Cap au Nord, Honda propose une aventure!
Voyage Oslo - Nordkapp, étape 1

Cap au Nord, Honda propose une aventure!

La marque japonaise lance les « Adventure Roads », une offre de voyage destinée à ses clients, tout spécialement les possesseurs d’Africa Twin. Et comme galop d’essai, elle a convié journalistes, blogueurs et VIP pour un trip de 3500 km jusqu’au Cap Nord. Voici la première étape, entre Oslo et Fosnavag.

Près de 3500 kilomètres de route, cap au Nord, au guidon d’une Honda Africa Twin de dernière génération, au mois de juin-juillet. C’est le défi que nous a proposés la marque japonaise, sous l’emblème des Adventure Roads 2017. Soit une nouvelle offre de voyage destinée aux clients Honda, possesseurs d’une moto de la famille « Adventure », et tout particulièrement de la nouvelle star de la gamme, la CRF 1000.

Le voyage partait de la capitale norvégienne, Oslo, le lundi matin. Près de 40 journalistes, blogueurs et VIP étaient parés pour l’aventure. Il s’agissait de faire parler de cette offre afin de donner envie aux clients futurs de s’inscrire pour la prochaine virée, qui, selon directeur général de Honda Moto en Europe, Vito Cicchetti, aura probablement lieu en 2018, sur d’autres routes. Et sur une base payante.

Honda avait tout organisé dans les moindres détails. Des guides à moto encadraient les motards et motardes venus d’Europe, du Japon et d’Indonésie. Chaque « aventurier » avait sur son engin un Tripy. Pas un GPS, mais un roadbook digital façon rallye, qui était chargé à chaque fois avec la route du jour. Il a fallu huit étapes en tout pour rejoindre le point le plus septentrional d’Europe, le Nordkapp, au-delà du cercle polaire et du jour éternel (en été). Huit journées, et donc huit nuits, passées dans des hôtels, pensions, et un camping au bord de mer.

Première et longue étape

Les itinéraires choisis faisaient la part belle aux paysages, et oscillaient entre 350 et 550 km. Avec souvent des trajets en ferries, pour traverser les célèbres fjords norvégiens. Voici le récit de la première étape, qui nous a conduits d’Oslo à la petite localité de Fosnavag, au bord de l’Atlantique.

Les Africa Twin n’avaient pas toutes les mêmes équipements. La mienne, par exemple, était dotée du désormais célèbre DCT (Dual Clutch Transmission) Honda. Un système automatique qui passe les vitesses à votre place. Avec quatre modes automatiques, selon le type de conduite que l’on veut adopter, et la possibilité à tout moment de faire soi-même l’opération, grâce à deux petites palettes situées sur la partie gauche du guidon.

Hangar de l’hôtel, lundi matin tôt, prêts à partir.

Quelques chanceux avaient droit à des poignées chauffantes. Il y avait aussi de nombreuses motos avec des barres de protection autour du moteur. On ne sait jamais, surtout pour un si grand voyage. Et bien sûr, toutes disposaient d’une topbox et de deux valises en aluminium. Charge aux participants, s’ils le voulaient, d’arriver avec un sacoche de réservoir pour y glisser carte, roadbook papier et menus objets, ainsi qu’un sac à dos et un sac de voyage à positionner, par exemple, sur l’arrière de la selle.

Avec tout ça, les CRF 1000, qui pèsent déjà plus de 200 kilos d’origine, étaient plutôt lourdes à manoeuvrer sans le moteur. Mais en roulant, elles deviennent très vite des machines agiles et joueuses. Cap vers le nord, donc, notre hôtel se trouvant déjà dans la banlieue nord d’Oslo. Rien d’extraordinaire durant les premiers 100 kilomètres, si ce n’est un certain nombre de fort jolis lacs. Et un accident qui allait laisser des traces sur notre cordée.

Collision entre deux motos

Une collègue française, qui roulait sans doute un peu trop près de ma poupe, m’est en effet littéralement rentrée dedans lors d’un changement de direction. Bilan: une côte cassée pour la malheureuse, et une moto inutilisable en l’état pour le signataire de ces lignes. C’est là qu’est entrée en jeu la doctoresse qui nous suivant en voiture, ainsi que les mécanos et leur van d’assistance technique. Quelques coups de clés plus tard, je pilotais la moto de ma consoeur, qui elle se trouvait dans l’auto de la toubib.

Et nous montons, jusqu’à la station de sports d’hiver de Beitostollen. Qui pour l’heure est beaucoup trop verte pour satisfaire cette vocation. C’est aussi l’occasion de refaire le plein d’essence avant d’aborder le long de la route numéro 51 des paysages de moyenne montagne spectaculaires.

La montagne et un bateau

On est tout près du parc naturel du Jotunheim, et l’on passe près des lacs de Bigdyn et de Vystre. Il y a même un gros bateau échoué sur la terre ferme, un peu surréaliste. La végétation est sans arbre, comme il se devrait en Suisse à une altitude bien plus élevée. Ici, en Norvège, on se trouve à un peu plus de 1400 mètres au-dessus de la mer. Arrêt lunch, donc, servi au premier « foodtruck » de notre voyage. Une soupe aux patates et à la viande, qui tient bien au corps. Et un brin de causette avec le VIP qui nous accompagne durant ces deux premières journée: Paulo Gonçalves, pilote de rallye Honda (HRC), qui s’est distingué à plusieurs reprises lors du rallye du Dakar en Amérique du Sud. Il se prête au jeu du selfie, en pro de la com.

Un selfie avec Paulo Gonçalves, pilote de rallye du HRC.

Et première conversation avec des « indigènes », un couple de Norvégiens en camping car (enfin presque, plutôt un très gros monospace). Ils viennent de Lillehammer – oui, les Jeux Olympiques d’hiver – et vont vers le nord, tout comme nous. Ils nous prédisent de la pluie, et nous conseillent de nous arrêter pour admirer une drôle de roche, dans quelques kilomètres.

Drôle de roc, comme déposé par un troll de bonne taille.

Effectivement. Un très gros roc en équilibre sur un autre, au milieu d’un désert de rocaille et de broussailles rases, roc qui semble avoir été laissé là par un être de très grande taille. Peut-être un troll? Cette créature légendaire, très connue en Norvège, est censée être d’une grande force, mais aussi d’une incommensurable bêtise.

Les premières églises

Nous repartons vers un autre col, après avoir longé une rivière tumultueuse. Et après avoir bifurqué à gauche, nous arrivons à Fossbergom. Où se trouve une magnifique église entièrement construite en bois, la Stavkirkje de Lom. Elle date du Douzième siècle, c’est l’un des premiers lieux de culte chrétiens du pays, et elle possède des attributs vikings sur le toit: des espèces de têtes de dragon. Comme celles que l’on voit sur les drakkars, les bateaux viking. Où quand les symboles païens sont récupérés par l’église du Christ, en une opération de marketing qui devait être efficace. On remarque un peu partout des panneaux interdisant formellement de fumer, et on comprend pourquoi.

La Stavkirkje de Lom.

Puis nous filons vers l’ouest sur la route numéro 15. Nous nous arrêtons pour boire un café, et constatons que le coût de la vie est élevé en Norvège. Puis nous longeons des lacs dont certains sont encore aux trois-quarts recouverts de glace et de neige. Il commence à pleuvoir, et la température descend. De 23-24 degrés, on arrive à moins de 15.  Puis c’est la neige qui s’en mêle et se met à tomber. Il faut sortir les habits de pluie et les housses imperméables pour le sac à dos et la sacoche de réservoir. Que ceux qui n’ont jamais  juré en enfilant un pantalon anti-pluie sur des habits de moto sorte tout de suite du rang!

Descente vers le port

Et l’on se prépare à redescendre par la tortueuse route qui conduit au bout du fjord de Geiranger, où nous attend un ferry. Avec une seconde d’hésitation. Il y a là tout près la « skywalk » de Dalsnibba, au bout d’une toute petite route qui grimpe dans le brouillard et dont l’accès est payant. Il paraît que la vue est incroyable, tout en haut. Mais pas quand le brouillard s’en mêle.

Il va falloir descendre dans le brouillard.

Hop, on descend par la route principale. Elle ressemble un peu à celles qui mènent aux cols suisses, avec ses innombrables épingles et ses bus qui prennent toute la largeur du virage. Il vaut mieux les laisser passer.

Dans un fjord, il y a toujours des bateaux de croisière.

Arrivés au port, un troll nous accueille. De la variante touristique, planté devant une boutique de souvenirs. Avec le gros nez caractéristique et les cheveux en broussaille.

Troll touristique.

Le fjord de Geiranger est inscrit au patrimoine de l’Humanité. Il est vrai que, même par mauvais temps, il est très beau. De grandes cascades tombent depuis le sommet des falaises, 300 mètres plus haut. Il y a les « trois soeurs » et, en face, le « prétendant ». Plus quelques fermes isolées, dont certaines sont encore en exploitation.

Les « trois soeurs » dans le fjord de Geiranger.

Après un peu plus d’une heure de navigation, nous débarquons à Hellesylt, et nous remettons en selle. En tâchant d’observer les limitations de vitesse, malgré une envie bien compréhensible d’arriver à l’hôtel et au repas du soir. Pas plus de 80 km/h sur les routes hors localité, avec souvent des tonçons à 70 ou 60, quand des habitations éparses se trouvent le long de la chaussée. C’est frustrant, parce qu’il faut faire beaucoup de kilomètres pour passer d’un bled à l’autre. Mais les amendes en cas d’excès sont salées. Pas loin de 500 euros pour un dépassement de 10 km/h. Heureusement, le pays est très grand, la police ne peut pas être partout, et les gens sont tolérants pour autant que l’on ne traverse pas une localité comme un fou ou que l’on ne dépasse pas de manière cavalière.

Nous prenons notre premier tunnel sous-marin. La route plonge carrément, et l’on sait que l’on se trouve sous le niveau du fond de l’eau quand on voit sur les parois et le plafond du tunnel des rangées de petites lumières bleues. Qui symbolisent la mer. Quelques kilomètres plus tard, nous voici dan sle village de Fosnavag, au bord de l’océan.

On mange, on discute, on boit… et il est vite tard sans que la lumière ne baisse significativement. Nous sommes en fait déjà suffisamment au nord pour que la nuit n’existe plus vraiment. La suite demain, direction Trondheim.

Voici encore quelques photos

Galerie photos

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Photos: Honda/Greg Jongerlynk, Jérôme Ducret, Jean-Paul Naddeo, DR
Article paru sous une autre forme dans le journal Le Matin, et à paraître dans le magazine Moto Sport Suisse

Article mis à jour le 18 juillet 2017 à 21:20

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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