Leoncino 500, un lionceau pas si docile que ça
Test Benelli

Leoncino 500, un lionceau pas si docile que ça

Dans la catégorie des petites motos faciles, la Leoncino 500 étonne par sa conception simple mais efficace. Sous ses airs sages de moto pour débutants se cache une petite âme rageuse qui ne demande qu’à être amenée avec entrain sur de petites routes sinueuses.

La Leoncino 500, une petite moto aux airs de scrambler, est tout à fait fidèle à son nom italien: lionceau. Sage et douce en apparence, la petite bête n’attend qu’une rotation de la poignée de gaz pour dessiner un sourire sur le visage du pilote.

Par la sonorité particulière de son échappement tout d’abord. Ce dernier, en aluminium brossé et relativement modeste de taille, dégage une sonorité rauque et métallique du plus bel effet. La symphonie dégagée par le deux-en-un fait plaisir à entendre et pousse le motard à monter dans les tours pour en entendre encore plus. Jusqu’à ce que le rupteur vienne brutalement interrompre la partition, déjà vers 9000 tours.

Leoncino
L’échappement dégage un joli son métallique qui incite à ouvrir les gaz en grand.

Car il ne faut pas oublier que l’on n’a entre les jambes qu’un petit deux cylindres, double arbre à cames en tête, de 500 cm3, dégageant tout juste 48 chevaux et un couple de 46 Nm pour 186 kilos tout sec. La moto est d’ailleurs aussi adaptée aux jeunes permis A limité.

Pour les néophytes comme les motards aguerris, la Leoncino – développée au siège de la marque italienne à Pesaro mais assemblée en Chine auprès de la maison-mère Qjiang Jiang – a tout pour séduire. La prise en main est facile, grâce au poids réduit et à la faible hauteur de selle. Les poignées tombent naturellement sur le guidon plat et les jambes enserrent un réservoir de taille modeste.

Le compteur numérique sur fond blanc affiche les informations essentielles: compte-tour, vitesse, odomètre, températures moteur et extérieure, ainsi que l’heure. Simple et efficace. Le seul bémol va à la jauge à essence qui s’avère fort imprécise passé la seconde moitié de l’affichage. La jauge affiche un réservoir à moitié plein pendant un certain temps, avant de passer brusquement en réserve. De quoi stresser lorsqu’on ne connaît pas l’autonomie de la machine. Et puis on est obligé d’utiliser les deux petits boutons noirs malcommodes sous l’afficheur digital principal pour passer d’une info à l’autre et remettre à zéro les compteurs.

Compteurs
Le compteur numérique affiche clairement les informations essentielles. Seule la jauge à essence est quelque peu imprécise.

La partie-cycle est étonnante. Rassurante pour le débutant et suffisamment robuste pour un pilotage un peu plus poussé. Le cadre treillis en acier est solide et rigide. Mais que dire de la fourche inversée d’un diamètre de 50 mm? Elle en impose de par sa taille qui paraît démesurée pour un engin de cette catégorie. Mais de concert avec l’amortisseur, qui se règle aisément grâce à une molette située sous la selle, les deux éléments confèrent une bonne stabilité à la Leoncino, mise à disposition par l’importateur JB Töffhandel. Tout juste peut-on reprocher un manque de souplesse à la fourche qui se fait ressentir sur chaussée dégradée.

Les freins sont également impressionnants, avec à l’avant deux disques de 320 mm pincés par des étriers quatre pistons et un simple disque de 260 mm doté d’un étrier double piston à l’arrière. L’ensemble paraît également démesuré, mais s’avère progressif à l’usage. Un bon point pour les débutants. L’ABS, déconnectable, est la seule aide électronique dont bénéficie cette moto qui se veut simple à l’usage.

Fourche
Le train avant a de quoi rassurer avec ses étriers quatre pistons et sa fourche d’un diamètre énorme de 50 mm.

Quant au moteur, il est certes modeste en terme de puissance, mais a du caractère à revendre. Il fait son « job » en usage normal, mais commence à rugir dès qu’on le pousse dans les tours. La réactivité de la poignée de gaz permet de propulser l’italienne sur les petites routes de campagne ou dans les virolos de montagne sans que l’on sente que l’engin soit dépassé. Sur autouroute, elle tient la cadence, même si ce genre de parcours n’est pas sa tasse de thé vu le manque de protection.

Un autre bémol va à la poignée de gaz, trop directe et qui se traduit par des à-coups à l’accélération dans les premiers rapports. Cette caractéristique, utile pour les reprises dans les rapports intermédiaires, est fort désagréable en ville, dans une circulation dense, où il faut bien doser la rotation de la poignée droite.

La boîte à six vitesses ne souffre d’aucune critique. Précise, sans faux point mort, elle enclenche les rapports engagés sans difficulté grâce à un embrayage doux. Tout juste a-t-on noté une distance un peu trop grande entre le repose-pied et le sélecteur qui oblige à avancer le pied gauche pour atteindre le sélecteur.

Leoncino
Clin d’oeil aux origines du constructeur, un lion trône sur le garde-boue avant.

Un dernier point sur la qualité de finition. Le fait que la Leoncino soit assemblée en Chine (un peu comme un Iphone développé en Californie et assemblé dans l’Empire du Milieu) ne semble pas péjorer la qualité. La moto bénéficie d’une finition correcte pour une machine proposée à un prix de 7690 francs. Pour ce tarif là, elle offre amplement du plaisir à son pilote.

 

Photos: André Lehmann

Auteur

André Lehmann

André Lehmann

Journaliste depuis 20 ans, motard depuis plus longtemps. Exilé Toulousain à Zurich, qui aime traîner ses pneus en Suisse et dans la proche banlieue.

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