Essai Indian Sport Scout Sixty – joueuse et attachante
Nous avons essayé les nouvelles Indian entre Alicante et Benidorm, en Espagne. Après le compte-rendu d’essai de la Chief Vintage, nous vous proposons celui de la cadette de la famille, la Sport Scout Sixty, que nous avons pu tester toute une après-midi sur les routes de l’arrière-pays.
Nous avons essayé les nouvelles Indian Chief Vintage et Sport Scout Sixty entre Alicante et Benidorm, en Espagne.
Après le compte-rendu d’essai de la Chief Vintage, nous vous proposons celui de la cadette de la famille, la Sport Scout Sixty, que nous avons pu tester tout un après-midi sur les routes de l’arrière-pays de la Costa Blanca.
Mais avant, quelques mots de contexte. 2026, c’est l’année des 125 ans de la marque américaine, mais aussi celle au cours de laquelle Indian Motorcycle devient une entité indépendante du groupe Polaris (lire notre article), dont elle faisait partie depuis 2011.
La Sport Scout Sixty (lire notre présentation) appartient à la famille des cruisers d’entrée de gamme chez Indian, qui se distinguent tous par le suffixe « Sixty », et qui adoptent un v-twin refroidi par liquide, de 999 cm3.

Après la très statutaire Chief Vintage, nous avons donc pu jeter notre dévolu sur la « cadette », la Sport Scout Sixty Limited, de son nom complet, qui semble taillée « pico bello » pour le marché helvétique.
Statique – revue de détails
Sur le papier, le bicylindre des Scout Sixty dispense un couple de 88 Nm, à 6500 tr/min et le tout est servi par une boîte 5 vitesses, au lieu des six pour le reste de la gamme. Enfin la masse en ordre de marche est de 249 kg, la selle « culmine » à 654 mm du sol, et le réservoir d’essence contient 13 litres.
La Scout est équipée de tout l’attirail moderne, à savoir: éclairage à LED, avec un phare distinctif à l’avant, ABS et traction control, ainsi que trois modes de pilotage qui changent la réponse de l’engin aux sollicitations du poignet droit.
Contrairement aux autres Scout équipées du plus gros moteur de 1250 cm3 et qui sont équipés de l’écran TFT tactile de 101 mm de diamètre, la Sport Scout Sixty Limited est livrée avec un combiné mêlant un affichage analogique (tachymètre) et une fenêtre digitale (compte-tours, jauge, autonomie, vitesse engagée, etc). Simple, efficace.

Bien sûr, on s’y attendait: la finition est un peu en retrait par rapport à la Chief Vintage essayée plus tôt. Elle reste cependant très honorable considérant son positionnement dans la gamme et son niveau tarifaire (à partir de 14690 francs).
Une multitude d’options sont disponibles pour personnaliser au mieux cette Sport Scout Sixty: bagageries, poignées chauffantes, différents guidons, selle biplace, amortisseurs arrières réglables avec réservoir externe, haut-parleur Bluetooth, etc.

Enfin, dernier détail, la Sport Scout Sixty Limited est livrée de série avec un petit saute-vent et une peinture noire matte (Black smoke) du plus bel effet.
Moteur!
Bon, assez de blabla statique, vérifions maintenant si, comme le veut la légende, cette Scout est toujours prête pour une virée crapuleuse dans l’arrière-pays, et si elle est apte à vous ramener dans de bonnes conditions après cette crapahute!
Et cela commence par ce constat: après les Triumph Rocket 3 (R & GT) et la Chief Vintage essayée le matin même, c’est la troisième fois que je pars les pieds devant! Et cette fois-ci, je ne me sens plus dépaysé. Le guidon est légèrement loin mais rien de rédhibitoire. Bon point: on est assis bas.

Démarrage, et le V-twin à refroidissement liquide s’ébroue dans un martèlement feutré, sans beaucoup de vibrations. La sonorité reste agréable.
Le parcours de test comprenait un passage urbain pour sortir de Benidorm, où la circulation est devenue plus dense. L’assise basse, la maniabilité et la masse moindre aident à naviguer sereinement dans le flot de véhicules. Et, de surcroît, la route est désormais sèche.
D’emblée, on note que les suspensions sont moins bien filtrées que celles de la Chief, donnant à l’ensemble un peu plus de nervosité sur les parties les plus bosselées ou irrégulières. Oh, rien de rédhibitoire, juste un poil plus de sécheresse dans les réactions. Mais la moto est globalement très conciliante.

Après les arrêts photos et vidéos, le rythme s’accélère et je passe en mode Sport. La réponse de l’accélérateur devient plus directe. Je suis bien calé dans cette selle, dont l’assise est relativement confortable.
La moto est très maniable, la confiance s’est installée et on commence à attaquer de bon cœur. La Sixty est suffisamment stable pour enquiller à un bon rythme. Seuls la garde au sol et le frottement des repose-pieds vous rappellent régulièrement à l’ordre – la moto est basse et ce n’est pas avec les cruisers qu’il prendre des angles d’obtus.
Le frein à disque avant unique remplit bien sa fonction (il manque juste un poil de puissance), en s’aidant du frein arrière pour stabiliser et aider à placer l’engin. Sans compter un petit rétrogradage au besoin, et notamment si l’on veut ressortir du virage avec plus de vigueur et de conviction.
Les suspensions sont souples quoique manquant un peu de retenue. C’est bas, et c’est maniable sans être trop vif et tomber dans l’excès. En tout cas, sur les routes globalement bien revêtues de l’arrière-pays entre Benidorm et Alicante, la moto fait preuve d’une belle maniabilité, sans doute une combinaison gagnante entre centre de gravité bas et pneus au profil étroit, voire les deux? La machine est réactive, et n’a pas tendance à plonger une fois placée.

Car oui, la Scout Sixty aime jouer. Elle est vive, ne gigote pas trop sur des entrées en courbe un peu optimistes, et reste sereine sur les sorties un poil « bourrinesques » de ces mêmes courbes. On peut donc corriger facilement des trajectoires un poil larges, ou inversement, resserrer un virage pris un peu lâchement.
Et, contrairement à la Chief Vintage qui peut cruiser sur son couple, la Sport Scout 60 demande donc à être un peu plus « cravachée » dans les tours. Elle réclame un pilotage un poil plus dynamique. Elle est bien aidée par une boîte 5 vitesses qui n’appelle pas de commentaires particuliers.

Un petit bémol cependant, il faut faire attention que l’angle pris par l’équipage ne soit pas trop prononcé sous peine de flirter bruyamment avec la chaussée. C’est surprenant au début, ensuite on prend ses précautions afin de ne pas limer les ergots…
En résumé – C’est une attachante, petite crapule!
La Sport Scout Sixty dans cette version Limited m’a procuré beaucoup de plaisir. De ces plaisirs instantanés, délivrés et captés sans arrière-pensées.

Un moteur V-twin qui aime être cravaché, une partie-cycle saine, prévenante et prévisible – le ticket d’entrée est assurément un ticket gagnant. Reste à connaître l’accueil que va lui réserver le marché suisse.
La cadette de la gamme porte donc sur ses épaules l’accès à la gamme Indian – elle est également disponible en A2 (permis A limité).
Pour en savoir plus, vous pouvez vous renseigner sur le site web d’Indian Suisse. Vous pouvez également vous rapprocher de nos partenaires Indian Motorcycle dans notre Annuaire ActuMoto des pros de la moto: Biker Syndicate (Indian Lausanne) à Crissier (VD), Swiss Kustom Factory (Indian Sierre) à Granges (VS) et Motos Vionnet (Indian Fribourg) à Sâles (FR).




