Hyosung Aquila 125, le mini Bobber
Test Hyosung

Hyosung Aquila 125, le mini Bobber

La marque sud-coréenne livre un des rares twin parmi les 125 cm3, avec un look clairement influencé par les canons américains. A l’essai, il est facile, bas et ne rechigne pas à effectuer quelques kilomètres sur l’autoroute, si l’on n’est pas pressé.

Si vous avez la nette impression d’avoir déjà vu cette moto quelque part, c’est normal. La Hyosung Aquila 125 s’inspire visuellement très fortement des motos américaines d’une certaine marque et d’un certain modèle (modèle dont le nom commence par «S»). On ne vous fera pas l’injure d’en dire plus. Mais cette Hyosung est une coréenne. Qui plus est, avec un petit moteur de 125 cm3 seulement, refroidi par liquide! Une sorte de mini bobber dans le plus pur style US, extérieurement parlant. Mais qui est d’une grande facilité d’usage et qui n’intimidera aucun motard ni aucune motarde qui montera en selle – par ailleurs assez basse.

Aquila 125
La Hyosung Aquila 125.

L’Aquila 125 marque aussi le retour en Suisse de la marque Hyosung, qui a retrouvé un importateur en la personne de Thierry Guizzardi, patron de la société ZZ Racing (lire notre portrait).

On l’a dit, cette Bobber est basse. Sa selle accueille deux personnes, mais la place dévolue au passager est limitée. La position de conduite n’est pas du genre pieds en avant, mais plutôt jambes à angle droit, et dont les pieds touchent terre bien à plat (le sous-signé mesure 1m70). Et le guidon de cette Aquila 125 est placé ni trop loin, ni trop près, avec juste ce qu’il faut d’écartement. Un bon point, donc, pour l’ergonomie. Sauf bien sûr en ce qui concerne la protection contre l’effet du vent et la pluie, inexistante. Le petit afficheur combine un compte-tours à aiguille, deux boutons malcommodes à tâter avec des gants de motard et une fenêtre digitale assez lisible – sauf quand le soleil s’y reflète. Il y a même une jauge d’essence. Mais pas d’indicateur du rapport de vitesses engagé.

Aquila 125
Un tableau de bord assez complet. Il y a même une jauge d’essence. On passe d’un affichage à l’autre et on règle trips et horloge avec les deux petits boutons noirs.

Dès les premiers tours de roue, on est agréablement surpris par la maniabilité de l’engin, dont l’empattement est court et le poids facile à manœuvrer, même sans l’aide du moteur.

Par contre, sur notre version de test, il faut tourner vraiment à fond la poignée des gaz pour faire avancer la moto à partir de l’arrêt. La faute à une dent en plus sur le pignon de transmission par rapport à la moto telle qu’elle est livrée par le constructeur, «Cela permet d’atteindre une vitesse correcte par exemple sur autoroute, explique Thierry Guizzardi. Pour ceux et celles qui font surtout des trajets en ville, la version standard sera probablement plus indiquée.» On confirme. A fond de cinq, en descente, le compteur va jusqu’à indiquer le chiffre redoutable de 127 km/h. Qui tombe à environ 102 si cela monte de manière persistante et pas trop raide.

Aquila 125
Ce filtre à air vous rappelle quelque chose? Mais ici, outr ele fait qu’il s’agit d’une 125 cm3, le bicylindre est refroidi par liquide.

Quoi qu’il en soit, le petit bicylindre en V est vaillant et a pas mal d’allonge. Il n’a rien à voir, côté sensations, avec un gros twin américain, évidemment. Mais il ne vibre pas non plus à haute fréquence de manière désagréable, et il est très souple. Pour le faire hoqueter, il faut le faire dégringoler vraiment bas dans les tours. Il est bien sûr d’une grande parcimonie dans son utilisation des litres du réservoir d’essence.

Aquila 125
Un petit bicylindre souple et vaillant.

Le freinage, confié à un disque à l’avant et un autre à l’arrière, est correct, sans être sportif. Il n’y a pas d’ABS, remplacé par un freinage combiné. Et les pneus Timsun n’ont pas démérité sur des routes diverses, ni sous la pluie. Il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de kilos à arrêter.

Le mot qui décrit le mieux ce que l’on ressent au guidon de l’Aquila (dont une version de 300 cm3 est aussi disponible), c’est «cool». On se décontracte, on salue les autres motards qui vous croisent tellement vite qu’ils n’arrivent pas à lire le nom sur votre réservoir. Si l’on cherche à aller plus vite, les deux amortisseurs arrière, non réglables, vous font gentiment savoir qu’ils ne sont pas là pour absorber toutes les irrégularités de la route à vive allure. Et la fourche télescopique, qui rebondit un peu moins, ne se prête pas non plus à une conduite sportive. Mais dans cette limite-là, le voyage est assez confortable.

Photos: Sylvain Muller
Article paru sous une autre forme dans le magazine Moto Sport Suisse

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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