La Fantic Caballero, petit mono à la belle et grande gueule
Test Fantic

La Fantic Caballero, petit mono à la belle et grande gueule

Dans le registre des marques ressuscitées, Fantic devrait ravir les fans de Scrambler des années 1970 et les débutants cherchant une moto typée avec son Caballero 500, facile à piloter et doté d’une belle gueule. Ce petit monocylindre de 450 cm3 développant une quarantaine de chevaux brille par sa polyvalence, bien que quelques éléments pratiques méritent d’être revus, et par sa volonté d’être remarqué partout où il passe, d’un point de vue visuel et sonore.

Nous parlions de polyvalence, mais rouler sur l’autoroute n’est pas l’activité préférée de la Fantic Caballero, même si elle s’en accommode. Les 40 poneys de puissance maximale du moteur produit par le chinois Zongshen – et développé par Piaggio – suffisent à rouler aux vitesses légales, mais la réserve de puissance nécessaire à un dépassement est très mince.

Côté confort, il n’y a aucune protection, donc il vaut mieux rouler doucement. Avec une assise droite, un guidon large et une selle plutôt moelleuse, le confort de conduite est assuré. Et de toute façon, les 12 litres du réservoir ne permettent pas d’effectuer de grandes étapes.

Au bout d’environ 140 kilomètres, la jauge à essence commence à s’affoler et l’indicateur de réserve à clignoter. Mais la jauge en question n’est pas très précise et a tendance à remonter d’un cran, après avoir fait craindre la panne sèche. Mieux vaut donc se fier au kilométrage du compteur.

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Dotée de suspensions souples et de pneumatiques Pirelli Scorpion Rally, la Fantic permet d’envisager le tout-terrain.

Les vibrations du monocylindre ne sont pas désagréables, mais font trembloter les miroirs et on ne peut que deviner ce qui se passe derrière soi. Un élément à corriger sur les prochaines versions.

La ville est par contre dans le registre de la petite monture, qui sait se montrer agile en milieu urbain. Grâce à sa forme fluette, ses petits 150 kg et son grand guidon (mais pas trop), la Fantic se faufile aisément dans le trafic dense et permet de remonter les files dans les embouteillages.

Les 43 Nm de couple suffisent à s’arracher au feu rouge et à laisser la file de voitures derrière soi. Souple et coupleux à bas régime, le mono permet d’enrouler dans la circulation, sans devoir trop jouer du sélecteur.

Petit bémol: par temps de chaleur, la cuisse droite du motard tend à cuire, les tubulures de l’échappement passant à proximité de la selle.

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Une assise droite, un guidon large et une selle moelleuse en font une moto relativement confortable.

Justement, l’échappement sait faire parler de lui et participe au charme de cette petite monture très Seventies. Le double échappement de marque Arrow émet de sympathiques pétarades lorsqu’on coupe les gaz, ce qui donne un air de gros roadster au petit Caballero.

Et puis, elle a une belle gueule cette version Anniversary, avec son phare à leds grillagé de type rallye, le liseret aux couleurs du drapeau italien sur fond de réservoir bleu ciel et ses jantes à rayons chromés. Les designers de la société, située près de Trévise, ont indéniablement réussi à faire revivre le charme de cette marque apparue à la fin des années 1969, avant de s’éteindre en 1998.

Mais ce design fort réussi a aussi quelques points faibles, surtout par temps de pluie. Le garde-boue arrière est en effet trop court et asperge le pilote sur tout le long du trajet. Pas très pratique lorsqu’on se rend au travail.

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Malgré son petit diamètre, le compte-tour rassemble l’essentiel des informations et reste bien lisible.

Exit la ville pour aller enchaîner les virages sur les routes de campagne sinueuses. Son petit moteur volontaire permet d’enrouler aisément sans trop avoir à jouer du sélecteur. A ce chapitre, la boîte de vitesse est ferme, mais précise. Le sélecteur est cependant situé un peu trop loin du repose pied et oblige à faire des allers-retours lorsqu’on joue avec les vitesses.

Autre point faible: la plage d’utilisation du moteur. Ce dernier n’a plus grand-chose à revendre passés les 6000 tours et mieux vaut rester en dessous si on ne veut pas avoir l’impression t’étouffer le vaillant petit mono.

La partie-cycle de la Fantic est convenable: l’assise dans le style motocross, alliée au faible poids de la machine, permet d’enchaîner les virolos. La fourche maison, d’un diamètre de 41 mm, et l’amortisseur font correctement leur travail. L’ensemble absorbe les irrégularités du bitume et les Pirelli Scorpion Rally accrochent bien la route par temps sec.

Côté freinage, la Caballero est dotée d’un ensemble Bybre, la marque asiatique de Brembo, qui ne démérite pas. A l’avant, un étrier radial quatre pistons vient pincer un seul disque de 320 mm de diamètre et à l’arrière son homologue à simple piston apporte une assistance correcte. Le freinage, doté d’un ABS déconnectable, n’est pas trop vif et plutôt progressif, ce qui devrait rassurer les débutants.

En résumé, la marque, ressuscitée d’outre-tombe en 2014, propose un joli modèle polyvalent qui se démarque clairement par son look. Au prix de 8760 francs, la Caballero est distribuée en Suisse par  le soleurois PP Passion Parts qui veut implanter un réseau d’une vingtaine de concessionnaires dans le pays (lire encadré). Vous pouvez dès à présent trouver les Fantic chez l’un de nos partenaires de l’annuaire des professionnels de la moto à Genève, le garage Rock & Road.

Photos: andrelehmann.photoshelter.com

Auteur

André Lehmann

André Lehmann

Journaliste depuis 20 ans, motard depuis plus longtemps. Exilé Toulousain à Zurich, qui aime traîner ses pneus en Suisse et dans la proche banlieue.

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