Essai – Yamaha R7, une sportive au quotidien?
Test Yamaha

Essai – Yamaha R7, une sportive au quotidien?

La marque Japonaise aux trois diapasons a retiré du marché «public» la Supersport R6, pourtant très appréciée des fans. Ils ont tout de même tenu à garder une main sur le marché des sportives mid-size. C’est pourquoi la R7 nouvelle (qui n’a rien à voir avec son ancêtre du même nom) a vu le jour. Équipée d’un moteur CP2 dérivé de la MT-07 mais avec une position de conduite et un châssis bien plus sportifs Mais que vaut cette bête au quotidien ?

Nous avons eu la possibilité de rouler la petite sportive de Yamaha R7 durant quelques jours, en Suisse. Bien que nous ayions déjà pu la tester en avant-première en Espagne sur route et sur circuit (lire notre article ici), nous avons cette fois axé notre essai sur la conduite de cette moto au quotidien, sur route uniquement, et par tous les temps !

R7
La livrée 60th Anniversary offre un coloris qui se marie parfaitement avec les couleur de l’automne.

Une esthétique réussie

Commençons par le visuel. Esthétiquement, cette moto est plutôt réussie. Surtout dans la livrée 60th Anniversary, qui ornait notre exemplaire de test. Elle reprend les traits de sa grande sœur la R1, mais avec une taille adaptée à sa cylindrée tout en conservant un look agressif et qui ne laisse pas indifférent.

L’avant du carénage arbore une bulle harmonieuse qui enveloppe bien l’ensemble du guidon et de ses commandes ainsi que le pilote, une fois couché sur le réservoir.

R7

La fourche dorée se marie parfaitement avec les jantes à bâtons de la même couleur. De plus, en bonus sur ce coloris, le logo Yamaha sur le réservoir est également de couleur dorée, pour bien appuyer l’ensemble.

Yamaha roue avant
Les jantes à bâtons dorés complètent le look de cette livrée.

Les petits yeux qui lui servent de feux de position, toujours à l’instar de la R1, accentuent le look sportif. Alors que le phare qui se situe plein centre du carénage lui donne un air de cyclope à la nuit tombée.

Les rétroviseurs sont montés sur de fins bâtons qui partent perpendiculairement à la bulle et qui gagneraient à être un peu plus fins, selon moi, bien qu’ils offrent une bonne visibilité.

R7
Les petits phares en forme de sourcils font office de feux de positions. Le phare central est utilisé comme feu de croisement.

Le réservoir est creusé sur l’avant et parsemé de prise d’air en formes de fentes, ce qui donne à la moto une allure plus agressive. En partant de la selle, il s’affine sur l’avant pour accueillir les jambes du pilote.

Yamaha réservoir
Le réservoir est creusé et offre ainsi un look agressif. Le logo de cette édition est doré pour rappeler les parures de la moto.

 

Sur le bas de la moto, le carénage vient envelopper le moteur en finissant sur un sabot qui pointe légèrement sur l’avant. Il laisse apparaître un échappement judicieusement placé sur le bas de la moto, et dont la sortie ne gêne ni le pilote, ni son passager.

Yamaha CP2

Le carénage arrière s’allonge en pointe sur le feu arrière ce qui vient compléter la silhouette de la moto. Il laisse peu de place à un siège passager et offre timidement une «accroche» pour les mains du passager. Mais la position sera dure à tenir sur les longs trajets.

Yamaha phare arrière
Tous les éclairages sont à LED. Les clignotants d’origine sont fins et judicieusement placés.

Des performances bien ajustées

Pour ce qui est des performances, le cœur de la R7 est un moteur bicylindre bien connu sous l’indicatif de CP2. C’est le même moteur qui équipe la très célèbre MT-07.

Ce moteur développe 73 ch (et est bridable à 35 kW pour les jeunes permis) pour un couple de 67 Nm. Il a déjà fait ses preuves sur sa naked de sœur. Cependant, il manque un peu de «pêche» pour être qualifié de sportif, surtout monté sur une moto qui se veut comme telle. C’est du moins mon ressenti sur cet essai.

Yamaha CP2

Rien à redire sur son accessibilité. Il est doux et facile à doser. Je pense tout de même que quelques chevaux supplémentaires lui seraient bénéfiques. En terme de châssis et de partie-cycle, en revanche, on a tout bon!

Mais il m’a quand même fallu quelques jours pour être vraiment à l’aise sur la bête.

La position est vraiment très recroquevillée et j’ai passé un petit moment pour chercher les leviers de vitesse et de frein. Ça y est, une fois qu’on a apprivoisé la machine et qu’on s’y sent à l’aise, c’est un vrai plaisir. La moto fait preuve d’un bel équilibre entre rigidité et agilité.

R7
Une fois apprivoisée, la moto vous embarque avec elle dans les belles courbes.

Elle met en confiance autant en ligne droite qu’en courbe. Les freins sont puissants et font preuve d’un bon mordant.

Cette R7 est bien pensée, car l’absence d’assistance électronique ne se fait pas ressentir. Que ce soit les gaz ou le freinage, tout peut se doser au bon vouloir du pilote. Comme dit plus haut, une fois qu’on commence à la prendre en main, c’est un réel plaisir de conduire cet engin.

On ressent sa sportivité dès qu’on l’exploite toujours un peu plus. Je reste tout de même sur mon idée de base et pense qu’elle jouirait à gagner quelques chevaux pour en faire une arme de col phénoménale.

R7

Le confort au quotidien sur ce type de machine est, comme on peut s’en douter, dépendant du pilote. Hormis la position très serrée qui incombe au pilote sur cette machine, la moto reste simple. La selle d’origine du pilote est, contre toute attente sur ce type de véhicule, plutôt confortable.

Yamaha selle
La selle d’origine offre curieusement un certain confort, malgré son aspect.

Les bracelets sont faciles à saisir sans trop mettre de poids sur les bras et le réservoir ne se sent pas entre les jambes. Bien entendu, en milieu urbain en plein trafic, à des vitesses faibles et avec sans arrêt des départs et des ralentissements ou des arrêts, la fatigue se fera plus vite ressentir.

Yamaha selle
Pour le passager, ce sera un autre combat.

Cela reste une position sportive après tout. La moto a une hauteur de selle de 835 mm, ce qui fait que du haut de mes 1m78 j’ai les deux pieds parfaitement à plat. Le passager saura se faire une (petite) place dès l’instant où il n’est pas d’un gabarit de catcheur…

R7
Difficile d’adopter une position « droite » sur ce type d’engin.

A la fin de mon essai, deux collègues ont également pu mettre le pied à l’étrier de cette machine et ont souhaité apporter leur point de vue sur la chose.

Le point de vue de Claude

Testée en quasi-exclusivité par Miguel, le «pépé» de la rédaction d’Actumoto a eu le bonheur de la prendre en mains durant quelques heures…

Depuis sa première présentation officielle, il est vrai, j’en rêvais! J’en rêvais car cette version «60th Anniversary», qui commémore la présence de Yamaha en Grands Prix, arbore les couleurs que portait le roi Ago. J’en rêvais encore parce que le renouveau de l’appellation R7 me rappelle l’admiration que j’avais lorsque Noriyuki Aga triomphait à son guidon dans le championnat du monde Superbike.

J’en rêvais encore parce que j’adore (comme beaucoup) le bicylindre CP2 de la MT-07!

Le rêve prend maintenant une forme de réalité!

R7

J’enjambe facilement la R7 et je me retrouve avec les deux pieds bien posés au sol, cassé en deux sur le bracelet que mes poignets poussent fortement. « Oh là là, c’est du sportif ça!»

Avec du gaz ou pas, j’adore le couple délivré par le CP2 à bas ou moyens régimes. Quant à sa puissance de 73,4 chevaux, elle convient parfaitement. Mais est-elle suffisante pour une sportive digne de ce nom ? La réponse est, pour ma part, OUI! Car ce qui qualifie la R7 de sportive est avant tout sa position extrême. Pour la faire apprécier des plus âgés, peut-être faudrait-il, de la part de Yamaha, revoir la disposition des cale-pieds et celle du guidon, afin qu’elle permette un meilleur confort aux pilotes Old Style qui aiment encore rouler en sportives ?

Sur les quelques kilomètres effectués j’ai pu juger de son extrême étroitesse qui porte à croire qu’on se trouve à bord d’une R3!

Le bon couple du CP2 permet de la balancer vivement dans les enfilades sans devoir jouer du sélecteur de vitesses. Elle est par ailleurs dépourvue de quickshifter tout comme d’antipatinage. La sportive Old Style, on vous dit!

R7
L’absence d’un quickshifter n’est pas dérangeant.

En forçant un peu l’allure, la R7 version 60th Anniversary s’avère d’une précision «dingue» que ne renierait pas une Moto2. Et, lors de freinages bien appuyés, elle reste en ligne et décélère de manière forte et sûre.

Voilà le bref avis d’un «papy» qui aime toujours les sportives mais qui a quelque peine à assumer les guidons «casse-poignets» et surtout les courbatures de sa nuque via ses cervicales!

L’avis de Jérôme

Une moto attirante visuellement, surtout dans sa livrée anniversaire. Elle est aussi facile à prendre en main : on enjambe – ce n’est pas trop haut – on pose l’avant des deux pieds à terre – je mesure 170 cm – on replie la béquille latérale que l’on trouve facilement et qui a un angle bien étudié, on tourne la clé, et on presse sur le démarreur. Et le moteur CP2, qui est désormais une vieille connaissance, prend vie, dans un joli ronronnement assez grave.

R7

L’embrayage est facile à actionner, pas besoin de main de bûcheron. C’est un peu plus dur que sur certaines concurrentes, mais c’est une question de nuances, pas un deal stopper.

La réponse à la commande des gaz est fine sans être brusque. Pas d’à-coup, nulle part. Et les rapports passent avec fluidité, qu’on les monte ou qu’on les descende.

Les rétroviseurs ne vibrent pas, on a une vision claire, mais pas très grande, du fait de leur forme assez étroite et de la position de conduite. Celle-ci vous force à vous mettre en avant, sans pour autant que vos jambes aient une grande place. Ces dernières doivent rester bien pliées.

On est sur du sportif, pas de doute. C’est peut-être moins radical que sur une Supersport, mais on n’en est pas loin.

Yamaha commodo
Ergonomiquement, tout est « basique ».

Conduite en milieu urbain

Tant que l’on va de l’avant en accélérant ou que l’on ralentit en freinant, avec au minimum 40-50 km/h, c’est supportable – pour un « vieux » motard que je suis. Mais dans une zone 30, et avec des stop and go propres à la circulation en milieu urbain, ça l’est moins. Je finis par avoir les cervicales qui font un peu mal.

Dans un style de conduite actif et plus rapide, par contre, on a un contrôle parfait. Et la moto semble légère, agile, et dispose de grandes réserves pour sa garde au sol. La R7 offre une excellente précision, mais n’est pas nerveuse. C’est un peu comme pour le moteur.

Côté roues, de bons pneus routiers, qui offrent un bon grip même sous la pluie. Suspensions efficaces elles aussi, et ça reste composé quand on passe sur un revêtement irrégulier et mal en point, y compris sur l’angle.

Bien sûr, il y a une limite, et paradoxalement, elle vient aussi de la légèreté de la machine. On a l’impression qu’elle est moins plantée sur l’angle en contrainte quand les conditions de roulage sont plus délicates – pluie, froid, feuilles sur la route.

En fait, si on s’adapte, en se donnant une petite marge de sécurité et en adoptant des impulsions de pilotage bien contrôlées, aucun problème. Un contrôle de traction n’est pas utile si on sait utiliser l’accélérateur et qu’on ouvre les gaz progressivement sur l’angle quand l’adhérence est faible. Sinon on peut avoir des surprises, parce que le couple est quand même bien là.

Yamaha roue arrière

La R7 accélère bien depuis les bas régimes. Peu d’inertie dans ce moteur. Après, il s’essouffle tout en haut, et on a l’impression qu’il est moins rond que dans les bas et mi-régimes. Ce n’est pas un moteur aussi sportif que, par exemple, un 4-cylindres genre R6, ou même un bicylindre en ligne (même architecture) d’Aprilia RS 660 (lire notre test).

Il est par contre plus exploitable au quotidien, sera plus discret aux allures légales, et offrira plus de punch dans les bas et mi-régimes.

Côté confort, outre la position des guidons et des repose-pieds, il y a aussi la selle, qui est du genre fine. Pas bout de bois, mais contrairement à mon collègue Miguel, je trouve qu’elle filtre peu les bosses et les trous. Heureusement que les suspensions sont d’un bon niveau et bien freinées.

Protection contre la pluie et le vent, c’est passable. On a très peu de turbulences. Mais on est aussi peu protégé, à moins de vraiment s’aplatir sur le réservoir – ce que la moto permet, si l’on est souple (surtout) et pas trop grand.

Quand on emporte un ou une passagère, il est possible d’utiliser le moteur de manière très fluide et douce, pour éviter les brusques changements dus à l’accélération. Au freinage, on arrive aussi à bien doser. Il y a du mordant, mais ce n’est pas brutal.

Le tableau de bord est d’une belle lisibilité, les infos sont bien ordonnées, elles ont la bonne taille pour que tous les yeux, même fatigués, puissent les voir correctement.

Yamaha écran

On apprécie le fait de pouvoir utiliser deux boutons sur le commodo gauche pour naviguer dans ces infos, qui sont par ailleurs complètes, mais sans chichi. Elles comprennent l’heure, deux partiels, une jauge d’essence.

Si on veut changer l’heure, c’est par contre un peu compliqué. Il faut presser sur l’un de ces deux boutons, et laisser pressé, avant de mettre le contact! Pas intuitif du tout.

Yamaha commodo

Enfin conso d’essence très raisonnable, moins de 5 litres aux 100 km dans tous les cas de figure.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter le site suisse de Yamaha, ou vous adresser notamment à nos partenaires de l’Annuaire suisse des professionnels de la moto, Badan Motos à Genève, Moto Bolle à Morges (VD), MCM Moto à Lausanne, Facchinetti Motos à Crissier (VD), Chevalley Motos à Saint-Légier (VD) ou le Yamaha Center de Marly (hostettler moto Fribourg) à Marly (FR).

Photos: Jean-Baptiste Rozain (@madpik_photographie)

Article mis à jour le 9 janvier 2023 à 18:17

Auteur

Miguel

Miguel

Miguel, alias Bob. Amateur de combinaison cuir sur de belles mécaniques! Motard de toute saison et de tout horizon, j'aime partager et échanger sur ma passion du deux-roues. J'espère que vous prendrez du plaisir à lire les émotions retranscrites par le biais de nos articles.

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