Zontes T 310, petite enduro de voyage faite comme les grandes
Test Zontes

Zontes T 310, petite enduro de voyage faite comme les grandes

La marque chinoise Zontes arrive sur le marché suisse avec une famille de motos de petite cylindrée (300 cm3) à prix très abordables, et de très bonne qualité de fabrication. Nous avons testé la version enduro de voyage.

Encore une de ces marques venues de Chine dont personne n’a entendu parler en Europe? Oui mais non. Zontes est présent depuis peu de temps sur le marché européen et suisse, mais les motos de cette marque qui ont débarqué sur le Vieux Continent ont de quoi faire parler d’elles. Nous avons pu en essayer une, la T 310, une petite enduro de voyage, qui nous a été prêtée durant quelques jours par le concessionnaire Imperadori, à Lausanne.

Et d’abord un constat: pour un peu plus de 5500 frs, cette moto de 312 cm3 est incroyablement bien finie et réalisée. Le moteur à refroidissement liquide est éminemment moderne, les pièces en aluminium sont légion (bras oscillant, éléments du guidon, roues…), les soudures sont impeccables, les ajustement entre les plastiques de même.

Et deuxio, le niveau d’équipement est aussi superlatif pour un tel prix et une telle cylindrée. Une fourche inversée, des leviers de frein et d’embrayage à écartement ajustable, l’injection, un éclairage entièrement à LED, un ABS Bosch déconnectable, un pare-brise électrique (!), des protège-mains, une prise USB, un sabot moteur (certes en plastique), des arceaux de protection en acier et… une clé sans contact.

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La trappe du réservoir s’ouvre en pressant sur un bouton situé sur le guidon!

L’assise, bien creusée au point où elle touche le réservoir d’essence, est à une hauteur très raisonnable. La moto est très fine entre les jambes, on a l’impression d’avoir un gros vélo dans les mains. Une pression du démarreur suffit, si l’on a pensé à prendre dans une poche la clé sans contact. Le double échappement en forme de flûtes est très joli, mais la bande-son de ce monocylindre refroidi par liquide est plutôt discrète.

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Les protège-mains font partie de l’équipement de série. Tout comme des leviers de frein et (ici) d’embrayage ajustables.

Le guidon est facile à manier, le levier d’embrayage aussi, les repose-pieds, tout est fait de manière à ce que le pilote se tienne droit avec les jambes à angle droit. On est effectivement sur une moto à classer parmi les enduros ou les trails.

Le mono Zontes monte haut dans les tours

On engage le premier rapport, on ouvre l’accélérateur… et ça avance sans gros effet. Le couple à bas régime n’est pas foudroyant. Normal, au vu de la cylindrée modeste, et surtout du caractère du monocylindre Zontes, qui est modeste en bas du compte-tours, mais qui par contre accepte qu’on le fasse grimper à plus de 10000 tr/min.

En ville, si on veut progresser à bonne allure, il faut jouer du sélecteur pour au minimum atteindre la deuxième ou la troisième. En campagne, c’est la même chose, mais en troisième, quatrième ou cinquième, et on peut garder de l’élan avant les virages. La plage de régimes agréables au niveau des vibrations se situe entre en gros 3000 et 6500 tr/min. Au-dessus, on a une bonne accélération, mais aussi des vibrations à haute fréquence qui peuvent parfois un peu déranger. Pas les rétroviseurs, qui ne bougent pas, pas les poignées du guidon, mais l’assise, et dans une moindre mesure les repose-pieds.

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Les échappements sont très jolis et ne vous ébouillantent pas les mains. Mais la sonorité est discrète.

La maniabilité de cette T 310 est à toute épreuve. On passe d’une inclinaison à la suivante avec un minimum d’effort. Et d’une trajectoire à l’autre en bougeant à peine le corps. C’est presque surprenant, notamment lorsque l’on a l’impression que la roue avant tombe sur l’angle. Si l’on est précis, tout va bien, mais si l’on a des mouvements un peu désordonnés, les trajectoires deviennent vite moins propres.

La fourche télescopique inversée de la Zontes, non ajustable, offre un bon compromis entre stabilité et vivacité. Son amortissement est cohérent dans la durée, même sur une succession de petites bosses. Et le confort est très acceptable. Il faut dire que la moto pèse peu de kilos (moins de 160 à sec). L’amortisseur, dont on peut ajuster la précharge avec un outil, est plus sec et un poil moins confortable, sensation accentuée par le rembourrage peu fourni de la selle. Mais il tient l’arrière correctement.

Tout-terrain: occasionnel

Quand on se hasarde à sortir du ruban d’asphalte pour emprunter un petit sentier caillouteux, la légèreté de la Zontes est un atout, son guidon n’est pas trop bas pour le pilotage debout. Et l’on peut débrancher l’ABS (complètement, impossible de le laisser actif sur la seule route avant). Les repose-pieds, eux, ne sont pas particulièrement adaptés à cet usage, mais c’est passable.

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La position debout est passable (avec des roues de 17 pouces), si on ne roule pas trop vite.

Les freins sont bien pour qui débute sur une moto, un peu moins s’il s’agit de rouler de manière sportive. Il faut vraiment tirer le levier à fond pour obtenir une décélération rapide. Au moins l’ABS, assez récent, est-il un allié et ne provoque-t-il que peu d’à-coups, de surcroît peu intrusifs. Mais on sent que le châssis et les suspensions sont capables de rouler de manière bien plus agressive que les freins ne vous y incitent.

Au passage, on loue la protection calorifique installée sur le double pot d’échappement. Après une bonne heure de route, on peut poser son gant sur les deux cylindres sans se faire cramer la main. C’est plutôt rare.

Un petit mot sur le pare-brise de la Zontes, qui enlève un peu des turbulences, surtout en position haute. Il n’est cependant pas très protecteur. Heureusement on a les protège-mains. Il faut dire que cette moto semble faite pour des personnes qui sont tendanciellement plus petites que les motocyclistes européens. Le sous-signé en veut pour preuve le levier du sélecteur de vitesses, à gauche, qui demande un certain doigté du pied pour glisser la botte de taille 42 sous ledit levier. L’espace entre celui-ci et le repose-pied est en effet compté. Quant à la commande des clignotants, elle est peu ergonomique selon nous: le signofil une fois enclenché, il faut repousser (latéralement) le bouton en position centrale pour l’éteindre. Sur la quasi-totalité des autres motos, il suffit d’un appui vertical sur le bouton.

pare-brise
Pare-brise en position basse et haute.

Mais la marque chinoise a pensé à beaucoup d’autres détails pratiques. Lorsque vous laissez votre moto allumée (le contact mis, mais le moteur à l’arrêt), le contact se coupe au bout d’un certain temps. Pour éviter que la batterie ne soit vidée parce que vous avez oublié de le faire vous-même (rappelez-vous, on a une clé sans contact, et il n’y a pas de barillet). On peut aussi varier l’intensité lumineuse du tableau de bord en roulant, grâce à un petit bouton placé sous l’afficheur. C’est indispensable de nuit, sous peine de se voir ébloui. Les indications présentes sur l’écran LCD sont très claires. On a plus que le strict nécessaire, avec l’heure, une jauge d’essence et un indicateur de rapport de vitesses engagé.

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Le tableau de bord est très lumineux. De nuit, il faut baisser l’intensité. Il y a un tout petit compartiment porte-cartes juste en dessous.

Les phares, eux, sont puissants, et sont réglables en mode feu de jour ou de croisement. Dans ce dernier, les boutons aux deux extrêmités du guidon sont rétro-éclairés en rouge! Il existe déjà quelques accessoires, dont une paire de valises qui vient compléter le porte-paquet – de série lui aussi.

Zontes commence à disposer d’un petit réseau de concessionnaires en Suisse romande. Et la marque ne se limite pas à un modèle, mais décline moteur et châssis dans bien cinq incarnations différentes: une naked, l’enduro de voyage que nous avons essayée, un cruiser (une sort de mini Diavel) et une sport-GT. Toutes à des tarifs absolument plancher au regard de leur qualité de fabrication.

Photos: Sylvain Muller
Article à paraître sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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