Essai Triumph Tiger 1200 « Desert Edition », la voyageuse, 1
Test longue durée

Essai Triumph Tiger 1200 « Desert Edition », la voyageuse, 1

Débuter un test longue durée d’une moto juste avant Noël, en voici une drôle d’idée ! Et pourtant c’est ce que je m’apprête à faire en ce 17 décembre. De manière à juger dans de bonnes conditions les qualités d’une routière, je pense rallier une région moins touchée par les conditions climatiques hivernales qui se sont installées sur le bassin lémanique. Le Sud de la France me semble tout indiqué.

A peine réchauffé de mon premier test hivernal de longue durée, me voici à nouveau prêt à reprendre la route avec une nouvelle compagne et voyageuse, la Triumph Tiger 1200 (lire à ce propos aussi notre comparatif de la version 2018 avec la Ducati Multistrada 1260 S).

Desert Edition

Je la découvre devant la vitrine de la concession de la marque à Crissier (notre partenaire Triumph Lausanne). Il s’agit d’un modèle Desert Edition. Sa couleur exclusive «Sandstorm Premium» semble accentuer son design à facettes anguleuses. Associée aux roues à rayons noires, elle lui confère un côté sauvage qui lui sied ma foi fort bien.

Riche équipement

La moto que Triumph Suisse nous met à disposition est super équipée: 5 modes de conduite, régulateur de vitesse ajustable, suspension semi-active, anti-patinage et ABS optimisés pour les virages, pare-brise à réglage électrique font entre autres partie de l’équipement de base.

Les suspensions semi-actives TSAS sont de série sur cette version « Desert Edition ».

Le shifter ainsi que l’échappement Arrow sont également spécifiques à cette édition. A notre demande, elle dispose de valises latérales ainsi que du top case. Cet ensemble me sera fort utile au moment de rejoindre pour quelques jours la Méditerranée.

Premières impressions

Mais, ce sera pour plus tard. Pour l’heure il s’agit de faire connaissance avec la Tiger. Lors d’un test, les premiers kilomètres sont révélateurs. Ils nous distillent nombres d’informations et nous donnent une idée du caractère de la moto. En général, ces premières impressions se confirment ensuite tout au long de l’essai.

D’entrée de jeu, j’apprécie la douceur du moteur et de la transmission de la Tiger 1200. Le cardan se fait oublier tandis que jouer du shifter est un réel plaisir. Les vitesses s’enclenchent  sans soubresaut. La position est excellente, la selle procure, du moins dans ces premiers kilomètres, un bon confort. Je me familiarise à l’utilisation du joystick sur le commodo gauche, donnant accès aux nombreuses informations du tableau de bord. Je constate dès les premières courbes que les 246 kilos annoncés sont bien présents.

Le cardan est un allié précieux pour les voyageurs au long cours.

Ma monture n’est pas équipée de selles chauffantes. Par contre, si les poignées chauffantes sont bien présentes, leur efficacité est somme toute limitée, malgré les trois possibilités de réglages proposées.

Dans le cadre de mes déplacements quotidiens, j’apprécie la bagagerie de bonne facture. Le top case permet aisément de loger mon casque intégral. Il reste alors encore de la place à disposition. L’ensemble des trois éléments offre une capacité totale s’élevant à 116 litres.

Gare à la manœuvre

Au moment de la parquer ou de la déplacer, il ne faut pas perdre de vue que la Tiger n’est pas un poids-plume. Les manœuvres nécessitent force et circonspection; il s’agit de ne pas se faire prendre par le poids haut perché de la Tiger. Bien que réglable de 835 à 855 mm, la hauteur de selle reste tout de même conséquente.

Notons que la bagagerie n’entrave pas la manœuvre au moment de s’installer sur la selle.

Direction le Sud pour la voyageuse

Afin de profiter un maximum du Sud, c’est par l’autoroute que se déroule la première étape.

Avant l’autoroute, quelques lacets pour se faire la main.

Lorsque la circulation le permet, je me stabilise à 130 km/h au moyen du régulateur, facile d’utilisation. À cette vitesse, la bulle à réglage électrique offre une bonne protection au niveau du casque, bien abrité des remous ainsi que des bruits aérodynamiques. Les épaules sont par contre plus exposées sans que ce ne soit réellement gênant. Les genoux cachés derrière les faces latérales du réservoir sont eux à l’abri du froid.

Le réservoir protège bien les jambes du pilote.

La longueur de la selle permet de se déplacer au fil des kilomètres. Son assise offre un excellent confort. Les genoux ne sont que peu repliés, les cale-pieds étant idéalement disposés. Les suspensions sont réglées sur la position intermédiaire dénommée «Normal» sur la graduation du tableau de bord, entre les modes Confort et Sport. La Tiger offre ainsi un bon compromis sans aucun louvoiement même à grande vitesse.

Le moteur ronronne, le son à l’échappement, venant d’un silencieux Arrow en titane avec embout en fibre de carbone, reste feutré. La douceur du 3 pattes n’est pas sans me rappeler un fameux six cylindres de 1300 cm3 japonais des années 80′. Des vibrations se font cependant ressentir passé les 4000 tr/min. La vue offerte par les rétroviseurs en est légèrement troublée. Rien de très grave, on se rend compte que ce moteur est bien vivant et qu’il le fait savoir.

La Tiger ravira, grâce à sa douceur mécanique et son confort, les adeptes du voyage en duo. Mais ne nous méprenons pas, lorsqu’il s’agit de faire parler la puissance, la voyageuse tricylindre n’est pas en reste. Passé 5000 tr/min., une main ferme vous pousse dans le dos d’une force tranquille mais efficace. Les 141 ch (104 kW) à 9350 tr/min annoncés sont bel et bien là.

En direction de St-Tropez

Arrivé à Toulon, j’avance à la manière d’un touriste (ce qui veut dire lentement), profitant du paysage du bord de mer. La Tiger 1200 se plie volontiers à l’exercice. Je m’engage sur une route secondaire, menant à St-Tropez, tortueuse et défoncée à souhait. Il est temps de savoir comment se comporte notre voyageuse dans ce genre d’exercice.

Mode Sport programmé; la suspension encaisse sans soucis les bosses. Le frein avant, très efficace, manque cependant selon moi de progressivité.

L’arrière, offrant une course courte à la pédale, n’est pas sujet à critique. Dans ces conditions de roulage, un tant soit peu sportif, l’ABS devient à mon goût trop intrusif, gâchant quelque peu les joies de l’attaque. Face à la succession de courbes serrées, la Triumph Tiger s’avère lourde à balancer. Son centre de gravité bien haut placé n’arrange pas les choses.

Vous l’aurez compris, la Tiger 1200 n’est pas une moto sportive, elle a plutôt le caractère d’une excellente routière dont on apprécie le comportement au fil des kilomètres.

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La Tiger est à son aise le long du port de St-Tropez

Le plaisir du couple

Le soleil brille, je continue ma route sous une température agréable le long des Calanques. J’en profite pour goûter au respectable couple du 3 pattes, 122 Nm à 7600 tr/min tout de même, ainsi qu’au shifter de cette voyageuse bien conçue, l’un des plus agréables que je connaisse.

Par une température proche de 18 degrés, j’arrive à Nice. J’y passerai quelque temps, histoire de profiter de la douceur de vivre.

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La Tiger 1200 sur la Côte d’Azur…

Mais cette partie du voyage se terniné embourbé dans les bouchons, et je décide à regret de quitter la Côte d’Azur afin de rallier Castellane, sur les hauteurs.

Côté Sud, côté Nord

Me voici maintenant sur la fameuse Route Napoléon. Devant moi, le Pas de La Faye, une superbe route dans un décor de rêve. Il est temps de se faire plaisir. Mode Sport à nouveau programmé, idem pour la suspension, j’attaque cette succession de grandes courbes le couteau entre les dents. Le feulement du 3 pattes de la voyageuse devient rageur, passé les 5000 tours. Chaque sortie de virage est prétexte à mettre les gaz, afin de profiter des belles accélérations que les 141 chevaux offrent.

Au freinage, en entrée de courbe, la moto reste unie, bien servie par un train avant précis. Il ne fait pas preuve de lourdeur et transmet fort bien les informations. Sensation agréable et sécurisante, la roue avant semble rivée à la route. La fourche inversée WP, d’un débattement de 190 mm, ne joue pas au cheval à bascule lors de chaque freinage. Quant à la suspension arrière, réglée en position Sport, elle informe ma colonne vertébrale des inégalités de la chaussée de manière précise. Il suffit cependant de déplacer le curseur d’un coup de Joystick en direction du mode Normal pour que tout rentre dans l’ordre. À ce rythme je me retrouve très vite au sommet de cette première montée.

Ça, c’était dans la face Sud; me voici dans l’ombre, pour la descente. En quelques mètres le changement est radical; la neige garnit les bords de routes, des coulées humides traversent la chaussée. La température chute dès que le soleil disparait. On se calme!

Il me reste encore deux cols à franchir. Sur les bas-côtés, la neige devient plus abondante. Castellane n’est plus qu’à 20 kilomètres, la nuit est tombée. Le tableau de bord m’indique maintenant -2 degrés. J’apprécie de pouvoir compter sur les commodos rétro-éclairés; un vrai bonheur vu le nombre de commandes proposées à nos petits doigts sur les motos modernes. Concentré sur ma conduite, je ne sens pas le froid qui maltraite pourtant les extrémités de mes membres. Enfin les premières maisons de Castellane apparaissent, me voici enfin arrivé.

La bonne question

Je suis à peine descendu de la Tiger qu’un petit attroupement se forme. On me questionne, on veut savoir ce que diable je viens faire à moto, en montagne et en plein hiver, dans de telles conditions.

Il m’est difficile de répondre, parce que sur l’instant, en toute franchise, je me pose  la même question. Certains m’informent que la nuit sera très fraîche, on me parle de -10 degrés, et qu’il ne faut pas escompter trouver le dégel avant 11h demain matin. J’en prends bonne note.

Affaire à suivre… dans la seconde partie de cet essai de longue durée! Et en attendant, vous pouvez toujours aller rendre visite au site de Triumph Suisse pour avoir d’autres détails sur cette moto et sur la gamme des Tiger 850 et 900.

…l’essai continue…
Photos: Mathias Deshusses

Article mis à jour le 18 mars 2021 à 16:37

Auteur

Grégoire Villard

Grégoire Villard

Grégoire Villard, passionné par le monde de la moto dès son plus jeune âge. A 14 ans son professeur prie ses parents de lui interdire la lecture de revues motos. Il assouvit sa passion entre les randonnées et les voyages sur sa bécane. Et il lit toujours les revues motos.

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