Endurance – Un centième Bol d’Or qui sourit aux teams indépendants et le titre pour le TSR Honda
Mondial d'endurance

Endurance – Un centième Bol d’Or qui sourit aux teams indépendants et le titre pour le TSR Honda

Après l’abandon du champion en titre mondial, le SERT (Suzuki), celui du team BMW officiel, puis du YART (Yamaha), la victoire est revenue au team Viltais (Yamaha), devant le Wojcik (Yamaha) et le SRC (Kawasaki). Et le titre au F.C.C. TSR Honda France. Le team Bolliger Switzerland est 9ème, et deux pilotes suisses, David Chevalier et Yves Lindegger, terminent l’épreuve de 24 heures.

Le team F.C.C. TSR Honda France, champion mondial d’endurance 2017-2018 (quand les saisons du mondial se déployaient sur deux années « civiles »), a remis ça après la finale de la saison 2022 au sud de la France, lors du centième Bol d’Or (course de 24 heures) sur le circuit Paul Ricard au Castellet.

Les troisième et avant-dernière étape du championnat 2022, les 8 heures de Suzuka, au Japon, ont vu triompher deux équipes qui ne participaient qu’à cette course. Comme d’ailleurs la très grande majorité des teams inscrits. La victoire est donc revenue au team HRC (Honda racing Corporation), numéro 33, avec à son bord deux pilotes japonais (Tetsuta Nagashima et Takumi Takahashi) et le membre du team HRC en mondial Superbike Iker Lecuona.

Le team HRC (Honda) aux 8 heures de Suzuka 2022.

La deuxième place a été décrochée par un team Kawasaki d’usine composé du sextuple champion du monde Superbike Jonathan Rea, de son compatriote Leon Haslam et de son coéquipier et compatriote lui aussi Alex Lowes.

Et pour finir la troisième place est revenue au champion mondial d’endurance en titre, le team SERT Yoshimura (Suzuki), qui s’est placé en bien meilleure position que ses concurrents directs pour le titre. Le team BMW Motorrad officiel a abandonnée, le YART (Yamaha) n’a fait que septième et le SRC (Kawasaki) 15ème.

Ces résultats japonais sont venus rebattre les cartes qui avaient résulté du round précédent, la course des 24 heures de Spa (lire notre compte-rendu). Le SERT, en particulier, avait toutes ses chances de devenir à nouveau champion du monde, s’il terminait la course des 24 heures au Bol d’Or en bonne position, et si ses adversaires ne faisaient pas mieux.

Le circuit Paul Ricard a toujours été redoutable pour les teams et leurs machines, notamment à cause de la longue ligne droite (deux kilomètres) qui fait qu’à chaque tour on utilise la pleine puissance des moteurs, ou presque.

La pole pour le team BMW Motorrad

Les qualifications dans la catégorie EWC ont souri au team BMW Motorrad, qui a réussi à poster les meilleurs temps et à se placer devant le YART pour le départ de la course samedi à 15h (et le meilleur temps de la seconde session qualificative EWC pour les pilotes de réserve revenant au Suisse Robin Mulhauser du YART). Avec le SERT en troisième position.

TSR
La BMW numéro 37 du team officiel BMW Motorrad, qui a décroché la pole au Bol d’Or 2022.

Pour la catégorie Superstock, moins rapide, c’est le team Wojcik (le numéro 777, pas le team Wojcik 77, qui est en EWC) qui a posté les meilleurs chronos, devant le Team 18 Sapeurs Pompiers CMS Motostore.

TSR
Le Suisse Robin Mulhauser, pilote de réserve du team Yamaha officiel, le YART, lors des qualifications au Bol d’Or.

En troisième position des équipes Superstock (et au classement scratch), on trouvait le team National Motos (Honda), au sein duquel évoluent notamment les deux pilotes suisses Sébastien Suchet (pilote soutenu par ActuMoto.ch) et son frère Valentin Suchet.

Au départ de la course, la BMW a bondi, suivie par la Suzuki du SERT, la Honda du F.C.C. TSR… et la Ducati numéro 6 du team allemand ERC! Mais le pilote choisi pour le premier relai au YART n’a lui pas réussi à faire démarrer immédiatement sa Yamaha. Sans que l’on sache avec certitude si le problème venait du pilote ou de la moto.

TSR
Le départ de la course de 24 heures, dans style endurance. La BMW numéro 37 est bien partie. La Yamaha numéro 7 (YART) a « hésité ».

Mais après seulement 34 tours du circuit, Kazuki Watanabe, l’un des trois pilotes Suzuki, est revenu au box de l’équipe pour signaler un problème moteur. Et la machine du SERT n’en est plus ressortie.

Peu avant 17h, c’est la BMW officielle, numéro 37, qui a dû rejoindre les stands, et là aussi, le dommage s’est révélé irréparable. Deux parmi les potentiels vainqueurs du Bol d’Or, qui plus est en lice pour le titre mondial 2022, étaient donc hors course.

BMW Bol
Tentative de réparation après peu de tours pour la BMW officielle. Puis abandon.

Et vers 17h30, ce fut au tour de la Yamaha du YART (numéro 7) de rentrer, avec de la fumée sortant du moteur. Elle est restée plus de deux heures au box, puis a fait une tentative de sortie vers 21h30, pour devoir revenir, et abandonner. Une autre victime du Paul Ricard 2022!

Durant ces quatre premières heures, les team F.C.C. TSR Honda France et SRC (Kawasaki officielle) ont connu quelques soucis exigeant des réparations au box. Avec pour la Honda, notamment, un changement de ligne d’échappement, et pour la Kawasaki, le pilote Florian Marino qui a dû la pousser en direction des stands à cause d’une panne dans le faisceau électrique. Mais si les deux équipes ont perdu un temps précieux, et donc plusieurs rangs, elles ont pu continuer la course.

ERC Ducati
David Checa, vétéran du mondial d’endurance, en tête de la course sur la Ducati du team EWC numéro 6, l’ERC.

Pendant ce temps, la Ducati numéro 6, pilotée par un trio prestigieux (David Checa, Xavi Fores et Chaz Davies) alignait les tours rapides et se trouvait en tête de l’épreuve. Mais à l’arrivée de la nuit, le team a décidé de faire se reposer Chaz, qui avait des douleurs au dos. Un reste de blessure mal guérie. Ce sont ses deux coéquipiers qui ont continué, et fait tous les relais à deux durant la nuit.

Juste derrière la Ducati, la Kawasaki du team indépendant Tati Beringer (EWC, numéro 4) avait le vent en poupe et pouvait commencer, durant la nuit, à caresser l’idée d’un podium, et même, du fait des nombreux abandons des prétendants, d’un titre mondial! Son principal adversaire sur ce front-là était à ce moment le team Honda TSR.

Vers le milieu de la nuit, le Tati Beringer Team se battait pour la deuxième place avec les autres teams indépendants Viltais (EWC, Yamaha, 333) et Wojcik (EWC, Yamaha, 77).

Bolliger Bol
Ravitaillement par le team suisse Bolliger.

Le team suisse Bolliger (EWC, Kawasaki numéro 8), team vétéran du mondial d’endurance, était lui huitième après huit heures de course. Malgré une chute du pilote Nico Thöni après juste deux virages! Ce team suisse n’avait pas de pilote helvétique pour ce Bol d’Or, Marcel Brenner étant blessé.

Suchet Bol
Le Vaudois Valentin Suchet, au guidon de la Honda du team National Motos.

Chez les pilote suisses, justement la Honda du National Motos avait connu elle son lot de petits soucis, dont les lumières à l’approche de la nuit, et Valentin Suchet s’était fait une frayeur en étant éjecté de la moto dans une chicane. Heureusement pour lui, sans gravité. Le team était redescendu au-delà de la 25ème place, mais les chronos rapides des trois pilotes faisaient entrevoir une remontée progressive vers les sommets de la catégorie.

Abandon pour National Motos après une chute de Valentin Suchet

Mais la situation a changé quand, vers le milieu de la nuit, le même Valentin a été confronté à un demi-guidon qui lui est resté dans les mains, ce qui l’a propulsé par dessus sa Honda. Il a dû être emmené à l’hôpital, où lui ont été diagnostiqués une fracture du fémur, doublée d’une autre à la main. Et National Motos a pris la sage décision de jeter l’éponge.

Valentin Suchet
Le Vaudois Valentin Suchet, sur la Honda Superstock du team National Motos.

Le team TSR Honda et son rival Kawasaki SRC ont mis toute la nuit à remonter dans le top dix. Mais elles avaient plusieurs tours de retard sur les quatre premiers. Avec toujours l’ERC en tête, qui réalisait là sa course la plus réussie depuis l’engagement de la marque italienne en mondial d’endurance.

TSR
Coucher de soleil samedi soir sur le Bol d’Or 2022.

Mais dimanche matin très tôt, la Ducati a dû passer entre les mains des mécanos du team ERC pour un souci d’embrayage. Ce qui a donné après quelques minutes l’avantage au team Tati Beringer! La numéro 6 a pu repartir au bout de six minutes, mais le mal était fait.

A ce stade de la course, le Wojcik Racing Team (EWC, Yamaha, 77) était troisième, puis deuxième, devant le team Viltais Racing Igol (EWC, Yamaha, 33) et le F.C.C. TSR Honda. L’ERC, tombé au sixième rang, a cependant refait son retard. Et après 16h de course, il était à nouveau devant la Kawasaki numéro 4.

Le SRC (EWC, Kawasaki, 11) avait lui aussi pu remonter les rangs et se trouvait derrière le F.C.C. TSR Honda.

Le Vaudois David Chevalier et le team Falcon Racing (Superstock, Yamaha, 121) étaient alors toujours en lice, pointant aux alentours de la 16ème place. Et un peu plus loin, le Suisse Yves Lindegger et le team Aviobike (Superstock, Yamaha, 101) continuaient eux aussi leur aventure, sans faire de vagues.

Wojcik Bol
La Yamaha du team EWC Wojcik s’est hissé dans le top trois de la course.

Au bout de 20 heures de course, nouveau coup de théâtre: le Tati Beringer doit rentrer boutiquer aux stands, pour un problème moteur. Ce qui permet à l’ERC de prendre des tours d’avance. Avec toujours le Wojcik Team et le Viltais qui devancent la F.C.C. TSR Honda. Puis, dans l’ordre, le Webike SRC (Kawasaki), cinquième, et le Bolliger Team, sixième.

A moins d’une heure de la fin, c’est cette fois-ci le team ERC Ducati qui a dû stopper sa course pour effectuer des réparations. La victoire, et le podium, leur échappaient! Puis la Yamaha numéro 77, promue première, a aussi dû rentrer aux stands pour réparer un tendeur de chaîne cassé… et l’autre Yamaha, celle du team indépendant Viltais, s’installait en tête avec une bonne perspective de victoire finale.

Le team TSR Honda était quant à lui un peu trop loin pour espérer monter sur le podium, mais pas le SRC, qui avait pris le meilleur sur le team Honda officiel durant les différents relais, grâce notamment à un nouvel arrêt aux stands non prévu de la Honda.

Bol d'Or
Le burn de la victoire pour le team Viltais. Qui décroche aussi la troisième place finale du championnat mondial.

Le team Viltais, composé des pilotes Florian Alt, Steven Odendaal et Erwan Nigon, remporte donc ce Bol d’Or 2022, devant le team Wojcik (Dan Linfoot, Sheridan Morais, Mathieu Gines). Et le team Webike SRC Kawasaki (Randy De Puniet, Etienne Masson, Florian Marino) complète le podium.

Le team TSR Honda finit 4ème, devant l’ERC qui a réussi à effectuer les réparations nécessaires et à boucler la dernière heure de course. La Honda numéro 55 est par la même occasion devenue championne du monde d’endurance 2022 (en catégorie EWC), devant le SERT et le team Viltais.

TSR
Le team F.C.C. TSR Honda France, 4ème au Bol d’Or 2022, est à nouveau champion du monde.

En Superstock, la victoire est revenue au team RAC41 Chromeburner (Honda, numéro 41), classé septième au scratch derrière le Maco Racing Team (EWC, Yamaha, 14), devant le BMRT 3D Maxxess Nevers (Kawasaki, numéro 24). Le Pitlane Endurance (Yamaha, 83) finissant sur la dernière marche du podium de la catégorie.

Dans la coupe mondiale Superstock, c’est le team 18 Sapeurs Popmpiers CMS Motostore qui l’emporte (Yamaha, 18), malgré un problème mécanique qui l’a poussé aux tréfonds du classement de ce Bol d’Or 2022.

Falcon Chevalier
Le Vaudois David Chevalier, au guidon de la Yamaha Superstock numéro 121 du Falcon Racing Team.

Le Bolliger Switzerland a lui fini la course à la neuvième place. Pour le Falcon Racing Team (avec le Suisse David Chevalier), ce fut la 15ème place, et pour le team Aviobike (avec le Suisse Yves Lindegger), le 24ème rang. Nous les félicitons chaleureusement.

Pour les résultats complets de ce centième Bol d’Or, c’est par ici.

Photos: DR, Valembois
Source fimewc.com, team National Motos Honda, Falcon Racing Team

Article mis à jour le 19 septembre 2022 à 16:09

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - la cinquantaine, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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