Essai – Une journée en piste avec la Stark Varg électrique

Publié le 8 janvier 2024 par Jérôme Ducret.

Photos: Jean-Baptiste Rozain (Madpik photographie).

Test Stark

Essai – Une journée en piste avec la Stark Varg électrique

Deux pilotes du team suisse Edelweiss Racing ont essayé pour nous le tout nouveau (et pour l’instant seul) modèle de la petite société Stark Future, qui entend révolutionner le monde du motocross. Terrain d’essai choisi: la piste de cross de Bullet, dans le Jura vaudois.

Dans sa forme la plus puissante, la Stark Varg peut monter jusqu’à 80 chevaux. Un chiffre ahurissant pour une machine de cross produite en série. Mais cette moto-là n’est pas faite du même métal que les autres. Elle est propulsée par un moteur électrique (refroidi par liquide), et son «carburant» est stocké dans des batteries embarquées.

Et puis Stark Future, son constructeur, n’est pas non plus une firme comme les autres. C’est une petite société qui s’est créée en quelques années et a surpris tout le monde en proposant un seul produit exclusivement destiné à la pratique du motocross, la Stark Varg.

Elle se distingue par un poids correct – 116 kg – malgré la présence de batteries comme réserve d’énergie, par la puissance et le couple fournis, par les possibilités de personnalisation qu’offre son interface électronique, et par toute une série de petites innovations (cale-pieds en acier spécial, axe de roue arrière intégré, sabot moteur en mousse absorbant les chocs, etc.).

Stark Varg
Les deux Varg mises à disposition pour notre essai sur la piste de cross de Bullet (VD).

On n’en voit pas encore beaucoup mais, en Suisse, Mat Rebeaud, le premier champion du monde de FMX (motocross acrobatique), en a pris une pour remplacer son Alta électrique (une marque américaine qui a disparu). Et il en est très content!

Stark Varg
Les blocs de batteries sont intégrés dans le cadre de la moto, et un sabot de protection en mousse absorbante protège le tout vers le bas.

Nous avons voulu savoir ce que ce genre d’engin pouvait apporter à des amateurs éclairés. Et nous avons donc donné rendez-vous sur la piste de cross de Bullet VD à deux pilotes (Nicolas Monnin et Meydi NIculescu) du team Edelweiss Racing, une structure suisse active depuis quelques années pour aider les pilotes de moto (surtout) à se faire un chemin dans le monde du rallye et plus généralement de l’offroad (lire leurs aventures en 2023 au Rallye du Maroc).

Stark Varg
Nicolas Monnin sur la Varg rouge, avec la pédale de frein au pied.

Le concessionnaire 3D Motos, distributeur pour une bonne partie de la Suisse romande, a mis à disposition deux motos, dans la version de base à 60 chevaux. Outre la couleur, elles différaient aussi par le fait que la blanche avait un levier au guidon pour le frein arrière (une option), alors que la commande de ce même frein arrière était située à l’emplacement habituel sur la rouge.

Stark Varg
Et Meydi Niculescu sur la blanche, avec la commande de frein arrière au guidon.

Stark propose bien 100 courbes de puissance différentes pour ce modèle, et on peut aussi ajuster le frein moteur. Une fois qu’on a défini ce que l’on veut par le biais du smartphone fourni par Stark et faisant office de tableau de bord, on peut enregistrer cinq modes de pilotage, entre lesquels on peut choisir, en utilisant les boutons dédiés au guidon.

Stark smartphone
Le smartphone fourni par Stark Future prend place naturellement dans un berceau protecteur sur le guidon.

A l’origine Stark Future affirmait qu’il serait aussi possible d’ajuster le volant d’inertie (simulé) du moteur, et qu’un contrôle de traction ferait partie de la dotation. Mais les motos de série livrées jusqu’ici n’ont pas ces deux fonctionnalités.

Stark guidon
Avec ces trois boutons, on met le contact et on sélectionne les modes de pilotage prédéfinis auparavant.

Les gens de 3D Motos, avec l’aide de clients, ont créé des modes qu’ils estiment correspondre à des moteurs à essence typiques dans le monde du motocross: 125 2-temps, 250 2-temps, 250 4-temps, 450 4-temps, notamment. Faute de temps, Meydi et Nicolas ne les ont pas tous essayés.

«Une vraie moto de cross»

«Le premier constat, c’est qu’on se sent vraiment sur une moto de cross, commente Nicolas. Mais sans toutes les vibrations qui vont avec le moteur à essence. Et les suspensions sont excellentes, elles donnent un très bon appui.»

Stark Varg
Pas de doute, c’est bien une moto de cross!

Les différents modes de pilotage? «Avec ceux qui étaient pré-réglés, on sentait une différence, oui, mais ce moteur a du couple dans tous les réglages. En choisissant un mode limitant la puissance, on rend cette accélération plus douce, ce qui peut être utile en fin de journée, quand on fatigue.»

«Les freins et les suspensions sont de bonne qualité, commente Meydi. Même chose pour les cale-pieds. Et c’est un très bon point de pouvoir se faire livrer la moto avec les ressorts et le réglage de base qui correspond à son poids.»

Stark

«Mais ce qui m’a surtout marqué, continue-t-il, c’est le moteur! Il fait exactement ce qu’on veut. La réponse a l’accélérateur est très précise, et il y a toujours du couple quand on veut s’en servir. Je me suis senti en confiance, j’accélérais fort en sortie de virage, plus qu’avec un moteur thermique. Il faut presque faire attention à ne pas se laisser emporter.»

Meydi a eu l’impression qu’un contrôle de traction était à l’oeuvre. « J’ai senti quelques fois que le moteur se coupait, quand j’ouvrais la poignée d’accélération en grand, pour reprendre la traction quelques fractions de secondes plus tard. » Il y a bien un genre de contrôle du couple arrivant sur la roue arrière, qui fait partie de la gestion électronique du moteur et qui est calibré en fonction de la courbe de puissance et de couple choisie. Mais officiellement, pas d’antipatinage (contrôle de traction).

Il dit ne pas avoir été gêné par le fait qu’il n’y ait pas de vitesses, il l’a complètement oublié. «La Varg est plus lourde qu’une machine à essence, mais je ne l’ai pas senti. Sauf peut-être une fois, quand j’ai voulu changer d’ornière au dernier moment. Je trouve le prix très correct. Et on économise sur les frais d’entretien.»

Stark Varg

«L’autonomie de la Stark Varg, par contre, est peut-être un peu courte.» A fond, on a juste une heure, et après, ça prend naturellement du temps pour recharger (le chargeur est livré avec la moto).

Stark chargeur
Le chargeur est inclus dans le pied livré avec la moto. Mieux vaut avoir une rallonge.

Le chargeur se trouve « caché » dans le support livré avec la moto. Une solution élégante, mais il vaut mieux prévoir une rallonge pour le câble.

Voici pour finir encore quelques belles images de cet essai!

Pour en savoir plus sur la Stark Varg, vous pouvez consulter le site web de Stark Future, ou vous adresser à nos partenaires suisses de notre Annuaire des pros de la moto, 3D Motos à Bretigny-sur-Morrens (VD), et hostettler moto Sion.

Article paru sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Commentaires2 commentaires

2 commentaires

  • Ted

    Merci pour cet article !
    Chouette moto ! Dommage que Stark Varg soit complètement silencieux, notamment sur la suite de leurs plans depuis que la moto est sur le marché : à quand la version enduro homologuée ? Où en est leur chaine de production ? Pourquoi les délais sont aussi longs sur leur site ?

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