Killian Auberson, champion suisse: « Je suis content de ce titre, cela montre que tout ce travail était utile »
Swiss MX2

Killian Auberson, champion suisse: « Je suis content de ce titre, cela montre que tout ce travail était utile »

Killian Auberson, champion suisse de motocross pour la seconde année consécutive en catégorie Swiss MX2 (250 cm3), a 26 ans. Ce Vaudois habitant, pour l’instant encore, le petit village d’Epeautheyres, tout près d’Yverdon-les-Bains, n’est pas un inconnu dans le monde du cross suisse. Il s’est déjà distingué lorsqu’il était junior et a toujours figuré en bonne place dans le championnat helvétique. Mais c’est aussi lui qui a décroché le titre envié de Prince de Genève, lors du Supercross international du même nom, en 2012. Et Killian a déjà fait ses armes dans le SX Tour (Supercross, dont Genève-Palexpo est depuis plusieurs années une étape importante) français et a même réussi à marquer des points dans le championnat US de Supercross (en 250).

Nous l’avons rencontré peu de temps avant la finale suisse à Mannens (canton de Fribourg), sur la piste d’entraînement du terrain du club de motocross de Cugy (FR). Il venait de réaliser une course un peu décevante, du point de vue des purs résultats, lors de la manche du championnat européen EMX 250 qui s’était déroulée les 18 et 19 août à Frauenfeld, lors du Grand Prix de Suisse. Comme à son ordinaire, Killian était sérieux, concentré, attentif à  l’état de la piste. Et doté d’un humour à sec qui a un petit côté british et d’un sens de l’ellipse qui fait dire à ses détracteurs qu’il ne montre jamais ses émotions positives. Killian, lui, s’en fiche. Il s’exprime au guidon de sa KTM de MX2. Nous lui avons aussi parlé après la finale du championnat suisse à Mannens (FR), championnat qu’il a remporté pour la seconde fois consécutive en Swiss MX2.

Killian, que s’est-il passé à Frauenfeld, tu avais l’air très mécontent de ta prestation?

Non effectivement, je n’étais pas content du tout. J’ai eu des soucis sur la piste. Il y a eu un moment où le pilote juste devant moi est tombé, on était dans la même ornière, je ne pouvais pas changer ma trajectoire. Et nous nous sommes retrouvés littéralement sous une pile de coureurs arrivant derrière nous. Cela m’a fait perdre une dizaine de places d’un coup. Finir 19ème dans la première manche et 29ème dans la seconde, il est clair que ce n’était pas le week-end que j’espérais. Aux entraînement chronométrés, j’étais 11ème de mon groupe, et c’est aussi la meilleure position que j’ai pu tenir durant les courses. C’était très disputé, mais je ne cherche pas d’excuse.

Par contre, cela s’est nettement mieux passé lors de la finale à Mannens…

Oui. Mais pendant la première manche, alors que je menais et qu’il ne restait plus que quelques tours, ma chaîne a cassé. J’espérais pouvoir finir dans les points, mais ça n’a pas été possible. C’est mon poursuivant au championnat, Bruggmann, qui l’a emporté. Il a fallu attendre la seconde manche, où j’ai fini deuxième, derrière Bruggmann. J’aurais bien sûr voulu remporter cette dernière course, mais je n’avais plus l’énergie pour le faire, entre autres parce que j’avais aussi couru dans la première manche en Open – et que j’avais même pu remporter la manche. Alors je me suis contenté de ce que j’avais. Il faut parfois savoir lâcher du lest.

Killian Auberson, champion suisse
Killian Auberson lors de la finale suisse à Mannens (FR), samedi 25 août dernier (2018)… manifestement en train de lâcher du lest!

Et comment te sens-tu aujourd’hui?

Je suis content, bien sûr. Content d’avoir remporté le championnat pour la deuxième année de suite, c’est aussi bien pour KTM, qui me soutient. Cela montre que tout ce travail n’était pas inutile. On n’a pas eu beaucoup de temps pour faire la fête samedi à Mannens. Mais on a quand même célébré la victoire. Je ressens aussi un peu de soulagement, la tension s’est un peu relâchée.

En regardant ta carrière avec un peu de recul, on a l’impression que tu as loupé un virage, celui du passage en championnat européen

C’était une décision prise aussi avec ma famille. Si on regarde ce qu’a pu faire Guillod, on voit qu’il a fait le choix contraire, il est parti en championnat européen, puis a pu monter en championnat mondial. Je dirais avec du recul que cela a favorisé sa carrière sportivement, mais pas financièrement. La ligne que j’ai suivie était différente.

Killian Auberson, champion suisse
Killian interviewé par l’auteur de ces lignes, rédacteur responsable d’actumoto.ch et rédacteur en chef de Moto Sport Suisse, au bord de la piste d’entraînement de Cugy, près de Payerne, peu de temps avant la finale de Mannens.

Que vas-tu faire l’an prochain?

Avant toute chose, j’ai encore des étapes du SX Tour français qui m’attendent. Je ne fais pas tout le tour, parce que sur la fin je serai à nouveau aux Etats-Unis. Mais ça me fait un très bon entraînement en Supercross. Jusqu’ici je n’ai pas trop mal réussi, puisque je suis pour l’instant premier. Et je serai bien sûr au Supercross de Genève, en décembre. C’est cool de pouvoir à nouveau y participer. J’aimerais bien réussir une bonne course devant le public de Palexpo! Il y a aussi le motocross des Nations, en octobre aux States. On verra si je dois remplacer Arnaud (ndlr: Arnaud Tonus, pilote suisse du team Wilvo Yamaha en catégorie MXGP). Après, pour moi, l’avenir, ce sont les USA. J’aimerais m’y établir et continuer ma carrière de pilote là-bas. J’y suis déjà allé plusieurs fois. Les pistes y sont intéressantes, le niveau y est très élevé. Je n’ai pas pu jusqu’ici vraiment décrocher un contrat là-bas. Mais j’y vais avec Jey (ndlr: le jeune photographe qui le suit et qui fait plus ou moins office de manager pour Killian). Lui aura un peu de temps pour aller discuter avec les team managers et les sponsors potentiels. Donc je ne pense pas revenir en Suisse, si tout se passe bien.

Et la 450? on a vu à Mannens, mais aussi lors de la Charity Race de Bullet, que tu pouvais être rapide aussi sur cette cylindrée…

OK, j’ai vu que j’étais capable de la piloter. Mais honnêtement, ce n’est pas la moto que je préfère. C’est bête à dire, mais j’ai un peu l’impression de m’endormir à son guidon. J’aime vraiment plus ma 250, j’aime plus les sensations qu’elle me procure…

 

 

 

Photos: Jey Crunch

Article mis à jour le 29 août 2018 à 06:21

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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