Le retour des Monnier, en plus abordable
Marque suisse

Le retour des Monnier, en plus abordable

Les créations d’Olivier Monnier, sur base de Honda XR, ont connu une certaine célébrité dans les années 1980-2000. Le Vaudois dirige à présent un centre pédagogique de pilotage à Moudon. Et il a recréé sa propre marque, de façon moderne. Toujours avec des monocylindres destinés à la route ou au tout-terrain (enduro), mais plus accessibles, les XRF 250 et 450.

Olivier Monnier, ce nom dit probablement quelque chose aux amateurs de Supermotard ou d’enduro en Suisse, et aussi ailleurs. Vers la fin des années 1980′, Olivier Monnier, qui était alors concessionnaire Honda, s’est lancé dans une entreprise inédite: transformer des Honda XR pour en faire des machines d’enduro, d’une part et de Supermotard, de l’autre, qui soient homologuées pour la Suisse. Les transformations passaient notamment par une mise à niveau des suspensions. Il s’est vendu des « Monnier » encore jusqu’en 2007. Puis la marque a disparu… enfin, non, pas définitivement. Le retour des Monnier est effectif, avec de nouvelles motos  apparues en 2015, qui sont à présent distribuées et vendues en Suisse par la société SP Racing.

retour des Monnier
La Monnier XRF 450 SM (pour Supermotard).

Ces nouvelles Monnier sont des motos différentes. Il s’agit toujours de machines d’enduro et de supermoto, avec un moteur monocylindre 4 temps refroidi par liquide. « Mais les attentes des gens ont changé, note Olivier Monnier, qui dirige aujourd’hui le Centre Pédagogique Romand de Pilotage, ou CPRP, à Moudon (voir la fiche dans notre annuaire, et notre dernier article). Ces nouvelles motos sont différentes. » Elles sont notamment plus abordables. Et dotées de l’injection, dont le patron du CPRP a personnellement veillé à ce qu’elle soit bien réglée.

Créer des nouvelles motos est un travail qui lui a pris cinq années. Les machines sont assemblées en Chine, mais selon un concept suisse, et chaque exemplaire qui arrive en Suisse est minutieusement contrôlé et si nécessaire remis en ordre par Olivier et son équipé avant d’être livré au client final.

« Elles ont un moteur chinois produit sous licence Honda, il est indestructible », ajoute Olivier Monnier. Il s’est rendu à plusieurs reprises dans ce pays asiatique pour mieux contrôler l’élaboration des motos. Elles ne sont d’ailleurs pas tout à fait les mêmes que celles qui ont été proposées en 2015. Un effort a été demandé aux partenaires chinois pour que les composants, notamment les plastiques et les éléments de la boîte, soient de meilleure qualité. « Pour donner une idée, elles me coûtent aujourd’hui 700 dollars de plus que les toutes premières, précise Monnier.

XRF 450 SM
Les pneus sont de marque « Timsun ». Le cadre, lui, est identique à celui des anciennes Honda XR 450.

Deux modèles existent pour l’instant dans la gamme: une 450, la XRF 450, disponible en variante enduro ou supermotard, et la XRF 250, seulement disponible pour l’instant en enduro. Ce qui veut dire qu’elles sont toutes homologuées pour rouler sur route.

La 450 est plus précisément d’une cylindrée de 449 cm3. Le taux de compression est de 11 : 1, et la puissance de pointe atteint 31,5 kW (42 ch) à 7500 tr/min – pour un couple maxi de 34 Nm à 6500 tr/min. Il est possible de faire grimper la puissance à 48,5 chevaux avec un kit compétition (non homologué pour un usage routier).

XRF 450 SM
Notez le kick (il y a aussi un démarreur électrique) et, à gauche, la bombonne séparée pour l’amortisseur arrière.

Il y a un démarreur électrique, mais aussi un kick, et la boîte offre cinq rapports de vitesses.

Le cadre est en aluminium (de type 6061), et l’amortissement est confié à une fourche inversée de 47 mm à l’avant, avec un bras oscillant et un amortisseur sur biellettes à l’arrière. Les suspensions sont de qualité et sont fournies par la marque asiatique FastAce. Elles sont réglables (compression et détente pour la fourche, précharge, compression et détente pour l’amortisseur).

Un disque de 290 mm à l’avant, et un autre de 240 mm à l’autre bout assurent le ralentissement. L’étrier avant, un Nissin, actionne deux pistons et n’est pas radial. Il n’y a pas d’ABS, ce genre de moto bénéficiant d’une exception. On ne peut pas non plus en « ajouter » un, car Olivier Monnier veut conserver une certaine simplicité à cette moto destinée notamment à ceux et celles qui veulent apprendre le pilotage. « Par contre, il est possible d’installer un kit Beringer », précise le directeur de SP Racing.

Monnier XRF 450 SM
La fourche, de marque Fast Ace, est ajustable.

Les roues de la version Supermotard sont de 17 pouces, comme il se doit, avec des moyeux racing et un cerclage dit 7075. Pour les enduros, on a des dimensions non moins classiques: 21 pouces à l’avant, 18 à l’arrière.

Les dimensions de la moto sont les suivantes: longueur x largeur x hauteur 2320 mm x 830 mm x 1300 mm, pour un empattement conséquent de 1500 mm, et une garde au sol minimale tout aussi conséquente: 330 mm. La selle est haute: 960 mm du sol. Et la moto ne pèse que 120 kg avec les pleins. Le réservoir contient 8 litres d’essence.

Nous pourrons prochainement tester cette 450 sur la route!

Monnier XRF 450
L’inscription « 3x » fait référence aux trois podiums décrochés à l’époque par Alexandre Thiébaud, du team Monnier.

Et le prix? il est de 8890 francs pour la 450 Supermotard, de 7990.- pour sa soeur 450 Enduro, et de 6690 francs pour la XRF 250 d’enduro. Les motos sont livrées avec une garantie d’un an. Pour en savoir plus, allez voir le site de SP Racing.

Jusqu’ici, il s’est vendu une petite centaine de Monnier modernes, tous modèles confondus.

Photos: DR
Photos: Kenji Martin/KMW Artgrafik

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

Commentaires5 commentaires

5 commentaires

  • Steve

    En Suisse les garanties sont de 2 ans non ??? C est quoi ce délire ? Pas fiable ? Pas confiance ?

    • Jérôme Ducret

      Bonjour. Non, les garanties ne sont pas forcément de deux ans. En Suisse ou ailleurs. Une moto de cross ou d’enduro n’est souvent garantie qu’un ou deux mois (six mois chez KTM). Et c’est la même chose pour une Supermotard. Cela tient compte de l’utilisation qui est faite de ce genre de moto, et du fait aussi que leurs propriétaires font souvent eux-mêmes l’entretien et modifient souvent ces motos. Et puis il y a une question de quantité d’exemplaires produits et de taille de l’entreprise.
      Ce que nous savons, c’est que la base mécanique est éprouvée, qu’il en est de même pour la partie-cycle. Il y a eu quelques mauvaises expériences de certains clients avec les premiers exemplaires. Mais aujourd’hui, c’est différent, chaque moto est minutieusement examinée quand elle arrive de Chine en Suisse dans sa caisse et qu’elle est ré-assemblée à Moudon.
      Nous testerons bien sûr la Supermotard et suivrons cette question de fiabilité, en toute indépendance.

      Bonne journée et gaz!

      Jérôme Ducret, rédacteur responsable

        • Jérôme Ducret

          Bonjour!

          Je vais transmettre votre message à Olivier Monnier…

          Bonne journée

          Jérôme Ducret, rédacteur responsable

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