Essai – La Triumph Trident 800 à l’assaut des routes chypriotes

Publié le 4 février 2026 par Miguel.

Photos: DR, Miguel Bobillier.

Essai Triumph

Essai – La Triumph Trident 800 à l’assaut des routes chypriotes

Plus mature et plus affirmée que la Trident 660, la nouvelle Trident 800 nous a impressionnés surtout par son moteur explosif, plein de couple à tous les régimes et presque excessif tant il donne du caractère à la moto. Elle s’est aussi montrée agile, facile à prendre en main et très rassurante même en conditions difficiles, lors d’une journée de test sur l’île de Chypre.

Chypre évoque habituellement le soleil et la douceur méditerranéenne, mais cet essai a révélé un visage bien plus contrasté de l’île. Autour de Limassol, les routes de montagne offrent un cadre spectaculaire, entre cols, panoramas dégagés et asphalte de qualité.

Toutefois, des conditions météo particulières alternant entre pluie intense, vents violents et tempête de sable ont rendu la chaussée glissante. À cela s’est ajouté le challenge de la conduite à gauche.

Triumph Trident 800
La nouvelle Trident 800 de Triumph, ici dans son coloris Ash Grey.

C’est dans ce contexte exigeant que nous avons jugé le nouveau roadster de Triumph, la Trident 800. Un modèle nouveau pour 2026, que l’on vous avait déjà présenté dans cet article. L’essai s’est déroulé sur environ 145 kilomètres dans les hauteurs de Limassol. La moto s’est révélée très surprenante.

Une Trident qui change de dimension

Après le petit déjeuner le jour du test, je profite du petit temps libre dont je dispose pour mieux dévisager la bête, juste avant de partir à l’aventure. Au premier coup d’œil, la Trident 800 affiche clairement une montée en gamme par rapport à sa petite soeur Trident 660 (lire notre présentation du modèle 2026).

Triumph Trident 800
Un look reconnaissable. L’ajout du sabot moteur et d’un capot sur la tête de fourche lui donne une autre dimension.

Elle conserve l’identité visuelle de la famille Trident, mais tout semble plus affirmé: les lignes sont plus complètes et l’ensemble dégage une impression de maturité. On sent immédiatement qu’on n’est pas face à un roadster d’entrée de gamme.

Une assise et une ergonomie accueillantes

Je m’équipe donc et rejoins mes confrères pour le briefing avant le départ. Une fois en selle, je retrouve une position droite et naturelle, typique des roadsters modernes.

La selle vous poste à 810 mm du sol, les repose-pieds sont à peine en arrière. Le guidon tombe parfaitement sous les mains, les pieds sont bien positionnés et l’ergonomie globale inspire confiance. L’assise est confortable, ce qui est loin d’être acquis sur un roadster à vocation tout de même sportive. L’ergonomie est bien pensée. Les commandes sont à portée de main et la manipulation est intuitive.

Triumph Trident 800

Il est temps de prendre la route en direction des cols sur les hauteurs de Limassol en sortant d’abord de la ville. Après quelques mètres, je me rappelle très vite qu’ici, on conduit à gauche!

Triumph Trident 800

Arrivé sur les routes dégagées et sinueuses, il est temps d’augmenter le rythme. Je reste prudent, la météo varie rapidement et je me retrouve soudain sous un déluge qui mêle pluie et sable. La chaussées devient rapidement glissante. Parfait pour juger le comportement de la moto.

Le moteur: le vrai coup de théâtre

S’il y a un élément qui définit la Trident 800, c’est bien son moteur. Ce trois-cylindres de 798 cm3, récemment créé et intégré sur la Tiger Sport 800 (lire notre essai), transforme littéralement la personnalité de la moto. Dès les premiers tours de roue, on comprend que Triumph n’a pas fait dans la demi-mesure. Il délivre ainsi un maximum de 115 chevaux à 10750 tr/min, la zone rouge étant atteinte à 11500 tr/min.

Et surtout, le couple maximal est de 84 Nm à 8500 tr/min. Et tout cela pour un poids en ordre de marche de 198 kg. Pas de possibilité de bridage à 35 kW pour les besoins du permis A limité, la 660 étant là pour cela.

La réponse à la poignée de gaz est immédiate. Le moteur pousse fort, très fort, avec une sensation de couple disponible en permanence. Peu importe le régime moteur ou le rapport engagé, la Trident repart sans jamais donner l’impression de forcer. C’est simple: il y a toujours de la ressource.

Triumph Trident 800
Ce (presque) nouveau moteur a un comportement ravageur.

Ce qui m’a le plus marqué, c’est ce caractère presque exagéré par rapport au reste de la moto. À plusieurs reprises, je me suis surpris à penser que le moteur était presque « démesuré » pour le châssis.

Mais en réalité, c’est exactement ce contraste qui rend la Trident 800 aussi attachante. Elle surprend, elle secoue, elle interpelle.

Triumph Trident 800
Nous avons tenté de fuir la tempête de sable. Elle nous a pourtant rattrapés.

Comparée à une Street Triple, la nouvelle venue est sans doute un peu moins radicale dans son comportement global, mais elle reste clairement très sportive. Le moteur, lui, sur la route, n’a presque rien à envier à sa cousine plus orientée sport, et distille un plaisir constant, accompagné de cette sonorité typique du triple britannique, rauque à mi-régime et rageuse en haut du compte-tours.

Trois modes, trois personnalités bien distinctes

La Trident 800 propose trois modes de conduite: Rain, Road et Sport.

En mode Rain, la réponse à la poignée est nettement adoucie à bas régime et les assistances interviennent plus tôt. Dans les conditions météo que nous avons rencontrées à Chypre, ce mode s’est montré particulièrement rassurant, surtout sur les portions rendues glissantes par la pluie et le sable.

Triumph Trident 800
La pluie n’a pas su refroidir nos ardeurs et nous a permis de jauger la moto plus en détails.

Le mode Road est probablement celui que j’ai le plus utilisé. Il offre un excellent équilibre entre réactivité moteur et sécurité, avec une gestion des assistances à mon sens parfaitement calibrée pour un usage dynamique sur route ouverte.

Enfin, le mode Sport libère pleinement le potentiel du moteur. La réponse aux gaz devient plus directe, plus incisive, et la Trident révèle alors tout son tempérament. Même dans les conditions compliquées de notre test, la moto restait exploitable, preuve d’un réglage électronique bien peaufiné.

Triumph Trident 800

Ce qui est surprenant, c’est que le moteur demeure réactif malgré le mode de cartographie choisi. C’est surtout la réponse aux gaz qui varie.

Le changement de mode ne nécessite aucune confirmation de votre part. Il suffit de presser sur le bouton de mode pour faire défiler les trois propositions et couper les gaz pour que le changement s’effectue. Le contrôle de traction peut  être désactivé.

Une agilité à toute épreuve

Là où la Trident 800 impressionne aussi, c’est par sa facilité de prise en main. Malgré son moteur très expressif, la moto reste accessible. Elle se montre ultra-maniable, aussi bien lors des manœuvres délicates à basse vitesse que dans les enchaînements rapides de virages.

Triumph Trident 800

Dans les cols chypriotes, la Trident se place là où je le souhaite, sans effort. Elle change d’angle avec facilité et donne rapidement confiance, même lorsque l’adhérence devient incertaine.

Je dois avouer que les Michelin Road 6 forment avec l’ensemble de cette moto une équipe très efficace malgré des conditions de roulage médiocres. En tout cas, cette agilité naturelle rend la conduite ludique et instinctive, exactement ce qu’on attend d’un roadster de ce calibre.

Triumph Trident 800

Les suspensions Showa de 41 mm de type SFF-BP (gros pistons et réglages séparés par jambe) jouent un rôle clé dans ce comportement. De série, je les ai trouvées un peu fermes, surtout sur chaussée dégradée.

Mais leur qualité est indéniable, et le fait de pouvoir ajuster compression et détente permet d’affiner le comportement selon ses préférences et son style de conduite.

Mon seul vrai reproche concerne l’inclinaison de la selle, légèrement orientée vers l’avant. Sur la durée, cela m’obligeait à me repositionner régulièrement en reculant mon séant, surtout lors des phases de freinage appuyées. Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est suffisamment perceptible pour être mentionné, surtout sur de longues étapes.

La technologie au service du plaisir

Le freinage de cette nouvelle Trident 800 surprend aussi, et toujours en bien: efficace, rassurant et bien dosé. La puissance est bien présente, mais toujours maîtrisable, ce qui est particulièrement appréciable dans des conditions aussi changeantes.

Je parlais de la rigidité des suspensions en réglage d’usine mais cela permet également d’anticiper une plongée trop enthousiaste du train avant lors d’un freinage décidé.

Les assistances électroniques méritent une mention spéciale. ABS et contrôle de traction sensibles à l’angle travaillent en permanence, mais sans jamais se faire remarquer. À plusieurs reprises, seul le voyant sur le tableau de bord me confirmait leur intervention. En termes de ressenti, la moto restait fluide, naturelle, jamais bridée. C’est exactement ce que j’attends d’une électronique moderne: qu’elle me protège sans m’enlever le sourire.

Un équipement complet et bien pensé

La Trident 800 donne aussi l’impression d’avoir été conçue pour être une vraie moto du quotidien, et pas seulement un roadster fun pour les sorties du week-end. Triumph a clairement soigné la dotation de série, et sur ce point, la Trident n’a vraiment pas à rougir face à la concurrence.

Triumph Trident 800

Le shifter bidirectionnel, monté d’origine, fait partie de ces équipements dont on a du mal à se passer une fois qu’on y a goûté. À la montée comme à la descente des rapports, les passages se font avec une grande fluidité, même à bas régime.

Dans les enchaînements de cols chypriotes, il s’est montré particulièrement agréable, peu importe l’attitude de pilotage. On précise que le shifter Up & Down, qui était autrefois une option sur la Trident 660, est maintenant de série aussi sur la version 2026 de la 660.

Triumph Trident 800

Un régulateur de vitesse est installé de série. Bien sûr, sur les routes sinueuses de Chypre, son usage reste limité, mais confortable sur les portions plus roulantes.

Il fonctionne de manière simple et intuitive, une pression de l’index pour l’activer et une nouvelle pression pour l’enclencher. Si l’on souhaite ajuster la vitesse, il faut le désactiver et le réactiver ensuite à l’allure souhaitée.

La connectivité smartphone, via le système MyTriumph, vient compléter cet ensemble de moto du quotidien. Une fois le téléphone appairé, on accède aux appels, à la musique et surtout à la navigation en point par point, affichée directement sur la partie TFT de l’écran.

Pas de carte détaillée ici, et pas la place d’ailleurs, mais des indications claires et lisibles.

Triumph Trident 800

L’interface est fluide bien qu’un peu petite, choix de design du tableau de bord oblige. Les commandes au guidon tombent bien sous la main, et l’écran reste dans l’ensemble très lisible (un peu moins sous la pluie), même lorsque la luminosité change brutalement, ce qui a été souvent le cas avec cette météo instable.

De tout ces équipements, rien ne semble superflu ou gadget. Chaque élément a une vraie utilité, et surtout, tout fonctionne de manière intuitive.

La Trident 800 est moderne, connectée et bien équipée en plus d’être une moto vivante.

Une Trident qui bouscule les codes

Après ces 145 km d’essai dans des conditions particulièrement exigeantes, la Triumph Trident 800 m’a bluffé. C’est une moto pleine de caractère, dotée d’un moteur explosif, d’un châssis agile et d’un niveau d’équipement cohérent et efficace.

Triumph Trident 800

Elle n’est peut-être pas aussi extrême qu’une Street Triple, mais elle propose une vision différente du roadster sportif. Son moteur, presque excessif pour son gabarit, lui confère une personnalité unique et un vrai tempérament.

Cette nouvelle Trident 800 devrait arriver en concessions en mars 2026, pour un prix à partir de 10595 francs.

Trois coloris sont annoncés pour 2026: « Jet Black » (noir), « Ash Grey » (gris) pour 150 frs ou « Carnival Red » (un autre rouge, même tarif que le gris).

Triumph Trident 800

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site suisse de Triumph, ou contacter nos partenaires de notre Annuaire des professionnels: Triumph Lausanne (Moto Evasion) à Crissier (VD), Arsenal Garage-Triumph Neuchâtel à Bevaix (NE) et Swiss Kustom Faktory-Triumph Valais à Granges (VS).

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