Deux pilotes du team suisse Edelweiss Racing se sont frottés au Rallye du Portugal
Lucas Secco et Marc Suter représentaient le team suisse Edelweiss, fondé par Nicolas Monnin, dans la deuxième étape du championnat du monde de rallye-raid, sous le soleil et surtout l apluie lusitanienne. Lucas a vu son rallye stoppé net à l’étape 2, à cause d’une clavicule fracturée, tandis que Marc a pu aller au bout de l’épreuve, malgré deux doigts luxés.
Le Rallye du Portugal BP Ultimate était la deuxième épreuve du championnat mondial de rallye-raid, après le Dakar. Il avait lieu du 17 au 22 mars derniers, et le team suisse Edelweiss Racing y participait dans la catégorie moto, avec deux pilotes, Lucas Secco (numéro 123) et Marc Sutter (88).
Personne d’Edelweiss n’a cette saison pris part au Dakar, qui a vu la victoire du pilote d’usine KTM Luciano Benavides, de seulement quelques secondes sur le champion Honda Ricky Brabec. Mais un Suisse, le Valaisan Alexandre Vaudan (KTM, team privé) a réalisé l’exploit d’arriver au bout et de décrocher la 27ème place au scratch (lire notre article).
Le team Edelweiss a par contre pris part en novembre dernier (2025) au rallye Addax, au Maroc (lire notre reportage), avec des résultats très honorables et un bel esprit d’équipe.
Pour ce rallye du Portugal 2026, Lucas Secco et Marc Sutter se sont retrouvés face à des pointures, puisque tous les teams officiels en lice pour le championnat étaient de la partie.

Cela inclut le team KTM, avec Luciano Benavides, le vainqueur du Dakar 2026, et son coéquipier plus expérimenté encore Daniel Sanders (un Dakar à son actif). Le team KTM junior était représenté par Edgar Canet.

Le team Honda était là en force avec le double vainqueur du Dakar (mais pas cette année) Ricky Brabec, avec aussi le jeune pilote qui monte, Tosha Schareina, et le vétéran du désert Adrien Van Beveren, sans oublier Skyler Howes. Leur team junior était présent en entier, avec Martim Ventura et Preston Campbell.
Du côté de Hero, les deux officiels Ross Branch et Ignacio Cornejo étaient prêts à en découdre, eux aussi. Mais pas les pilotes Sherco, pas disponibles en raison notamment des suites de blessures.
Comme il s’agit d’une manche du championnat mondial, seules les motos monocylindres de 450 cm3 étaient acceptées. Pas de représentation Yamaha ou Aprilia, donc. Mais plusieurs pilotes là sur des Kove chinoises, dont justement ceux du team suisse Edelweiss Racing, mais avec aussi les deux pilotes de l’écurie officielle, Neels Theric et Lili-May Mansuy. Au total, 45 inscrits étaient au départ, dont quelques femmes.
Il y avait même un vétéran portugais, Pedro Prata Bianchi, sur une moto électrique (de la marque slovène Strix), dans la catégorie Experimental.

Le rallye a débuté par un prologue de 3 kilomètres, sous un ciel maussade et sur des pistes pas encore trempées. Chez les petits Suisses, Lucas a assuré, selon les termes de son team, avec une conduite « propre et maîtrisée », et il a fini 20ème de sa catégorie Rally (par opposition à RallyGP qui regroupe les top pilotes des top teams), sur 26 pilotes inscrits ayant terminé ce prologue, et 38ème au classement généra toutes catégories confondues.
Marc a eu « un peu de peine a se mettre dedans, eu quelque frayeurs », tout en restant dans la course, prêt à en découdre, et s’est classé 25ème de sa catégorie, la même que celle de Lucas.

Les conditions météo et donc des terrains se sont péjorées lorsqu’il a fallu entrer dans le vif du rallye, l’étape 1: 180 km de spéciale chronométrée, pour 46 km de liaison, en boucle autour de Grandola, au Portugal.
En résumé, de la pluie, de la pluie et de la pluie, et des terrains gorgés d’eau. La difficulté de ce rallye n’était pas tant la navigation que les conditions des terrains et la vitesse des concurrents.

Lucas a manifestement su gérer les risques, puisqu’il s’est classé 21ème de sa catégorie (39ème au scratch), avec un peu plus d’une heure de retard sur le leader Rally 2, le Portugais Bruno Santos.
Marc a connu une journée plus mouvementée: chute, casse de protège-main et tour de navigation desserrée… mais il n’a rien lâché et a terminé la spéciale malgré le retard, 24ème Rally 2, 42ème au scratch.

L’étape 2, qui faisait passer les pilotes de Grandola au Portugal à Badajoz en Espagne, « offrait » 377 km de connection spéciale et 171 km de liaison. Cela a continué dans la même veine, très humide. « On arrivait au bivouac trempés en fin de journée, on faisait sécher du mieux qu’on pouvait les bottes et les habits, et on les retrouvait mouillés et froids le lendemin », résume Marc Sutter.
Marc n’a pas pu prendre la piste comme les autres pilotes en raison d’un problème sur sa tablette de navigation résultant de la casse à l’étape précédente. Il a pris la décision de tirer sur l’Espagne par l’autoroute.

Son coéquipier a bien navigué mais après 200 km il a malheureusement chuté et s’est cassé une clavicule. Le BP Ultimate Rally-Raid s’arrêtait là pour lui!
L’étape 3 (296 km de spéciale et 205 km de liaison) se disputait sur une nouvelle boucle, cette fois-ci autour de Badajoz. Marc Sutter s’est enfin senti à son aise sur sa Kove, entre oliviers et vignes espagnols, et n’a pas rencontré de souci technique. Résultat: 24ème Rally2, 40ème au scratch.

Le lendemain, l’étape 5 entre Badajoz et Loulé, au Portugal, a été décisive de par sa longueur (plus de 500 km, dont 317 de spéciale). Marc s’est est presque tiré sans mal. Mais, à 20 km de l’arrivée, il est tombé lui aussi et s’est luxé deux doigts.
Il a continué, avouant après le rallye avoir remis en place lui-même ses doigts et avoir juste serré les dents. Il a fini 23ème en Rally 2 au terme de cette étape.

Yannick, le mécanicien du team, et Olivier, le chef, ont alors bossé sur la moto de Marc sans relâche (1h du matin) pour la réparer. Et le lendemain, le Suisse, sous anti-douleurs, était au départ de la cinquième et dernière étape, autour de Loulé (101 km de spéciale et 190 km de liaison).
Le pilote du team Edelweiss a tenu bon jusqu’à la ligne d’arrivée, allant jusqu’à passer les vitesses sans l’embrayage pour épargner sa main blessée. Sa 37ème place, 21ème de sa catégorie, le classent 38ème de ce rallye (22ème en Rally2). Avant-dernier, mais classé, sans aucune pénalité et avec tous les points de passage validés!

Il n’a pu que se déclarer « fier d’avoir ramené cette médaille pour l’Edelweiss Racing Team et d’avoir tenu ma promesse envers Lucas. »
Quant au vainqueur, il n’est autre que Daniel Sanders (KTM), qui l’a emporté de presque deux minutes sur Tosha Schareina (Honda). La troisième place échoit à Adrien Van Beveren, à un peu plus de 8 minutes.
Le Portugais Bruno Santos (team privé, Husqvarna), cinquième derrière Edgard Canet (KTM), remporte la catégorie Rally 2, devant Martim Ventura (Honda) et Neels Theric (Kove, 8ème au scratch).

Santos a réussi l’exploit de presque obtenir une victoire d’étape sur un pilote RallyGP (Schareina), et de terminer le rallye mieux classé que certains autres membres de cette dernière catégorie, notamment Ross Branch (Hero, 7ème), Luciano Benavides (KTM, 9ème), Skyler Howes (Honda, 10ème) et Ricky Brabec (Honda, 14ème, alors qu’il était 2ème du Dakar 2026).

Pour les classements complets de ce Rallye Ultimate BP du Portugal 2026, c’est par ici.
Si vous voulez soutenir le team Edelweiss Racing, vous pouvez notamment vous inscrire à leur repas de soutien, le 10 octobre à Marin-Epagnier (NE), dès 19h. Plus d’infos en suivant ce lien.



