Un Vaudois aux mondiaux d’enduro vintage
Tout-terrain

Un Vaudois aux mondiaux d’enduro vintage

Paolo Di Mauro, ancien patron du garage lausannois Moto Evasion, a participé en octobre dernier (2021) au « Vaso d’Argento » sur l’île d’Elbe, en Italie, 40 ans après l’épreuve des six jours internationaux d’enduro. Il était l’un des huit Suisses qui s’étaient inscrits à une série d’épreuve sur des motos d’époque.

De la poussière, beaucoup de poussière. Des suspensions vintage, comme l’épreuve, et qui n’amortissent pas grand chose, du moins pas selon les standards modernes des motos d’enduro actuelles. Et des freins qui ne freinent que de manière proportionnelle à la force que chaque pilote arrive à exercer avec sa main et son pied. Des freins à tambour, quoi…

Plus un paysage magnifique, une bonne humeur contagieuse et quelques légendes de l’enduro, d’une certain âge, mais toujours verts – Brissoni, Peterhansel, Gratti… Pour Paolo Di Mauro, 64 ans, ancien patron du garage vaudois Moto Evasion et passionné de tout-terrain depuis très longtemps, les épreuves du premier trophée mondial d’enduro vintage sur l’Ile d’Elbe, c’était un peu tout ça.

Inscrit au «Vaso d’Argento»

C’est la première fois que les épreuves de niveau mondial en Enduro Vintage étaient organisées séparément des Six Jours internationaux d’Enduro (ISDE). Le signe entre autres que cette catégorie connaît un engouement croissant.

La manifestation avait lieu du 20 au 23 octobre dernier. 40 ans après l’ISDE qui s’étaient tenus sur la même île. Cette manifestation a attiré pas moins de 400 participants, avec 17 nationalités représentées. Dont une majorité d’Italiens. Mais il y avait aussi une petite délégation suisse composée de huit personnes, dont Paolo faisait partie. Il était inscrit pour sa part au «Vaso d’Argento», l’épreuve pour les clubs, avec deux autres concurrents venus de Suisse. Ils formaient ensemble le « Suisse Team A ».

«Quand on m’a proposé de faire partie de cette équipe, je n’avais pas de moto, se souvient le Vaudois. Comme les deux autres pilotes, Walter Frei et André Tharin, avaient des machines de 1980, le règlement voulait que la troisième date d’au plus tard 1975.»

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Paolo Di Mauro en train de restaurer la KTM 175 de 1975.

Il finit par dénicher une KTM 175 bleue à moteur 2-temps (l’un des tout premiers faits maison par KTM), en pièces. Le deal était de pouvoir en disposer pour cette compétition s’il l’assemblait, s’il la faisait fonctionner, et bien sûr s’il la rendait ensuite à son propriétaire. Et il a fallu on s’en doute pas mal de travail pour transformer la caisse en une machine fonctionnelle pour le jour J.

Six heures par jour

L’épreuve se jouait sur trois jours, avec des parties d’enduro, d’autres de motocross, et même une course d’accélération, sur 400 mètres, comme on faisait dans le temps!

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La course d’accélération sur 400 mètres faisait partie des épreuves. Manifestement, Paolo Di Mauro a pu assembler et faire fonctionner la KTM!

Toutes ces motos vintage étaient chaussées de pneus spéciaux faits pour la régularité (le nom de l’enduro il y a 40 ans) et définis par les instances dirigeantes du sport moto (la FIM). Des gommes qui ont aussi pour particularité de peu abîmer le terrain. Par rapport à une épreuve d’enduro moderne, le pilotage d’il y a 40 ans consistait notamment à beaucoup plus rouler assis. Mais tout le monde n’a pas adopté cette posture vintage lors de ces mondiaux sur l’Ile d’Elbe, on s’en doute.

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Les deux équipes suisses et les deux Helvètes inscrits de manière individuelle sont tous arrivés au bout. Les trois qui participaient au « Trofeo », Danny Wirz (catégorie C6, Husqvarna 250), Roland Huguelet (C6, Maico 250) et Philippe Rast (A5, Husqvarna 250), ont même fini quatrièmes de l’épreuve, remportée par les Français (Laurent Charbonnel, Stéphane Peterhansel et Thierry Viardot). Quant aux Suisses en lice pour le Vase d’argent, Paolo Di Mauro était 11ème de sa catégorie (A4), tandis qu’en catégorie C6 Walter Frei (SWM 250) était 48ème et André Tharin (SWM 250), 59ème. Les deux pilotes inscrits à titre individuel, Walter Bettoni (A4, Gilera 175) et Hans Peter Moser (B2, BSA 500) ont fini , respectivement de leurs catégories. On note que 357 pilotes ont franchi la ligne d’arrivée finale, sur 400 qu ont pris le départ le premier jour.

Pour retrouver les classements complets, c’est par ici (en anglais).

«Je dois avouer que je l’ai sentie passer, raconte Paolo Di Mauro. On tournait sur les mêmes tracés qu’à l’époque, et il y avait bien jusqu’à six heures de course par jour. Mais j’ai tenu bon, grâce entre autres aux massages à l’arnica de ma compagne, Corinne. J’ai eu aussi quelques ennuis avec mes suspensions. Ce que je dis toujours: quand on fait de la moto, on ne vieillit pas!»

Photos: Enzo Danesi, DR
Article paru sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Article mis à jour le 15 décembre 2021 à 22:05

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - la cinquantaine, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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