Aller tourner sur circuit, comment s’y initier?
Pilotage moto

Aller tourner sur circuit, comment s’y initier?

Il existe plusieurs offres destinées aux débutants (mais pas seulement). Voici un tour d’horizon non exhaustif de ce que l’on trouve en Suisse, que ce soit pour du coaching ou pour des cours plus intensifs.

Aller tourner sur circuit, c’est fun, et ça permet de se familiariser avec les limites de sa moto. Mais c’est aussi un investissement en temps et en argent. Car tout le monde le sait ou presque, il n’y a pas de circuit de vitesse digne de ce nom en Suisse. Celui de Lignières (NE), certes amusant, n’est pas fait pour cela car trop petit. Et une interdiction légale est en vigueur dans notre pays depuis les années 1970′, forçant les amateurs à s’expatrier en France, en Italie, en Allemagne ou ailleurs pour aller poser leur genou sur l’asphalte d’une piste.

Mais, entre importateurs et sociétés spécialisées, il existe plusieurs offres permettant de s’initier à cette pratique de manière sûre et pas (trop) chère. Nous avons pu tester notamment celle de Honda Suisse. Baptisée «Honda Racing Days», elle est abordable financièrement – 540 frs pour deux jours au Castellet avec les repas – et s’adresse en partie à des motocyclistes qui roulent sur d’autres marques de moto.

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Le coach passe devant pour montrer les trajectoires et donner le rythme, puis observe son « élève » depuis derrière et lui donne un retour.

La formule prévoit la présence de coachs sur le circuit, qui sont des pilotes expérimentés. Kévin Zufferey, motociste valaisan actif dans le garage du même nom et responsable d’un team en championnat mondial d’endurance, en fait partie. «Le coaching a l’avantage d’être facultatif, c’est moins contraignant, explique-t-il. On discute d’abord pour voir quels sont les besoins, et on s’y adapte. On passe devant pour montrer les trajectoires, les freinages… et ensuite on inverse et on observe. Et on travaille sur des points précis. Quand il y a peu de temps, on en choisit un, c’est souvent la position.»

D’autres marques de moto ont aussi une offre destinée prioritairement à leurs clients. C’est le cas notamment de Ducati, qui concentre ses activités sur les circuits italiens de Misano et du Mugello, via le programme DRE (Ducati Riding Experience) Track. Ce programme propose une offre spécifique pour les débutants. Les cours ont lieu en italien et en anglais.

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Notre ancien  testeur Yannick Freymond avec son « guide » privé, Manuel Poggiali.

Ces cours ne sont pas bon marché, mais l’encadrement est de qualité et intensif, et comprend la mise à disposition de la moto. Ils sont réservés à des possesseurs de Ducati (lire notre essai de la Panigale V4 dans le cadre du DRE).

Chez Yamaha, c’est un peu plus varié. Il y a d’un côté la Yamaha Riding Academy, qui s’adresse à des pilotes ayant déjà un peu d’expérience, se déroule en général sur trois jours, et utilise les deux supersport japonaises, la R1 ou la R6. Et de l’autre une offre plus appropriée pour les débutants, appelée «Discover the Bike», donnée en partenariat avec un autre prestataire, une fois par an sur l’Anneau du Rhin. Il n’est pas forcément besoin d’avoir une Yamaha. Pour découvrir toute la palette en détail, suivre ce lien.

Offres tous publics

Depuis pas moins de 27 années, la vente de forfaits pour aller rouler sur circuit est la raison de vivre de la société FVP. Son offre figure dans le top 10 européen. Dirigée aujourd’hui par Florent Picaud et sa compagne Barbara Schöpfer-Jungo, elle propose elle aussi des initiations, sur des circuits adaptés. Comprenez: pas au Mugello, pour ne donner qu’un exemple, mais plutôt à l’Anneau du Rhin, à Bresse ou au Castellet. Ces cours se font en petits groupes et mêlent un peu de théorie avec pas mal de pratique, pas par pas, avec un gros focus sur la sécurité. Le coaching est gratuit, il est déjà compris dans la structure mise en place pour encadrer les participants aux sorties sur circuit. Là non plus, il ne s’agit pas d’une école de pilotage.

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Les BMW S 1000 RR utilisées par FVP pour les sorties sur circuit et pour le coaching.

«Nous avons chaque année en moyenne 5000-6000 personnes qui vont avec nous sur circuit, et cela se renouvelle. Il y a une demande constante dans ce lot pour une aide aux premiers pas», analyse Florent Picaud. Environ 70% de ses clients résident en Suisse, avec deux tiers de Romands contre un tiers d’Alémaniques. L’offre (entre 175 et 395 francs), inclut une assurance RC spécifique, mais pas les repas. Il est possible, contre un petit surcoût, de faire transporter sa moto de manière séparée, pour arriver reposé sur la piste. On note que les circuits proposés dans  l’offre générale de FVP figurent parmi les plus recherchés.

Outre FVP, en Suisse, on peut notamment s’inscrire à la Cornu Master School, qui a elle aussi une grande expérience et propose des initiations au circuit sur l’Anneau du Rhin, en Alsace, de façon séparée des autres cours, avec les repas compris dans le forfait. Il y a aussi les cours du TCS, toujours sur l’Anneau du Rhin.

Il existe enfin depuis moins d’années les Acid Tracks, organisés par la société qui publie le blog moto francophone acidmoto.ch. Ces derniers offrent une belle variété de circuits, en France surtout, mais aussi (un circuit) en Espagne. Le coaching est inclus dans l’organisation de chaque événement et ne fait donc pas grimper la facture. Celle-ci comprend les repas et des photos qui vous serviront à montrer à vos copains à quel point vous vous êtes améliorés entre la première et la dernière heure de piste.

Encore quelques conseils

Une des difficultés pour ceux et celles qui veulent débuter sur circuit est de trouver des offres le week-end. C’est logique. Les pistes sont bien sûr fortement demandées les samedis et les dimanches, et leur prix de location est en conséquence souvent majoré en fin de semaine – cela peut atteindre plus 25%! La distance à couvrir depuis la Suisse est aussi un facteur dont il faut tenir compte. Les circuits les plus proches sont ceux de Bresse et Dijon, ainsi que l’Anneau du Rhin, en France (comptez entre deux et trois heures), et la petite piste de Franciacorta, au nord de l’Italie, à un peu plus de quatre heures de Lausanne. Si l’on veut aller plus loin, on va donc dépasser les huit heures de route aller et retour. Dans ces cas-là, mieux vaut prévoir deux jours pour se donner le temps d’assimiler les nouveautés.

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On peut tout à fait apprendre le circuit avec une naked, comme ici lors d’un coaching donné par la société FVP.

Et puis les possibilités d’initiation ne comprennent en général pas l’hébergement. Il faut se dénicher soi-même un hôtel, ou dormir dans une tente, comme il est de coutume pour les pilotes amateurs. Un aspect souvent sous-estimé est aussi la limite de bruit à laquelle la plupart des circuits est soumise. Il arrive malheureusement relativement souvent qu’une moto vendue dans le commerce et munie d’un échappement spécial la dépasse.

Il peut aussi être très salutaire de contracter une assurance accidents juste pour votre sortie sur circuit, car de nombreuses compagnies émettent des restrictions en cas de «comportement à risque».

Enfin il ne faut pas confondre les initiations au circuit et les cours de sécurité routière, qui utilisent
le circuit comme support pédagogique, car il est plus sûr que la route.

Photos: DR
Article paru sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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