Le Piaggio MP3 500, trois roues haut de gamme à l’excellente tenue de route

Publié le 14 novembre 2015 par Jérôme Ducret, mis à jour le 18 mai 2021.

Photos: Claude Bovey et DR.

Piaggio

Le Piaggio MP3 500, trois roues haut de gamme à l’excellente tenue de route

Introduite en 2014, cette version du tripode italien inclinable est bien équipée et reste collée au bitume quel que soit l’état de celui-ci.

Il est assez imposant au premier contact, avec sa large et longue selle, son train avant double, son tablier conséquent portant un pare-brise assez large. Le Piaggio MP3 500 est un vrai GT à la sauce iatlienne, mais en mode tripode inclinable. Il peut vous emmener de ville en ville dans un bon confort et offre une excellente capacité de rangement.

Nous vous avions déjà présenté cette version retravaillée du vaisseau amiral du constructeur italien, lors d’un court essai à Paris. Dans le cadre d’un comparatif plus récent en Suisse, où il était opposé au Quadro Quattro, nous avons testé le MP3 plus à fond, durant une semaine.

La première prise en main révèle un avant plutôt lourd, dont on a l’impression qu’il va tomber dès que l’on débloque les suspensions et que l’on veut braquer. C’est juste une impression. Il suffit de tourner la poignée des gaz pour se déplacer en toute sécurité, avec une bonne stabilité. La deuxième roue aide naturellement. Et on peut facilement poser les pieds à terre grâce à un guidon très bien placé et maniable qui fait office de bras de levier. Une fois lancé dans le trafic, on se rend compte que l’engin est agile pour son gabarit et d’une précision directionnelle étonnante.

Un coffre assez spacieux et bien équipé.
Un coffre assez spacieux et bien équipé.

Les évolutions sur un filet de gaz sont une formalité, même si l’on sent le monocylindre qui broute un peu tout en bas du compte-tour. Mais il le fait de manière très civilisée pour un piston de cette taille. Et le variateur empêche bien évidemment de caler. Du coup, on a une sensation de contrôle qui met en confiance pour les avancées à basse vitesse. La longueur, et le poids, peuvent éventuellement être un facteur limitant en cas de demi-tour. De toutes façons, en Suisse, on ne peut le conduire qu’avec un permis A (moto, sans limitation de puissance).

Piaggio peut en outre se targuer d’avoir mis au point un système de blocage des suspensions antérieures très bien conçu. Il déroute au départ, parce qu’il est unique en son genre. En-dessous de 15-10 km/h, un voyant lumineux vous avertit que vous pouvez presser le bouton immobilisateur, qui fait que le train avant ne peut plus pencher davantage à gauche ou à droite. La marche à suivre est la suivante. Freiner, que ce soit avec l’un des deux leviers, avec les deux, ou avec la pédale à droite (elle actionne les trois disques de freins), et quand ça s’allume, appuyer. Au plat c’est un jeu d’enfant, et le scooter s’immobilise sans que l’on doive poser un pied par terre. En pente, tant qu’on est en ligne droite et dans le sens de cette pente, c’est aussi relativement facile. Ca se corse un peu si l’on est perpendiculaire à la pente; il faut penser à incliner le MP3 pour qu’il soit au moins à la verticale, voire un peu versé vers le haut du terrain.

Les seuls moments qui peuvent s’avérer délicats sont ceux où l’on change de direction au dernier moment du freinage. Mais en cas de panique, on le répète, il est facile de poser pied et de tenir le scooter avec les freins.

Si l’on veut se parquer, il suffit d’actionner le frein à main, simple d’usage. Les vrais angoissés pourront aussi hisser le MP3 sur sa béquille centrale, assez dure à actionner, et à notre avis un peu inutile. Elle peut se justifier cependant quand on laisse le scooter pendant longtemps à un endroit, juste pour prévenir d’hypothétiques fuites hydrauliques (genre une fouine). Lors de manoeuvres de place de parc, justement, le poids du scooter se fait sentir. Pour la marche arrière, mieux vaut descendre pour progresser d’un bon pas et ne pas trop perdre de temps.

Et en roulant on peut prendre pas mal d’angle sans avoir peur de tomber, et freiner en virage sans gros risque. Un éventuel dérapage restera… un simple dérapage, qui ne se conclura que très, très rarement par une chute. A grande vitesse, disons sur autoroute et vers 130-140 km/h, il y a quelques ondulations dues aux forces aérodynamiques. Ce n’est pas dangereux. De toutes façons, le MP3 ne peut pas aller plus vite.

Ce maxiscooter est très bien équipé. Son pare-brise haut protège assez bien, tout comme le bouclier avant, assez large. Le coffre sous la selle est rectangulaire (de quoi emporter un ordinateur, par exemple), long et présente une bonne capacité – deux casques intégraux y prennent tout juste place, avec encore quelques petits objets, dont la mini trousse fournie avec le MP3. Tant qu’on ne bloque pas le guidon avec la clé, ce coffre peut se déverrouiller d’une simple pression sur un bouton. Une fois que c’est fait, il faut réussir à soulever la selle sans la laisser retomber, autrement on doit recommencer. Au moins, une fois levée, elle reste en place grâce à un vérin et on a droit à une lumière de courtoisie dans le coffre, et même à une prise de courant 12V.  Il y a un deuxième espace de rangement sous le pare-brise, qui ne ferme pas à clé, mais qui dispose d’une prise USB protégée des inflitrations d’eau par un capuchon en caoutchouc. Bien vu. Si la pluie arrive quand on laisse le MP3 au parking, on trouve même une housse attachée à la selle!

Tableau de bord et vide-poche avec prise USB.
Tableau de bord et vide-poche avec prise USB.

Pour faire défiler les infos sur le tableau de bord LCD, deux boutons. Un, pas très ergonomique, à côté du tableau de bord lui même, et un autre, très pratique, sur le comodo droite (au guidon, quoi). C’est ce dernier qui est important, puisqu’il donne accès à la conso moyenne et instantanée, à l’autonomie restante, à la tension de la batterie, etc. Le poussoir du tableau de bord est destiné lui à passer du totalisateur aux deux partiels. Et il a un petit frère pour ajuster l’heure.

C’est également au guidon que se commande le bloqueur des suspensions antérieures, ainsi que le passage du mode de pilotage normal au mode économique (qui, une fois sélectionné, affiche comme il se doit ECO sur la planche, réduit la consommation d’environ 10%, et la réponse à l’accélération du même facteur). La vitesse et le régime du moteur sont affichés de manière analogique – des aiguilles dans des cadrans. C’est aussi le cas de la jauge d’essence et de la mesure de la température du moteur. Dans un coin des cristaux liquides, un flocon de neige peut se manifester si la température externe chute et peut faire craindre du verglas. Ne manque plus que le démarrage par transpondeur et tout le monde sera content!

On signale au passage que Piaggio peut ajouter à ce véhicule, comme à d’autres une option appelée PMP (Piaggio Multimedia Platform). De quoi connecter directement l’électronique du scooter à un smartphone (iOS ou Android). Pour avoir un GPS, contrôler la pression des pneus, voir l’angle d’inclinaison, l’accélération, savoir quand est dû le prochain service, où se trouve le plus proche concessionnaire, etc.

Une partie importante de l’équipement réside aussi dans les assistances électroniques à la conduite. C’est le premier trois-roues inclinables à proposer un ABS. Les freins sont puissants. On a le choix entre les traditionnels leviers et une pédale. Un des détails qui font que partout en Europe on peut rouler avec un MP3 même si l’on n’a qu’un permis voiture. Partout, mais pas en Suisse… pour revenir aux freins, le feeling de cette pédale, qui a une action combinée sur l’avant et l’arrière, est assez mauvais. Et elle n’est pas positionnée au bon endroit. Si l ‘on mesure 1m70, avec des jambes pas très longues, ce qui correspond aux mensurations de l’auteur de cet article, il faut déporter le pied de quelques centimètres, ce qui n’est pas ergonomique. Bon, on pinaille, d’accord. L’ABS, lui, est un plus, même si, avec trois roues, on stoppe déjà très bien.

Promenons-nous dans les bois, avec l'antipatinage on...
Promenons-nous dans les bois, avec l’antipatinage on…

L’autre assistance a l’effet inverse. C’est un antipatinage. Il est enclenché, ou déclenché. Et il fonctionne. Si la route est sèche et plus ou moins régulière, on peut s’amuser à le déconnecter pour gagner encore quelques millisecondes de réaction au départ du feu et laisser derrière les autres deux roues. Sinon, il est utile au vu de la puissance et de la masse du véhicule, même avec trois roues. Et c’est une fonction qu’aucun concurrent n’offre.

Un dernier mot sur le chapitre du confort. Il est excellent, sans le plus petit doute, seul ou à deux. Avec deux petits bémols. Le passager devra fournir un petit effort pour grimper sur son assise, la selle étant haute et surtout large. Et les suspensions sont assez rigides d’origine, rançon d’une excellente tenue de route. Ca s’assouplit un peu après les premiers milliers de kilomètres, et on peut aussi changer ça en réglant la précharge des amortisseurs arrière. Il faut une clé, que l’on trouve sous la selle. Il y a quatre degrés. La présence de deux amortisseurs au lieu d’un empêche manifestement le réglage manuel sans outil. Mais c’est du pinaillage. Ce MP3 est bien équipé, rapide, confortable et sûr.

Piaggio MP3 500 ie Business, disponible de suite en blanc ou noir, pour 10195 francs.

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