La marque de motos Buell est de retour
Nouveau départ

La marque de motos Buell est de retour

Les responsables de l’entreprise EBR, qui produisait les motos issues des concepts mis au point par le génial ingénieur américain Erik Buell, ont réussi à racheter le nom « Buell » à son précédent détenteur, Harley-Davidson. Et ils annoncent la mise en production de nouveaux types de motos, en plus des sportives bicylindres déjà existantes, avec des nouvelles plate-formes moteur.

Le nom Buell est légendaire dans l’univers motocycliste. Pas qu’il coïncide avec des exploits sportifs extraordinaires, ni avec des succès mirobolants en termes de vente. Non, si Erik Buell, le génial ingénieur nord-américain au caractère de cochon (si, si) est célèbre, c’est parce qu’il a proposé des motos de route équipées de solutions techniques innovantes et avant-gardistes, qui ont inspiré d’ailleurs en bien des points les grands constructeurs. On n’en citera qu’une, le pot d’échappement sous le moteur, qui offre un meilleur équilibrage des masses et favorise donc l’agilité de la moto.

Aujourd’hui, après une éclipse de quatre ans depuis la quasi faillite de la compagnie EBR (pour Erik Buell Racing, en 2015) et une descente aux enfers consécutive à l’arrêt de la production sous le nom Buell en 2009 par la maison-mère Harley-Davidson, Buell Motorcycles semble sur le point de prendre un nouveau départ. Mais pour en comprendre la portée, il faut revenir en arrière dans le temps.

Au début des années 1990′, le géant Harley-Davidson a pris une participation, d’abord minoritaire, dans la société créée par Erik Buell. En est née toute une famille de motos dotées d’un V Twin Harley refroidi par air, mais aux caractéristiques inédites: pot d’échappement sous le moteur, cadre faisant aussi office de réservoir pour les liquides (essence et huile), unique disque de frein avant périmétrique (beaucoup plus large que les autres), entre autres choses.

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La Buell XB12S, mue par un bicylindre Harley refroidi par air. Avec, déjà, le cadre faisant office de réservoir d’huile, le disque de frein à rotor périmétrique devant, et l’échappement court sous le moteur.

Ces motos étaient d’une vivacité redoutable sur la route, et elles se sont très vite trouvées une communauté de fans indéfectible, en dépit de certains problèmes techniques plus ou moins réguliers selon les modèles.

Puis, en 2007, Buell, alors une marque du groupe Harley-Davidson, abandonna le moteur V Twin de Milwaukee pour proposer une sportive et une naked sportive mûes par des V Twin à refroidissement liquide, plus modernes, livrés par la firme européenne spécialisée Rotax. Ces motos  s’appelaient 1125 R et 1125 CR. Les performances étaient là, tout comme les idées innovantes d’Erik Buell. Mais l’esthétique particulière de ces motos n’a pas convaincu un large public.

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Les 1125 R (et la variante naekd CR) furent les premières à passer à un moteur refroidi par liquide, fourni par une autre marque que Harley-Davidson.

La crise bancaire des subprimes a suivi, en 2008, et elle a plongé l’économie américaine (mais pas seulement) dans le marasme. Ce qui est sans doute une des raisons qui ont poussé Harley-Davidson, en 2009, à décider d’arrêter la production des Buell et de revendre la marque italienne MV Agusta, qui venait d’enrichir son portfolio, pour se concentrer sur sa propre marque. Cet arrêt s’est produit juste avant que Buell ne puisse lancer sur le marché la seconde génération de sportives à moteur refroidi par liquide, les 1190.

Erik Buell a pu continuer la production de motos sur la base des 1190, mais il n’avait alors pas le droit de le faire en utilisant son nom. Ce qui fait que sont nées les premières motos EBR (pour Erik Buell Racing), des sportives répondant au nom de 1190 RX, et un projet de naked sur la même base technique, baptisée 1190 SX. Toutes deux avec certaines caractéristiques typiques de Buell, comme le cadre qui sert de réservoir pour l’huile, et des grands disques de frein périmétriques en forme de rotors à l’avant, avec des étriers disposés sur la partie intérieure de ces rotors. Les moteurs, eux, développaient quelque 185 chevaux, ce qui faisait de ces motos les plus rapides produites aux Etats-Unis par une marque américaine.

La vente forcée

Ces efforts n’ont pas payé très longtemps. En 2015, EBR a dû se résoudre à se déclarer en faillite, malgré des investissements promis et engagés par le géant de la moto indien Hero. S’en est ensuivi une descente aux enfers économiques, avec deux tentatives de rachat inructueuses, avant une troisième qui a placé EBR dans les mains d’une compagnie spécialiste des ventes et reventes de marques de moto en difficulté.

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La 1190 RX, rebaptisée « Hammerhead » (tête de marteau).

A partir de là, sous la direction de Bill Melvin (Erik Buell n’était plus dans le train), la production a timidement redémarré, en 2016-2017, s’est arrêtée, puis est repartie en 2019, sur la base de juste quelques unités par année. Toujours avec les 1190. Les choses ont commencé à changer lorsqu’EBR a pu racheter la marque Buell à Harley-Davidson, en 2020. Tout d’abord uniquement pour le marché américain. Puis, comme la firme vient de l’annoncer, pour les marchés globaux.

Et plus important, si la production des 1190 RX et SX, la sportive gagnant au passage le surnom de « Hammerhead », doit reprendre sur une plus large échelle (mais on ne cite pas de chiffres), d’autres modèles sont promis. Dix en tout d’ici 2024, selon les termes du communiqué de Buell Motorcycles.

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Une image, fournie par Buell Motorcycles, montrant à quoi pourrait ressembler une future Buell de type Adventure.

En partant du même moteur bicylindre de 185 chevaux, on aura ainsi une Sport Tourer, une Adventure, dont Buell montre une esquisse possédant un look original (une concurrente à petit volume pour la future Harley-Davidson Pan America?), un cruiser, une moto de tout-terrain, dont une version spéciale existe déjà pour concourir dans le championnat américain de montée impossible (si, si)… et même des motos avec des moteurs différents, de cylindrées plus petites.

Mais la probabilité de trouver ces machines en Europe reste très faible. Le réseau de distribution est pour l’heure uniquement américain. Pour en savoir plus, voici le site web de la compagnie.

Photos: Newatlas, DR
Source: comm. Buell Motorcycles

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 52 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes, et s'est découvert récemment une passion pour l'Aventouring en tout-terrain.

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