Dakar 2022 – 7ème étape : Adrien Van Beveren prend le commandement de la course
Dakar 2022

Dakar 2022 – 7ème étape : Adrien Van Beveren prend le commandement de la course

C’est l’heure de la reprise pour le Dakar. Après une belle journée de repos à Riyadh (pour celles et ceux qui n’avaient pas trop de mécanique à faire sur leurs motos), les pilotes attaquaient la deuxième semaine de course au cœur de l’Arabie saoudite. Une 7ème étape qui s’est soldée par la victoire de Jose Ignacio Cornejo Florimo (Honda) et qui voit Adrien Van Beveren (Yamaha) prendre la tête du rallye.

Pour se remettre en forme, rien de tel qu’un gros morceau de désert saoudien, doublé d’une multitudes de pistes entrecroisée. 401 kilomètres de spéciale chronométrée étaient ainsi au programme aujourd’hui, avec des liaisons de près de 300 kilomètres. Autant dire que la reprise était plutôt du genre costaud. Les frustrés des étapes 5 et 6, écourtées en raison de divers problèmes organisationnels, devaient être aux anges ce matin. Entre Riyadh et Al Dawadimi les attendaient 150 kilomètres de dunes, suivies par un labyrinthe de pistes représentant un gros défi en termes de navigation. Pas de doute, le Dakar a repris !

Accident en liaison

Au départ ce matin, Daniel Sanders (GAS GAS #4) étaient aux abonnés absents. En cause, une chute sur le parcours de liaison qui permettait de rallier le départ de la spéciale. Le vainqueur de l’étape 6 souffre de fractures au coude et au poignet gauche. Il devrait être opéré demain et se retrouve contraint d’abandonner un Dakar 2022 qui s’annonçait prometteur pour lui. Un coup dur pour le jeune pilote, mais aussi pour l’équipe GAS GAS puisque tous les espoirs de la marque espagnole reposent, dès aujourd’hui, sur les seules épaules de Sam Sunderland (#3).

Ross Branch (#16), en revanche, était bel et bien présent aujourd’hui. Le pilote botswanais, qui avait pulvérisé sa Yamaha dès les première kilomètre de la sixième étape, est assez en forme pour repartir. Il utilise donc, comme Danilo Petrucci (KTM #90) avant lui, le «Joker» qui permet à un concurrent de repartir après un abandon, avec une lourde pénalité cependant (11h dans ce cas précis). Ross Branch est donc hors-course pour le podium final, mais il ne fait aucun doute qu’il jouera la victoire d’étape à chaque fois qu’il le pourra.

Ouvreur par défaut

Daniel Sanders out, c’est à son coéquipier Sam Sunderland d’ouvrir la route de cette 7ème étape. Un cadeau surprise qui s’est surtout révélé être un cadeau empoisonné, le pilote australien perdant du terrain dès le départ, et terminant cette spéciale en 28ème position, à 25 minutes et 55 secondes du vainqueur du jour.

Mais avec une 4ème place au classement général, avec seulement 5’38 de retard sur le nouveau leader, Sam Sunderland garde confiance pour la suite de la course : «Ça a mal commencé avec cette chute de Daniel (NDLR Sanders) dans la liaison. Ensuite l’étape était très difficile en navigation, d’autant plus que j’ai dû partir en tête. C’était un peu frustrant, mais les prochains jours ce sera la même chose pour les autres. Bien sûr c’était sympa de mener la course, mais ça ne veut rien dire à mi-parcours, il y encore de longues journées devant nous, et de nombreuses opportunités d’attaquer. Je suis content pour Adrien, mais en même temps il va devoir partir devant moi demain, c’est plutôt intéressant.»

Le patron roule en Yamaha

C’est donc Adrien Van Beveren qui fait la bonne opération du jour. Pointant à la 10ème place de cette septième étape, le pilote français place sa Yamaha numéro 42 en tête du classement général, avec plus de cinq minutes d’avance sur ses poursuivant. Un excellent signal pour la firme aux trois diapasons, qui court après une victoire sur le Dakar depuis 1998, date à laquelle avait triomphé, en moto, un certain… Stéphane Peterhansel !

Adrien Van Beveren est évidemment ravi, d’autant que ses 4 dernières participations s’étaient finies plus ou moins tragiquement. Un goût d’inachevé qui pousse le pilote Yamaha à mettre du gaz, mais avec intelligence : «J’ai essayé d’attaquer le plus que je pouvais, mais la spéciale était technique en navigation. Je savais que je pouvais faire une belle opération et j’ai tout donné pour ça. Ça a bien marché, c’est cool. D’où je reviens, ça me fait plaisir. J’ai vécu deux années difficiles avec mes accidents, ça fait du bien. Je vais tout faire pour conserver ce que j’ai fait aujourd’hui, sans m’emballer. Mon objectif c’est de passer la ligne d’arrivée, je le dis depuis le début et il n’a pas changé. Tout reste encore à faire, je vais m’appliquer jusqu’au bout. Et si ça veut le faire, ce sera top ».

Doublé pour Honda

Revenons à cette 7ème spéciale, et à ses multiples pièges. Au petit jeu de la navigation ardue, c’est Jose Ignacio Cornejo Florimo (#11) qui se démarque. Et offre à Honda une seconde victoire d’étape sur ce 44ème Dakar après celle, en 4ème étape, de Joan Barreda (#88).

Le pilote chilien, plutôt discret depuis le début du rallye, a saisi l’occasion de prendre enfin l’avantage : «J’ai eu l’opportunité d’attaquer et c’est ce que j’ai fait. Je savais que la navigation allait être un peu compliquée et j’ai baissé un peu le rythme pour ne pas faire d’erreur. Cette semaine il est temps de changer la façon de voir les choses, on a passé la première semaine et il faut maintenant penser à attaquer avant la fin. Je suis content et motivé pour demain. Même si la navigation est ma spécialité, j’ai commis une grosse erreur le premier jour qui m’a fait perdre beaucoup de confiance. J’ai eu une petite baisse de moral, mais c’est derrière moi maintenant. Je dois remercier mon équipe, ils m’ont toujours soutenu à 100%. Aujourd’hui, enfin, j’obtiens un résultat et cela me fait du bien. Cette victoire me donne un coup de fouet psychologique. Je vais tenter de reprendre tout le temps que je peux.»

Top 5

Derrière le pilote Honda se trouve le tenant du titre Kevin Benavides (KTM #1), à seulement 44 secondes. Joan Barreda (Honda #88) frappe fort, malgré une épaule toujours en vrac, et monte sur le podium, à moins de 3 minutes (2’51) de son coéquipier. Luciano Benavides (#77) place la première Husqvarna en quatrième position, à 7’50, tandis que Lorenzo Santonlino (Sherco #15) complète ce top 5 avec 8’29 de retard sur le vainqueur du jour.

Les Sherco 2022 marchent très très fort.

Un Lorenzo Santolino qui entend bien garde le rythme jusqu’à Djeddah : «Je suis parti sur un rythme raisonnable jusqu’à la neutralisation. Ensuite, on s’est regroupés avec Joan Barreda et Pablo Quintanilla et on a imprimé un bon rythme dans une zone où il y avait beaucoup de navigation. Après, c’est Joan qui a pris les commandes dans une zone très rapide. Petit à petit, j’ai perdu le contact. Je me suis calé à mon rythme et je perds peu de temps au final. Mais le plus important, c’est d’être régulier. Le Dakar commence au moment où tu te lèves et ne finit que quand tu te couches. On a bien vu aujourd’hui qu’il y avait des endroits où l’on pouvait réaliser des erreurs. C’est pour cela que je suis concentré sur les petits détails, qui font toute la différence à la fin du Dakar.»

Danilo Petrucci en souffrance

L’ex-pilote de MotoGP Danilo Petrucci, qui avait fait sensation en s’adjugeant la victoire dans la 5ème étape, semble avoir pas mal souffert aujourd’hui. Au sens figuré comme au sens propre, puisque le pilote KTM s’était méchamment abîmé le coude lors d’une chute, au début de la sixième étape. Il termine la spéciale en 44ème position, à plus de 50 minutes du leader.

En tête de la course

Au classement général, c’est donc Adrien Van Beveren qui prend le commandement. Il est suivi des KTM de Matthias Walkner (#52) et Kevin Benavides, en embuscade à respectivement 5’12 et 5’23. Sam Sunderland place la première GAS GAS en 4ème position, à moins de 30 secondes des KTM (5’38 sur la Yamaha de son beau-frère Adrien Van Beveren). Lorenzo Santolino est 5ème, à 6’34, tandis que les Honda de Pablo Quintanilla et Joan Barreda prennent les 6ème et 7ème rang de ce classement provisoire, à respectivement 8’15 et 8’33. Pas de doute, la course sera serrée ces prochains jours.

Joaquim Rodrigues (Hero #27), vainqueur de la seconde étape, est sixième aujourd’hui, et 16ème au classement général provisoire.

Du côté de la Suisse

C’est une belle reprise pour Jonathan Chotard, qui parle d’une étape « usante et qui laissait peu de répit ». Le pilote de 33 ans est content… d’en avoir terminé avec la spéciale de 401 kilomètres.

« Je suis content d’être au bout de cette spéciale. Il fallait être très rapide, et surtout très attentif : il y avait des traces dans tous les sens et il fallait être bon en navigation. Mais je n’ai pas loupé de waypoints et je pense m’en être bien tiré. Niveau terrain, c’était beau mais technique, avec des belles dunes bien cassées, des oueds très rocailleux, beaucoup de poussière si on suivait un concurrent… Une belle journée, mais très usante, physiquement comme mentalement. »

Jonathan Chotard est 63ème du jour, et 83ème au classement général. Il s’est arrêté pour donner un peu d’essence à un pilote en difficulté, mais ne sait pas si ce temps lui sera re-crédité. Qu’importe, c’est aussi ça, l’esprit du Dakar!

Nicolas Monnin parle également d’une étape difficile: « C’était une très, très longue journée. On s’est levé à 4h ce matin, puis 200 kilomètres de liaison et plus de 400 kilomètres de spéciale. C’est toujours délicat de reprendre se remettre dans la course après la journée de repos. Je me suis concentré sur la navigation, qui était vraiment rude, avec beaucoup de pièges. Mais je n’ai pas fait d’erreur, je suis content. C’était assez roulant, un peu trialisant. Les bras ont souffert car beaucoup de voitures nous ont dépassés, et la piste est devenue vraiment dure pour les motos. C’était long, vraiment. Mais content d’être arrivé, il y a une grosse étape demain et je vais m’y préparer. »

Demain, c’est en effet 395 kilomètres de spéciale qui attendent les concurrents, en plus de 435(!) kilomètres de liaison. Un très, très gros morceau, à n’en pas douter. Nicolas Monnin termine cette 7ème étape en 111ème position, et pointe au 117ème rang du classement général.
Le neuchâtelois Nicolas Monnin (Honda #116), à l’attaque dans la 7ème étape.

Plus d’infos sur le site du Dakar.

Photos: ASO - Rally Zone - DPPI

Article mis à jour le 9 janvier 2022 à 21:03

Auteur

Mathias Deshusses

Mathias Deshusses

39 ans, genevois et sur deux-roues depuis toujours. Roule sur une Triumph Rocket 3 et une KTM 390 Adventure. Aime par conséquent les machines à grosses sensations, mais aussi s’aventurer hors des sentiers battus. Est autant à l’aise avec un guidon qu’avec un appareil photo entre les mains.

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