Honda SH 125 contre Piaggio Medley 125, duel en roue haute
Comparatif

Honda SH 125 contre Piaggio Medley 125, duel en roue haute

Le japonais a enfin de la concurrence dans son segment. Les deux engins sont très semblables dans leur concept. Le Piaggio offre plus d’espace de rangement, alors que le Honda est plus agile.

C’est un vrai duel intercontinental que se livrent Honda, le numéro un mondial pour ce qui est des deux-roues motorisés, et Piaggio, le numéro un européen (on ne parle pas que de motos, mais aussi de scooters). Le terrain choisi pour l’affrontement est celui des scooters dits à roues hautes, et les deux champions sont, côté japonais, le SH 125, renouvelé pour 2017, et côté italien, le Medley 125, débarqué l’an dernier avec la ferme intention de détrôner le SH, leader incontesté de ce segment très particulier.

Des roues hautes, on en voit énormément en Italie, un peu moins dans le reste de l’Europe, Suisse comprise. Mais ce type de scooter offre des avantages indéniables en termes de confort et de stabilité lorsque l’on roule sur des fonds routiers dégradés et couverts de trous et de bosses. Comme en milieu urbain, où l’on trouver souvent des pavés et des rails de tram. La taille des pneumatiques et des jantes du SH et du Medley (d’autres marques s’y sont aussi mises, mais avec moins de succès) offre un meilleur amortissement, indépendamment des suspensions proprement dites.

Nous avons pu tester ces deux scooters de manière séparée en Italie, lors de leurs lancements respectifs. Voici le lien pour le SH, et celui pour le Medley. Mais nous voulions aussi pouvoir les faire s’affronter de manière plus directe, côte à côte et en Suisse. Les deux importateurs nous ont donc prêté chacun un exemplaire durant un peu plus d’une semaine. Les deux testeurs étant le signataire de cet article et son collègue Claude Bovey, co-fondateur d’actumoto.ch.

Nous avons eu de la pluie comme du soleil durant notre test comparatif, avec des températures tour à tour printanières et à nouveau hivernales.

Tant le SH que le Medley se sont révélés de parfaits moyens de transport en ville et en périphérie. Ils sont tous deux faciles d’emploi et consomment très peu d’essence. Et ils sont équipés d’un dispositif qui rend la vie plus sympa au quotidien. Chez Honda, on appelle ça « idling stop ». Littéralement traduit, c’est la commande qui stoppe le ralenti. En termes automobiles, c’est un Start and Stop. Et pour vous et moi, cela éteint le moteur quand on ne bouge plus pendant plus de quelques secondes. Par exemple quand on attend que le feu repasse au vert. Il suffit alors de tourner la poignée des gaz pour faire repartir le monocylindre refroidi par liquide du scooter.

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Le SH 125i est plus vif au démarrage.

Chez Piaggio, c’est le même principe. A bord du SH comme du Medley, ce système n’est plus actif quand la charge électrique n’est plus suffisante. Et on peut dans les deux cas le déconnecter manuellement par le biais d’un bouton situé sur la partie droite du guidon. De quoi épargner quelques centimes (voire francs) par année sur la consommation d’essence, tout en ménageant l’environnement. Individuellement,  l’effet n’est pas drastique, mais si tout le monde roule en SH 125 ou en Medley 125, cela fait globalement une différence pour la Planète.

Et puis, ce qui est surtout intéressant, c’est que cela fait un bruit en moins quand on ne roule pas! On peut alors converser avec par exemple son passager ou un ami rencontré au hasard de son parcours urbain.

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Le Medley 125 est moins agile, mais plus stable.

On note de minimes différences dans le fonctionnement de ces Start and Stop japonais et européen. Celui du SH est un poil plus rapide au redémarrage. Mais là, on coupe les cheveux en quatre. En revanche, le comportement dynamique des ces deux scooters fait apparaître des traits de caractère plus marqués.

A bord du SH 125, on sent la roue et le train avant qui sont très vifs. Il suffit d’un tout petit mouvement sur le guidon pour changer de direction. Le Medley semble plus pataud dans ce domaine, du moins en comparaison directe avec son concurrent. On pourrait aussi dire qu’il donne l’impression d’être plus stable. Les géométries antérieures sont en effet différentes, même si les deux constructeurs ne fournissent pas de données sur l’angle de chasse ni sur la chasse. Ce qu’on constate en parcourant les caractéristiques techniques, c’est que l’empattement du Piaggio est plus grand de 56 mm. Ce qui est cohérent avec la différence constatée. En tout état de cause, ces deux engins se faufilent avec beaucoup de grâce entre les véhicules dans les embouteillages.

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Un casque, et basta.

Par ailleurs, la roue arrière dudit Piaggio est en fait moins haute (14 pouces, contre 16 pour le Honda). A l’avant, les dimensions sont exactement les mêmes. La roue de 14 pouces ne modifie pas fondamentalement le comportement du scooter, mais elle influence un peu le confort d’amortissement à l’arrière. Cela dit, les amortisseurs arrière doubles des deux scooters sont honnêtes, et ne font pas des miracles. C’est normal, au vu du prix contenu de ces deux machines (3995 frs pour le Medley, plus 200 frs pour des jantes foncées, 4460 frs pour le SH).

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Bon d’accord, il était presque impossible de fermer la selle en raison du spoiler du casque intégral. Mais c’est nettement plus grand que sur le Honda.

En accélération, les deux petits moteurs font quasi jeu égal. Le SH est plus vif là aussi sur les premiers mètres, mais le Medley se rattrape sur les suivants. La vitesse de pointe touche à peine les 110 km/h dans les deux cas. L’autoroute doit être l’exception qui confirme la règle de l’utilisation urbaine. L’autonomie, elle, permettrait pourtant de parcourir un bon nombre de kilomètres. Dans les rues très en pente de Lausanne, on constate aussi que la transmission du japonais a parfois tendance à décrocher et à se mettre en roue libre en-dessous d’un certain régime minimal. En tout cas plus facilement que celle du Piaggio. Ce qui oblige à prendre les freins ou à redonner un coup de gaz – avec un petit à-coup pas idéal pour une conduite coulée.

L’espace de rangement sous la selle n’est pas énorme, une conséquence logique des roues hautes. L’italien est plus malin (certains diront qu’il triche), grâce à sa roue arrière de 14 pouces, il peut accueillir deux casques, dont un (petit) intégral, alors que le japonais se limite à un, qui peut être intégral. Notre SH de test était fourni avec un topcase, un accessoire qui reste indispensable sur ce genre de scooter Honda de petite cylindrée. Ce qui fait malheureusement grimper le prix, déjà plus élevé que celui du concurrent.

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Tableau de bord lisible, mais très basique.

En contre-partie, Mister SH est offert avec un éclairage full LED y compris à l’avant, et un système de clé par transpondeur – donc sans contact. Ce qui fait très classe. Attention cependant, si vous êtes distrait, comme le signataire de cet article, vous risquez fort de parquer le deux-roues sur la béquille latérale en croyant avoir coupé le contact. Alors qu’en réalité vous n’avez fait qu’éteindre le moteur et que la machine est toujours sous tension. Avec comme résultat prévisible une batterie vide qui vous empêchera de redémarrer. Ce n’est pas la faute à Honda. Mais ce genre d’ennui n’a que peu de chance d’arriver sur le Medley.

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C’est à peine plus fourni sur le Piaggio. Notez le bouton Mode sur le comodo droite. Il fait défiler les infos sur l’écran LCD.

Ce qui arrive sur ce dernier scooter, c’est que la trappe de fermeture du vide-poche devant vos jambes s’ouvre de manière intempestive en roulant. Plutôt embarrassant, et nous l’avions déjà constaté lors de notre premier essai. Nous croyions alors qu’il s’agissait d’un défaut dû au fait que les SH étaient des exemplaires de pré-série. Pour le reste, la qualité de fabrication est au rendez-vous sur les deux, avec un petit avantage côté japonais.

Sous la pluie, la protection offerte par les face avant est passable. Ca dévie une partie des gouttes, mais pas tout. Pour rouler toute l’année en plein confort, on investira dans un pare-brise digne de ce nom.

Côté commandes et tableaux de bord, cela se vaut largement. Pour faire défiler les infos (partiels, etc), un pratique bouton est situé sur le comodo droite du Piaggio. Le SH offre évidemment la même fonction, mais il faut déplacer sa main à côté de l’écran lui-même. Et on a un peu moins d’informations.

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Tout en LED pour 2017.

Enfin quand il faut freiner, on ne risque pas de se faire surprendre par le mordant des étriers s’agrippant aux disques. Compte tenu du poids très contenu tant du SH que du Medley, il y a cependant largement assez de force pour stopper sa course avant l’obstacle. Le Honda a l’ABS, comme le Piaggio, et le freinage combiné avant-arrière, ce qui procure un peu plus de progressivité et moins de spongiosité.

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Il y a un bulbe là-dedans!

Au final, on retient que le Honda est un peu mieux équipé, mais pas pour ce qui est de l’espace de rangement. Il est aussi plus cher, mais est cependant plus vif et légèrement plus agile dans la circulation. A ce niveau, à moins que l’on veuille pouvoir ranger deux casques sous la selle, la différence se jouera à notre avis plus sur des questions esthétiques.

Photos: Sylvain Muller

Article mis à jour le 17 mai 2017 à 12:17

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 53 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

Commentaires6 commentaires

6 commentaires

  • BAUFUME

    le MEDLEY PIA GGIO est un très bon scooter bien fini beaucoup plus confortable que son cousin HONDA NHS I abs raison pour laquelle j’ai du à rgret abandonner celui ci tellement il était insuportable de rouler avec sur une chaussée juste un peu dégradée , mais le moteur du MEDLEY est un peu faiblard par rapport au HONDA

    • Jérôme Ducret

      Bonjour et merci pour votre commentaire. Nous n’avons pas ressenti de l’inconfort au guidon du SH, même sur une route en passablement mauvais état. Cela dépend peut-être de votre gabarit. Ou alors c’est subjectif…

  • marlo

    Bonjour,
    Hier j’ai testé les 2 en concession avant de me décider, dans les rues défoncées de notre pauvre ville de Marseille. Le SH est vraiment très dur niveau amortissement (réglage AR au plus souple), c’est incroyable pour une marque aussi réputée d’installer des amortisseurs bas de gamme. Le SH l’emporte dans tous les autres domaines (sauf le rangement). Je me décide pour le Medley beaucoup plus confortable.

  • Simone

    Bonjour, ancienne conductrice de liberty 50 je voudrais m’acheter un 125. J’hésite entre Piaggio et Honda et dnas votre article je retrouve les même éléments que a l’époque, où je roulais à Rome, m’avaient fait choisir Piaggio: stabilité (sensation) et confort outre que légèreté. Là je ne trouve à Paris et je pencherais normalement pour Piaggio, mais je me demande qu’en est-il pour les pièces de rechange…. l’entretien serait il plus coûteux ?

    • Jérôme Ducret

      Bonjour,

      Nous n’avons pas pu tester cet aspect-là des choses. Il semble néanmoins que les pièces extérieures du Honda (plastiques, etc.) soient de manière générale un peu mieux réalisées et plus durables que celles des scooters de la concurrence (enfin, pas toute la concurrence).

      Pour le prix des services, il faudra aller demander en concessions.

      Avec nos amicales salutations

      Jérôme Ducret, rédacteur responsable

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