Un Café Racer à la mode Scrambler, et vice-versa
Test Ducati

Un Café Racer à la mode Scrambler, et vice-versa

Ils l’ont dit, redit, et re-redit. Le Scrambler Ducati, ce n’est pas un modèle comme les autres dans la gamme du constructeur de Bologne. Mais plutôt une sorte de nouvelle marque dans la marque. Et c’est cela, entre autres, qui a permis que naisse dans la palette 2017 de cette nouvelle marque un Café Racer à la mode italienne. Alors que, à première vue, il n’y a aucun point commun entre un Scrambler et un Café Racer, si ce n’est plus ou moins la période historique à laquelle ces deux appellations se réfèrent.

Mais qu’importe, on nous a proposé de venir tester cette nouvelle machine directement à Bologne, et n’écoutant que notre sens du devoir, nous l’avons fait. Le premier contact s’est effectué non pas sur la route, mais dans un restaurant. Et pas n’importe lequel: la Scrambler Ducati Food Factory, à la Via Stalingrado. Probablement le premier, mais pas le dernier endroit du genre.

Dans ce restaurant branché, pour dire le moins, serveurs, serveuses, bar-men et -women et même les pizzaoioli portent les couleurs de la marque Scrambler. En orange, comme le Scrambler Sixty2 d’entrée de gamme. Et sur ou contre les murs, des accessoires de moto ou des équipements – pour la gamme Scrambler. Cela va de la casquette au réservoir d’essence décoratif, en passant par la Custom occasionnelle.

Café Racer à la mode
La Scrambler Ducati Food Factory, à Bologne. Un peu comme un Café Deus ex Machina.

Le ton étant donné, et après une bonne nuit de sommeil pas trop alourdie par la pizza « a la plata », départ vers le sud et les collines d’Emilie-Romagne. Sur une route bien connue des motocyclistes de la région, la « Futa ». Elle serpente à flanc ou à sommet de colline, avec de magnifiques virages, petits ou grands.

D’abord, il faut s’extraire du trafic bolognais et s’acquitter d’un bout d’autoroute. Enfin, plutôt de périph’, comme on dit en France. Pas de souci. Malgré les apparences, la position de conduite n’est pas extrême, on est incliné en avant, mais c’est parfaitement gérable. Ce n’est pas une sportive avec guidon à bracelets pure et dure, et c’est tant mieux. Et puis poser les pieds à terre est facile malgré la hauteur de selle – toute relative – et les genoux ne sont pas trop repliés. Pour votre serviteur qui mesure 1m70 et n’a pas de très longues jambes. Ca commence bien, ce test!

Café Racer à la mode
L’optique avant fait partie du look postmoderne de cette moto. Parmi les accessoires, on trouve une grille de phare en forme de X.

Au petit jeu du slalom entre les camions, le Café Racer se défend bien. Son bicylindre desmodromique (une particularité ducatienne dans la distribution, gage de respect de la tradition), refroidi par air, est bourré de couple sans être intimidant. Il y a juste assez de centimètres cubes. C’est bien un Scrambler Ducati, une moto facile à maîtriser qui vous met à votre aise dès les premiers mètres.

Le passage à Euro 4, les nouvelles normes anti-pollution européennes plus sévères, lui a même fait du bien. Parce que les ingénieurs et techniciens qui ont planché sur le sujet se sont arrangés pour adoucir la réponse à la commande des gaz. Parce que, de l’avis de certains, c’était encore un point faible des premiers Scramblers, à certains régimes de rotation du moteur, dans certains rapports de vitesses et à certains degrés d’ouverture des gaz.

Café Racer à la mode
Le moteur Desmodue, est fini et peint en noir. Pour la cohérence visuelle.

Cette petite amélioration bénéficie à toute la famille – qui compte aujourd’hui pas moins de douze rejetons. Et notre Café Racer noir et or ne fait pas exception. On s’attarde quelques secondes sur l’esthétique de cette machine, très réussie à notre avis. Les teintes sont un rappel des Ducati des années 1977-1982, dans la lignée des Darmah et 900 SS noires. Le souci du détail est remarquable. Comme par exemple les flancs ornés du numéro 54 (celui que portait le coureur Bruno Spaggiari lors de ses participations à la course italienne Mototemporada, à la fin des années 1960). Le phare avant vaut aussi le détour, tout comme les circonvolutions des sorties d’échappement du bicylindre.

Dès les premiers mètres sur les pavés de Bologne, les suspensions de notre machine de test convainquent aussi. Elles ne sont pas trop fermes et le bas du dos est préservé. Par contre, il faut s’habituer à l’embrayage, assez court. Quand on tente de le faire cirer pour des démarrages rapides, la fonction assistée a tendance à prolonger le point de friction. Ca surprend un peu au début.

Café Racer à la mode
Le Café Racer à l’assaut des collines romagnolaises.

Mais vite, la Futa arrive. Il est temps de trouver le groove/la zone pour se propulser de virage en virage. Là encore, on ne peut que saluer le travail des suspensions, tout particulièrement à l’avant. Certes, la moto bouge un peu au gré des ondulations du bitume. Mais elle reste dans sa ligne. Un effet secondaire appréciable de sa légèreté et du bon réglage de base de la fourche télescopique inversée. A l’arrière, c’est tranquille. Il faut vraiment une grosse bosse pour perturber l’amortisseur.

En fait, il est très facile de rouler vite – sur route, entendons-nous bien – avec ce Racer au goût de café italien. On retrouve là un trait de caractère propre à toute la famille Scrambler Ducati. De vrais vélos avec un moteur. Ou presque.

L’agilité est un grande force de cette nouvelle venue. L’empattement est d’ailleurs plus court que sur le Scrambler Icon, Full Throttle ou Classic, et la chasse idem. Le Café Racer est bel et bien plus vif dans les changements de direction. Très vif, même. Ce qui fait qu’il n’est pas difficile de faire demi-tour, même sur une route étroite. On contre-braque, et hop, c’est fait.

Café Racer à la mode
Il est très facile de corriger la trajectoire.

L’adhérence offerte par les pneus, de sportifs Diablo Rosso II, est excellente. Ils sont bien secondés par la taille et les mensurations des roues – on a 17 pouces à l’avant, contrairement aux autres Scrambler, qui utilisent une jante antérieure de 18 pouces.

Café Racer à la mode
Pour connaître l’itinéraire, suivre la chaîne.

Si l’on arrive de manière un peu enthousiaste en entrée de virage, corriger la trajectoire est un jeu d’enfant, avec ou sans frein, arrière ou avant. On a un peu l’impression d’être un singe sur une branche, ce qui n’est pas désagréable. Le simple disque de frein antérieur est largement suffisant. Il y a de la puissance dans l’ensemble maître-cylindre (radial)-durite-câble-étrier-disque. Par contre, comme c’est un Scrambler, qui doit être accessible aussi aux novices, n’espérez pas trouver un gros mordant quand vous choppez le levier. C’est un choix, qu’on peut ne pas aimer.

Café Racer à la mode
Le soin du détail.

On attribue un bon point au son desmodromique qui sort des doubles silencieux Termignoni. C’est plein et rond, sans être assourdissant. Un moteur Desmodue, quand c’est bien « échappé », c’est beau! Malheureusement, le refroidissement par air fait que le dessous de selle et les flancs ont tendance à dégager pas mal de chaleur contre les cuisses du pilote lorsqu’on doit s’arrêter dans les embouteillages. On n’y peut rien, c’est comme ça.

Café Racer à la mode
L’afficheur digital est joli, mais pas toujours lisible.

Pour ce qui est des infos affichées sur l’écran rond digital, elles sont peu nombreuses, mais utiles. On a l’heure, deux trips partiels, le compte-tour et l’indicateur de vitesse – mais pas de rapport de vitesses engagé, pour ça, on se fie à ses cinq sens. Il n’y a pas non plus de jauge d’essence, seulement un compteur kilométrique quand on passe en réserve. Mais le Desmodue n’est pas très gourmand. Et si le tableau de bord à cristaux liquides est assez joli, il est par contre peu lisible sous le plein soleil.

Une journée sur un Scrambler Café Racer à la mode italienne ne saurait être complète sans une pause de midi avec sieste – pisolino, en italien. Ce que nous avons fait dans la maison d’un collectionneur de motos, entre autres objets, en pleine campagne.

Café Racer à la mode
Quand le pilote se repose, la moto aussi.

En reprenant la route du retour vers Bologne, on ne peut s’empêcher de réfléchir à l’originalité de ce Café Racer. Certes, il tire son inspiration dans les motos anglaises des années 1960. Et oui, Ducati possédait dans sa gamme, avec la Darmah et la Supersport SS 900 noire, des engins qui, stylistiquement et dans leur concept, étaient proches.

Il n’empêche, ce Scrambler Café Racer est un mélange unique en son genre, presque postmoderne: rétroviseurs aux extrêmités du guidon, capot de selle passager, guidon de type Ace, couleur noire luisante, mais pas trop, motif décoratif du drapeau à damiers, moteur refroidi par air, et en même temps afficheur digital très design, freins Brembo performants (l’ABS est désactivable, d’ailleurs), et tendance custom hip très actuelle. Le meilleur des deux mondes? c’est possible. Ce d’autant que l’on peut encore largement personnaliser cet engin avec toutes sortes d’accessoires.

Café Racer à la mode
La partie fut endiablée.

Et puis le soir arrive, il est temps de rendre la clé de ce très divertissant Café Racer. Histoire d’aller témoigner en direct et en italien sur Radio Scrambler, de manger un hamburger et de perdre une partie de Babyfoot. C’est ça la vie de hipster…

Galerie photos: la vie en Scrambler Café Racer

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L'optique avant fait partie du look postmoderne de cette moto. Parmi les accessoires, on trouve une grille de phare en forme de X.

 

 

 

Photos: Milagro

Auteur

Jérôme Ducret

Jérôme Ducret

Journaliste - 51 ans, 1m70, 80 kg - habite à Lausanne - marié, deux enfants. Aime les Italiennes et les Anglaises (les motos, bien sûr), mais n'est pas sectaire. A l'aise dans les ronds-points et les petites routes.

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