Essai – Stark Varg EX, l’enduro électrique qui change les règles du jeu?

Publié le 15 juin 2026 par Ludovic Amstutz.

Test Stark Future

Essai – Stark Varg EX, l’enduro électrique qui change les règles du jeu?

La marque Stark Future ne passe pas inaperçue depuis le lancement du premier modèle en 2021, son créateur, Anton Wass, ayant imaginé l’une des moto de cross les plus disruptives du marché actuel. Mais que vaut-elle dans la nouvelle déclinaison EX, pour un usage de balade ou d’enduro plaisir?

La marque Stark Future ne passe pas inaperçue depuis le lancement du premier modèle en 2021, son créateur, Anton Wass, ayant imaginé l’une des moto de cross les plus disruptives du marché actuel, propulsée par des batteries et un moteur électrique. Mais que vaut-elle dans la nouvelle déclinaison EX, pour un usage de balade ou d’enduro plaisir?

Pour répondre à cette question, je me suis inscrit au Bihr Adventure et j’ai mis de côté ma XT600 de 1987 pour la Stark Varg EX 1.2, le nouveau modèle de la marque Stark Future prévu pour l’enduro.

Il adopte un phare et des clignotants intégrés dans la plaque avant et évidemment des clignotants et feux arrières, le tout homologué pour la route.

Je suis allé la chercher chez l’un de nos partenaires Stark, le garage Motosport, à Genève. Ce spécialiste Honda a pris récemment sous son aile la marque hispanique électrique.

Stark Varg EX
Notre Stark Varg EX de test a été personnalisée au niveau « déco » par notre partenaire Motosport, concessionnaire de la marque électrique à Genève. Les indicateurs de direction font partie du masque de phare avant.

Flavio, le patron, et son équipe m’ont accueilli chaleureusement et accompagné pour la prise en main de la « mobylette ». Seule la commande des « gaz » et le frein avant sont encore à leur place par rapport à une moto à essence.

Dans la configuration de la moto prêtée, le frein arrière est à la poignée gauche. Et quelle que soit la configuration, pas d’embrayage, pas de sélecteur. Une seule chose est modifiée pour mon usage, une monte avec les pneus Metzeler 6 Days Extreme et des chambres à air renforcées pour parer à presque toute éventualité.

Lors de l’achat, la moto peut être personnalisés d’usine dans sa puissance maximale (60 ou 80 chevaux), on a le choix du frein arrière au guidon ou au pied, et les suspensions sont réglées pour le poids du pilote. Les premiers jeux de pneus peuvent même être choisi à la sortie d’usine, trois types de selles existent pour un meilleur pilotage, les protections de disques peuvent-être rajoutées et les repose-pieds ainsi que la visserie peuvent être choisis en titane.

Stark enduro

Nous avions déjà pu tester sur un circuit, ou plutôt faire tester aux pilotes de notre partenaire le Team suisse Edelweiss Racing la première Stark Varg, qui était un modèle destiné au motocross (lire notre essai).

Ce test s’est déroulé à 20% sur route en Suisse, et à 80% en enduro, dans la belle région du Cantal, en ce début d’avril. Les conditions étaient idéales pour un essai de ce type. La météo annonçait un temps nuageux le matin et un grand soleil l’après-midi, des températures entre 5°C et 21° C durant l’essai, parfait pour tester la batterie au mieux.

Mon but était de comprendre pour qui cette moto a vraiment du sens. Est-ce qu’on peut rouler sur route, partir sur un chemin, puis attaquer dans du plus engageant? Et surtout… à quel moment montre-t-elle ses limites?

Stark EX
Un sabot « moteur » en matière composite protège le bas de la batterie.

Le Bihr Adventure est une randonnée gastronomique enduro/quad/SSV qui se déroule sur un week-end dans la campagne auvergnate. Un tracé principal d’environ 60 kilomètres en pleine nature alliant différents revêtements, du sable au pierriers, du sec à l’humide, et tu technique single au chemins blancs. A chaque arrêt, un stand nous attend avec des spécialités de la région.

Mais les premiers tours de roues sont autour de mon domicile. Allons donc chercher le pain, faire quelques détours et revenir à la maison. Les premiers kilomètres sont joueurs. Les 80 chevaux d’origine donnent une réponse directe à la poignée de gaz, l’électrique a une réponse incomparable au moteur thermique. De plus, le frein moteur est presque brutal si on lâche la poignée d’un coup.

Je fais le tour de ma région et passe rapidement la moto à 60 chevaux pour éviter de laisser des morceaux de crampons des Metzeler. Là, une moto plus docile est présente, la force fait place à un peu de douceur, car je peux non seulement choisir la courbe de puissance, mais aussi la courbe du freinage régénératif.

Sur route, je reconnais rapidement que la puissance maximale n’est pas prévue pour un usage journalier. Mais le point le plus rassurant sur cette moto est probablement le centre de gravité qui se situe beaucoup plus bas que ce dont j’ai l’habitude avec des moto d’enduro.

La batterie se trouvant en bas du châssis et en l’absence d’un réservoir d’essence normalement situé tout en haut, la moto penche dans les virages de manière linéaire et donne une stabilité à la conduite impressionnante. Petit détail qui fait la différence: pour une moto d’enduro, le phare LED à 4000 Lumens est vraiment efficace et me mène en sécurité même lorsque la nuit tombe.

Stark Varg EX
La moto est fine et son centre de gravité est bien placé, plus bas que sur une enduro thermique, grâce à l’absence de réservoir d’essence positionné dans la partie haute du véhicule.

La Varg EX est très fine et permet une position confortable. La selle est un peu dure sur cette version d’origine. Le bruit du moteur électrique est spécial au début mais, à force, devient agréable. Sur la moto on entend assez le moteur, mais de l’extérieur le bruit est vraiment très faible et l’environnement est souvent plus bruyant que l’électrique. 

Quelques jours plus tard, au Bihr Adventure, l’organisation m’annonce que la capacité de la batterie est largement en dessus de ce qui est nécessaire pour le tracé. Je peux faire toute la boucle de près de 5 heures de randonnée sans avoir besoin de recharger, me dit-on. Je décide donc de ne pas faire de pause recharge et de me fier à l’organisation qui, cette année, a mis en valeur la marque Stark Future. 

Stark EX

Départ lancé, les premières minutes sur le terrain se passent très bien. Les réflexes d’embrayage et de freinage partent rapidement. Le feeling est incroyable et il y a tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer. La seule phrase qui me vient à chaque virage, chaque accélération et chaque freinage est « Cette moto, c’est de la triche! »

D’usage, pour rouler en enduro, il y a toute une série de choses à gérer sur la moto. Pour faire un virage serré il faut embrayer, descendre d’une ou deux vitesses, parfois freiner de l’arrière, tout ça avec des bottes où le feeling est aléatoire et un terrain qui peut changer très rapidement.

Là, sur la Stark, les commandes sont uniquement sur le guidon, l’accélération est directe et réglable et le frein arrières est rapide à prendre en main, un peu comme un vélo doté d’un incroyable moteur dont la puissance pourrait rendre envieuses toutes les autres motos. Il ne reste plus que la simplicité de rouler et de profiter d’utiliser le temps pour perfectionner son positionnement. 

Stark EX

Je remarque que 40 chevaux conviennent parfaitement à mon usage/expérience. En une minute je refais cependant une cartographie pour avoir 11 chevaux lorsque je repars dans de grandes montées.

En roulant, il me suffit de sélectionner un autre mode pour utiliser des puissances différentes. J’ai la possibilité de prendre l’avantage d’une configuration correspondant à une 125, une 250 2t ou une 450 4t en un battement de cil. Malgré mon expérience d’amateur en enduro, mon pilotage est encore plus clair et je prends du plaisir à tester des positions que je n’arrivais pas à adopter auparavant. 

Stark Varg EX

A force de prendre de l’assurance, j’ai évidement fait une petite chute, heureusement sans gravité pour moi et ma monture. C’est à ce moment-là que je ressens vraiment le poids de la Stark. Avec l’effet du choc, je n’ai pas pu la redresser tout seul. De plus, la moto s’est enfoncée dans des ronces à 1 mètre en dessous de la piste.

Heureusement, la marque à pensé à notre confort, en offrant une marche arrière au pas, qu’ils nomment avec un peu d’humour le « moonwalk ». Un autre pilote m’aide à la redresser et je recule pour remonter gentiment du fossé. Oui, la moto est un peu plus lourde qu’une enduro thermique, et non, ce n’a pas été un problème pour mon usage.

Malheureusement, avant la fin du premier jour, je n’ai pas pu terminer les deux dernières étapes en raison d’une crevaison. Heureusement, il y avait un stand sur place où ils changeaient les pneus. Ils ont échangé la chambre à air correctement, ce qui m’a permis de partir le lendemain. Malgré mes craintes, il n’aurait pas été surprenant que je termine le parcours complet sans problème et que je recharge le soir pour le lendemain.

Stark EX amortisseur
L’amortisseur arrière, comme la fourche inversée antérieure, est entièrement réglable.

Comment faire lorsque l’on veut changer quelque chose, faire de petits services, ou réparer son pneu soit-même sur uns Stark? Rien de plus simple grâce à « SAM ». Il s’agit d’une intelligence artificielle boostée aux fiches technique de Stark Future pour donner les informations des plus simples au plus technique sur la moto.

C’est impressionnant de voir qu’un système de dialogue est aussi simplement intégré pour toutes les Stark existantes. On pose notre question de manière normale et l’IA répond en donnant la marche a suivre, du changement de pneu au démontage du bloc moteur. Et si cela existe, il enverra le lien d’un tutoriel vidéo qui explique comment faire en images.

La Stark VARG EX dans sa version Alpha (puissance maximale de 80 chevaux) est un véritable engin de facilité à tous niveaux. Pour éviter de donner trop de crédit à cette moto, je vais choisir 5 points positifs principaux.

La gestion de la puissance est vraiment incroyable pour dire qu’en une touche, nous changeons radicalement son caractère. 

– Les commandes au guidon, pour une moto d’enduro, changent clairement le « game, » la facilité de ces commandes est un véritable atout.

– La technologie embarquée et la possibilité d’avoir des mises à jour sur la moto permet d’avoir des corrections après vente.

Si il y a un problème ou si vous voulez apporter des modifications, il y a une intelligence artificielle pour trouver les réponses rapidement, et des vidéos explicatives sur l’entretien pour le faire sois-même. Vous avez donc un assistant a côté de vous pour les réparations, usages ou pannes possibles. Il reste bien sûr le garage partenaire spécialiste!

Stark commodo
La commande d’accélération.

Le dernier point est plutôt global et concerne tous les véhicules électriques. Je dirais simplement qu’il y a moins de pièces, donc moins d’entretien et moins de réparations à prévoir.

Si les points positifs sont nombreux, quelques aspects moins roses sont tout de même à prendre en compte.

– L’autonomie sur route est assez aléatoire, ça dépend vraiment tu temps (température) et de la conduite. 

– Malgré toutes les autres pièces au look premium et à la qualité de fabrication élevée, la poignée dea « gaz » est un peu vétuste et je trouve que son feeling est a retravailler.

– Enfin la moto coûte cher à neuf par rapport à une moto enduro d’origine. Mais on se rattrape sur l’entretien.

Le point qui est pour moi le plus négatif sur cette moto est le téléphone. Bien qu’il soit la clé de démarrage, celui-la vieillira à mon avis plus vite que tout le reste de la Stark. Et malgré son look indestructible, il n’est pas pratique dans une poche de pantalon. 

Stark Varg EX
Le tableau de bord est aussi un smartphone et il est « détachable ».

L’une des questions qui se pose régulièrement, c’est « est-ce que c’est mieux ou moins bien qu’une moto normale? » Avec un pilote qui a autant d’heures sur une thermique que sur une Stark Varg EX, la thermique sera toujours un poil désavantagée. Avec la Stark, la possibilité de s’exercer sur sa position et ses mouvements est évidente, avec l’absence de différentes commandes ou composants qui souvent gênent. 

L’autonomie donnée par le constructeur est très vague, mais en gros, plus on a du niveau ou on va vite, plus la batterie se vide rapidement. Pour donner des chiffres, la plage d’utilisation varie entre 1,3 h et 7 h, ou entre 65 et 95 km, selon les essais.

Pour ma part j’ai pu rouler 5 h sans recharger. Pour recharger sa batterie, un chargeur est intégré à la batterie, pas facile à transporter du fait de sa taille, mais la marque propose à présent une version portable plus petite, qui devrait se transporter plus facilement.

Stark Varg EX

Stark Future a choisit de suspendre ses modèles avec des suspensions Kayaba. Sur l’enduro, on a un débattement de 300 mm à l’avant et 303 mm à l’arrière. La moto neuve est aussi réglée pour le poids du pilote, on  l’a dit, afin de bénéficier des meilleures réglages de la moto. De ce côté-là, un grand travail à été fait pour procurer de belles sensations.

L’un des dernier point positif de cet engin est un peu à part et consiste en les possibilités d’actualisation. Le constructeur peut effectuer des grandes mises à jour logiciel et cela bien après l’achat de la moto. Si ce point parait anecdotique, laissez-moi vous conter une anecdote.

Lors de mon essai en avril, la Stark Varg EX prêtée ne possédait pas un Traction Control. Mais nous pouvons voir a présent que les ingénieurs Stark Future sont sur le point de sortir un TC réglable, ce qui pourrait amener à un meilleur contrôle de la moto. Cette mise à jour pourrait arriver sur les modèles déjà achetés, par une simple mise à jour.

Dans le paddock, certains pilotes attirent l’attention. Pas forcément les plus bruyants, mais ceux qui prennent des décisions qui font évoluer leur manière de rouler.

Ludovic Soltermann fait partie de ceux-là. Ancien pilote de supermoto, il a récemment fait le choix de passer à l’électrique — un virage intéressant quand on connaît l’importance du ressenti moteur dans cette discipline. J’ai eu l’occasion de poser la question qui termine mon essai: est-ce possible de comparer une Varg avec une moto thermique? Voici sa réponse.

« Une moto thermique chante et sur des circuits c’est aussi comme ca qu’on se guide pour chaque courbe, chaque table et chaque accélération. Ici il y a bruit électrique, une cartographie que l’on peut changer en roulant, un frein moteur modifiable et une accélération électrisante. Il est très difficile de comparer les sensations de la Stark avec une autre moto. C’est tout simplement différent. »

Stark Varg EX

Bien que les catégories électriques soient encore limitées, les différentes fédérations sportives, dont la suisse, ouvrent gentiment les portes aux motos électriques. Cette année (2026), une catégorie e-Moto fait partie du calendrier du championnat suisse de motocross, et elle sera notamment présente en Suisse romande à Broc (FR) en juillet.

Il reste que le plateau de compétiteurs est encore très restreint, et que la « fédé », souvent obligée de suivre les contraintes sécuritaires des autorités publiques, a créé un règlement très restrictif. Il impose par exemple la présence dans les dix minutes après une alarme de pompiers spécialisés dans les incendies survenus dans des batteries électriques.

Pour les enduristes, des courses en Open ou en expérimental sont déjà ouvertes, mais le sujet principal reste le changement/chargement de la batterie, qui pose encore quelques questions.

La Stark Varg n’est pas juste une alternative électrique. C’est une nouvelle façon de rouler. Reste à savoir si vous êtes prêts à changer vos habitudes.

Parlons argent, car c’est souvent là que le bât blesse avec l’électrique. La VARG EX démarre à 12990 francs pour la version 60 chevaux. Pour passer à la configuration Alpha que j’ai testée, celle qui crache ses 80 chevaux, comptez environ mille francs de plus.

Stark Varg EX

On est clairement sur le tarif d’une « grosse » enduro thermique haut de gamme, une Husqvarna 2 ou 4 temps par exemple. Ce n’est pas donné, soyons honnêtes. Mais, petit détail qui a son importance chez nous, en Suisse, la Stark se conduit dès 16 ans avec un simple permis A1, sans aucune restriction.

De quoi faire réfléchir plus d’un parent… ou plus d’un grand enfant. Côté look, trois coloris sont au menu: le Stark Red, le Snow White, et le Forest Grey. Personnellement, j’ai un faible pour le blanc. Notre moto de test a quant à elle été personnalisée par notre partenaire et arbore une livrée spéciale.

Là où Stark a bien joué, c’est justement sur la personnalisation. Dès la commande, on configure sa moto comme on veut: choix des pneus (Metzeler 6 Days, Michelin Enduro 2 ou Pirelli MT 21), avec chambre à air renforcée ou mousse, réglage des suspensions a partir de son poids, et même le choix entre frein arrière au pied ou à la poignée.

Au catalogue, on trouve aussi des pièces qui font plaisir: repose-pieds en titane, protections de disques de frein, et tout un nécessaire d’outils pour les réparations rapides sur le terrain. La moto est livrée avec 24 mois de garantie et il y a une possibilité de passer à 3 ans pour 599 francs, ou 4 ans pour 999 francs.

Pour en savoir plus sur la Stark Varg EX et sur ses soeurs EX et SM (Supermoto), vous pouvez consulter le site web de Stark Future, ou vous adresser à nos partenaires suisses de notre Annuaire des pros de la moto, 3D Motos à Bretigny-sur-Morrens (VD), et Motosport à Genève.

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