Luciano Benavides remporte le Dakar et le Suisse Alex Vaudan est 27ème
Le pilote KTM, frère de Kevin, triomphe pour la première fois du plus redoutable des rallyes moto. Il a devancé au final son rival Honda Ricky Brabec de seulement deux secondes. L’Espagnol Tosha Schareina (Honda) prend la troisième place. Victoire de Toni Mulec (KTM) en Rally2, devant Preston Campbell (Honda), et de Benjamin Melot (KTM) en Malle Moto. Le Valaisan Alexandre Vaudan est cette année-ci arrivé au bout de l’épreuve, avec un joli classement.
L’édition 2026 du célèbre rallye du Dakar aura été pleine de suspense jusqu’au terme de la treizième et dernière étape, qui a vu l’Argentin Luciano Benavides (numéro 77, team d’usine KTM) l’emporter au classement général avec seulement deux secondes d’avances sur l’Américain Ricky Brabec (Honda, numéro 9).
C’est aussi un Dakar où un pilote suisse, Alex Vaudan, a fait oublier son abandon de l’année précédente. Il est non seulement arrivé au bout des quelque 8000 kilomètres de l’épreuve (dont environ 4900 km de spéciales chonométrées), mais il a aussi réussi l’exploit de se hisser au 27ème rang du classement général à l’issue de la treizième et dernière étape.

Sur un total de 115 inscrits parmi les motards, c’est remarquable. Il a même décroché la 21ème place de la dernière étape. Et au classement de sa catégorie Rally2, il finit le Dakar 17ème sur sa KTM privée, numéro 64, au sein du team Casteu.
Ce Dakar 2026 a été riche en péripéties. On peut citer la lutte acharnée entre les cadors des équipes Honda et KTM, qui ont chacune cru pouvoir l’emporter presque jusqu’au bout de la course.
Le tenant du titre, l’Australien Daniel Sanders (KTM, numéro 1, lire notre article sur le Dakar 2025), a pris la tête dès la première épreuve, juste après le prologue remporté par son coéquipier Edgar Canet. Il l’a conservée jusqu’à la quatrième étape, entre Al Ula et le premier bivouac au milieu du désert, sans assistance. C’est alors le duo Honda composé du jeune espagnol Tosha Schareina et du désormais vétéran américain Ricky Brabec – déjà deux fois vainqueur en Arabie saoudite – qui a pris les commandes, les deux hommes réalisant le même temps.
Sanders a repris le lead à l’étape suivante et il a pu le conserver jusqu’à l’étape 8, qu’il a terminée deuxième, derrière son troisième coéquipier, Luciano Benavides, et devant Brabec. Il a continué dans cette veine jusqu’à l’étape 10, où il a été victime d’une chute qui l’a fait souffrir.

L’Australien a terminé cette étape, entre le deuxième bivouac et Bisha, en essayant juste de contrôler sa douleur à l’épaule et d’arriver au terme de la journée. Cela ne l’a pas empêché d’obtenir une 16ème place. Il a tenu bon encore sur les trois dernières étapes et s’est qualifié à une incroyable cinquième place finale.
Brabec a lui aussi réalisé un excellent Dakar 2026 dès le prologue, prenant la troisième place. Il en a accumulé d’autres, et des deuxièmes places, et a même gagné la sixième, entre Ha’Il et la capitale Ryadh, où tout le rallye a pu jouir d’une journée de repos.

Mais cette victoire l’a forcé à ouvrir la trace dans l’étape du lundi, en direction de Wadi Ad Dawasir, et l’Américain s’est fait prendre au piège, terminant neuvième, dépassé par les deux KTM de Benavides et Canet, premier et deuxième dans cet ordre, par ses trois coéquipiers Adrien Van Beveren (troisième), Skyler Howes (5) et Toscha Schareina (7) et par Sanders (4).
Il a par contre tourné son désavantage du jour en avantage pour le jour d’après, l’étape 8, une boucle autour de Wadi Ad Dawasi, et a repris des minutes à ses adversaires en orange, mais sans réussir à faire mieux que troisième, derrière Benavides et Sanders.

Avec le crash de Sanders, évoqué ci dessus, Brabec et Benavides ont joué le Dakar entre eux. On salue au passage le fair-play de tous ces top pilotes, avec juste un exemple: lorsque Daniel Sanders s’est retrouvé à terre et mal en point, son principal concurrent, Ricky Brabec, n’a pas hésité à s’arrêter pour lui prêter main forte. Certes, le règlement du rallye-raid stipule qu’en pareil cas le temps passé à aider un concurrent en difficulté est ensuite soustrait, mais tout de même.
Toujours chez Honda, Tosha Schareina, lui, a écopé d’une pénalité à l’étape 5 et il a passé le reste du rallye à tenter de rattraper son retard. Van Beveren a brillé seulement à partir de l’étape bivouac au milieu de ce Dakar et était de ce fait hors course pour la victoire, voire même le podium. Il a fini sixième.

Son coéquipier Skyler Howes a été freiné par un pneu presque troué en plein pendant la seconde étape sans assistance, ce qui lui a fait perdre du temps. Il est tout de même quatrième de ce Dakar.
On note les septième et huitième places des deux pilotes officiels Hero, Ross Branch et Ignacio « Nacho » Cornejo. Pour rappel, Hero est un grand constructeur indien de deux-roues motorisées, mais cela fait peu de temps qu’il est présent en rallye-raid.

Dans la catégorie Rally2, qui correspond en gros aux pilotes et teams avec des machines un principe un peu moins performantes, ou aux pilotes moins « bons », le duel KTM-Honda a débouché sur le même résultat. Toni Mulec (team Bas KTM World) a pris la tête dans la dernière étape, devant Preston Campbell (team HRC junior, et donc Honda).
Mulec décroche le neuvième rang final et remporte ainsi la catégorie, juste devant Campbell. La onzième place, et donc la troisième de la catégorie, revient à Martim Ventura, le coéquipier de Campbell.

On a encore un pilote de la catégorie RallyGP (comme les top pilotes officiels KTM, Honda et Hero), Bradley Cox, douzième sur sa Sherco d’usine. Ses deux coéquipiers Lorenzo Santolino et Noah Harith ont dû abandonner déjà à l’étape deux.
Et toujours parmi les pilotes d’usine, l’Américain Mason Klein, une des étoiles montantes du rallye-raid, a fait forte impression cette année en liant son sort à celle du constructeur chinois Hoto, un nouveau venu complet, et en finissant quatorzième.
Il faut ensuite aller jusqu’au 28ème rang pour trouver un représentant de l’autre marque chinoise présente dans ce rallye (depuis quelques années), Kove. C’est la place obtenue au final par l’Espagnol Javi Vega, du team privé Pont Grup. Le Français Neels Theric, lui aussi sur Kove, a même réussi à remporter une étape, la 4ème (en Rally2), une première pour Kove. Mais il a été contraint à un cruel abandon à la douzième étape du Dakar 2026.
Le mieux classé des particpants dans la sous-catégorie Malle Moto, ou plus exactement « Original By Motul », était Benjamin Melot (Esprit KTM), 18ème au classement général final. Dans cette catégorie, non seulement on court, mais on fait soi-même sa propre assistance mécanique, en disposant à chaque étape d’une « malle » contenant tout le nécessaire, ainsi que de sa petite tente personnelle. C’était le neuvième Dakar de Benjamin, le 7ème en Malle Moto.
Le Valaisan Alexandre « Alex » Vaudan a lui parfaitement géré l’épreuve. On rappelle que l’an dernier il avait dû abandonner en cours de rallye, à cause des suites d’une chute. Et qu’il a entrepris en 2025 un patient travail de guérison et de remise en forme qui a manifestement payé.
Cette année, il a roulé sans trop forcer son talent ni prendre de risque inutile. Soixante-et-unième du prologue, il a ensuite occupé la 54ème position dans l’étape 1 autour de Yanbu, 49ème entre Yanbu et Al Ula, puis 48ème… et le reste de ses classements a été d’une rare constance, entre la 34ème (sixième étape) et la 20ème places (13ème étape). De quoi finir 27ème, 17ème dans la catégorie Rally2. Un résultat qu’on peut qualifier d’historique pour un pilote suisse.

Il avoue « trois petites chutes dans les dunes », et surtout, il a pris plein de plaisir dans les paysages magnifiques de ce Dakar 2026, « long, pas toujours facile, mais parfait à mes yeux ». Il adresse ses sincères remerciements à tous ceux qui l’ont aidé à réaliser ce rêve, y compris son préparateur physique et son préparateur mental.
Pour plus d’infos, vous pouvez notamment consulter le site du Dakar, en français!


