« J’ai testé la moto de trial électrique Yamaha TY-E »
Essai Yamaha

« J’ai testé la moto de trial électrique Yamaha TY-E »

Journaliste suisse spécialisé dans le trial, Walter Wermuth a eu la rare occasion de tester en Belgique le prototype utilisé par la marque japonaise dans le championnat mondial d’E-Trial. L’occasion aussi d’avoir quelques infos sur le futur de l’électrique chez Yamaha…

Comblain-au-Pont, le lendemain de l’épreuve du mondial GP de Belgique 2018, rendez-vous sur invitation à 8 heures du matin dans le secteur de la terrible zone 4. Tout est prêt, le camion d’assistance, la tente ou se trouve la TY-E et le Staff Yamaha au grand complet. Je suis venu en scooter depuis le village, déjà équipé (bottes, vestes, casque). Le jour avant, soit le dimanche juste après la remise des prix, nous avons eu une présentation sur le développement et la stratégie de Yamaha dans le domaine de la moto électrique et plus particulièrement sur ce fameux prototype de trial.

Sept journalistes ont le privilège de tester ‘’in situ’’ le prototype unique du géant japonais. Venus de France, Italie, Suisse (c’est moi), Allemagne, Espagne, Angleterre et un freelance. Tout est réglé comme du papier à musique y compris le plan de passage à savoir 2 x 10 minutes par pilote. Mes passages sont programmés à 09h25 et à 10h50. Ultimes recommandations : ce n’est pas une compétition mais un test et il n’y a qu’une moto …

C’est mon tour, je mets mes jambes de chaque côté de la selle, la moto est agréablement étroite et la position de conduite impeccable (guidon, manettes, leviers). Je passe le bracelet coupe-circuit au poignet gauche, les LED sont allumés, je presse sur le bouton ON et tourne (légèrement) la poignée des gaz.

TY-E
Un peu comme une moto de trial automatique.

Un sifflement mécanique m’accompagne, je suis concentré, j’ai bien vu qu’il y a une sacré puissance. J’ai oublié de dire que la moto est dans la même configuration que celle utilisée par Kenichi Kuroyama qui vient de remporter le titre de vice-champion du monde 2018 ! Ce qui me plaît, c’est que le cadre est en parfaite harmonie avec ce fabuleux moteur. Les suspensions avant et arrière absorbent toutes les imperfections du terrain ce qui permet de se concentrer sur les obstacles. Dévers, racines, cailloux et rochers sont ‘’avalés’’ sans que la machine ne se dérobe. Je me demande si ce n’est pas dû à ce cadre inédit monocoque en carbone. Quelle stabilité ! Autre particularité, il n’y a pas de vitesses, c’est en quelque sorte une moto de trial automatique. Je passe d’un endroit escarpé à un endroit un peu plus roulant et en montée, pas de problème, il y a du couple et de l’allonge ‘’de la lumière à tous les étages’’ ! Et les 10 minutes sont écoulées …

TY-E
Le cadre monocoque développé pour ce modèle rend la moto maniable et stable.

En attendant mon prochain (et déjà dernier passage), je vous détaille les particularités de la TY-E: Le moteur est alimenté par une batterie puissante Lithium-ion qui nécessite selon l’usage un changement plus ou moins fréquent, celui-ci se fait en quelques minutes. L’embrayage est mécanique multidisque hydraulique est d’une douceur sans égal. La fourche Tech et l’amortisseur Reiger complètent ce fameux cadre monocoque en fibre de carbone. Certaines pièces sont recouvertes d’un traitement de surface breveté nano-céramique qui les protège appelé SixONy.

La roue et le soleil levant

Je reprends le guidon de la TY-E, j’utilise plus l’embrayage ce qui va atténuer l’effet de frein moteur. Toujours autant de respect pour cette belle moto mais avec déjà un peu plus l’habitude, je ne me contente pas de remonter et descendre le ruisseau asséché mais ‘’j’attaque’’ une petite double marche à la montée et une plus simple mais plus grosse à la descente. Sur la roue arrière …

Doit-on (déjà) comparer cette moto de trial électrique avec la moto de trial thermique? je dirais qu’elle a de nombreux avantages avec un couple élevé et une puissance linéaire, elle est ludique, performante et … elle fait plaisir.

Yamaha TY : toute une histoire

Avec le fameux modèle TY développé dans les années 70 par le célèbre pilote britannique Mick Andrews et par le français Christian Rayer, la marque a popularisé le trial avec des ventes en grand nombre également auprès du public. Par la suite, Yamaha à l’exception du marché japonais, n’a plus produit de motos de trial mais a fourni les moteurs à la marque française Scorpa.

En Suisse, c’est la maison Hostettler AG qui importe la marque Yamaha. Parmi tous les modèles de la marque au diapason, les modèles de trial ont brillé aux mains de pilotes tels que Godi Linder de Steffisbourg (5 titres de champion Suisse 1969, 1971 à 1973, 1975) et Dominique Guillaume, de Bassecourt (7  titres de champion Suisse 1990 à 1993, 2002, 2005 à 2006).

Coupe du monde FIM de Trial électrique ou L’électrique ‘’Vert’’

La Coupe du Monde de Trial-E est la seule compétition officielle FIM pour motos électrique dans le domaine du Tout-Terrain (Offroad).

TYE
Yamaha Japon a engagé un pilote de talent pour concourir avec la TY-E dans le championnat mondial de trial électrique.

C’est en 2017 qu’a eu lieu la première compétition officielle organisée par la Fédération Internationale de Motocyclisme (FIM) remportée par le champion du Monde 1996, l’espagnol Marc Colomer (43 ans) qui s’impose dans cette nouvelle compétition réservée aux motos de trial électriques, au guidon d’un prototype de la marque GasGas. A l’issue de cette première épreuve FIM du genre, disputée sur une seule course, la moto de trial électrique a démontré son potentiel en s’approchant sérieusement des standards des motos thermiques.

En 2018, ce sont deux épreuves qui sont au programme. La première disputée dans le cadre du GP de France à Auron dans la station du Mercantour et la seconde lors du GP de Belgique à Comblain au Pont située en Région wallonne dans la province de Liège.

Et déjà un match au sommet

Pour l’usine espagnole GasGas, leader du marché du trial, la défense du titre reposait sur les épaules de Loris Gubian, encore pilote GP l’année précédente et la révélation nippone Yamaha TY-E avec le multiple champion japonais Kenichi Kuroyama. Chaque pilote ayant remporté une victoire et une seconde place, c’est le règlement qui a désigné le vainqueur prenant en compte le meilleur résultat de la dernière course. Loris Gubian (GasGas TXE) remporte la Coupe du Monde de TrialE 2018 avec 37 points (17+20) devant Kenichi Kuroyama (Yamaha TY-E) avec également 37 points (20+17).

Tous les résultats sous : http://www.trialgp.com/index.php/results/results-standings

Photos: DR

Article mis à jour le 16 août 2018 à 21:55

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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