérôme Ducret
Article à paraître sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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