La Mash Seventy, une jolie moto, mais pas que
Test Mash

La Mash Seventy, une jolie moto, mais pas que

Cette 125 cm3 néo-rétro est l’une de motos les plus abordables du marché. Nous l’avons testée durant un road trip de deux jours dans les Grisons. Avec de l’autoroute pour y aller, bien sûr. Bien que la base moteur ne soit pas toute neuve, la petite Française (fabriquée en Chine) est loin d’être ridicule par rapport à la concurrence. Et pas seulement en ville.

Elle vous fait tout de suite de l’oeil, la Mash Seventy, avec son jolis coloris noir mat, sa selle brune assez classe, son petit phare rond avec sa grille de protection, les soufflets de fourche et, détail ultime, sa tubulure d’échappement recouverte d’une bande adhésive ignifuge. On est dans les Seventies à fond, effectivement. Et puis c’est à peu près la moto la moins chère du marché suisse, à moins de 3000 francs.

Mais cela reste une 125 cm3, à la puissance très limitée – elle n’atteint même pas le maximum légal de 15 chevaux. Et l’équipement de bord, logiquement, est assez dépouillé. Il n’y a pas de compte-tours, ni même de totalisateur partiel de kilomètres parcourus. On ne parle même pas d’une béquille centrale, d’une horloge ou d’une jauge d’essence.

Nous avons voulu voir ce que ça donnait en ville, sur autoroute et dans des routes de montagne, lors d’un test mjulti-marques mené avec nos confrères alémaniques du journal Moto Sport Schweiz. Le terrain de jeu étaient les Grisons. Et comme Fun-Car, l’importateur suisse de la marque, se trouve dans le canton de Neuchâtel, le prétexte était tout trouvé pour faire rouler la petite Mash sur plusieurs centaines de kilomètres d’autoroute.

Mash Seventy
Un look séduisant, avec ce petit phare rond protégé par une grille noire, et cette tubulure d’échappement enveloppée par des bandes blanches. La définition même du (néo)rétro un rien british avec des pincées de Custom Culture.

Il faut préciser que notre Seventy de test avait à peine quelques heures au compteur, et que le rodage était encore à faire. Ce qui explique que jusqu’à environ Zürich la petite machine française fabriquée en Chine n’a que rarement réussi à dépasser les 90 km/h. Mais, d’un coup, le petit moteur refroidi par air de conception antique (c’est en gros celui d’une Suzuki GN 125 refait sous licence, et à qui on a ajouté l’injection électronique) a semblé prendre du volume. Et l’aiguille du compteur de vitesse analogique a continué sa progression, en sautillant, jusqu’à dépasser la barre des 100 km horaires. Difficile de préciser la vitesse de pointe, l’aiguille ne restant pas en place à ces régimes. Mais cela rend en tout cas l’autoroute acceptable.

Mash Seventy
Un moteur refroidi par air qui n’est plus de prime jeunesse. Mais il est Euro 4 et bénéficie d’une injection électronique efficace.

Ce qui est intéressant, c’est que l’assise est elle aussi acceptable après toutes ces heures de ligne droite avec un taux de vibrations relativement élevé. La selle bien rembourrée n’y est bien sûr pas étrangère. Et les suspensions, bien que basiques, offrent un amortissement correct, axé sur le confort. En voulant, il y aurait même bien assez de place pour emmener un passager. S’il ne pèse pas une tonne… simple question de physique, il faut encore pouvoir avancer sans devenir une chicane mobile pour le reste du trafic.

Les derniers « miles » (bin oui, c’est une moto qui a un nom anglais) sont effectués avec le pilote dans la position d’une grenouille et qui tient la jambe de fourche gauche de la moto. Histoire de progresser plus vite et d’arriver à l’heure au rendez-vous, sur l’aire d’autoroute « Glarnerland », juste avant le lac de Walen. Et à partir de là, on se suivra en file indienne sur des routes cantonales plutôt rectiligne jusqu’à l’hôtel. Avec juste un petit détour par le Kerenzerberg pour avoir quand même quelques virages en ce premier jour de notre comparatif. Vous retrouverez tous les détails de ce dernier dans le numéro 11 du magazine Moto Sport Suisse, qui paraît le 16 novembre.

Mash Seventy
La Mash Seventy est uniquement disponible dans ce coloris noir mat.

Mais revenons à la Mash Seventy. Dans les villes, elle fait bonne figure, car elle est très maniable. La moto est en effet légère et facile à diriger, avec son guidon extra-large. Le petit monocylindre délivre assez de couple à bas régime pour qu’on puisse se faufiler dans la circulation sans effort. Et à ces vitesses, les freins, qui utilisent des disques et dont l’action est combinée, sont suffisants. Enfin, on l’a déjà souligné, la fourche et l’amortisseur travaillent plutôt bien sur les revêtements irréguliers des centres des agglomérations grisonnes.

Le vrai test arrive le lendemain, après une bonne nuit passé à l’hôtel « Fünf Dorfer » de Zizers. Nous avons en tout deux grands cols, l’Albula et la Flüela, pour tester les capacités de nos machines dans les virages lents et rapides.

Mash Seventy
Le tableau de bord de la Seventy est simple. Très.

Il est clair à ce jeu que le moteur de la Mash Seventy n’est pas le plus performant du marché. Mais en gardant de la vitesse dans les virages, on arrive à rester au contact de machines bien plus chères, comme la KTM 125 Duke ou l’Aprilia RS 125. Enfin presque, la montée est plus difficile. En tout cas, on va plus vite que la concurrente du jour équipée du même moteur (en apparence), la Bullit Hero 125! C’est toujours ça.

Mash Seventy
Comme l’exige la loi, le freinage est combiné: quand vous tirez le levier du frein antérieur, cela actionne aussi le postérieur.

Les pneus fins de marque Timsun, le cadre en acier et les suspensions souples ne font pas des miracles quand on hausse le rythme. Il faut bien accompagner les trajectoires avec le corps pour que tout se passe bien, tandis que le monocylindre s’époumone, et que les freins frémissent sous la pression en entrée de virage. Ce n’est pas exactement le jeu préféré de cette jolie petite moto néo-rétro. Mais elle reste saine et prévisible.

Mash Seventy
Un joli réservoir de 12 litres. Le bouchon n’est bien sûr pas sur une charnière. Il faudra trouver où le poser quand vous faites le plein.

La Mash Seventy est une bonne première moto, à un prix très accessible, qui sera parfaite pour se déplacer en ville, mais pas seulement. La finition semble de meilleure facture que celle des premières Mash d’entrée de gamme des premières années de production de la marque. On n’a pas testé sous l’eau (je veux dire la pluie) ni bien sûr en hiver avec le sel. Mais l’importateur assure que les soucis de fiabilité sont désormais du passé et qu’il n’a eu aucun problème avec cette Seventy.

Mash Seventy
De derrière aussi, elle a un sacré look!

Ce modèle a d’ailleurs fait un tabac en Suisse durant le bizarre saison 2020. Fun-Car, qui n’a pas encore un réseau de concessionnaires très étendu sur l’entier du pays, a réussi à en écouler la bagatelle de 82 unités, le meilleur chiffre pour la marque cette année dans notre pays.

Vous pouvez trouver les motos de la marque Mash notamment chez nos partenaires de l’annuaire des professionnels de la moto: Scooter Service, CP Bike et le Garage des Damiers à Lausanne et Valeyres-sur-Rances (canton de Vaud), Rock & Road à Genève.

Photos: Tobias Kloetzli
Article à paraître sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 52 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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