Essai – La Shifter 125 EVO de l’espagnol Macbor débarque en Suisse, et elle a des arguments
Macbor s’ouvre à l’international et sa gamme de motos est disponible dès cette année aussi en Suisse. Il s’agit pour l’instant de petites cylindrées, entre 125 et 500 cm3. Nous avons testé toute cette gamme en Espagne, dont le modèle le plus récent, le roadster Shifter 125 EVO.
Si le nom Macbor ne vous dit rien, c’est en gros normal. Il s’agit d’une marque de motos espagnole qui jusqu’ici s’est surtout concentrée sur son marché national, et qui propose une gamme de machines de petites cylindrées, entre 125 et 500 cm3.
Mais au vu des résultats obtenus en Espagne (numéro un sur le segment des 125 en à peine quelques années), et aussi au vu des plans d’expansion de la société propriétaire, Motos Bordoy, cela devrait changer très vite. Macbor est en effet en train de devenir international, et cela inclut la Suisse, où depuis l’automne dernier la société Elvetika Motors est l’importateur exclusif de la marque.
Pour faire plus ample connaissance et aussi pour avoir un avant-goût des différents modèles que l’on peut dès à présent commander en Suisse, nous avons répondu présents à l’invitation de l’importateur et nous nous sommes envolés à Barcelone pour un (court) test routier organisé par Macbor.
Nous avions à disposition durant une journée tous les modèles actuels, y compris la grande nouveauté 2026, la Shifter 125 EVO, un petit roadster sportif. Mais d’abord, un peu d’explications.
La marque est née en 1999 mais n’a vraiment été active qu’à partir de 2017. Elle a été créée par la société Motos Bordoy, fondée il y a plus de 50 ans par Jaime Bordoy, pilote et professionnel de la moto. Au fil des ans, cette société est passée de boutique à importateur. Elle a longtemps été fidèle au groupe italien Cagiva, avec à l’époque son portfolio de marques Ducati, MV Agusta et, justement, Cagiva.
Il y a aussi eu une représentation de la marque d’origine suédoise Husqvarna, puis plus récemment du taïwanais SYM. Et aujourd’hui les trois constructeurs représentés sont encore SYM, auquel est venu s’ajouter les deux géants chinois Kove et QJ Motor.
Le nom Macbor fait référence aux deux fils du fondateur, qui s’appellent Jordi et Alberto Bordoy. Chez les Ecossais, « Mac » signifie notamment « fils de ». Et « Bor » est simplement le début de « Bordoy ».

On précise encore que Macbor propose aussi deux modèles de cruiser/custom, à savoir un 125 cm3 à monocylindre refroidi par air, décliné en deux variantes, et un 410 cm3 bicylindre refroidi par liquide. Ajouter un trail 125, la Montana XR1 EVO, un 500, la Montana XR5 EVO, et une « Classic », nommée Eight Miles, qui est un petit scrambler néo-rétro 125 au moteur refroidi par air.
Il est prévu de compléter la famille en 2027, avec l’arrivée d’une supermoto 125, d’une enduro 125, d’une enduro 300, de deux Adventure à roue avant de 21 pouces, une Rally 300 et une Montana ou autre 450 bicylindre… et enfin deux adventure à roue avant de 19 pouces, à savoir une 125 monocylindre (qui prendra la relève de l’actuelle XR1) et une 650 bicylindre qui remplacera la XR5.

Mais pour en revenir à la Shifter 125 EVO, cette petite moto s’est révélée incroyablement amusante sur les petites routes de montagne au nord-est de Barcelone!
Nous n’avons pas eu loisir de rouler sur plus d’une vingtaine de kilomètres au total avec ce modèle, Macbor ayant insisté pour nous faire essayer vraiment toute leur gamme en une seule journée.

Le premier contact fait apparaître une machine qui accueille les personnes de toutes tailles, mais un peu plus celles qui mesurent moins d’une mètre 80. Les repose-pieds sont en effet situés plutôt haut dans le cadre. Grâce à une selle plutôt fine à la jonction avec le réservoir, on n’a pas le moindre problème à poser les deux pieds au sol lorsque comme l’auteur de ces lignes on avoue 1m70 et des jambes courtes.
La Macbor Shifter 125 est légère. Très. On la déplace moteur coupé avec une grande facilité. Le contact une fois mis, on entend le léger feulement du petit monocylindre, qui tourne très rond au ralenti. On ouvre les gaz en première, et on avance, modestement. La reprise de tout en bas dans les tours dans ce rapport n’est pas fulgurante.

Mais dès que l’on prend un peu d’élan, les choses changent du tout au tout! Ce propulseur refroidi par liquide offre une belle vigueur dès les mi-régimes, et il grimpe ensuite sans démériter jusqu’à pas loin de 11000 tr/min. La montée en régime est linéraire mais pas ennuyante, parce que le moteur réagit avec promptitude à chaque commande de la poignée d’accélération. Et ce n’est pas non plus hoquetant ou brusque.
Quand on dépasse les 7000 tours (environ), des vibrations à relativement hautes fréquences se font sentir et sont partiellement transmises dans le guidon. En pilotage dynamico-sportif, ce n’est pas gênant du tout, on est occupé à trouver la bonne vitesse en entrée de virage, et si nécessaire à trouver la bonne dose de freinage pour obtenir cette vitesse optimale.

Et en mode balade, on ne va de toutes façons pas chercher les hauts régimes parce que la première partie du compte-tours suffit pour avancer à un rythme agréable.
Nous avons noté sur le tableau de bord TFT en couleurs une vitesse de pointe de 105 km/h. C’était au plat. En montée, on frôle les 100 km/h, avec précisons-le un pilote de 90 kilos, ce qui ne doit pas être très habituel pour cette moto.
On passe sur la présence d’un contrôle de traction, qui n’a pas dû intervenir une seule fois, et sur l’ABS, que l’on peut déconnecter sur la roue arrière et même, curieusement, sur les deux roues, et qui fait le job. Non, ce qui frappe sur cette petite Macbor, c’est la qualité de son train avant.

Ce n’est ni instable ou nerveux, ni trop lourd. Une petite impulsion sur le guidon, ou en bougeant les épaules, ou même les hanches ou les jambes, cela suffit pour changer de direction, pour corriger une trajectoire, bref pour aller là où l’on veut.
Une fois que l’on a trouvé cette trajectoire, on n’a aucune peine à la garder. On se prend au jeu de garder de plus en pus de vitesse avant chaque virage.
Les suspensions sont efficaces. Peut-être un peu dures lorsque l’asphalte se dégrade. Ou alors cela vient des pneus d’origine, des CST, qui sont un peu durs de prime abord, et que nous n’avons pas pu tester sous la pluie. Nous avons roulé sous des températures au contraire caniculaires, dépassant allégrement les 30 degrés même en montagne – montagne il est vrai pas très haute.

Quand il faut ralentir, on y parvient sans peine et sans beaucoup d’effort de la main ou du pied. Le poids plume de la moto, déclarée à moins de 150 kg en ordre de marche, aide fortement. Nous n’avons pas constaté de moment de redressement de la roue avant.
On salue encore la présence de non pas une, mais deux prises de recharge USB dans le cockpit, une pour l’USB-C et la seconde pour l’USB-A! On dispose aussi d’un monitorage électronique de la pression des pneus et, pour une utilité peut-être un peu moins évidente, d’une petite caméra à l’avant de la moto.
La connectivité avec les smartphone fait partie du paquet, et, nous dit Macbor, elle donne une représentation en miroir de l’écran du smartphone sur celui de la moto. Nous n’avons pas pu tester. Le système utilisé s’appelle « Carbit Ride ». Cela devrait permettre d’avoir une navigation GPS par carte, des notifications d’appel ou de message, et un log des routes parcourues, notamment.

Cette connectivité, à laquelle on accède en scannant un code QR avec le téléphone après avoir appairé le smartphone et la Shifter, devrait aussi permettre d’accéder à la caméra.
La nouvelle Macbor Shifter 125 EVO est disponible dès à présent en Suisse, à un prix non encore connu, mais qui devrait se situer « autour des 3000 francs », selon l’importateur Elvetika Motors, en Valais.

Comme couleur, on a le choix entre rouge, noir avec des accents vert fluo, noir avec des accents gris, ou blanc avec des accents rouges.
Avant de clore cet article, nous pouvons d’ores et déjà annoncer une partie des plans de Macbor pour 2027, les représentants de la marque espagnole nous ayant laissé entrapercevoir leur gamme pour cette année.
En très résumé, le segment Classic disparaît, ce qui veut dire que l’Eight Miles vit ses derniers instants. La Montana XR1 125 sera toujours là, mais il est clair que Macbor cherche à lui faire sauter un nouveau pas, avec probablement une roue avant de 19 pouces, au lieu des 18 actuellement.
Et le trail byclindre Montana XR5 510, qui est en fait une Kove 500/510 badgée différemment, va laisser sa place à une nouvelle Montana 650 bicylindre.

On aura encore deux trails plus marqués offroad, avec des roues avant de 21 pouces: une 450 bicylindre, et une 300 « Rally ». Enfin Macbor annonce l’arrivée d’une supermotard 125, qui aura une soeur enduro 125, et d’une enduro 300. Des infos supplémentaires seront données au plus tard en novembre, dans le cadre du salon international de la moto EICMA à Milan!
Un réseau de concessionnaires en Suisse est en train de se mettre en place. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site web d’Elvetika Motors, ou celui du constructeur Macbor.

