Essai – La Triumph Scrambler 400 XC, « Baby Baroudeur »

Publié le 5 avril 2026 par Phoukham Phothirath.

Photos: Triumph Motorcycles.

Test Triumph

Essai – La Triumph Scrambler 400 XC, « Baby Baroudeur »

La Scrambler 400 XC se veut la plus baroudeuse dans la gamme des monocyclindres 400 de Triumph Motorcycles. Avec une esthétique assumée de scrambler, un équipement qui respecte les codes du genre et une ouverture vers les chemins de traverse. Nous avons pu tester, uniquement sur route, durant presque une journée au sud de l’Espagne.

La famille des 400 monocylindres s’agrandit chez Triumph Motorcycles, avec notamment l’apparition de la Scrambler 400 XC, une nouvelle déclinaison que nous avons pu tester durant un peu moins d’une journée en Espagne.

Chez la marque britannique, cette famille représente les motos abordables, tant par leur prix que par leur masse et encombrement contenus, mais aussi par leur facilité d’usage. Les premières du genre furent les Speed 400 et Scrambler 400X (lire nos essais), apparues en 2024.

Cette catégorie est ultra stratégique puisque les nouvelles 400 ont largement contribué à un nouveau record de ventes mondiales en 2024 quand, pour la première fois de l’histoire du constructeur, la barre des 100000 exemplaires a été franchie, avec 134635 unités vendues plus pécisément. Et il en a été de même en 2025.

La Scrambler 400 XC. « Baby » baroudeur.

Les Scrambler 400 XC sont apparues en 2025, d’abord en Inde (lire notre présentation), tandis que la Tracker 400 et la Thruxton 400 viennent grossir les rangs en 2026. Ce renfort est hautement stratégique tant la bataille que se livrent les constructeurs est âpre (doux euphémisme), plus particulièrement dans les marchés émergents. Notamment aussi en Europe sur le marché des jeunes permis A2.

Les monocylindres 400 de Triumph utilisent tous la même plate-forme technique développée en partenariat avec l’Indien Bajaj.

Bardée de protections dans tous les sens, des jantes à rayons, une roue avant de 19 pouces… La Scrambler 400 XC est parée pour l’aventure light ou les barouds légers.

Lors de cette journée d’essai dans l’arrière-pays andalou (du côté de Marbella), Scrambler 400 XC, Tracker 400 et Thruxton 400 étaient disponibles, pour un parcours total de 170 kilomètres environ.

Nous venons de publier l’essai de la Tracker 400 tout récemment. Et voici le tour de la Scrambler 400 XC, la Thruxton 400 n’étant pas importée en Suisse.

Revue de détails

Basée sur la 400 X, la 400 XC partage son moteur monocylindre de 398 cm³ à refroidissement liquide et disposant de 40 ch (29,4 kW) à 8 000 tr/min, et de 37,5 Nm à 6 500 tr/min. On reste donc en terre connue.

Le plus gros changement par rapport à la 400 X dont elle dérive réside dans les jantes à bâtons qui ont laissé place à des modèles à rayons, plus adaptés aux (petites) excursions sur les chemins et aux barouds légers.

Ces jantes en aluminium de 19 et 17 pouces sont sinon chaussées des mêmes pneus Metzeler Karoo Street, en Tubeless et au profil mixte.

Le coeur des petites anglaises – le monocylindre 400 TR, développé en collaboration directe avec le contructeur indien Bajaj.

Par ailleurs, la Scrambler XC est équipée de série de crash-bars qui enserrent le bas-moteur, en complément du sabot en alu qui protège la partie inférieure (déjà présent sur la version X).

Elle récupère aussi les protège-mains, la grille de phare et le tube de mousse du guidon estampillé « Triumph ». La machine offre un vrai arceau de maintien passager. Et comme sur la Tracker 400 que nous venons d’essayer, la sortie d’échappement est double.

On prend note de la présence d’un bras oscillant en alu, d’une fourche inversée de 43 mm procurant 150 mm de débattement, d’un mono-amortisseur réglable en précharge (là aussi avec 150 mm de débattement)…

Mais aussi d’éléments de freinage Bybre (filiale de Brembo) avec un étrier 4 pistons (radial) pinçant un disque de 320 mm à l’avant, et un simple piston à l’arrière sur un disque de 230 mm. Plus un sous-châssis boulonné (pratique en cas d’embrassades impromptues avec la Planète Terre), un embrayage anti-dribble, une selle en deux parties avec surpiqûres, etc.

Le garde-boue que l’on peut rallonger via un accessoire du catalogue donne l’indicateur sur les possibilités de la moto. Ainsi que la grille de protection du phare.

Quant à la finition, elle n’appelle pas de commentaire et elle reste au standard Triumph, c’est-à-dire d’un niveau élevé.

Avec sa belle allure, la Scrambler 400XC respecte à la lettre les codes et l’esthétique des scramblers, une lignée à laquelle Triumph a grandement contribué. Le constructeur britannique continue d’ailleurs avec les Scrambler 900 et 1200.

Triumph n’oublie pas pour autant que, sur ce type de motos, les aides électroniques doivent être désactivées quand on bascule du côté obscur, euh en tout-terrain. Tout comme pour le 400 X, l’antipatinage est donc déconnectable sur la XC, et l’on peut même couper l’ABS sur l’arrière.

Lors de notre essai de la Scrambler 400 X en 2024, l’affichage était resté bloqué sur « On » quand  le mode Off-Road était sélectionné, ce qui empêchait de voir par exemple le kilométrage ou la consommation d’essence – nous n’avons pas pu vérifier si ce bug avait été corrigé sur la 400 XC. Néanmoins, avec toutes ces déconnections possibles, ça glisse au pays des merveilles!

Une grosse galette de 300 mm de iamètre que vient pincer un étrier radial à 4 pistons, et des jantes à rayons.

La Scrambler 400 XC est disponible de suite, à partir de 7545 francs en blanc (« Vanilla White »). Les versions jaune ou gris foncé coûteront 100 francs de plus.

De série et pour les 700 francs supplémentaires requis par rapport à la 400 X dont elle dérive, elle est équipée de jantes à rayon, d’un sabot moteur, de protège-mains et de crash bars, on l’a dit, ainsi que d’une prise USB, d’un petit tête de fourche et de grips de réservoir.

On peut encore piocher dans les options pour trouver des bagages, une extension de garde-boue, des clignotants, des protection de réservoir, des crash-bar supérieurs, etc. La Scrambler 400 X continue quant à elle sa carrière en parallèle et s’affiche à partir de 6745 francs.

Au guidon

Avant de passer dans le vif du sujet, nous nous devons de préciser que l’auteur de ces lignes est (entre autres) ambassadeur Triumph. Mais il est aussi testeur-journaliste régulier pour ActuMoto.ch, et il va de soi que, pour ce test, c’est cette dernière casquette qu’il a prise, se montrant impartial dans son jugement.

Les routes sont magnifiques dans le Parc Naturel de Sierra de las Nieves. Mais attention aux sorties de route car les vautours fauves veillent – on en a vu qui cerclaient dans le ciel…

Premier contact: la selle est haute mais ça va pour mes 173 cm.

Avec les suspensions souples qui se tassent un peu, ça va même plutôt mieux et je pose le pied presqu’à plat lors des arrêts, notamment durant les manœuvres pendant les séances photos et vidéos.

En effet, avec une hauteur de selle 835 mm, il peut être trop haut pour certains – je vous recommande donc de faire un petit galop d’essai avant l’achat.

Une fois le séant posé, le guidon tombe bien sous la main, les commande sont douces. Mais, avec sa posture et sa définition de scrambler, la 400 XC est plutôt valorisante pour une 400.

Malgré le léger enbompoint par rapport à la Scrambler 400 X dont elle dérive, attaquer au guidon de la Scrambler 400 XC est chose très aisée.

C’est parti! La moto reste légère malgré son léger embonpoint par rapport à la 400 X (186 kg au lieu de 179). Elle est demeurée très maniable, facile à prendre en main, et reste amusante lorsque ça commence à tourner.

Et quand les routes se dégagent, la 400 XC retrouve de l’entrain. Le moteur est assez pêchu et distille de bonnes performances. Il est très « rond », très onctueux.

Mais si le monocylindre donne tout à bas et moyens régimes, il commence à s’essouffler si l’on veut l’amener vers la zone rouge.

Deux gros bourdons monocyclindres en approche, sur fond de printemps andalou.

De plus la maniabilité est bonne, tout comme la stabilité, et malgré la roue avant de 19 pouces, son empattement long pour le tout-terrain (1418 mm) et dans l’autre sens le centre de gravité situé un peu plus haut que sur les Tracker 400 et Speed 400.

La boîte de vitesses n’appelle pas de commentaires particuliers: les verrouillages sont francs, assez rapides et précis. Les envolées mettent en valeur la sonorité du monocylindre, avec un petit grondement, un petit pompom sympathique et feutré.

Le freinage est performant, avec suffisamment de puissance, mais on aurait aimé un poil plus de mordant et de feeling (l’arrière offre plus de sensation et remplit bien sa fonction). Quant aux Metzeler Karoo, ils offrent un bon niveau de grip et participent à la sérénité ressentie au guidon.

Cruiser tranquillement est aussi possible au guidon de la 400 XC. Et fréquenter les sentiers pas trop escarpés l’est également.

Nous n’avons pas fait de tout-terrain lors de notre test, il serait assez intéressant de rouler sur les chemins et avec des pneus plus cramponnés (à tout hasard des Michelin Anakee Wild par exemple)…

Au terme de notre parcours à son guidon, l’ordinateur de notre Scrambler 400 XC affichait un sobre 3,8 litres aux 100 km.

Conclusion

Avec des équipements qui la rendent plus apte à des excursions hors bitume tout en restant sur les chemins et des pistes « civilisées », la Scrambler 400 XC est une très bonne moto, qui distille un plaisir simple, immédiat et encore abordable.

Elle est donc plus polyvalente et encore plus apte à du baroud (léger) que sa sœur, la Scrambler 400X dont elle dérive. En ce sens, on peut affirmer qu’elle est la plus aboutie et la plus cossue des deux Scrambler 400 de la gamme Triumph.

Les routes sont tellement belles que l’on ne peut résister à l’envie de passer en mode full attaque. Malgré de plus grands débattements et le centre de gravité plus haut perché que la Tracker 400 essayée le même jour, la Scrambler 400 XC s’est prêtée à cet exercice avec très bonne grâce.

Cependant elle risque de souffrir de la présence au sein de la gamme d’une nouvelle venue au physique de jeune première, avec son cœur plus pétillant et son jeu de jambes imparable: la Tracker 400.

D’ailleurs les prévisions de vente entre Tracker 400 et Scrambler 400 XC en terres helvétiques sont de 2/3 et 1/3, en faveur de la première.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site suisse de Triumph, ou contacter nos partenaires de notre Annuaire des professionnels: Triumph Lausanne (Moto Evasion) à Crissier (VD), Arsenal Garage-Triumph Neuchâtel à Bevaix (NE) et Swiss Kustom Faktory-Triumph Valais à Granges (VS).

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