Le motocross, bon pour les enfants, nous avons testé à Moudon
Formation

Le motocross, bon pour les enfants, nous avons testé à Moudon

Pendant une journée, nous avons suivi deux enfants (des jumeaux, un frère et une soeur) lors d’un cours donné par le Centre pédagogique romand de pilotage (CPRP) à Moudon. Une aventure mise sur pied par Olivier Monnier, avec l’aide de bénévoles, de sponsors, et avec des moniteurs pour encadrer les participants.

Le motocross, bon pour les enfants? C’est la question que l’on peut se poser en ce mardi du mois d’août, dans la zone industrielle de la cité vaudoise de Moudon.

« Vas-y ma puce, cette bosse, maintenant, tu peux la faire!» Les encouragements viennent d’Olivier Monnier, qui dirige le Centre pédagogique romand de pilotage, ou CPRP. En ce début de semaine estivale, il pleut à verse mais nous sommes au sec, dans une halle ayant fait partie des désormais anciennes Fonderies de Moudon.

Quelque 16 enfants et jeunes ados inscrits à ce cours se font plaisir en parcourant la piste indoor mise en place par Olivier Monnier et toute une équipe de bénévoles. Ils sont là pour une semaine. Pendant ces cinq jours où ­ils dorment et mangent non loin du Centre, ils apprennent à piloter une moto de cross adaptée à leur âge (ce sont des Honda, et les plus ­petites existent aussi en version sans levier d’embrayage) et à leur expérience, qui se résume souvent à rien du tout. Olivier Monnier et plusieurs moniteurs sont là pour les encadrer.

motocross, bon pour les enfants
La puce sur sa moto

Giulia, la «puce», est en fait la fille de 9 ans du soussigné. Elle n’a suivi qu’une journée de la semaine de cours. N’ayant pour ainsi dire jamais conduit une moto, elle n’était pas à l’aise avec la commande des gaz et a donc fait une bonne vingtaine de tours autour de la zone de départ, pour apprivoiser la sensation. Puis elle s’est lancée et a même fait un petit saut – involontaire, mais maîtrisé – sur une des bosses.

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On recommence la séance, l’après-midi après le repas, par un petit échaufement collectif.

Son frère jumeau Matteo, lui, a tout de suite compris le mode d’emploi. Il a vite réussi le petit slalom mis sur pied par les moniteurs. Un peu trop de confiance, peut-être. Quelques minutes plus tard, il se paie un vol plané sur la fameuse bosse, après un dérapage intempestif de la roue arrière. Sans gravité, grâce aux équipements de protection prêtés par le centre.

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Rien de mieux qu’un petit slalom pour vérifier le contrôle de la trajectoire.

« Depuis votre venue, on a un peu redessiné la piste, c’était prévu comme ça, précise le maître des lieux. Parmi les modificatinos, la grande bosse près du départ, qui était parfois un peu intimidante pour les débutants, a été remplacée par deux petites. »

Le motocross, bon pour les enfants, même à six ans!

Mais revenons à ce mardi pluvieux d’août. Ce jour-ci, le plus jeune élève a six ans, il est venu avec «sa» moto, une Yamaha «Piwi». D’ordinaire, on ne commence pas avant huit ans, mais une exception a été consentie pour Morann, parce qu’il rentre chez lui chaque soir. En fait, il est théoriquement possible de commencer un cours (mais pas d’une semaine), dès l’âge de 5 ans. Aujourd’hui, il y aussi des ados de 16 balais, et tous ne sont pas des novices.

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Le plus jeune des participants.

Au bout d’une journée et demie, on commence à voir des sauts et des attitudes de conduite correctes… ils portent leur regard loin devant, pour se faire une image mentale du trajet qu’ils vont suivre et pour s’y préparer.

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Matteo, numéro 72, est remonté en selle après son vol plané.

«C’est une compétence qui leur sera utile dans d’autres situations, note Monnier. Pour rouler sur la route avec une moto, bien sûr, mais aussi en voiture. Notre but, ce n’est pas de faire de l’argent, mais quelque chose d’utile, qui va peut-être sauver des vies.»

 

Début compliqué

Ce genre d’enseignement, Olivier Monnier, pilote de cross, de supermoto et enduriste reconnu (il a terminé 15ème du Paris-Dakar en 1995), le donne depuis plusieurs années. Il y a un peu plus de trois ans qu’il a investi les anciennes fonderies de Moudon, soutenu par la commune. Il s’est malgré tout heurté à l’hostilité farouche d’un voisin, qui a réussi à bloquer une bonne partie des activités du Centre.

Aujourd’hui, une décision du Tribunal cantonal ­autorise une exploitation pas seulement durant quelques dates en été, mais aussi le reste de l’année. Un recours est pendant au tribunal fédéral, mais il n’a pas eu d’effet suspensif…

motocross, bon pour les enfants
Quand il ne pleut pas, on peut rouler dehors, sur une piste plus grande.

Le CPRP peut donc ouvrir le reste de l’année, du mardi au ­samedi – et proposer des cours pour les adultes, les entreprises, pour les femmes (ladies only), les personnes en situation de handicap… Les mercredis et samedis après-midis sont fixes, les autres jours c’est selon la demande.

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Olivier Monnier, avec l’une des deux KTM électriques que le centre peut proposer pour les adultes.

« Cet été, nous avons eu 170 enfants qui ont suivi les cours, sans accident, confie Isabelle, la compagne d’Olivier. Et depuis la rentrée scolaire, on a eu une première entreprise. » Si vous voulez en savoir plus, il suffit d’aller faire un tour sur leur site. Sachez juste que, pour 2 heures de cours, il vous faudra débourser entre 80 (enfants, motos jusqu’à 100 centimètres cubes) et 160 francs (adultes). Il existe des forfaits pour plusieurs cours, bien sûr, et des offres personnalisées.

Voici encore quelques photos de cette journée…

Galerie photos

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De temps en temps, l'eau tombe sur la piste, pour éviter qu'il n'y ait trop de poussière.
Photos: Jérôme Ducret/Jean Szabo
Article paru sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

Commentaires3 commentaires

3 commentaires

  • Luca

    C est non seulement une ecole de vie mais l apprentissage de la conduite réfléchie, avec les bons comportements qui un jours pourrons sauver des vies..
    L engagement sans relâche d’Olivier et de ses volontaires donne une belle et saine leçon de vie à nos enfants et parfois adultes.
    Il fait bon vivre là-bas dans une ambiance bonne enfants mais avec le sérieux qu’un apprentissage de qualité impose et dispensé par un homme au parcours de vie dense et plus qu’interessant. D une manière ou d une autre on sort de là-bas plus….riche…..en émotions, en expérience de la conduite, dans la richesse des échanges .
    Bravo la CPRP Oliver’s band.
    Luca & Fabio

  • Alexandra

    Bonjour , je suis Alexandra Osório j’ai 21 ans je suis une fanne de motocross je rêve dans faire esque sa serais possible de savoir un peu plus sur vos cours et tarif ? Merci d’avance

    • Jérôme Ducret

      Bonjour Alexandra
      Tous les renseignements nécessaires sont sur le site cprp.ch.

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